je viens de finir une histoire du service du matériel de l'armée Anglaise depuis ses début jusqu'aux années 1920-25, je vais donc vous relater un certain nombre d'anecdotes , un peu hors de notre période, mais instructives (et c'est de l'histoire militaire de toute façon)
la première se passe en France, à l'hiver 1916. Un officier du matériel fait une inspection d'un dépôt secondaire de munitions situé près d'une arrivée de chemin de fer, à une petite trentaine de kilomètres du front, voilà la traduction de son compte rendu:
"Dans un abri renforcé de 10m sur 10 sont entassées du sol au plafond des caisses de grenades Millis, de fusées et de munitions d'armes légères, excepté sur un couloir central et un espace de 2m sur 4 le long du mur du fond. De part et d'autres du couloir central, les deux gardes du dépôt se sont arrangés des lits de fortune constitués d'une rangée de caisses de grenades, couvertes d'une couche de paille puis de leurs sac de couchage. A la tête de chaque lit se trouve une caisse de grenades, sur chacune une bougie brûle et coule. Entre les deux lits, à moins d'1m de la paille, ronfle un feu ouvert, allumé par les gardes car il fait froid dehors, et que la porte n'est pas assez isolante"
Ploum ploum, ploum....
Inconscience et dépôt de munitions
Modérateur : MANÉ John-Alexandre
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MASSON Bruno
Re: Inconscience et dépôt de munitions
je rajoute une petite précision, sur un point qui m'était évident quand j'ai posté la première fois le sujet, mais qui à la réflexion ne l'est pas tant que ça.
la grenade Millis est un chef d'oeuvre d'ingénérie anglaise, si bien qu'elle restera en utilisation entre 1915 et 1976; c'est une grenade ovoïde, de 700g, avec un mécanisme de déclenchement étanche, et donc non sujet aux problèmes d'infiltrations d'humidité qu'auront les modèles utilisés par les autres acteurs du premier conflit mondial. Elle possède aussi un orifice de remplissage situé à côté du mécanisme de déclenchement, qui rend l'armement du projectile bien plus sûr, et un bouchon inférieur en laiton, fabriqué par un grand nombre de sous-traitants anglais qui y gravent le modèle et le nom de leur entreprise. il est lui aussi vissé en force.
ce bouchon de base va montrer néanmoins un défaut majeur lors de la première guerre mondiale, sans doute dû aux contraintes industrielles présentes pendant cette guerre (et à un faible niveau de contrôle qualité). le laiton du bouchon et le corps de la grenade sont fait de deux métaux différents (laiton et fonte), avec des tolérances sans doute approximatives, qui se dilatent et se rétractent de façon différentes à la chaleur et au froid, provoquant des suintement d'amommonal vers l'extérieur. ce problème sera réglé dans l'entre-deux-guerres, mais pendant le premier conflit, la consigne était de ne pas garder les grenades Millis au froid, et de faire attention à l'ouverture d'une caisse. (les champs de bataille d'Europe n'étant que peu sujets aux canicules à cette époque)
la grenade Millis est un chef d'oeuvre d'ingénérie anglaise, si bien qu'elle restera en utilisation entre 1915 et 1976; c'est une grenade ovoïde, de 700g, avec un mécanisme de déclenchement étanche, et donc non sujet aux problèmes d'infiltrations d'humidité qu'auront les modèles utilisés par les autres acteurs du premier conflit mondial. Elle possède aussi un orifice de remplissage situé à côté du mécanisme de déclenchement, qui rend l'armement du projectile bien plus sûr, et un bouchon inférieur en laiton, fabriqué par un grand nombre de sous-traitants anglais qui y gravent le modèle et le nom de leur entreprise. il est lui aussi vissé en force.
ce bouchon de base va montrer néanmoins un défaut majeur lors de la première guerre mondiale, sans doute dû aux contraintes industrielles présentes pendant cette guerre (et à un faible niveau de contrôle qualité). le laiton du bouchon et le corps de la grenade sont fait de deux métaux différents (laiton et fonte), avec des tolérances sans doute approximatives, qui se dilatent et se rétractent de façon différentes à la chaleur et au froid, provoquant des suintement d'amommonal vers l'extérieur. ce problème sera réglé dans l'entre-deux-guerres, mais pendant le premier conflit, la consigne était de ne pas garder les grenades Millis au froid, et de faire attention à l'ouverture d'une caisse. (les champs de bataille d'Europe n'étant que peu sujets aux canicules à cette époque)
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