"Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

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"Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 22 Juil 2025, 09:00

"Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

"Kulm 2025 à Lyon" se tiendra les 22-23 novembre 2025.

La bataille de Kulm (30 août 1813) sera cette année (2025) le thème mis en oeuvre par le KRAC, selon les mêmes modalités que les éditions précédentes, que je vous déclinerai à nouveau ultérieurement, le présent message ayant surtout pour but de vous communiquer la date de l'événement afin que vous puissiez la bloquer dans votre agenda.

Je suis d'ores et déjà bien sûr intéressé par les informations basiques habituelles que chacun peut me donner sur sa participation ou non, ici ou par tout autre canal :

OUI / NON / PEUT-ÊTRE

FRANÇAIS / AUTRICHIEN, PRUSSIEN, RUSSE

INFANTERIE / CAVALERIE / ARTILLERIE

RESTAU facultatif du samedi soir : OUI / NON

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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar FONTANEL Patrick sur 23 Juil 2025, 10:16

Youpi !
OUI, tout rôle comme d'habitude, avec option restau du soir. :)
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar BEYER Olivier sur 24 Juil 2025, 08:26

OUI

AUTRICHIENS MECHANTS SI POSSIBLE

RESTAURANT OUI

OLIVIER
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MARIE Jean-Luc sur 26 Juil 2025, 10:39

Salutations,
Je serai présent à Kulm.
Le camp m'importe peu, du moment que je ne reste pas 2 jours planté comme un piquet. Il faut que ça saigne...
Je serai normalement présent au resto le samedi soir...
Jean-Luc
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 18 Sep 2025, 15:28

Pas présent le samedi, passera éventuellement le dimanche
Dernière édition par REMY Nicolas-Denis le 09 Nov 2025, 10:20, édité 1 fois au total.
Ludiquement

Le jeu est meilleur à plusieurs
Nicolas-Denis REMY
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar IMPERIALI Guido sur 22 Sep 2025, 22:06

OUI.
Tout rôle.
Option restau.

A presto
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 27 Oct 2025, 10:59

Bon, "en s'accélérant le rythme s'accélère" aurait pu (aussi) dire La Palisse, et il devient urgent de vous donner quelques "nouvelles du front". Dont acte(s) !

« KULM 2025 À LYON », les 22 et 23 NOVEMBRE

Image

Cette magnifique illustration (détail par C. Röchling) nous montre le Prinz August von Prussia, commandant la 12e Brigade du corps de Kleist, menant à pied drapeau en main quelques centaines d’hommes du 2e Régiment de Silésie qu’il vient de rallier après qu’il ait été dispersé par une brigade de cavalerie française qui lui est littéralement passée sur le ventre.

On ne peut par suite qu’admirer le bel enthousiasme des troupiers.

« Mais c’était avant le drame, bien entendu », infligé par la deuxième couche de cavalerie française qui dispersera derechef le régiment tandis que le prince trouvera le salut en roulant dans un fossé au bord de la route, ce qui n’ôte rien au courage manifesté l’instant d’avant, soit celui, bien choisi par l’artiste, comme davantage « approprié ».

On pense par analogie à Bonaparte au pont d’Arcole et constate que le choix du héros comme surtout de l’instant illustré par la propagande n’avait déjà pas de frontières. Nonobstant ces images sont toutes deux indissociables du sujet correspondant et donc je garde celle-ci pour Kulm !

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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 10 Nov 2025, 12:59

Kulm 2025 à Lyon, ambiance stratégique...

KULM, PIRE QU’ULM ?


Kulm, pire qu’Ulm ? Oui, certainement, au moins du point de vue conceptuel. Ulm 1805 fut le produit d’une manœuvre d’ensemble de l’Empereur, alors encore exceptionnelle dans sa conception, et qui porta ses fruits en rapport du fait aussi de l’incompétence de l’ennemi.

Kulm 1813, pourtant « partie prenante » d’une autre manœuvre tout aussi exceptionnelle, aboutit au désastre que l’on sait, mais par suite d’une rare accumulation de circonstances aléatoires et malheureuses. On put alors dire que la fortune avait définitivement choisi son camp.

Il résulta du résultat, que peu après Girard, battu à Hagelberg pour avoir parfaitement exécuté ses ordres alors que ses chefs et collègues ne le firent pas, Vandamme fut battu à Kulm pour les mêmes raisons.

Comme dans le même temps Oudinot et Macdonald furent aussi battus, eux pour cause de « non-exécution des ordres reçus » qui leur auraient donné la victoire, le Souverain en fut réduit à constater que tout plan où il n’était pas de sa personne était voué à l’échec.

Et pourtant la campagne avait fort bien débuté par son éclatante victoire de Dresde les 26 et 27 août 1813, rejetant les masses coalisées dans les montagnes dont Vandamme était chargé d’occuper les débouchés « sans se préoccuper de ses flancs ni de ses arrières » qui devaient respectivement être garantis par les corps des maréchaux Gouvion Saint-Cyr et Mortier.

Un premier « grain de sable » vint ralentir la marche pourtant décidée de Vandamme en la personne du GL russe Prince de Würtemberg qui sut retarder efficacement les Français. Bientôt renforcé par une division de la Garde impériale russe amenée par Yermolov, il tint encore assez pour permettre l’arrivée successive de nouveaux renforts le 29 août.

À son efficacité relative avait répondu celle de Vandamme qui, avec ses conscrits, avait su repousser puis abîmer fortement la 1ère Division de la Garde russe, mise hors de combat pour le deuxième jour... Mais fut remplacée par sa 2e division, plus une division des Grenadiers de Raïevski, tous les Cuirassiers russes, la Garde prussienne, les Autrichiens de Colloredo, les Hongrois de Bianchi, etc…

Vandamme eût-il été moins agressif que la bataille du 29 aurait eu lieu à Nollendorf dont la mauvaise position défensive eut été fatale aux Coalisés, ce qui eut en outre signifié la perte totale du corps prussien de Kleist, arrivant trop tard et contraint de se rendre, circonstance qui eut tout terminé.

Oui, là aussi on aurait pu dire Kulm pire qu’Ulm, mais pour l’ennemi !

Diégo Mané

À suivre... l'ambiance tactique...
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar BEYER Olivier sur 11 Nov 2025, 13:29

Le jeu de mot est très fin, ça se mange sans faim !
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar FONTANEL Patrick sur 15 Nov 2025, 22:54

:grin: Pour ceux qui ont encore faim :

La bataille aurait dû être le point "Kulm-inant" mais du fait de l' "a-Kulm-ulation" de péripéties improbables Kulm devint une bataille où Vandamme se fit botter le "Kul-,-m-enant celui-ci à la pire défaite de sa carrière.

<un étranger découvrant le français aurait dit :>
Kulm-alheur ! <quel malheur>
Kulm-alédiction !
Kulm-échante séquence d'évènements néfastes !
Kulm-audit sorcier a envoûté les maréchaux et autres GEC français ?
Kulm-anoeuvre aurait-elle pu sauver les français ?

... je vous laisse en inventer d'autres :mrgreen:
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Nov 2025, 10:43

Blague(s) douteuse(s) à part, voici un dernier rapport d'ambiance avant les données techniques.

KULM, PIRE QU’ULM, ambiance tactique

Mais bon, nous ne sommes pas là (en fait ici) pour refaire l’Histoire (quoique), et donc je vous propose de nous amuser avec Elle (notez les Majuscules méritées) au prix de quelques entorses, essentiellement faites au continuum, afin que tout le monde puisse jouer tout de suite.

Par ailleurs (quoique bis) j’ai choisi de débuter la partie « vers midi » le 30 août 1813, heure à laquelle la situation est clairement assimilée par tous les acteurs, et les ordres donnés et reçus ne demandent plus qu’à être exécutés, sans nécessité d’aucune intervention supérieure.

En résumé, les Français sont encerclés par les Russes tenant le Sud, les Autrichiens venant de l’Est, et les Prussiens arrivant du Nord, tandis que des montagnes impraticables aux troupes formées ferment l’Ouest. Il faut donc percer à travers les Prussiens pour sauver ce qui peut l’être.

D’une manière générale les Coalisés relèvent du fort traumatisme de Dresde, doublé pour ceux qui y ont participé, et aggravé par la très difficile traversée des montagnes sans vivres alors qu’ils étaient déjà affamés avant. Ceux de Würtemberg, bien abîmés comme la Garde, n’ont pas eu le droit de se retirer comme elle, et font pâle figure, ne tenant qu’à l’aspect des puissants renforts d’élite les soutenant (mais qui ne s’engageront pas !). Les bataillons ludiques de ligne russe seront de 8 figs.

Les Prussiens, réduits de 25 à 30 % par les pertes subies à Dresde et ceux tombés de fatigue et de faim durant la traversée des montagnes, sont en piteux état, mais, point commun avec les Français, n’ont guère le choix. Les bataillons ludiques de Landwehr, minés par la désertion, n’aligneront que 8 Figs.

Les Français, « bonifiés » par la connaissance de la victoire amie à Dresde et le fait d’être en offensive victorieuse, interprétèrent tout d’abord les décharges de l’artillerie prussienne comme le signal de l’arrivée du corps de Mortier que Vandamme leur avait annoncé de bonne foi.

La prise de conscience soudaine d’être en fait « piégés » aurait dû abattre leur moral ! Or il semble bien qu’il n’en fut pas ainsi et que la consternation première se mua bientôt en énergie du désespoir qui sublima encore leur valeur, rendant leurs attaques « irrésistibles ».

Et ce n’est pas moi qui le dis, d’où les guillemets, mais l’absolue totalité de tous les témoins et commentateurs de tous les camps, à commencer par les Prussiens eux-mêmes !

Il y a cependant loin de la coupe aux lèvres… et loin du bord Sud de la table à sa sortie Nord, avec les Russes accrochés aux guêtres des derniers qui, cette fois, ne seront pas les premiers, coincés qu’ils seront entre le marteau des Autrichiens et l’enclume des montagnes.

Mais bon, c’est à vous de jouer et nous compterons les points à la fin.

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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 11 Déc 2025, 13:47

Souffrant d'une "Crève de Carabinier", et par suite malade comme toute une meute de chiens pas courants du tout, je progresse néanmoins dans la mise en forme de mon "avant la bataille" avec l'aide de Jean-François Fonti, également malade de son côté, nous voilà beaux !

Heureusement notre excellent ami Cédric Dominique nous livre un double témoignage sur ses batailles de Kulm, le pluriel car il fit profiter les deux camps de ses talents, jugez en !

--------------

Bonjour Diégo,

Un petit debriefing de la bataille que je te laisse relayer sur les supports appropriés.

Cette année, il est en 2 parties, la première du Général Haxo, votre serviteur ; la seconde d'un observateur anonyme des combats se déroulant au nord, la correspondance et Mémoires du Général Pirch s'arrêtant brutalement la veille de la bataille, quand il était encore en vie aurait ajouté notre bon Monsieur de La Palisse.

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Mémoires du Général Haxo, extrait.

Détaché auprès du général Vandamme en cette fatidique journée, je pu mettre mon expérience au service de son artillerie qui fît beaucoup pour repousser dans un premier temps, puis contenir dans un second, les importantes forces russes massées au sud du champ de bataille. Nos jeunes fantassins comme nos cavaliers vétérans ont été également admirables face à l'élite des forces coalisées. Les rapports des différents généraux impliqués devraient vous parvenir pour plus de détails. La décision d'abandonner nos pièces fût un crève-cœur mais la sauvegarde de nos artilleurs et hommes du train fût assurée et était bien la plus importante car l'acier qui coule dans les veines de nos canonniers a bien plus de valeur que le bronze de quelques tubes. Mon aide de camp, qui a souvent le sens de la formule, le résume ainsi : il faut des années à des hommes de valeur pour former un bon artilleur quand il ne faut que quelques instants à un médiocre fondeur pour couler un bronze.

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Helmut Fritz, paysan.

En ce milieu de journée de ce fameux 30 août 1813, je me trouvais donc à braconner sur une hauteur près d'un ruisseau. De là, je pus assister à un formidable engagement entre Français et Prussiens. Ces derniers s'étaient, dans un premier temps, inconsidérément aventurés au-delà du cours d'eau. Menacés d'une extinction complète par cette position hasardeuse et par une armée française aux abois qui remontait toute entière au nord pour échapper à ce qui ressemblait à une souricière, le général prussien effectua une impeccable manœuvre digne d'une légion romaine pour échapper à l'anéantissement. Il pût ainsi se mettre à l'abri, relatif, de la rivière et préparer ses jeunes troupes inexpérimentées à un combat moins désespéré.

La suite fut une succession épique de combats devant lesquels je restais hypnotisé.
Foi d'Helmut ! Le bruit de la canonnade et la fumée de la fusillade étaient intenses !
Les défenseurs firent payer chèrement le passage aux assaillants qui durent charger à de nombreuses reprises, perdant soldats et officiers par pleines poignées alors qu'eux-même restaient peu entamés.
Néanmoins, malgré cette résistance opiniâtre, la perte du pont et le manque de boulets allaient sceller le sort d'un combat par trop inégal pour ces jeunes réservistes. Aussi, le commandement prussien décida un repli rendu nécessaire pour préserver ses forces, car il convient parfois d'éviter la défaite du jour pour mieux construire la victoire du lendemain.

Je m'éclipsais rapidement avec mes collets et mes lièvres car je sentais que mes hauteurs protectrices allaient bientôt servir de refuge à la soldatesque.

-------------

Commentaire(s) DM

La formule finale du premier extrait, "couler un bronze" est "savoureuse" (quoique je n'en aie jamais mangé).

Le pseudo-paysan du second extrait me semble trop lettré et trop "militaire" pour son pseudo-état, et sa conclusion sur "construire la victoire du lendemain" trop "politique" pour un paysan de Chlumec (Kulm aujourd'hui).
Je penche donc pour un officier Prussien bon teint qui aura voulu masquer sa présence parmi les vaincus du jour tout en exaltant le redressement à venir, ce qui sent le témoignage apocryphe !

Quoi qu'il en soit ces pièces existent désormais dans le dossier et entrent dans la fort belle histoire de "Kulm 2025 à Lyon" dont je vous reparlerai bientôt.

Diégo Mané
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Re: "Kulm 2025 à Lyon", les 22-23 novembre

Messagepar MANÉ Diégo sur 31 Déc 2025, 19:12

Je relaie le Rapport héroïque (et véritablement véritable, comme tout bon rapport) de Salvator SCOTTO).

-----------

Nollendorf, le 30 août 1813

Rapport du Général Corbineau,
commandant la cavalerie du Ier corps d'armée,
sur la bataille qui s’est tenue aujourd’hui.

Ayant reçu du Général Vandamme l’ordre de faire volte-face pour attaquer l’ennemi prussien qui se présentait sur nos arrières, j’ai immédiatement pris les brigades Gobrecht et Montmarie pour les porter en direction du Nord. Après une observation rapide du positionnement ennemi placé dos à une rivière, nous avons décidé avec le Général Teste de passer immédiatement à l’offensive pour profiter de cette erreur du commandement prussien. Nous avons immédiatement décidé de l’approcher en l’enveloppant sur ses deux ailes pour le détruire. Dans cette logique d’encerclement rapide, j’ai délégué au général Teste le 9eme régiment de chevau-légers afin qu’il puisse de son côté profiter de la moindre occasion se présentant à lui pour pousser à fond ses avantages. Notre plan reposait sur la vitesse d’exécution de notre mission, car au Sud le reste du corps d’armée devait résister coûte que coûte face aux masses russes qui ne cessaient d’augmenter d’heure en heure. Le 1er Corps devait ensuite quitter le champ de bataille en se repliant par la percée effectuée par l’arrière garde devenue pour l’occasion avant garde, que je commandais, et éviter l’anéantissement.

Notre adversaire ayant anticipé notre arrivée sur ses flancs à immédiatement repassé la rivière pour se positionner en force juste derrière. Cet obstacle qui le condamnait devenait pour nous maintenant un véritable handicap dans la course contre la montre dans laquelle nous étions engagés. L’objectif principal devenait dorénavant la prise et la sécurisation de la route du Nord, l’unique voie de retraite pour les Français, et surtout le pont par lequel elle passait et qui, maintenant, était défendu en masse par le Prussien qui en comprenait aisément l’enjeu.

Mon arrière-droite verrouillée par la division du général Dumonceau, j’ai pris mes dispositions avec le général Quiot pour attaquer à travers la rivière, à droite du pont, l’infanterie et la cavalerie prussienne qui nous attendaient. Le Prussien avait la supériorité en artillerie sur tout le secteur Nord. Nous n’avions que deux batteries pour faire face aux cinq qu’il alignait. Le général Teste pratiquait par symétrie à gauche du pont la même opération. Nos attaques ont réussi causant désordre et trouble dans les rangs ennemis. Mais le nombre de troupes adverses, sa nombreuse artillerie et l’obstacle de la rivière, désormais à dos, ne nous permettaient pas de nous maintenir pour exploiter favorablement la situation. Nous avons été obligés de repasser la rivière afin de nous reformer derrière son abri. Pire encore, des renforts ennemis arrivaient maintenant sur mon secteur à droite. De son côté le général Teste progressait aussi, malgré l’entonnoir dans lequel il devait s’engager pour emporter la décision. La ligne de bataille était fort étendue pour l’effectif de nos troupes mais notre agressivité et la pression que nous exercions sur l’adversaire l’incitait à se contenter uniquement de défendre ses positions.

Je laissais une partie de ma cavalerie à droite pour sécuriser le flanc de notre voie de retraite et tendre la main à la division du général Dumonceau qui allait lui aussi devoir décrocher prochainement vers nous. Mes cavaliers restaient à distance d’opportunité si le Prussien se sentait des velléités de retour offensif en franchissant la rivière.

Le flanc droit sécurisé, je me concentrais maintenant avec le général Quiot sur l’objectif prioritaire qui était la prise du pont défendu par une batterie ennemie qui en barrait le passage de face. Cette artillerie était défendue et flanquée par son infanterie en position solide. Je rapprochais du pont l’autre partie de mes lanciers français et ma cavalerie alliée sur le secteur pour préparer l’attaque avec l’appui de l’infanterie du général Quiot. J’ai aussi rapatrié sur cette zone ma batterie à cheval pour, une fois le pont tombé entre nos mains, nous puissions fermer définitivement le passage d’un retour offensif prussien. En effet, des cuirassiers ennemis étaient arrivés sur ce secteur et se positionnaient en conséquence.

Les premières divisions d’infanterie française qui avaient combattu au Sud arrivaient maintenant sur le secteur. Nous n’avions plus de temps à perdre et l’attaque devait réussir dès la première tentative car le nombre de troupes qui remontait allait rendre la manœuvre de plus en plus difficile. Nous devions sortir du piège dans lequel nous étions enfermés, c’était le moment décisif.

Le moral des lanciers, galvanisé par l’importance vitale de cette mission dont la survie du corps d’armée dépendait, nous avons avec le général Quiot effectué une attaque en masse du pont ainsi que des rives qui le jouxtaient. La violence de l’attaque a tout emporté et les lanciers français se sont couverts de gloire. Je fus blessé dans cette action d’éclat.
Le pont était pris, le général Quiot se jeta avec son infanterie dans le bois situé immédiatement derrière lui pour verrouiller le passage. La batterie à cheval se trouvait maintenant en position idéale.

De son côté le général Teste, menant la Brigade Revest, enfonçait aussi la droite Prussienne qui s’enfuyait en déroute. Cette opération victorieuse et conjointe se réalisa idéalement car elle évita tout ralentissement des troupes françaises remontées du secteur Sud, et dont l’artillerie pouvait maintenant s’écouler par le pont pris.

Le passage du secteur Nord maintenant sécurisé et renforcé par les troupes du général Philippon, je demandais à une partie de ma cavalerie de repartir en direction du Sud pour prêter main forte aux troupes françaises encore piégées.

ll est étonnant que le corps du général Vandamme n’ait été suivi par aucun autre corps d’armée français dans cette opération de poursuite. Un seul soutien nous aurait permis de mettre l’armée coalisée présente en totale déroute. Dans notre malheur et malgré tout, le piège qui devait être fatal au 1er corps a été évité grâce à l’héroïsme des soldats de ce corps d’armée.

Le Général de Division CORBINEAU

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Commentaire DM :

"Quel héros que cet homme, à moins que ce ne soit l'inverse !
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