BRH dixit, dans le cadre de la retraite désastreuse (par ses conséquences) de Victor au début de 1814.
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"Bien sûr, je ne défendrai pas Victor, mais il n'a guère fait pire que Ney et Marmont."
DM : C'est un point de vue, mais en quoi le fait que "les autres" aient mal fait leur travail, justifie de n’avoir pas du tout fait le sien alors que le terrain s'y prêtait en outre davantage, permettant le succès, car le minimum militairement correct eut très largement suffi.
Ceci dit, établir l'échelle des valeurs négatives des plus mauvaises « grosses épaulettes » de Napoléon 1er, qu’il avait, répétons-le, lui-même nommés et gardés, est un exercice bien tentant.
J’ouvre donc céans sans tarder ce post dédié, intitulé « Les pires maréchaux de l’Empire ».
Vous n’y trouverez pas Grouchy, qui fut quelques mois "Maréchal de l’An Pire" en 1815, car des millions d’Abeilles impériales se sont déjà chargées de le charger pour les siècles passés comme futurs, l’accusant à tort d’être responsable de la ruine impériale à Waterloo lors des Cent jours.
Je vais me concentrer sur le triste mauvais carré d'as constitué par les promotions de 1807 (Victor) et 1809 (Macdonald, Oudinot, Marmont) qui eux sont bel et bien les piliers les plus inconséquents du premier édifice impérial, qui s’effondrera sous l’effet de leurs fautes accumulées.
Notons déjà que ces quatre-là se verront « ducs des rentes » de Bellune, Tarente, Reggio et Raguse, faute de noms de batailles rangées remportées puisqu'il n'en avaient aucune à leur maigre palmarès qui restera nul. En revanche, des défaites, ils en subirent plusieurs chacun !
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Commençons par Victor, qui obtint son bâton grâce au "piston" de Lannes en souvenir de Montebello.
1807 - Après s'être "fait prendre comme un capon dans une auberge"I (Thiébault), il est échangé avec Blücher puis hérite du 1er Corps de la Grande Armée suite à la blessure à Mohrungen de Bernadotte (rente princière de Ponte Corvo). Il le mena, façon de parler, à Friedland où, de facto, ce sont les généraux Dupont (vainqueur au Mincio 1800, Haslach 1805, Halle 1806, Braunsberg 1807) et de Sénarmont (l’artilleur) qui feront le travail et décideront de la victoire.
Ensuite ce sont les années en Espagne ; jusque-là relativement épargné sous Bernadotte, le 1er Corps aura plusieurs occasions de le regretter sous Victor, au tarif de 2000 pertes inutiles par "victoire".
1808 - Défaite de la Division Villatte du 1er Corps à Valmaséda, « oubliée » là par Victor.
1808 - Victoire d’Espinosa, d’abord perdue par Victor pour ne pas attendre Lefebvre, ensuite gagnée par l’initiative de Maison qui au deuxième jour en eût assez d’attendre en vain des ordres de son chef.
1809 - Victoire d’Uclès, remportée par Puthod en l’absence de Victor, parti "faire le tour" !
1809 - Victoire de Medellin, remportée par de La Tour-Maubourg et Lasalle malgré Victor qui était en train de la perdre et reconnut que si ses ordres de retraite avaient été exécutés il aurait été battu.
1809 - Défaite de Talavera, voulue et perdue par lui tout seul, pour ne pas attendre Soult.
1810 - Invasion de l’Andalousie ; il s’attarde (à piller ?) Cordoba, manquant ainsi la prise de Cadix, ce qui mena à un siège aussi long et coûteux qu'impossible à gagner car la ville est ravitaillée par la flotte anglaise qui en outre interdit l'isthme y menant. On s'obstine durant deux ans et demi avant de renoncer.
1811 - Défaite de Barrosa, qu’il tenta de déguiser en victoire de Chiclana dans son rapport à Soult, qui ne fut pas dupe et eut ce commentaire cruel : « Cet homme ne sera jamais qu’un tambour ; il ne fait de bruit que quand on le bat ! » (référence au fait que Victor avait débuté sa carrière comme tambour).
1812 - Russie. Il manque la réelle occasion d’écraser Wittgenstein qui ignorait sa présence, puis se fait battre par lui deux fois, à Czarnicki d'abord, et à Smoliany ensuite, il est vrai là par manque de soutien de son « camarade » Oudinot qui restera spectateur avec ses troupes.
1812 - Sa « victoire défensive » de Studianka sur La Bérézina est en fait due à Girard et Fournier.
1813 - En sous-ordre de Ney, il exhale toute sa rancœur de n’être pas chef à la place du chef.
1814 - Il abandonne sans combat le « verrou des Vosges » alors qu’il n’est pas poursuivi. Ses collègues l'ayant imité il se pose en recours pour commander en chef, seule solution selon lui pour sauver les affaires ! C’est cet « abandon collectif » qui impose à Napoléon une entrée en campagne prématurée.
1814 - Battu à Nogent par Wittgenstein (encore !). Il fait ensuite manquer la manœuvre de Montereau. En outre en train d’être vaincu par le Kronprinz von Wurtemberg, l’Empereur le remplace en pleine bataille par Gérard qui, sans un homme de plus, remporte le combat.
1815 - Il tente en vain d’arrêter Napoléon à Châlons avant de s’enfuir à Gand avec le Roi, ce qui ne fut pas une grande perte pour la France, dira Napoléon.
Mais en conséquence gorgé d’honneurs par les Bourbons, il pourra enfin se venger de Ney dont il votera la mort.
Diégo Mané
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À suivre ... Le maréchal Macdonald ...


