Les pires maréchaux de l'Empire

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar MANÉ Diégo sur 05 Oct 2026, 10:46

BRH dixit, dans le cadre de la retraite désastreuse (par ses conséquences) de Victor au début de 1814.

viewtopic.php?f=1&t=1204&p=18104&sid=ececb800891b9ee8a1982c2c6d460809#p18104

"Bien sûr, je ne défendrai pas Victor, mais il n'a guère fait pire que Ney et Marmont."

DM : C'est un point de vue, mais en quoi le fait que "les autres" aient mal fait leur travail, justifie de n’avoir pas du tout fait le sien alors que le terrain s'y prêtait en outre davantage, permettant le succès, car le minimum militairement correct eut très largement suffi.

Ceci dit, établir l'échelle des valeurs négatives des plus mauvaises « grosses épaulettes » de Napoléon 1er, qu’il avait, répétons-le, lui-même nommés et gardés, est un exercice bien tentant.
J’ouvre donc céans sans tarder ce post dédié, intitulé « Les pires maréchaux de l’Empire ».

Vous n’y trouverez pas Grouchy, qui fut quelques mois "Maréchal de l’An Pire" en 1815, car des millions d’Abeilles impériales se sont déjà chargées de le charger pour les siècles passés comme futurs, l’accusant à tort d’être responsable de la ruine impériale à Waterloo lors des Cent jours.

Je vais me concentrer sur le triste mauvais carré d'as constitué par les promotions de 1807 (Victor) et 1809 (Macdonald, Oudinot, Marmont) qui eux sont bel et bien les piliers les plus inconséquents du premier édifice impérial, qui s’effondrera sous l’effet de leurs fautes accumulées.

Notons déjà que ces quatre-là se verront « ducs des rentes » de Bellune, Tarente, Reggio et Raguse, faute de noms de batailles rangées remportées puisqu'il n'en avaient aucune à leur maigre palmarès qui restera nul. En revanche, des défaites, ils en subirent plusieurs chacun !

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Commençons par Victor, qui obtint son bâton grâce au "piston" de Lannes en souvenir de Montebello.

1807 - Après s'être "fait prendre comme un capon dans une auberge"I (Thiébault), il est échangé avec Blücher puis hérite du 1er Corps de la Grande Armée suite à la blessure à Mohrungen de Bernadotte (rente princière de Ponte Corvo). Il le mena, façon de parler, à Friedland où, de facto, ce sont les généraux Dupont (vainqueur au Mincio 1800, Haslach 1805, Halle 1806, Braunsberg 1807) et de Sénarmont (l’artilleur) qui feront le travail et décideront de la victoire.

Ensuite ce sont les années en Espagne ; jusque-là relativement épargné sous Bernadotte, le 1er Corps aura plusieurs occasions de le regretter sous Victor, au tarif de 2000 pertes inutiles par "victoire".

1808 - Défaite de la Division Villatte du 1er Corps à Valmaséda, « oubliée » là par Victor.

1808 - Victoire d’Espinosa, d’abord perdue par Victor pour ne pas attendre Lefebvre, ensuite gagnée par l’initiative de Maison qui au deuxième jour en eût assez d’attendre en vain des ordres de son chef.

1809 - Victoire d’Uclès, remportée par Puthod en l’absence de Victor, parti "faire le tour" !

1809 - Victoire de Medellin, remportée par de La Tour-Maubourg et Lasalle malgré Victor qui était en train de la perdre et reconnut que si ses ordres de retraite avaient été exécutés il aurait été battu.

1809 - Défaite de Talavera, voulue et perdue par lui tout seul, pour ne pas attendre Soult.

1810 - Invasion de l’Andalousie ; il s’attarde (à piller ?) Cordoba, manquant ainsi la prise de Cadix, ce qui mena à un siège aussi long et coûteux qu'impossible à gagner car la ville est ravitaillée par la flotte anglaise qui en outre interdit l'isthme y menant. On s'obstine durant deux ans et demi avant de renoncer.

1811 - Défaite de Barrosa, qu’il tenta de déguiser en victoire de Chiclana dans son rapport à Soult, qui ne fut pas dupe et eut ce commentaire cruel : « Cet homme ne sera jamais qu’un tambour ; il ne fait de bruit que quand on le bat ! » (référence au fait que Victor avait débuté sa carrière comme tambour).

1812 - Russie. Il manque la réelle occasion d’écraser Wittgenstein qui ignorait sa présence, puis se fait battre par lui deux fois, à Czarnicki d'abord, et à Smoliany ensuite, il est vrai là par manque de soutien de son « camarade » Oudinot qui restera spectateur avec ses troupes.

1812 - Sa « victoire défensive » de Studianka sur La Bérézina est en fait due à Girard et Fournier.

1813 - En sous-ordre de Ney, il exhale toute sa rancœur de n’être pas chef à la place du chef.

1814 - Il abandonne sans combat le « verrou des Vosges » alors qu’il n’est pas poursuivi. Ses collègues l'ayant imité il se pose en recours pour commander en chef, seule solution selon lui pour sauver les affaires ! C’est cet « abandon collectif » qui impose à Napoléon une entrée en campagne prématurée.

1814 - Battu à Nogent par Wittgenstein (encore !). Il fait ensuite manquer la manœuvre de Montereau. En outre en train d’être vaincu par le Kronprinz von Wurtemberg, l’Empereur le remplace en pleine bataille par Gérard qui, sans un homme de plus, remporte le combat.

1815 - Il tente en vain d’arrêter Napoléon à Châlons avant de s’enfuir à Gand avec le Roi, ce qui ne fut pas une grande perte pour la France, dira Napoléon.
Mais en conséquence gorgé d’honneurs par les Bourbons, il pourra enfin se venger de Ney dont il votera la mort.

Diégo Mané

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À suivre ... Le maréchal Macdonald ...
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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 05 Oct 2026, 15:23

Le réquisitoire sur Victor est assez chargé... Difficile de répondre à tout ça ! Je ne vois qu'une seule réplique : pourquoi Napoléon l'a-t-il nommé maréchal ? ça vaut aussi pour Mac-Donald et Oudinot, dans une moindre mesure...
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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar MANÉ Diégo sur 07 Oct 2026, 08:58

Dixit BRH : " ... Mac-Donald et Oudinot, dans une moindre mesure..."

"Dans une moindre mesure" dites-vous !

Détrompez-vous et attendez la suite, car Victor est à coup sûr "le moins pire" des quatre nominés !

Napoléon dira de lui à Sainte-Hélène : "Victor n'était qu'une bête, sans talent et sans tête".

Il partageait toutefois le fait d'avoir, effectivement, été nommé par Napoléon, qui, avec "les trois autres" nominés, dont la liste n'est hélas pas exhaustive, s'est tiré tant de balles dans le(s) pied(s) qu'il a fini par en tomber.

Alors pourquoi les avoir nommés ? C'est certes une bonne question, mais qui relève d'un autre débat.

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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar JOUBERT Marc sur 07 Oct 2026, 20:45

Je vous trouve un peu dur envers Victor !
Parmi les pires maréchaux, je citerais :
_ Bernadotte, qui a volontairement refusé d'apporter son aide à Davout seul à Auerstedt. Très médiocre à Wagram, il finira par trahir son propre pays. Un vrai politicien comme on les aime en France.
_ Mac Donald, qui n'a quasiment jamais remporté de victoire, et l'on se demande ce qui a pu pousser Napoléon à l'élever au rang de maréchal.
_ Murat, eh oui, Murat ! Qui brillait plus par ses tenues vestimentaires que son sens tactique et envoyait ses troupes se faire massacrer pour obtenir de la gloire (ex Heilsberg). Jugé très sévèrement par le meilleur des maréchaux, j'ai nommé Davout.
_ Bessieres. Aucune qualité de maréchal. La victoire de Médina de Rioseco étant bien sûr due à Lasalle.
J'hésite en ce qui concerne Marmont, qui a certes perdu la bataille de Salamanque mais a toutefois fait preuve de qualités tactiques en 1813-1814, et fut selon moi injustement accusé d'avoir fait perdre Napoléon (il fallait bien un bouc émissaire).
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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar MANÉ Diégo sur 14 Oct 2026, 13:43

Je réponds à Marc Joubert avant de reprendre le fil des "nominations".

MJ :
Je vous trouve un peu dur envers Victor !


DM : J'ai dit ce que je pensais, mais il est vrai qu'en matière de jugements des (in)compétences militaires je ne suis pas "tendre".

MJ :
Parmi les pires maréchaux, je citerai :
_ Bernadotte, qui a volontairement refusé d'apporter son aide à Davout seul à Auerstedt. Très médiocre à Wagram, il finira par trahir son propre pays. Un vrai politicien comme on les aime en France.


DM -
Le "prince de Pontecorvo" (Pont tordu ?) n'as pas marché au canon de Davout, mais exécutait les ordres de Napoléon, qui donc ne lui reprocha rien. Il commandait des Saxons démoralisés à Wagram, et là encore Napoléon ne lui reprocha pas sons échec ... Mais la proclamation déplacée qui le suivit.
Trahir son pays ? Non, car " il était devenu Suédois " ! (Napoléon dixit).

Très médiocre (et pas seulement à Wagram), oui. À mon sens il ne dut sa promotion qu'à son mariage avec Désirée Clary, le premier amour de Bonaparte. Ce premier (oui, ce dernier est pour Lui inapproprié) avait l'esprit de famille exacerbé, et le Gascon était devenu son beau-frère par alliance car le frère de Bonaparte, Joseph, avait épousé la soeur de Désirée.

Dommage(s) donc car sans cela ou ceux-là nous aurions eu l'impératrice Désirée (qui sonne mieux que Joséphine) qui eut donné un héritier à l'Empire, évitant le piège autrichien, et en même temps évité le Maréchal Bernadotte et donc aussi le Krönprinz Karl Johann de Suède !

MJ :
_ Mac Donald, qui n'a quasiment jamais remporté de victoire, et l'on se demande ce qui a pu pousser Napoléon à l'élever au rang de maréchal.


DM :
Macdonald est le deuxième de mes quatre nominés et je vous en parle très bientôt.
Mais en attendant je suis déjà d'accord avec ce que vous dites de lui.

MJ:
_ Murat, eh oui, Murat ! Qui brillait plus par ses tenues vestimentaires que son sens tactique et envoyait ses troupes se faire massacrer pour obtenir de la gloire (ex Heilsberg). Jugé très sévèrement par le meilleur des maréchaux, j'ai nommé Davout.


DM :
Encore d'accord sur les grandes lignes.
Murat, ayant épousé Caroline, était "beau-frère direct" de Napoléon qui, je le redis, avait l'esprit de famille exacerbé et lui donna donc la toute première place.

MJ :
_ Bessieres. Aucune qualité de maréchal. La victoire de Médina de Rioseco étant bien sûr due à Lasalle.


DM : Toujours d'accord. J'ajoute Mouton à Lasalle pour le résultat de Medina de Rioseco, sans oublier de La Cuesta qui a beaucoup aidé. Quant'à Bessières il n'a rien fait de positif au commandement en chef, ni là, ni avant, ni après ; il ne devait sa promotion qu'a sa fidélité, réelle ou supposée car elle ne fut pas confrontée aux événements qui firent chanceler celle de presque tous ses collègues. Gardons lui donc sur ce point le bénéfice du doute.

MJ :
J'hésite en ce qui concerne Marmont, qui a certes perdu la bataille de Salamanque mais a toutefois fait preuve de qualités tactiques en 1813-1814, et fut selon moi injustement accusé d'avoir fait perdre Napoléon (il fallait bien un bouc émissaire).


DM :
Pas du tout d'accord. Marmont n'a jamais rien gagné et a toujours beaucoup perdu. Mais comme c'est le dernier (tiens, là le terme est approprié) des quatre "nominés" de ma démarche je vous le garde pour la fin (de l'Empire).

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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar BRULOIS Jacques sur 14 Oct 2026, 16:59

Salut Diégo.
Si j'avais su tout cela plus tôt je n'aurais pas fait imprimer en 3 D ces pires Maréchaux.
Penses-tu faire de même pour des Généraux, des Chefs de Corps d'Armée par exemple ?
Bonne soirée et à bientôt.
Jacques.
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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar JOUBERT Marc sur 15 Oct 2026, 08:26

Marmont n'a pas gagné grand-chose tout seul, hormis en Dalmatie (bataille de Castelnuovo par exemple) mais il a contribué aux victoires de Lutzen, Bautzen, Champaubert, Montmirail et Vauchamps. Lors de ces batailles, il a plutôt été un bon exécutant. Mais au vu de la disproportion des forces, la campagne de 1814 était mathématiquement perdue d'avance.
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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar MANÉ Diégo sur 15 Oct 2026, 11:20

Bonjour Marc,

Juste une petite réponse rapide en deux points.

1. La démarche du post vise "Les pires maréchaux de l'Empire" en tant que commandants en chef, non en tant qu'exécutants (quoique parfois aussi), rôles dans lesquels la plupart furent en effet brillants, et tous indiscutablement braves selon l'axiome célèbre "Sang, panache et or, ils n'abdiquaient pas l'honneur d'être une cible".

2. La disproportion des forces, toute mathématique qu'elle ait été, n'est pas responsable de la perte de la campagne, je l'ai prouvé à plusieurs reprises, et cela vaut aussi pour 1813. Les batailles n'ont pas été perdues à cause du nombre des ennemis mais à cause des fautes crasses des maréchaux français, aussi bien d'ailleurs comme commandants en chef que comme exécutants, voire "inexécutants".

Les trois prochains nominés, très justement désignés par leurs propres soldats comme "la monnaie de Lannes", sont la parfaite illustration de ce que je viens de dire, et vous en jugerez après car je vous proposerai de voter pour déterminer ceux qui monteront sur le podium à trois places. Et donc aussi "le moins pire", qui ne sera pas sur les marches !

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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar MANÉ Diégo sur 19 Oct 2026, 17:40

Macdonald est nominé pour la place du pire Maréchal d’Empire, mais la compétition est serrée, et voyons son palmarès.

Il débute en tant que colonel par la "victoire de Blaton" en 1793 nous dit le Six. Ajoutons qu’il commandait à trois contre un sur des Hollandais pris de flanc, et que les faciles vainqueurs se sont faits dans la foulée, toujours à trois contre un pour eux, mettre en déroute de face par la Garde anglaise qui depuis arbore fièrement sur ses très larges drapeaux « Lincelles ». Si Blaton sans Lincelles eut été une victoire il est certain que Lincelles qui finit Blaton est bel et bien mal une défaite !

Je saute plusieurs circonstances « subalternes » pour arriver au premier commandement en chef, obtenu par ruse avec la complicité du pilleur en chef de la République Faypoult dont le nom cadre bien avec le personnage, lequel arrosait d’importance le Directoire. Championnet qui l’empêchait de piller est donc remercié par les Directeurs avides d'argent, et Macdonald, qui était caché à Naples malgré son rappel, est nommé au commandement de l’armée, permettant la reprise du pillage.

Pourquoi développé-je autant une circonstance aussi mineure ? Parce-qu’elle conduisit à la seule et unique victoire du rôle-titre, Civita Castellana, remportée donc par 10000 Français contre 50000 Napolitains commandés par Mack, le futur vaincu d’Ulm. Ajoutons, car c’est malgré tout nécessaire à la démonstration, que les deux chefs ne firent rien du tout et que ce sont les subalternes qui ont chacun gagné ou perdu dans leur secteur sans aucune direction d’ensemble. Accessoirement (quoique), les Napolitains fuyaient dès que chargés par les Français, qui chargèrent sur les 360° de l'encerclement, alors …

Alors les affaires sérieuses commencèrent (et finirent) plus tard, sur la Trebbia (1799), lorsque Macdonald, sans autre plan que de partout charger tout droit, rebondit sur les Russes de Souvarov. Sa défaite entraina celle de Joubert à Novi, ce qui fit perdre l’Italie.
Directement ou indirectement, le commandement de Macdonald avait coûté 30000 h.

Malgré tout conservé par Bonaparte devenu 1er Consul, Macdonald sera disgracié pour avoir pris le parti de Moreau, puis relégué au service de Naples sous le roi Joseph. Réintégré dans l’Armée d’Italie qui ralliera l’Empereur en Autriche en 1809 il sera chargé d’attaquer le centre ennemi pendant la bataille de Wagram. Il conduira les 8000 hommes de la « Colonne Macdonald » à l’une des trois plus meurtrières boucheries du genre avec La Albuera et Waterloo. Les deux, autres ayant trouvé en face des Anglais, échouèrent, celle-ci, après avoir laissé 80 % de son monde au tapis ou en arrière, n’avait plus rien en face d’elle lorsqu’elle sortit de la fumée et se cacha aussitôt dans une dépression avant que l’ennemi ne la voie.

http://www.planete-napoleon.com/docs/La ... donald.pdf

Nonobstant, cette « diversion » voulue par Napoléon avait atteint son but de distraire l’ennemi du véritable point d’attaque entre-temps enlevé par Davout. Il reste que le général avait parfaitement rempli sa mission-suicide « sans mégoter » sur les pertes qu’elle ne pouvait que subir. C’est cela que l’Empereur récompensa par le bâton de maréchal en lui disant : « Désormais entre nous c’est à la vie à la mort » ! Je vous laisse constater plus bas ce qu’il en advint.

Hélas pour l’Empire et l’Empereur, ce « succès » sanglant du "héros de Wagram" fut le dernier.

Petit passage en Catalogne, le temps de se faire ridiculiser à La Bisbal en 1810 (destruction et capture des 1700 hommes de la brigade Schwartz, général compris), et à Cervera en 1811, mais rien qu’une plume alerte telle que la sienne ne puisse déguiser en succès. Les près de 1000 victimes de sa dernière inconséquence locale, dont le brave fusilier du 42e de Ligne Jean Laurent Vidaud, natif de Saint-Laurent-de-Mure (mon village), tombé à Igualada le 4 octobre 1811, n’ont en effet pas envoyé de rapport de victoire à Paris … et Montserrat, nid d’aigle QG des Somatens catalans, coûteusement pris par Suchet, fut perdu par les mauvaises dispositions de Macdonald, coupable par contumace puisqu’il était parti en laissant la situation compromise.

Puis, comme le ridicule ne tue pas, direction la Russie pour continuer sur le même registre.

1812 le verra au commandement du Xe Corps, il est vrai presque entièrement composé de Prussiens et de Polonais. Est-ce une excuse pour n’avoir rien fait ou presque, peut-être sur le plan tactique, les Prussiens ne voulant pas faire trop de mal aux Russes et réciproquement. Mais de là à laisser l’armée russe de Finlande défiler sur son front et rejoindre Wittgenstein sans même prévenir Gouvion Saint-Cyr (qui remplaçait Oudinot) il y a au moins négligence militairement incorrecte … Mais bon, il n’aimait pas plus Saint-Cyr qu’Oudinot, alors !

1813 en Saxe le verra arriver trop tard à Lützen*, permettant aux Coalisés de retraiter.
"Victoire sans fruits" ai-je écrit, or ce furent Bertrand et Macdonald qui perdirent ces fruits très chèrement payés par l’inconséquence de Ney !

1813 encore, Commandant en chef de l’Armée de la Bober fin août, ses dispositions, contraires aux ordres de l'Empereur, amènent littéralement la déroute totale des 60000 hommes qui lui restaient après l'affaire et dont le moral restera définitivement atteint. 30000 autres n’avaient plus de moral du tout car ils étaient alors morts ou prisonniers …
Apprenant le désastre, l’Empereur, tout juste vainqueur à Dresde, suspend l’avance du corps de Mortier qui devait aller soutenir Vandamme, désormais isolé et qui succombe à son tour à Kulm.
Le commandement de Macdonald a donc coûté environ 50000 hommes en deux semaines.

http://www.planete-napoleon.com/docs/18 ... ach-v2.pdf

http://www.planete-napoleon.com/docs/18 ... zBober.pdf

Le 16 octobre 1813 à Wachau son inexcusable retard de plusieurs heures fait manquer la manœuvre impériale, conduisant à une sorte de match nul sanglant au lieu de la victoire décisive parfaitement possible dont Napoléon avait un besoin vital pour l’emporter sur les Coalisés.
La forte responsabilité de Marmont dans le même événement, et dont nous parlerons quand viendra son tour, ne fait que s’ajouter à celle, originelle, de Macdonald.

viewtopic.php?f=1&t=1165&p=7406&hilit=Wachau&sid=9fbea549b2b82cc204fda02332da67c1#p7406

En 1814 il fait manquer la manœuvre de Montmirail en permettant à York de se dérober par Château-Thierry qu'il aurait du tenir. Le Maréchal s'était lui-même et sans y être contraint le moins du monde par Sacken, mis dans l’impossibilité de poursuivre ce dernier en détruisant le pont du Trilport, croyant ralentir une poursuite ennemie qui n’existait pas. Ni Sacken ni York, les ingrats, le remercièrent

Plus tard il est « responsable mais pas coupable » de la défaite de Laubressel, que je ne porte pas en gras car elle doit tout ou presque à Oudinot. Je dis « presque » parce-que c’est Macdonald qui est le général en chef titulaire depuis trois jours et qui portera le bicorne (chapeau de l’époque), mais comme il est alors malade le commandement effectif repose sur Oudinot qui accumulera toutes les fautes possibles et inimaginables, dont nous parlerons à son tour qui viendra la prochaine fois.

C’est enfin lui, sur qui Napoléon comptait lors de la fronde des maréchaux début avril, qui en s’ajoutant aux autres au lieu de soutenir l’Empereur comme il l’avait donné à croire, finit de décourager son bienfaiteur qui céda et abdica. Là ce n’était plus l’Armée de la Bober qui n’existait plus, mais carrément l’Empire tout entier. Mais c’était un résultat « collectif » !

Et après ? Après, comme beaucoup d’autres, il tenta en vain d’arrêter Napoléon en 1815, puis accompagna le Roi jusqu’à la frontière. Le deuxième retour des Bourbons lui permit derechef de commander à cent mille Français, cette fois sans les faire battre puisque la guerre avait cessé : et s'il avait pu dire à l’Empereur : « Sire, l’Armée de la Bober n’existe plus », il put très vite dire au Roi : « Sire, l’Armée de la Loire n’existe plus ».

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Re: Les pires maréchaux de l'Empire

Messagepar JOUBERT Marc sur 20 Oct 2026, 06:08

En somme, c'était le maréchal Macdo :)
Imposant sur l'affiche, mais très bas de gamme vu de près.
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