Je continue par la mel de commentaires et questions du lectorat attentif ... Et il y en a beaucoup, qui amèneront d'autres réponses ... Et d'autres questions ...
-------------
par MELCHIOR Thierry sur 23 Nov 2020 07:06 pm
Admirable et admirée reconstitution ! Bravo Diégo !
On peut penser que les seigles et les blés (± 1,80 mètre) ont également joué un rôle dans la difficulté de la progression et le manque de vision des Français (les Anglais étant favorisés par leur situation en hauteur).
À propos du passage sur quatre rangs des bataillons anglais on peut imaginer que cela était entendu avec la cavalerie pour lui ouvrir des espaces pour le passage des lignes… (les Français utilisaient aussi le doublement des sections).
------------------
par FONTANEL Patrick sur 23 Nov 2020 11:37 pm
Belle reconstitution et démonstration, chapeau Diégo !
Je crois que c'est la première fois que je vois enfin aussi clairement l'évolution des troupes et la séquence de leurs actions sur un secteur d'une bataille : habituellement les cartes présentées sont non seulement statiques mais souvent difficiles voire impossibles à comprendre.
Bref, tu as fait le film des évènements et cela démontre (et démonte) bien des évidences. Grâce à L3C et à ton enquête historique, la (très probable) vérité n'aura jamais été aussi terrifiante.
Félicitations encore une fois,
on en voudra encore !
---------------
par BLANCHONNET Frédéric sur 24 Nov 2020 12:59 am
Bravo Diégo, c'est une superbe idée.
-------------
par FRANÇOIS T. sur 30 Nov 2020 09:22 am
Bonjour,
Superbe démonstration !
Du coup, une question, sait-on quel est l'intervalle préconisé entre bataillons de première ligne et de deuxième ligne pour éviter à ceux-ci la pénétration des boulets tout en leur permettant de venir soutenir efficacement la première ligne ? Et qu'en est-il du déploiement réel de ceux-ci sur le terrain ?
L'excellent pdf (de 2014) de Diégo consacré à l'organisation divisionnaire donne des exemples, mais on a peu de chiffres sur les distances par exemple pour la divisions Boudet à Iéna ou pour un ordre mixte ?
Ce qui m'amène à une autre question, où se placent dans ces cas-là l'état-major divisionnaire et les généraux de brigade pour garder un command and control efficace ?
<Merci
--------------
par MELCHIOR Thierry sur 30 Nov 2020 11:33 am
Bonjour François,
Je me permets de répondre avant Diégo qui me corrigera si nécessaire.
FRANÇOIS T. a écrit: … pour éviter à ceux-ci la pénétration des boulets tout en leur permettant de venir soutenir efficacement la première ligne ?
La pénétration des boulets ne peut pas être évitée ! En effet, suivant le calibre un boulet peut parcourir 200 à 400 mètres à l'horizontale et ensuite ricocher sur 600 à 1000 mètres avec efficacité, voire beaucoup plus si les conditions s'y prêtent ! Le seul moyen d'échapper — relativement — aux boulets consiste à se coucher et/ou se positionner derrière une crête.
Pour mémoire : un boulet peut traverser 10 à 24 corps humains, voire beaucoup plus.
FRANÇOIS T. a écrit: Du coup, une question, sait-on quel est l'intervalle préconisé entre bataillons de première ligne et de deuxième ligne…
L'intervalle réglementaire entre deux bataillons (escadrons) en ligne côte à côte est de huit toises (de mémoire).
L'intervalle réglementaire entre deux bataillons (escadrons) en ligne l'un derrière l'autre est égal à la largeur du front du premier bataillon (escadron) plus huit toises.
En fait, chaque bataillon doit évoluer dans un carré dont le côté est égal à son front plus huit toises, ceci afin que les bataillons puissent changer de formation (de ligne à colonne et vice-versa) sans se gêner mutuellement.
Pour mémoire : à l'époque on nommait « carré » n'importe quelle forme rectangulaire et on nommait « carré parfait » ce que nous appelons tout simplement carré ! Il est important de le savoir pour mieux comprendre les textes de l'époque.
Une toise égale trois pas de 0,65 mètre soit 1,95 mètre.
FRANÇOIS T. a écrit:… tout en leur permettant de venir soutenir efficacement la première ligne ?
Pour soutenir une unité il suffit d'être placé derrière elle pour dissuader un ennemi de l'attaquer par l'arrière ! L'unité en première ligne est ainsi (r)assurée sur ses arrières !
FRANÇOIS T. a écrit:Et qu'en est-il du déploiement réel de ceux-ci sur le terrain ?
Le déploiement est à la discrétion du général de brigade ou de division ou du corps d'armée ou de Napoléon !
FRANÇOIS T. a écrit: L'excellent pdf (de 2014) Diégo consacré à l'organisation divisionnaire donne des exemples, mais on a peu de chiffres sur les distances par exemple pour la division Boudet à Iéna ou pour un ordre mixte ?
À priori, quand on regarde les plans (Colin, Saski et autres) les unités sont à distance réglementaire.
C'est pour ça que la formation adoptée sur ordre de Napoléon est absolument aberrante et incompréhensible !
FRANÇOIS T. a écrit:Ce qui m'amène à une autre question, où se placent dans ces cas-là, l'état-major divisionnaire et les généraux de brigade pour garder un command and control efficace ?
J'ignore ce que signifie « command and control » ?
Les généraux se déplaçaient en fonction des circonstances, dans la plupart des cas ils étaient derrière et/ou au milieu de leur brigade, division, corps d'armée, armée. Un général ne cherche pas à arrêter une balle perdue ou à perdre un membre ou la vie sauf nécessité absolue.
Une fois les ordres donnés aux colonels les généraux ne peuvent suivre l'évolution des combats que grâce aux fumées des tirs et essayer de distinguer les détails à la longue-vue. Un « chef » n'a aucun contrôle sur des unités engagées au combat et son rôle n'est pas de les mener à l'attaque (Joubert y a perdu la vie) !
Un bon général (officier) gardait toujours des troupes en réserve proportionnellement aux troupes engagées : un colonel garde un bataillon, un général de brigade garde un régiment, un général de division garde une brigade, etc. (sans parler des commandants de bataillon, des capitaines de compagnie, etc.)
Quand un officier supérieur vient voir Napoléon pour avoir des renforts ça signifie qu'il n'a plus de réserve, le rôle de Napoléon ou d'un bon général étant d'utiliser sa réserve pour exploiter une faute ennemie, une percée, donner le coup de grâce ou, malheureusement, tenter de couvrir la retraite !
Bonne journée à tous
----------
Édit DM du 10/03/2026, alors que je re-mel et re-lit tout au fur et à mesure.
Or, depuis le mel originel (2020) j'ai l'an passé (2025) pu faire un "pèlerinage" sur les champs de bataille d'Italie, et parmi eux celui de Novi 1799 qui vit la mort de Joubert au milieu de ses tirailleurs.
https://www.planete-napoleon.com/docs/2 ... ALIE-4.pdf
J'ai pour l'occasion un peu "gratté" sur cette bataille et trouvé pas bien profond que Joubert est tombé victime d'un "tir ami", qui ne l'était pas tant que çà (ami) car très probablement intentionnel. Ceci dit, cela ne change pas la sentence de Thierry : le rôle d'un général n'est pas d'aller se faire tuer comme un caporal de voltigeurs !-----------
À suivre ...