Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

Modérateurs: MASSON Bruno, MANÉ John-Alexandre

Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MANÉ Diégo sur 02 Jan 2026, 12:13

Re-mel progressive du post « Den Helder 1799… » de Bruno Masson, initié le 22/12/2022
et supprimé le 06/05/2025 par suite d'anomalies provoquées par des robots malfaisants.

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Den Helder 1799, l’heure de gloire de la République Batave

Salut à tous,
Pour continuer sur la lancée de mes feuilletons de la Péninsule, je vous livre ici un aperçu de cette campagne peu connue (car somme toute peu glorieuse de part et d'autre), mais qui a vu la seule mise en ligne des troupes de la République Batave, qui malgré bien des désavantages, s'est très bien comportée.

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par MASSON Bruno sur 22 Déc 2022 12:50 pm

I) Bref aperçu historique sur les débuts des Pays-Bas

1) Soulèvement des 7 provinces
cela commence par une révolte contre la mainmise espagnole en 1568, autour de trois points principaux, la (mal)gouvernance « coloniale » des autorités établies, les persécutions religieuses de l’inquisition et les taxes prélevées sur le commerce de ce qui était les Pays-Bas espagnols, sous l’égide de Guillaume le taciturne (issu de la maison Orange-Nassau), prince protestant à qui les insurgés ont donné le commandement militaire.

Le Roi d’Espagne répond en envoyant une expédition punitive sous les ordres de son fils le Duc d'Albe, dont la campagne de terreur répressive, après des succès initiaux, finit par s’engluer dans une situation bloquée typique des guerres de religion de l’époque. Aux exactions des troupes espagnoles répondent les exactions envers les catholiques et modérés partisans de la réconciliation avec Philippe II. La partition est révélée par les deux proclamations de 1579, tout d’abord de l’Union d’Arras (6 janvier), où les provinces plutôt méridionales et catholiques font à nouveau allégeance à la Couronne espagnole, puis de l’Union d’Utrecht (23 Janvier 1579-avril 1580), où les provinces Calvinistes et plutôt septentrionales proclament leur attachement à la liberté religieuse et la défiance à la mainmise ibérique. La suite est l’Acte de La Haye, où les signataires de l’Union d’Utrecht proclament la déchéance de Philippe II en tant que souverain des Pays-Bas.

En gros 80 ans de guerre bien sale, plus ou moins chaude, qui se terminent par le traité de Münster, corollaire du traité de Westphalie en 1648 mettant fin à la Guerre de Trente Ans. La séparation entre les provinces catholiques au sud, restant espagnoles, et des provinces calvinistes au nord, qui font sécession est actée, et l’Espagne reconnaît l’indépendance des Provinces-Unies.

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par MASSON Bruno sur 22 Déc 2022 01:00 pm

2) présentation géopolitique des Provinces-Unies
Les « 7 provinces » sont en fait 11, car aux côtés des provinces de plein droit (Zeeland, Holland, Utrecht, Geldre, Overjrissel, Friese, Groningen), qui ont une assemblée qui désigne un délégué ou « régent » à la tête de la fédération, il existe 3 provinces d’empire ou "de généralité" qui sont gérées directement par l’entité fédérale, à savoir Brabant, Vlaanders et Lippe. Ces provinces ont été agrégées à la République après les traités de Münster et de Westphalie, d'où le traitement particulier. Drenthe est un cas à part, car, si elle fait partie intégrante des 7 provinces, elle est trop pauvre pour payer des taxes, et donc ne reçoit pas le droit de participer au gouvernement fédéral et est gérée partiellement comme une terre d’empire.

lien vers la carte Wikipédia:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Provinces ... landen.svg

Les provinces élisent aussi un « Stadthouder »( reliquat de la période espagnole, le titre du gouverneur des Pays-Bas Espagnols était déjà le même), qui est le chef de l’exécutif provincial ; Il peut donc théoriquement y avoir 7 Stadhouders en place simultanément dans la république. En pratique, beaucoup de provinces choisissent la même personne, et très vite ils ne sont plus que 2 jusqu’en 1688, puis un seul, traditionnellement choisi dans la famille Orange-Nassau. Le pouvoir est donc partagé entre les régents et le Stadhouder, chacun avec leurs soutiens politiques. Si c’est une république, elle n’est pas pour autant démocratique, car le pouvoir est essentiellement citadin, et souvent limité très petit nombre de grandes familles marchandes de ces cités. Les provinces ne sont pas non plus égales entre elles, car la Hollande, fournissant 58 % de l’impôt, se taille la part du lion.

Les deux pôles politique du pays sont donc :
- le camp « Orangiste » qui milite en faveur de la centralisation, de l’action étatique à l’intérieur comme à l’extérieur, la création d’une armée (de mercenaires, contrairement à la marine, les régents ne voient pas l’intérêt d’immobiliser une partie de la population à ce besoin) et d’une flotte nationale capable de défendre les intérêts des « Provinces Unies » partout dans le monde ;
- et le camp des Régents, qui veut favoriser le commerce et l’intérêt particulier, voire les débuts du Mercantilisme. Cela va assez vite dégénérer vers une tendance au provincialisme voir au nombrilisme.

La nouvelle nation va se développer sur le commerce maritime, au point qu’à la fin du XVIIe siècle, la marine (marchande et militaire confondues) de la république sera supérieure à la fois en nombre d’unités et en tonnage aux autres marines européennes additionnées.
Le déclin sera assez rapide, la population des Provinces Unies ne leur permettant pas de posséder une marine et une armée de taille à lutter avec leurs équivalentes espagnoles, françaises et anglaises. Durant le XVIIIe siècle, l’armée Néerlandaise sera régulièrement battue par son équivalente française, et la marine par son équivalente anglaise (avec ou sans l’aide de la française).

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À suivre ...
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MANÉ Diégo sur 05 Jan 2026, 10:18

Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave
par MASSON Bruno sur 26 Déc 2022 04:09 pm

3) 1747-1780 perte de confiance des Orangistes
En 1688, le Stadhouder de l’époque, Guillaume III d’Orange conduit la dernière invasion réussie des îles britanniques durant la « Glorieuse Révolution », qui chasse le dernier roi Tudor du trône d’Angleterre, et est nommé à sa place. Il n’a donc plus qu’une influence très éloignée sur les affaires de la république, qui est gérée par les régents par les faits. A sa mort sans enfants en 1702, ceux-ci décident de ne pas le remplacer, et une période de maladministration commence, qui va durer jusqu’en 1747, conjointement à la fin d’une période appelée « Gouden Eeuw » (« Âge d’Or » ou

« Siècle d’Or ») qui voit le pays être à la pointe des Arts et de la Culture, car le pays est le plus citadin, industrieux, instruit, tolérant d’Europe. (Ainsi, entre 1680 et 1750, les ouvrage polémiques de l’« Âge des Lumières » de toute l’Europe sont souvent imprimés au Pays-Bas.).
Les plaintes contre ce genre d’administration se font de plus en plus présentes, non seulement de la part des Orangistes, mais aussi de toutes les familles marchandes qui n’ont pas de représentativité malgré leur importance économique. Le pouvoir en place décide d’ignorer tour cela, approfondissant encore le mécontentement général.

Pendant cette période, l’armée est complètement négligée, les besoins étant remplis par des contingents mercenaires, licenciés dès que faire se peut. Les unités régulières survivantes ne sont pas ou peu payées, et peinent à se maintenir. L’idée est qu’en maintenant une politique de neutralité, au moins terrestre, et grâce aux nombreuses forteresses et canaux qui coupent le pays, on pourra éviter les dépenses de l’entretien d’une armée nombreuse. Dans le même esprit de parcimonie, l’entretien de ces mêmes forteresses est plus ou moins négligé. Après tout, le peuple flamand a montré sa résilience vis-à-vis des envahisseurs...

Or en avril 1747, dans le cadre de la guerre de Succession d’Autriche la France déclare la guerre à la République, et se prépare à l’envahir. C’est la panique à la tête des Provinces- Unies, car Maurice de Saxe dispose de 120 000 hommes, qui ont conquis presque l’intégralité des pays-bas autrichiens, et s’approchent de la frontière sud. La population descend alors dans la rue, et force les régents à nommer Stadthouder le prince d’Orange, comte de Nassau, sous le nom de Guillaume IV. Ce dernier ne montre pas grand-chose militairement, Bergen-op-Zoom tombant aux mains des français le 18 septembre 1747, et Maastricht le 7 mai 1748.

Heureusement, en octobre est traité la paix d’Aix-la- Chapelle, par laquelle Louis XV rend tous les territoires conquis. Guillaume IV est néanmoins en place, et son titre est désormais héréditaire ; heureusement pour les régents, il va se montrer faible et incapable de se faire à la vie politique néerlandaise, et ceux-ci ont vite fait de reprendre leurs mauvaises habitudes.

En 1751, Guillaume IV meurt, laissant un enfant de 3 ans comme héritier ; la régence est tout d’abord assurée par sa veuve, la princesse Anne d’Angleterre, mais celle-ci, ne comprenant pas un mot de flamand et sans éducation politique, n’est pas à même de relancer les espoirs déçus des Orangistes. Elle meurt elle-même en 1759, alors que le jeune Guillaume V a 11 ans, ce qui est trop jeune pour la tâche. Un tuteur est alors nommé, en la personne de Ernst von Braunschweig-Wolfenbutel, qui va ménager à la fois la chèvre et le chou, en s’attirant les bonnes grâces des régents et en devenant le confident du jeune prince, qui même après sa majorité en 1766, jurera ne de jamais prendre une décision sans son avis. Guillaume V est marié à une femme de tête, Frederika Sophia Wilhelmina de Prusse, sœur du futur Friedrich Willhelm III de Prusse (couronné en 1797) assurant un soutien diplomatique de poids à la république.
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À suivre ...
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MANÉ Diégo sur 13 Jan 2026, 13:26

Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave
par MASSON Bruno sur 08 Jan 2023 09:47 am

4) 1780-1787 les débuts et l’essor du parti "Patriote"

En 1780, les Provinces-Unies se trouvent en guerre avec l’Angleterre, presque par inadvertance, et ce jusqu’en 1784. Le commerce maritime est impossible, les famille marchandes perdent des sommes colossales, et le chômage est fort. Le conseiller du prince est blâmé, à tort ou à raison, pour cette guerre, et un nouveau parti, qui se nomme « patriote » émerge des déçus des deux camps préexistants. Leurs récriminations poussent Ernst von Braunschweig à quitter le pays sans que cela ne résolve rien, et donc les reprochent se portent du conseiller au prince.

Les « patriotes » commencent à se réunir et à s’armer en « exercitiesgenootschappen », ou corps francs, ouvertement pour contrer la menace autrichienne au sud. Joseph II d’Allemagne, depuis les Pays-Bas Autrichiens, fait mine de vouloir se mêler de la vie politique des Provinces-Unies, désire le départ des troupes néerlandaises des forteresses dites « de la barrière » (Furnes, Ypres, Warneton, Menin, Namur, Tournai) qu’elles occupent sur son territoire depuis le traité du même nom en 1714, et pour l’entretien desquelles les provinces autrichiennes payent annuellement 1.25 million de florins, et la libre circulation depuis l’Escaut à travers la Zélande.

Après quelques incidents frontaliers, il déclare la guerre à la fin 1784, mais les bataves montrant les dents, et Louis XVI semblant vouloir prendre la défense de la république, la paix est signée au bout de quelques mois, sans aucun combat. Les Néerlandais abandonnent leurs garnisons des forteresses autrichiennes (qui sont de toutes façons en mauvais état) mais la navigation dans l’estuaire de l’Escaut reste interdite à tous ceux qui ne sont pas des Provinces-Unies

Cette « victoire » enflamme les espoirs des « patriotes », et la république ayant signé un traité d’alliance défensive avec la France, les troubles extérieurs semblent apaisés ; ce n’est pas le cas à l’intérieur, où les corps francs sont de plus en plus véhéments à l’encontre des abus des régents.

Le 4 septembre 1785, un membre des « exercitesgenootschappen » de Leiden est insulté alors qu’il est en uniforme à Utrecht avec plusieurs de ses amis, une rixe puis une émeute s’en suit. L’état de Hollande ordonne alors à la garnison de Den Haag (la capitale) de patrouiller dans les rues pour éviter une répétition de l’incident chez eux. Le Stadthouder rétorque alors qu’il est le seul, en sa charge de Capitaine-Général des forces armées, à avoir le droit de donner des ordres à une garnison ; l’état n’en démord pas, et répète son ordre, dépossédant ainsi de fait Guillaume V de sa fonction.

Celui-ci décide alors de déménager sa cour à Nijmeguen dans la province de Geldre, entérinant la situation inédite. Le roi de Prusse proteste alors de l’affront fait à son parent par alliance, mais la Hollande n’en tient pas compte. Vous remarquerez que les régents ont complètement disparu de l’échiquier politique. Une partition politique des provinces se fait jour, avec Friesland, Geldre et Zeeland soutenant le Stadthouder, les autres s'alignant du côté "Patriote" avec plus ou moins de véhémence, Utrecht étant en balance.

En Geldre, deux villes, Hattem et Elburg, sont ouvertement « Patriotes », et sont des points de rassemblement pour cette mouvance politique. Le 21 août 1786, l’état de Geldre ordonne au Stadthouder, en sa capacité de capitaine-général des forces armées, d’envoyer des troupes rétablir l’ordre dans ces deux cités. Dans Hattem, les « patriotes », sous les ordres de Herman Willem Daendels, reçoivent la nouvelle de cet ordre, et se mettent en ordre de défense, et sont renforcés par des corps francs d’autres cités. Daendels obtient même de la ville de Zwolle quelques canons et un peu de munitions.

La tâche de rétablir l’ordre à Hattem est confiée au Generaal-Major Spengler, qui après quelques escarmouches, prend d’assaut les portes de la ville sans pertes, les « Patriotes » ayant pris la fuite. Les troupes orangistes pillent un peu la ville comme c’est attendu à la suite d’un assaut, puis revienent dans les rangs.

Malgré le fait qu’il n’ait fait que suivre les ordres de l’état de Geldre, le Stadthouder est traité de tyran par les « patriotes », et le 22 septembre, l’état de Hollande le démet de sa capacité de capitaine-général de ses armées. Cette province commence à se doter d’une armée défensive, sous les ordres du Reingraf von Salm, et compte sur le soutien de la France, du fait de l’alliance défensive

La province d'Utrecht est, comme je l'ai dit, en balance. Une partie de l'assemblée de la province s'est déplacée à Amerfoort, où ils restent en contact direct avec Guillaume V, le reste étant plutôt "patriotes". En mai 1787, ces derniers apprennent que les responsables d'Amersfoort ont demandé des troupes de Geldre, et décident de répondre en envoyant 300 hommes des corps francs d'Utrecht. La rencontre se fait près du village de Vreesvijk, et les troupes de Geldre déroutent très vite; néanmoins, les patriotes ont quelques morts, qui deviennent immédiatement des martyrs de la cause, et le Stadthouder est à nouveau blâmé.

La Hollande envoie alors une partie de ses troupes en Utrecht, et les Provinces-Unies sont au bord de la guerre civile.

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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Jan 2026, 09:23

par MASSON Bruno sur 23 Jan 2023 05:23 am

5) la campagne prussienne de 1787

À ce moment, se produit un incident aux conséquences désastreuses pour le parti « patriote ». La femme de Guillaume V, la sœur du futur roi de Prusse, décide de son propre chef d’essayer de réconcilier les parties en présence ; Accompagnée juste de quelques serviteurs, elle part de Nijmeguen en direction de Den Haag pour rencontrer les autorités de l’état de Hollande.

Le 28 juin 1787, dans le village de Goejanverwellensluis, juste après la frontière provinciale, elle est arrêtée par des membres des corps francs, et il lui est interdit de continuer sa route. Les assemblées provinciales de Gelre, Utrecht et Zeeland condamnent fermement cette action, mais celle de Hollande soutient l’action entreprise sur son territoire, et la tension s’accroit. La cour de Prusse s’émeut de l’affront fait à sa parente, demandant officiellement en juillet des excuses, que les auteurs soient punis et que Frederika Sophia soit autorisée à se déplacer sans encombres, ce que la province de Hollande refuse.

En août, la Prusse commence donc à rassembler des troupes dans le duché de Clèves, et adresse à la Hollande un ultimatum sur les mêmes termes le 8 septembre; la province, forte de ses préparatifs, refuse de s’y plier. Gorkum, la forteresse gardant l’accès à Den Haag, est bien approvisionnée et garnisonnée, Utrecht, gardant celui à Amsterdam, est réputée inattaquable du fait des canaux, les troupes sous les ordres de von Salm sont bien en main, et la province compte sur l’intervention de la France du fait de l’alliance défensive établie en 1784.

Le 13 septembre, la Prusse, signalant explicitement qu’elle n’a aucun grief à l’égard des autres provinces ou du conseil des régents, franchit la frontière néerlandaise avec une armée de 26000 hommes sous le duc de Braunschweig-Lüneburg . Elle est rejointe rapidement par des contingents orangistes issus de Geldre et Overijssel et se dirige vers Utrecht. Du côté « patriote », les choses vont de mal en pis, le Rheingraf von Salm abandonne la province à l’entrée en guerre de la Prusse, la France ne répond pas aux demandes provinciales et les forces armées commencent à se disperser, souvent avant d’être confrontées aux forces ennemies.

Utrecht est prise d’assaut par les forces orangistes, et les patriotes se replient sur Amsterdam. Les Prussiens prennent la ville après quelques escarmouches, et la messe est dite pour la province, qui se rend alors à discrétion. les corps francs quittant les Pays-Bas pour le territoire autrichien au sud ou la France. 5 ou 6000 hommes se regroupent en France, où ils formeront la Légion Batave sous Daendels.

Les Prussiens ont perdu 221 hommes tués et 15 déserteurs, largement compensés par le recrutement local. Du côté néerlandais, le pouvoir n’a aucune confiance dans sa force armée, et demande aux Prussiens de laisser un contingent de 4000 hommes en Hollande, le temps de recruter des mercenaires allemands pour contrôler la province. Le Roi de Prusse est tout à fait d’accord, et propose même de payer ces troupes, ne demandant aux Provinces Unies que leur nourriture, et les derniers Prussiens quittent le pays le 6 mai 1788, remplacés par 2900 soldats de Brunswick, 1400 d’Anspach et 1000 de Mecklemburg-Schwerin.

En Avril 1788, un traité défensif est signé entre les Provinces Unies, l’Angleterre et la Prusse, et en août de la même année un traité d’assistance mutuelle entre la Prusse et les Pays-Bas. Dans le même temps, les relations avec la France se détériorent.

On a alors une situation un peu ubuesque sur la frontière austro-néerlandaise, avec dans les Pays-Bas autrichiens des regroupements de « patriotes » s’armant et complotant contre le gouvernement des Provinces-Unies, et dans les Provinces-Unies, des groupes de mécontents s’organisant et s’armant (avec l’aide des Provinces-Unies) pour lutter contre le pouvoir autrichien.

Fin 1789, les « patriotes » belges, sous l’impulsion des Provinces Unies, déclarent la déchéance de l’Empereur de ses titres des Flandres, et forcent l’armée qui est envoyée mater la rébellion à la reddition. Juste après, leur gouvernement provisoire se disperse totalement en querelles de personnes, ce qui fait qu’en 1790, l’armée autrichienne du maréchal Bender envoyée par le nouvel empereur Leopold II ne rencontre aucune vraie résistance dans sa reconquête. Les « Patriotes » belges rejoignent leurs camarades néerlandais en France, avec des chefs du nom de Dumonceau, Ghigny et Lahure, avec désormais un but commun, la libération du territoire national.

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À suivre ... 6) Fin des Provinces-Unies
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MANÉ Diégo sur 23 Jan 2026, 20:35

par MASSON Bruno sur 04 Fév 2023 07:56 am

6) Fin des Provinces-Unies

Du côté néerlandais, le pouvoir n’a aucune confiance dans sa force armée, et demande aux Prussiens de laisser un contingent de 4000 hommes en Hollande, le temps de recruter des mercenaires allemands pour contrôler la province. Le roi de Prusse est tout à fait d’accord, et propose même de payer ces troupes, ne demandant aux Provinces-Unies que leur nourriture, et les derniers Prussiens quittent le pays le 6 mai 1788, remplacés par 2900 soldats de Brunswick, 1400 d’Anspack et 1000 de Mecklemburg-Schwerin. En Avril 1788, un traité défensif est signé entre les Provinces-Unies, l’Angleterre et la Prusse, et en août de la même année un traité d’assistance mutuelle entre la Prusse et les Pays-Bas. Dans le même temps, les relations avec la France se détériorent.

La révolution française va plonger l’Europe dans le chaos, et la Prusse, avec le mauvais exemple de son offensive de 1787, va tenter un gambit improbable qui va se finir à Valmy. La guerre se propage et finit par atteindre les Pays-Bas, soutenus par les autres puissances européennes. L’armée de terre des Provinces-Unies est malheureusement dans un état lamentable, et les « Patriotes » font tout pour empirer les choses, débauchant les recrues par des soldes supérieures dans leurs milices paramilitaires (jusqu’à ce que ce soit interdit sous peine de mort) et rachetant les chevaux de la cavalerie pour les revendre à l’étranger (jusqu’à ce les pénalités rendent ce trafic prohibitif).

Toujours est-il qu’en janvier 1793, sur un effectif théorique d’environ 54 000 hommes, l’infanterie n’en a qu’un peu plus de 16 000 présents sous les armes, et la cavalerie a 3000 chevaux sur les 6500 prévus. Des unités supplétives émigrées sont soldées par le gouvernement (corps de Béon, de Rohan, de Damas et de Luningen) mais sont à la fois méprisés et estimés peu fiables en tant que « français »; Ces unités seront récupérées par les Anglais en 1795.

Les campagnes de 93–95 ne seront pas détaillées dans cette étude, mais disons que les Français, avec deux fois plus de troupes, l’unité de commandement, de but et d’organisation, finissent par gagner plus ou moins par inadvertance, et aussi grâce à un hivers très froid qui gèle tous les canaux, neutralisant le caractère défensif de la campagne néerlandaise. C'est le triomphe des "Patriotes", qui sont installés par les armées révolutionnaires à tous les niveaux de gouvernement, les cadres "Orangistes" prenant le chemin de l'exil à leur tour, à la suite de leur chef, entre la Prusse et l'Angleterre. Cette dernière continue la guerre, alors que la Prusse devient neutre pour plus de dix ans.

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À suivre ...

II) Débuts de la République Batave

1) La nouvelle armée batave, brefs éléments sur la flotte et refonte de l'infanterie de l'armée.
MANÉ Diégo
 
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