Diégo, Victor Hugo, & le lion de Waterloo
(Saint-Laurent-de-Mure, le 31/12/2025).
Quelle prétention, diront certains, que de mêler Diégo, Hugo et Waterloo ?
Eh bien c’est parce-que Diégo et Hugo ont un point commun, ils ont le même avis sur le célèbre lion ET cette « rencontre » d’opinion à ceci de particulier que je n’ai connu l’avis du célèbre poète qu’en le lisant tout à l’heure alors que le mien, le même, est bien connu depuis longtemps mais s’est précisé en 2024, lors de ma « découverte » physique des lieux.
Or, renchéri-je, j’adore apprendre que des grands de ce monde partagent mon opinion, qu’ils n’ont bien évidemment pas connue, tout comme moi en l’occurrence particulière je n’ai pas connu jusqu'à aujourd'hui celle de notre poète national.
Mais laissons la parole au grand Victor qui a, lui aussi, formulé son avis sur place.
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« Je suis en Belgique, à Mont-Saint-Jean, hôtel des Colonnes, chez Mlle Dehaze. Les deux fenêtres de ma chambre donnent sur le champ de Waterloo. De mon lit, je vois le lion.
Nuit du 28 au 29 mai (1861).
Orage. Pluie. Tonnerre. Larges éclairs sur le lion de Waterloo.
Le lion de Waterloo, point culminant de tout ce large horizon, à cette particularité qu’il coupe les orages en deux et les partage, selon le vent, tantôt entre Ohain et Plancenoit, tantôt entre la Hulpe et Braine-l’Alleud. Chose remarquable, depuis un demi-siècle qu’il est là, debout, masse de fer énorme sans paratonnerre, sans défense, à la pointe d’une cime de cent cinquante pieds de haut, au milieu des nuages, jamais l’éclair ne l’a touché. Il semble qu’il ne court aucun risque d’être renversé de ce côté-là. Serait-ce que le tonnerre du ciel sait que cette besogne est réservée au tonnerre de la terre ?
De cette bataille gagnée par le hasard, on a fait une bataille gagnée par les hommes. Faute grave. Faute plus grave encore, à l’erreur on a ajouté un monument. Où Dieu n’avait fait qu’une plaine et n’avait jeté qu’une leçon, les hommes ont mis une montagne et un lion. Fausse montagne, faux lion. La montagne n’est pas en roche et le lion n’est pas en bronze.
Dans cette argile, façonnée en hauteur, dans cette fonte, peinte en airain, dans cette grandeur fausse, on sent la petitesse. Ce n’est pas un lieu, c’est un décor. »
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Bon, je n’ai pas vu le lion sous l’orage, seulement une petite pluie alternative, mais j’ai pensé tout pareil le dernier paragraphe, et Victor Hugo l’a si bien dit que je n’ai plus besoin de le redire.
Je me hâte donc de publier ce message afin de lui conserver le chiffre rond de 210 ans après Waterloo qu’il aurait perdu dans moins d’une heure (il est en fait une heure de plus que l'affiché) lorsque nous basculerons en 2026, en même temps que je posterai les vœux de Planète Napoléon.
Diégo Mané



