Échanges sur les guerres de Vendée

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 08 Oct 2019, 13:55

Je viens de mel la deuxième partie de la "trilogie vendéenne" de Thierry Legrand, soit la bataille d'ENTRAMMES du 26 octobre 1793.

http://www.planete-napoleon.com/docs/EN ... e_2019.pdf

Comme auparavant pour CHOLET vous trouverez dans cet article, outre un historique complet enrichi d'illustrations, les Ordres de Bataille des deux armées ainsi qu'un scénario assorti des caractéristiques des troupes engagées.

Suivront ultérieurement sous la même forme les éléments relatifs aux batailles de Dol-Pontorson, livrées fin novembre 1793, dernières victoires des Vendéens avant l'écrasement de la révolte en décembre.

Bonne(s) et agréable(s) lecture(s).

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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 15 Oct 2019, 16:48

Denis Bouttet le 1er août 2019

Très heureux que toutes ces recherches puissent intéresser, c'est motivant pour continuer.

Concernant les ordres de bataille, le site des archives les rend accessibles au plus grand nombre, et il en existe en fait un assez grand nombre sur la période 1793-1795.

D'une manière générale, le plus difficile c'est :

De s'y retrouver dans les réorganisations successives des armées (Armée des Côtes de la Rochelle, Armée des côtes de Brest, Armée de l'Ouest, Armée de Mayence).

D'avoir une exhaustivité de la situation d'une armée à une date donnée

Quand la structure d'une armée est relativement stable, l'organisation militaire permet de produire des ordres de bataille relativement exhaustifs et périodiques (on le voit bien sur la période 1794-1795 ou l'Armée des Côtes de Brest sous le commandement de Canclaux en 1793). A contrario, lorsque l'activité militaire est foisonnante, c'est plus compliqué. Ainsi en va-t-il de l'Armée des Côtes de la Rochelle qui doit traiter l'essentiel du conflit, d'autant que l'afflux et le reflux de troupes diverses et bariolées, les recompositions émergentes, et enfin la succession démente des officiers généraux complexifient la compréhension des troupes engagées.

A mon avis, mettre de l'ordre dans les ordres de bataille (notamment entre juin et décembre 1793), boucher les trous, clarifier les commandements serait faire oeuvre d'historien et fournir aux lecteurs ultérieurs une référence. Alors si çà vous dit, j'en suis.

Et effectivement, on peut commencer par regrouper les OdB et les mettre au clair. On pourrait ainsi se partager le travail et utiliser le même format de remise en forme (celui de Diégo). A vous de me dire.

Pour ce qui me concerne, je suis fasciné de voir dans cette guerre civile la diversité des destins individuels de quelques officiers, entre ceux promis à la célébrité voire la gloire (Grouchy, Berthier, Kléber, Marceau, Hoche, Augereau), ceux qui connaîtront l'opprobe publique (Westermann, Turreau, etc...), les politiques (Rossignol, Ronsin, Lechelle, Santerre...), les destins atypiques (Humbert, Menou), les travailleurs de l'ombre (Canclaux, Aubert-Dubayet, Chalbos...), les incompétents, les trajectoires fulgurantes fauchées en plein vol, sans oublier quelques Représentants du Peuple bien sentis. On est au coeur de la Révolution française, d'autant que ce conflit divise politiquement la population française encore aujourd'hui.

D'ailleurs, j'ai pu constater un certain intérêt récurrent des wargamers pour cette période mal connue et difficile d'accès, et pas qu'en France, loin de là. Il me semble qu'il y a également plusieurs fabricants de figurines qui ont proposé depuis peu de temps une gamme pour des Vendéens soit en 15 mm soit en 28 mm. Si çà vous intéresse, j'essaierai de faire un inventaire.

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Commentaires DM

Alors oui et oui.

Oui 1 pour travailler sur les OBs : Je viens de m'appuyer deux jours passionnants à traquer les mythes et réalités du "bataillon de Jemappes", et mettrai bientôt en ligne l'OB des forces réunies à Saumur que m'a communiqué Denis Bouttet.

Oui 2 pour que Denis nous fasse un inventaire des gammes disponibles de figurines de Vendéens.
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 21 Oct 2019, 18:00

DM =>DB, le 07/10/2019

Salut Denis,

J'avance à petits pas en Vendée (entre de grandes enjambées en 1815).

Peux-tu procéder à une relecture rapide de cet OB de Saumur que tu m'as envoyé et que j'ai compilé.

Il comporte quelques interrogations (Réunion, Birseris...), outre Jody que j'ai transcrit Jordy.

Les grades des généraux seraient bienvenus... Ainsi que l'indication de l'artillerie s'il y en a et si tu la connais.

Amitiés,

Diégo

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DB => DM, le 13/10/2019

J’ai un peu perdu pied depuis cet été aussi ton mail tombe à pic. Brièvement :
- la division de Saumur est commandée par Santerre (GD),
- la première brigade est commandée par Joly (GB), Jordy est à l’armée de Mayence,
- la deuxième brigade doit être sous les ordres de Chabot (GB),
- l’avant doit être vraisemblablement commandée par Santerre ou un des ses adjudants généraux (Müller ?) voire par Salomon (GD) mais j’en doute (en fait, il est dans le coin mais je ne sais pas trop ce qu’il commande),
- pour la cavalerie, Thévenet également appelé Danican (il sera GB fin septembre, a priori encore Chef de brigade au 8eme hussards),
- le génie est commandé par Dembarrere (chef de brigade).

Le bataillon de la Réunion existe, il s’agit d’un bataillon parisien (je chercherai lequel plus tard), comme celui de Gravilliers (ce bataillon à une petite réputation, je développerai également plus tard).
Le 72eme et le 10eme de Paris constituent la garnison de Saumur et sont au château de la ville.

La division de Saumur a combattu le 14 à Doué et le 18 à Coron.

Pour l’artillerie, pas simple comme souvent. Si je dois me fier au récit de Santerre à la bataille de Coron, l’avant garde dispose d’une artillerie volante. A la défaite de Coron, les vendéens prirent 12 pièces (2 de 12, 5 de 8, 3 obusiers, 2 de 4) et 19 caissons. Est également citée une batterie de 6 pièces qui a réchappé de la déroute (art. volante?). Comme , à cette bataille il y avait une brigade de la division d’Angers commandée par le GB Turreau (le célèbre), l’équation n’est pas simple. Je dirais que chaque brigade d’infanterie pourrait disposer d’une batterie (à cette époque, me semble-t-il, il n’y a pas d’artillerie embrigadée avec la cavalerie). À confirmer donc.
Les pièces de 4 sont également attachées aux bataillons d’infanterie.

Voilà pour le moment, suite au prochain épisode
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 28 Oct 2019, 11:18

Thierry Legrand, le 14/10/2019

Le bataillon de la Réunion existe, il s’agit d’un bataillon parisien (je chercherai lequel plus tard), comme celui de Gravilliers (ce bataillon à une petite réputation, je développerai également plus tard).
Dans les deux cas il s’agit des 2e bataillons (de la Réunion et des Gravilliers), tous les deux faisant partie des « héros de 500 livres » et présents à Cholet.

En 1793, le 1er bataillon de la Réunion appartenait à l’Armée des Côtes de Cherbourg.
A La Hougue en avril, en juin aussi. Le 6 octobre à Coutances ; à l’affaire de Fougères le 3 novembre ; aux affaires de Dol du 19 au 22 novembre ; à Angers le 3 décembre ; à Baugé, Le Mans et Savenay. Faussement appelé bataillon de Paris car aucun parisien n’entra dans sa composition. Chassin n’en donne donc pas les pertes.

Le 1er bataillon des Gravilliers était au siège de Valenciennes et à la capitulation il fut envoyé à Lyon et non en Vendée.
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 28 Oct 2019, 11:21

Denis Bouttet, le 14/10/2019

Salut Thierry,

A ma connaissance, il n’y a pas eu de survivance du bataillon de Jemappes, c’était une formation de circonstance. Cela a été une des fausses pistes sur celui qui a combattu en Vendée.

Les bataillons fédérés nationaux ont été créés en 1792. Nationaux et départementaux, ces volontaires sont mobilisés à l’occasion de la fête de la Fédération (14 juillet) à Paris . On peut imaginer l’excitation populaire à l’aune la principale fête de la Révolution, la première de la toute première république alors que l’ennemi est aux frontières. Facile de rassembler des jeunes gens (chauffés à blanc) venus par milliers à Paris célébrer la Nation en armes. 17 bataillons ont été créés en moins de 15 jours. Autant dire que cette foule enthousiaste d’hommes en armes est prête à passer à l’action pourvu qu’on  la stimule un peu et vous obtenez le 10 août qu’aucun chef politique n’a ni voulu ni anticipé.

Le bataillon républicain de la 9eme brigade est celui des chasseurs républicains des chasseurs républicains des Quatre-Nations également appelé bataillon de chasseurs de Paris. Comme nombre d’autres bataillons parisiens (une dizaine d’autres), il a été créé en septembre 1792.

Un rapide calcul m’amène à estimer que Paris (et sa région) a du se vider de 200 000 personnes, qui plus est jeunes, en trois mois. Ça devait être quelque chose, surtout compte tenu des troubles (Tuileries et massacres de septembre).
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 28 Oct 2019, 11:30

Denis Bouttet, le 14/10/2019

Salut Thierry,

Visiblement il y a deux 10eme bataillon de Paris : celui des Amis de la Patrie (formé en septembre 1792) et celui de seconde formation, dit du Muséum. Même s’il me paraîtrait plus logique que ce dernier soit celui qui est resté à Saumur avec le 72eme de ligne, je n’arrive pas à en trouver la preuve. Aurais-tu une piste ?
 
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Thierry Legrand, le 15/10/2019

Dans un état de situation au 2 août 1793 à Saumur, on trouve ceci (archives numérisées de la Vendée) :

Insert DM : je n'ai pas mis la capture d'écran indiquée ci-dessus car elle fait "disjoncter" tout l'envoi, mais Thierry nous dit ci-dessous ce qu'il en a tiré.

Il y est écrit expressément que le 10e bataillon de Paris dit du muséum en fait partie 7e ligne)!
Donc le 10e bataillon en garnison au château de Saumur est celui-ci assurément.
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 28 Oct 2019, 11:31

Denis Bouttet, le 17/10/2019

Salut Thierry,

Super pour la recherche, merci beaucoup. Ce qui est cool c’est que petit à petit on commence à maîtriser l’ordre de bataille dans une période assez compliquée.

Pour complément, le chef de l’artillerie de la division de Saumur est le chef de bataillon Hanicque.
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 07 Nov 2019, 18:20

Denis Bouttet, le 18/10/2019

Voici quelques éléments de détail pour enrichir l’OdB (No de bataillon) :

- 4ème bataillon de l’Aube (dont est issu le jeune Bara, icône de la révolution, objet de moultes représentations et odes).

- 8e bataillon bis de Paris de seconde formation, également appelé bataillon de St Antoine.

- 2eme bataillon du 72eme régiment de ligne.

- 5e bataillon de Paris de seconde formation également appelé bataillon de l’Unité.

- les 22e et 23e sont des bataillons et non des régiments  ainsi que toutes les autres unités qui n’ont pas de type défini. 

Thierry, peux-tu stp vérifier que les choix d’unité (j’ai un doute sur le 5ème de Paris au vu du nom) ?
 
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Thierry legrand, le 18/10/2019

Voilà ce que j'ai réussi à retrouver dans mes dossiers sur l'OB de Saumur :
 
35e Division de Gendarmerie : Selon la SEHRI, cette unité fut commandée par le lieutenant-colonel Rossignol et se composait des vainqueurs de la Bastille. Elle partit avec le général Santerre pour renforcer les troupes chargées d’éradiquer l’insurrection vendéenne. 

Edit DM : Rossignol est à l'époque de notre OB Général de Division (depuis le 15 juillet) Commandant en chef l'Armée des Côtes de La Rochelle (depuis le 24 juillet).

Bataillon des Gravilliers : Il s’agit du 2e Bataillon des Gravilliers ou 4e bataillon de Paris de 2e formation.

22e Régiment de Chasseurs : Il s’agit du 22e bataillon de Chasseurs, composé essentiellement de l’ex-légion germanique.

5e Bataillon de Paris : Il s’agit du 5e bataillon de Paris de 2e formation (dit bataillon de l’Unité).

Bataillon de Saint-Antoine : Il s’agit du 8e bis bataillon de Paris de 2e formation.

Bataillon de l'Aube : Il s’agit du 4e bataillon de l’Aube.

Bataillon de Saint-Amans : Il s’agit du 2e bataillon de Saint-Amand.

2e Bataillon de la Réunion : il s’agit du 9e de Paris de 2e formation.

7e Bataillon de Paris : il s’agit sans doute du 7e de 2e formation.

8e bataillon de la Somme : il est noté comme présent en octobre sous Bard dans ses mémoires ; il était à Chinon en juillet 1793 ; il est noté présent à Saumur avec 414 hommes dans la brigade Joly début septembre (y compris 125 hommes détachés, 56 à l’hôpital et 11 en « prison »). Mais il est aussi noté qu’il manque 392 hommes : serait-ce les effectifs du bataillon sous le commandement de Bard ?

Garnison de Saumur (au château de la ville) : 10e bataillon : il s’agit du 10e bataillon de Paris dit du Muséum.  

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A suivre...
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 21 Nov 2019, 14:01

Denis Bouttet, le 18/10/2019

Bonsoir Thierry et merci de ce prompt retour.

Tout à fait d’accord avec toi sauf un point, le bataillon de St Amand. Il s’agirait plutôt du 1er bataillon (cf. mail du 29 juillet + correspondance de Rossignol du 17 août ).

viewtopic.php?f=1&t=1842&start=75

Pour le 8eme de la Somme, la situation est plus simple : le bataillon a été divisé en deux (à l’été).
Le registre des correspondances des archives de Vendée éclaire ce point puisque Rossignol réclame à Chalbos de faire rentrer l’autre partie du 8eme de la Somme à Saumur (ordres du 31 août et du 4 septembre).

Concernant l’artillerie, je suis à la peine, c’est très difficile de trouver des données.
La correspondance de Rossignol est explicite, il manque de canons et s’en plaint au plus haut niveau (les défaites précédentes ont vu le parc passer à l’ennem). Il a du certainement recevoir des renforts en la matière pour passer à l’offensive en ce mois de septembre mais combien ?

A Coron, il perd une batterie complète (le nombre de caissons est raccord - deux caissons par pièce) et quelques pièces supplémentaires ( je reviendrai sur cet épisode plus tard) mais je ne suis pas sûr qu’il y ait eu d’autres batteries rattachées aux brigades.

Pour la batterie volante, je me demande si elle ne provient pas de l’Armée de Mayence, ce qui expliquerait le peu de pièces de l’OdB de la sus-dite armée. Auquel cas, on n'aurait que 4 pièces (je vais creuser les mémoires de Kléber).

En effet, une batterie volante (légère à cheval), est composée de deux divisions. Chaque division est composée de 2 pièces de 8 et de 2 obusiers de 6.

Je reviendrai un peu plus tard sur la bataille de Coron car il y a là quelques leçons à en tirer quant à la division de Saumur. Suite au prochain épisode donc.
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 04 Déc 2019, 09:38

Denis Bouttet, le 20/10/2019

En relisant plus attentivement le récit de Savary sur la bataille de Coron, je me suis rendu compte d’une profonde méprise qui m’amène à faire modifier encore une fois l’OdB.

L’avant garde est commandée par le GB Turreau (celui des colonnes infernales). C’est cette colonne qui est engagée en premier à Coron et qui pour le coup perd son artillerie. Donc on peut considérer que cette brigade contient une batterie de 8 pièces, qui plus est d’artillerie légère/volante.

La seconde batterie de 6 pieces et 6 caissons appartient à la deuxième brigade qui suivait l’avant-garde. Les informations sont maigres quant à leur nature. On ne peut faire que des suppositions mais je serai tenté de croire qu’il s’agit d’artillerie régimentaire, notamment parce que le 4ème bataillon de l’Aube avait une compagnie de canonniers (2 pièces a priori). Mais tout cela est très flou.

Les 2 pièces de 12 semblent être les seules pièces de ce calibre de la division voire de toute l’Armée des côtes de La Rochelle qui en comptait une quinzaine en juin avant le désastre de Saumur.

Quand à la première brigade, je n’ai pas encore d’informations quant à son artillerie, très probablement en dispose-t-elle tout du moins de l’artillerie régimentaire.

Ma confusion vient du fait que j’étais persuadé que Turreau appartenait à la division d’Angers (Duhoux). A tort donc. Duhoux et sa division sont restés à Pont barré où il se sont fait étriller le lendemain.
Il est à noter que le ministère a envoyé le 09 septembre, un convoi de 12 canons, 2 mortiers et 6 caissons depuis l’arsenal de Paris. Je ne pense pas qu’il aient pu rallier Saumur dans ce laps de temps, le début des opérations étant le 14. En revanche, elles ont dû être intégrées pour l’offensive d’octobre.

... à suivre...
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 02 Jan 2020, 13:55

Je reprend la mel de nos intéressants "Échanges sur les guerres de Vendée".

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Denis Bouttet, le 23/10/2019

Bonjour Diégo,

C'est très agréable de voir un travail quasi abouti, bravo et merci.
Quasi, car pour moi,  il y a quelques corrections à apporter :

35ème division de gendarmerie, supprimer la référence au LC Rossignol. En effet, au 16 septembre, Rossignol est Général en Chef (GD) de l'Armée des Côtes de la Rochelle (à laquelle est rattachée la division de Saumur), résultat d'une carrière fulgurante grâce à ses appuis politiques. Il en est de même pour Santerre, son second puisque le voici également propulsé à la tête d'une division. Leur carrière sera toutefois courte en Vendée.

Pour le bataillon de St Amand, il s'agit du 1er bataillon et non le deuxième.

Pour le 72ème de ligne, il s'agit du deuxième bataillon.

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Diégo Mané, le 23/10/2019

Salut Denis,

En effet, c’est un plaisir, voire un achèvement, de voir ce bel OB offert à notre lectorat comme une sorte d’exclusivité car personne au grand jamais ne l’aura ciselé avec autant de précision que cet efficace travail à six mains que nous venons d’accomplir Thierry, toi et moi.

http://www.planete-napoleon.com/docs/17 ... Saumur.pdf

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Je reviens sur ta récente remarque concernant Rossignol.

Certes pour moi le nom sonnait comme celui d’un Général en Chef, et je me suis dit que le Lieutenant-Colonel de la 35e Légion de Gendarmerie que tu indiquais était probablement un homonyme...

Faux, donc ! Du coup j’ai jeté un oeil au Six et j’y ai constaté l’avancement fulgurant du bonhomme, de quoi effectivement égarer quiconque... Y-compris la SEHRI, citée par Thierry, et qui fait la même erreur, illustrant bien la différence entre les faits avérés et leur interprétation parfois «à prendre avec des pincettes».

J'ai du coup mis au propre le cursus du bonhomme et vous l'offre en étrennes.

http://www.planete-napoleon.com/docs/Rossignol.pdf

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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 02 Fév 2020, 14:54

Et voici le volet final de la trilogie de Thierry Legrand "Trois batailles des Guerres de Vendée" en 1793.

http://www.planete-napoleon.com/docs/DO ... r_2020.pdf

Il s'agit des batailles dites de Dol-Pontorson, dernières victoires vendéennes avant les désastres du Mans et de Savenay qui verront la destruction de l'Armée Catholique et Royale par les armées de la République.

Nous sommes donc là "avant le drame, bien entendu", ce qui permet aux "Royalistes" de se projeter dans une perspective plus prometteuse, celle du retour dans leur belle province.

Quoi qu'il en soit bonne lecture et bonne(s) partie(s).

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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MELCHIOR Thierry sur 02 Fév 2020, 15:55

Bravo à vous trois ! :grin:
Cette quête a été passionnante de bout en bout ! :)
Avec toutes mes félicitations pour le travail de recherche accompli. :grin:
« Ce ne sont pas les événements qui troublent le cœur des hommes, mais les jugements qu'ils portent sur les événements. »
Épictète (Stoïcien)
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 13 Fév 2020, 14:49

Nouvelle "quête" de Denis Bouttet !

DB le 13/02/2020

Vous trouverez ci-dessous le fruit d'un petit travail d'investigation sur le 11ème de hussards au deuxième semestre 1793. J'attire l'attention de Thierry sur le fait que le régiment devait être à Chatillon le 11 octobre (je n'ai pas contrôlé ce fait pour l'instant), ce qui pourrait amener à faire évoluer (à la marge) l'ordre de bataille de Cholet.

Il m'était nécessaire pour faire un point sur cette unité qui est impliquée dans deux des batailles que je veux décrire, j'espère qu'il vous intéressera. N'hésitez à me faire part de vos remarques, questions et commentaires.

A votre disposition pour plus de détails.

______________________________

Il est de ces formations qui se présentent avec un historique quelque peu complexe et pas évident à appréhender ; le 11ème hussards est de ces dernières. En effet, il combine une création composite à partir d’autres unités et se trouve engagé sur plusieurs fronts. Qui plus est, il s’agit là d’une unité « fantôme » car si on sait qu’elle existe sur un théâtre d’opérations donné, il est cependant difficile d’en trouver les traces et par cela même, de démontrer son existence puisque les ordres de bataille l’ignorent ou presque.

Tout a vraiment commencé lors de l’étude de la bataille de Chantonnay (5 sept. 1793) où il est mentionné une cavalerie qui refusa de charger. Oui mais quelle cavalerie ? En octobre est fait état dans la colonne de Luçon du 11ème hussards, se pouvait-il qu’il ait participé à cette bataille un mois plus tôt ? L’enquête était ouverte.

Pour ce faire, revenons à la genèse du régiment. Tout d’abord, fut créé le 26 juin 1793 un éphémère 24ème régiment de chasseurs à cheval (il sera « recréé en mars 1794 ») à partir de la cavalerie de la fameuse légion germanique. Puis le 28 juillet de cette même année, fut créé le 11ème régiment de hussards à partir de ce 24ème régiment de chasseurs, d’un escadron des hussards de la Liberté, d’autres unités secondaires (cavaliers jacobins, cavalerie révolutionnaire) et d’hommes de la levée en masse (30000 h pour la cavalerie). L’histoire veut que ce soit son premier chef de corps, le colonel Avice, qui opta pour l’arme des hussards plutôt que pour celle des chasseurs à cheval non avoir le siège du ministère de la guerre pour ce faire.

Quelques dates en 1793        

Juillet : le régiment est à Tours et son dépôt est à Amboise.        

Mi-août : première revue du régiment.

17 septembre : départ d’un détachement de Saumur pour l’armée du Rhin.

1er octobre : Troyes.

1er novembre : Strasbourg (environ 250 cavaliers dont la moitié non armés). 
        

A partir de décembre : participation à la campagne sur le Rhin.
Des cavaliers volontaires issus des sociétés populaires sont intégrés au régiment à Vesoul (dépôt régional de cavalerie). Pendant ce temps, les autres détachements combattent en Vendée. Ces derniers ne traverseront pas la Loire après la victoire de Cholet.

Quelques dates en 1794 
        

28 février : départ pour Orléans. 
        

A compter du 3 avril, la cavalerie révolutionnaire est incorporée. 
        

16 juillet : départ de Tours  pour l’armée des Pyrénées orientales.

5 décembre : le régiment est à Poitiers.

Il restera en Vendée jusqu’à la fin de l’année 1795, et sera envoyé tout début 1796 à l’Armée du Rhin et Moselle.

Revue d’effectifs

Effectif théorique : 1705 hommes.        

26 juin 1793 : 387 h.        

12 août 1793 : 623 h.       

3 avril 1794 : 1188 h.        

2 juillet 1794 : 1411 h dont 267 resteront dans l’Ouest.        

5 décembre 1794 : 862 h. Évidemment, tous n’étaient pas disponibles sous les armes.

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A suivre...
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Re: Échanges sur les guerres de Vendée

Messagepar MANÉ Diégo sur 24 Fév 2020, 11:52

DB le 13/02/2020

La légion germanique
Colonne vertébrale du 11ème hussards, cette unité fut désignée coupable de la défaite de Saumur et non pas parce-qu’elle a fait défaut (quoique…), mais principalement parce-qu’elle était composée d’étrangers et que nombre d’entre-eux sont passés à l’ennemi. C’est ainsi que nombre de ces cadres d’origine allemande ou suisse furent destitués de leur commandement. Toutefois, ce sont des rangs de cette même unité qu’émergèrent deux personnalités militaires importantes : Marceau et Augereau. En sont également issus deux autres personnages que l’on retrouvera dans les combats de 1793 : le français Beffroy et le suisse Keller qui servira un temps la cause vendéenne.

Au début de septembre 1792, la Patrie est déclarée en danger et la France a besoin de soldats. A l’instar de trois autres légions étrangères (batave, belge et liégeoise, allobroge), est créée le 4 septembre la légion des germains ou légion germanique. Destinée à attirer les Allemands (Autrichiens, Prussiens, Suisses...) qui voulaient servir la France et provoquer des désertions dans les rangs ennemis. Cette légion fut composée des unités suivantes aux dénominations parfois absconses (le principal fondateur, Cloots, était hollandais) :

·        deux bataillons de chasseurs à pied de 4 compagnies  de 120 h,

·        un bataillon d’arquebusiers à 4 compagnies de 120 h,

·        un régiment de cuirassiers légers à 4 escadrons de 2 compagnies de 62 h,

·        un régiment de piconniers à 4 escadrons de 2 compagnies de 62 h,

·        une compagnie d’artillerie à pied de 158 h.

Si l’effectif théorique était de 2600 h, il ne fut jamais atteint. Prévue pour être composée exclusivement de germanophones, elle dut intégrer quelques officiers français. On retrouve également dans ses rangs nombre de Suisses ayant échappé au massacre des Tuileries. Le 17 décembre 1792, la légion ne comportait que 1071 h :

·        170 cuirassiers,

·        296 piconniers,

·        64 arquebusiers,

·        473 chasseurs,

·        34 canonniers,

·        34 officiers.

Les cuirassiers légers portent casques et cuirasse de cuivre, les piconniers sont équipés d’une lance (enfin pas tous), les arquebusiers d’une arquebuse (fusil de plus fort calibre) et les chasseurs de fusils. Les pièces d’artillerie comportaient canons et obusiers et étaient fournis par la République (système Gribeauval) tandis que les autres armes, n’étant pas d’un usage réglementaire, il en fut commandé des spécifiques aux Pays-Bas (150 lances, 200 arquebuses et des fusils... qui n’arrivèrent jamais). Les manquants furent tout de même fournis par la République. Avec le temps, cette spécificité dans l’emploi des armes dut s’estomper et l’on peut considérer que ces unités évoluèrent comme les autres armes de la République.

D’après l’article de loi du 4 septembre 1792, les cuirassiers sont assimilés (au niveau de la solde notamment) à de la cavalerie, les piconniers à des dragons, les chasseurs à de l’infanterie légère et les arquebusiers à de l’infanterie de ligne.

Elle est envoyée en mai 1793 en Vendée. Toutefois, elle revêt un aspect peu enthousiasmant : le 24 mai on compte seulement 800 h sous les armes (et encore, mal équipés), 300 h à la traîne suivis de 400 femmes, le corps des officiers est toutefois au grand complet (14 officiers supérieurs tout-de-même).

La légion fut également appelée Légion de la Fraternité après Saumur.

Au 21 juin, la légion comporte 302 fantassins et 313 cavaliers sous les armes.

Le 26 juin, le corps est dissous :

·        l’infanterie et l’artillerie rejoindront le 22ème régiment d’infanterie légère (Régiment puisque organisé en 2 bataillons de 8 compagnies) avec les compagnies franches des Pyrénées, de Nemours, du Loir-et-Cher et des hommes (environ 600) du district de Saumur.

·        la cavalerie formera le 24ème chasseurs à cheval (12 compagnies).

à suivre...
MANÉ Diégo
 
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