Bataille Français contre Autrichiens-Napolitains 1796

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Re: Bataille Français contre Autrichiens-Napolitains 1796

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 10 Mai 2022, 06:07

Merci à tous les participants.
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A plusieurs, le jeu c'est mieux ;)
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Re: Bataille Français contre Autrichiens-Napolitains 1796

Messagepar MANÉ Diégo sur 24 Juin 2022, 17:58

Je viens de Mel la première livraison de "ma" bataille de Stradella 1796, et j'en parle ici :

viewtopic.php?f=1&t=2079&p=16019#p16019

Je l'avais déclinée à domicile avant la partie jouée au KRAC sous l'égide de Nicolas Denis Remÿ et destinée à voir son résultat pris en compte par Florent Collonge pour sa campagne uchronique.

Vous constaterez à terme des résultats sensiblement différents, qui ne doivent rien à la règle L3C et tout aux approches, elles aussi différentes (et respectables), des deux "metteurs en oeuvre". CQFDM !

Ceci dit j'ai (aussi) participé à la partie jouée au KRAC, tenant le rôle de Masséna, et j'ai, à la demande de Florent, produit le rapport de ce général dont je vous ferai profiter ici.

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Re: Bataille Français contre Autrichiens-Napolitains 1796

Messagepar MANÉ Diégo sur 24 Juin 2022, 20:02

Le Général de Division Masséna, Commandant l’Avant-Garde de l’armée.
Champ de bataille sous Stradella, le 15 Floréal an IV, 7 heures de relevée.

Au Général en chef Augereau, Commandant l’Armée d’Italie, à Stradella.

En conséquence de vos ordres, mon général, je fis mes dispositions ce matin pour défendre la gauche de l’armée, de Stradella au fleuve Po. Vous aviez fixé ma ligne de bataille, face au torrent Versa que devait traverser l’ennemi pour nous attaquer, un peu en arrière des premières maisons de Stradella, considérant qu’à cette distance la seule position possible pour la nombreuse artillerie autrichienne la mettrait hors d’état de m’accabler.

Je devais, pour bénéficier de cet avantage, laisser l’ennemi franchir le cours d’eau pour ne l’attaquer plus sûrement qu’ensuite. Malheureusement ces circonstances furent déjouées car l’ennemi put faire tirer ses pièces à portée efficace contre ma ligne sans défense.

Je n’avais en effet que 4 pièces, dont aucune en vis-à-vis, à opposer aux 36 dont moitié de 12 livres que l’ennemi mit en ligne contre ma droite. Nonobstant, il ne m’appartenait pas de décider de rompre ce combat inégal. Vous aviez fixé ma ligne de bataille, je l’ai donc tenue.

Le général Victor, donc sans artillerie, tenait ma droite, appuyée à Stradella, avec la 18e de bataille et la 11e d’infanterie légère. À sa gauche, s’étendant jusque vis-à-vis Santa Croce et Duriana, se tenait le général Pelletier menant les 45e et 69e de bataille encadrant 4 pièces de 8 livres, et la 25e d’infanterie légère. Les 9 bataillons et 4 pièces de ces généraux, alignant moins de cinq mille baïonnettes ont soutenu leur réputation contre plus de dix mille ennemis.

En deuxième ligne derrière le général Victor se tenait le général Saint-Hilaire avec 900 hommes de la 11e de bataille, 400 grenadiers de la réserve et 6 pièces de 6 £, mais ils n’étaient pas à ma disposition, étant en réserve générale selon vos ordres.

En deuxième ligne derrière le général Pelletier se tenait donc ma seule réserve sous le brave général Rampon, commandant à 700 grenadiers de la Réserve, 2000 hommes des 11e et 4e d’infanterie légère, et 4 pièces de 8 £. 2 à 300 Dragons de Beaumont flanquaient sa gauche.

Enfin, se prolongeant sur la gauche jusqu’au Po et selon vos ordres, j’avais disposé en écran de sûreté la cavalerie du général Lorcet, soit 700 cavaliers des 22e Chasseurs à Cheval et 7e Bis de Hussards, soutenus par 6 pièces à cheval de 3 £.

Vers les trois heures de relevée les 36 pièces ennemies, de fait à bonne portée contre vos espérances, ouvrirent sur la Brigade Victor un feu des plus vifs tandis que de gros bataillons de Hongrois s’avançaient à travers la Versa. Nos pertes furent rapidement cruelles. Jamais depuis que je sais la guerre je n’ai vu de feu si terrible, et jamais nos braves soldats n’ont montré tant d’héroïsme, serrant les rangs sans broncher chaque fois qu’une file était enlevée.

C’est alors que vous m’avez ordonné cette belle manœuvre de décaler mon dispositif sur la gauche pour laisser libre le glacis de Stradella dans le but d’y attirer l’ennemi, qui ne s’y risqua pas, restant en outre à distance respectueuse de ma première ligne pendant sa marche de flanc, peut-être craignant un piège là où il n’y avait que du courage et de la résolution.

Profitant de cette hésitation j’avais porté en avant les 4e et 11e d’infanterie légère sous le général Rampon, conservant en arrière ses grenadiers comme ultime réserve.

Les 24 pièces ennemies reportèrent alors leur feu sur ces troupes, et leurs boulets et nos hommes continuaient à tomber drus. Comme en même temps toute une autre division ennemie passa à son tour la Versa, celle qui avait opéré son franchissement la première s’enhardit, pensant avoir bon compte des braves de la Brigade Rampon, accablés qu’ils étaient sous la mitraille.

Mais c’est tout le contraire qui se produisit car, en masquant le feu de leur propre artillerie, les Hongrois qui nous attaquaient nous rendaient un grand service. Un terrible échange de feux d’infanterie éclata entre les lignes opposées. Du moins dès lors les pertes furent partagées. Le général Rampon et moi nous prodiguâmes, nous portant au plus fort du combat qui se soutint longtemps, mais dont nous sortîmes vainqueurs, l’ennemi retournant piteusement dans ses lignes sous la protection rageuse de ses canons qu’il avait eu grand tort de quitter.

Pendant ces circonstances héroïques dont je n’ai pas voulu interrompre la narration, avaient débouché de Port Albera sur le Po, 10000 ennemis, menés par Provéra ai-je appris d’un blessé capturé par la Brigade Pelletier. Ce général tenait alors sa brigade sur la Versa pour garantir le flanc gauche de Victor qui bloquait une division ennemie sur l’autre rive. Il disposa sa troupe en potence par rapport à celle de Victor, appuyant sa droite sur le lit à sec du torrent. Il reçut sur cette position une attaque de la division ennemie qui n’osa engager, et de loin, que des tirailleurs du FreiKorps Giulay armés de carabines. Nos tirailleurs les chargèrent alors et les culbutèrent avec pertes. On ne les revit plus. Par suite, malgré sa supériorité numérique écrasante, Provéra, probablement intimidé par les mouvements de Lorcet sur son flanc droit, se contenta d’amener en ligne sa nombreuse artillerie dont moitié de 12 £ et, à l’instar de ses collègues du centre, la fit jouer sans la risquer, occasionnant des pertes aux malheureux dragons de Beaumont qu’ils craignaient peut-être, bien qu’en seconde ligne.

Enfin, et pour l’anecdote, à la gauche de notre ligne, et trop loin pour prétendre à la moindre utilité, des dragons napolitains progressaient laborieusement dans les crottins laissés par les cavaliers de Lorcet qui reculaient posément sur mes ordres, tandis que des groupes de Sardes parjures tentaient vainement de les déborder en coupant à travers les vignes avec une telle expertise qu’ils semblaient en connaître de vue chaque cep. Peut-être des fils de l’endroit ?

Revenant à l’essentiel, soit l’héroïque et glorieux succès remporté par la Brigade Rampon, il ne pouvait s’accomplir sans le douloureux sacrifice de centaines de braves des 4e et 11e d’infanterie légère, qui ont fait des prodiges de valeur et n’ont pas démenti, dans cette occasion, leur haute réputation, forçant un ennemi opiniâtre à leur laisser la place, couverte de ses morts. D’après tous les rapports, j’évalue la perte des Hongrois à 1500 morts et blessés, appartenant aux régiments Esterhazy et Alvinzy. Ils étaient commandés par le GM Salich.

Nos pertes, essentiellement du fait de l’artillerie ennemie, sont également considérable en morts et blessés dont je ne puis vous donner précisément le nombre, mais je le ferai ce soir en demandant l’état aux généraux. Je m’occupe aussi, bien sûr, de recueillir les actions d’éclat qui ont eu lieu dans cette mémorable journée pour vous les faire connaître.

C’est avec bien de la justice que j’ose vous dire, mon général, que ma division s’est conduite aujourd’hui d’une manière à mériter la reconnaissance nationale.

Salut et respect.

Masséna
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