1812. La campagne de Russie

Espace d'expression destiné à Frédéric Fédor, notre membre le plus prolixe, dont la production personnelle justifie à elle seule ce traitement particulier.

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1812. La campagne de Russie

Messagepar MANÉ Diégo sur 06 Juin 2012, 20:27

Fédor pas mort

Privé d’internet, Frédéric m’écrit beaucoup, à l’ancienne, avec une plume sur du papier !

Sa dernière lettre parlant beaucoup de 1812 je vous la transcris telle quelle, histoire de faire donner signe de vie à sa rubrique «Fédor’s corner».

"Pour reparler de la campagne de Russie et des deux divisions dotées du Brown Bess, l’idée en est venue des nombreuses parades organisées par les Britanniques dans la Baltique et en particulier celles de Saint-Pétersbourg, peu avant les événements (gravures d’époque). Wilson, le conseiller militaire anglais était d’ailleurs dans la zone de Taroutino-Malojaroslavetz lors de la 2e phase de la campagne de Russie... Il n’y a pas de fumée sans feu !

Après la manoeuvre de Krasnaïa Pakhra, sur les arrières de Napoléon, installé à Moscou, et le conseil de Fili, Koutousov, protégé par deux fleuves (Desna et Pakhra) et sur la route de Kalouga (l’ancienne), cela après la défaite de La Moskowa, était à plusieurs titres en meilleure posture qu’on ne pouvait le croire...

Tu sais ma thèse sur la campagne de Russie et l’échec de Murat, autant par le manque de chevaux, que par la fonte des effectifs de l’infanterie, devenue indigente.

Timbrée, pressée, ..., l’armée française semblait scotchée au terrain autour de Taroutino.

L’entrée dans Moscou a tué le mouvement opératif de l’empereur des Français. Dès lors la ville a mangé l’armée quoi qu’il arrivât.

La manoeuvre de Koutousov sur Krasnaïa annule l’effet de l’entrée à Moscou des Français ; pire, cela les met dans une facheuse position. «Un pas en avant augure d’une difficulté» (36 stratagèmes chinois).

Napoléon a prévu l’aller, pas le retour... Sa ligne logistique n’existe pas et Smolensk comme Vilna sont trop lointaines. la route du Sud, par l’Ukraine, n’existe que dans ses rêves. Fiat lux, mais la suite du domaine des ombres n’est que la vie... Napoléon aime la lumière !

«La paix à tout prix» au niveau diplomatique ; l’empereur des Français se trompe de guerre ; elle est totale. De même l’armée russe commence à se spécialiser par division, comme l’introduction du Brown Bess l’indique. Cette implication individuelle du conflit va peser en faveur du défendeur.

Taroutino et son camp, la surprise, vont user l’armée française ; l’année déjà avancée va la détruire. Il nous a même manqué à l’époque un Plutarque...

User les Polonais à Taroutino, ce n’est plus qu’avoir que des Italiens à Malojaroslavetz ! L’impéritie du système napoléonien ne privilégiant que l’attaque. Après Moscou, il y eut trop de batailles inutiles. L’appréhension du système russe fut totalement mis de côté, comme les «môles de retardement» (articles sur ton site entre 2007 et 2010).

On ne voulut pas comprendre, pour s’étendre...

La perte de nombreux généraux, même Montbrun, dont on parle peu (lire Mémoires de Pajol) allait entraîner la perte de l’allant et de l’intelligence de l’Armée... les cadres et les soldats.

La campagne débutée fin juin ; la marche hasardeuse vers l’Ukraine en Octobre ; Napoléon comme pour la campgne de Palestine et de Saint-Jean d’Âcre, s’aventura un peu trop au niveau de l’Art opératif.

Nunc et pacem ne voulant rien dire, Napoléon 1er ne se résolut jamais à ne rien défaire de la toile de l’Europe qu’il avait patiemment tissée. La retraite désastreuse allait être cette clé.

Tu as vu deux livres sont sortis sur cette campagne, en cette année de battage médiatique, celui de Lieven, quel nom illustre, et un second appelé «l’effroyable tragédie». On retient du 1er le nom de l’auteur ; du second le titre. C’est étrange...

Je crois bien qu’il y a 7 à 8 livrets à faire sur cette campagne. Enorme au niveau des effectifs ; introductive en manière de combats de cavalerie nombreux ; précise et diverse entre la prise de Smolensk et les deux batailles de Polotsk.

Voilà pour ce qui est de la campagne de Russie dont on forme le bicentenaire de l’anniversaire actuellement. ..."

Frédéric Fédor
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