La réorganisation
Pour les Bourbon-Sicile, la chute de Gaète le 18 juillet 1806 ne mettait pas fin aux espoirs de reconquête. En mai 1807, Ferdinand confiait au Margrave de Hesse-Philipstahl, le vaincu de Gaète, un corps expéditionnaire de 3700 hommes pour raviver les insurrections locales et éventuellement les transformer en révoltes générales comme en 1799. L’impétueux margrave attaquait Milletta, sans son corps complet, le 29 mai 1807. Après un violent combat entre les conscrits siciliens appuyés par des révoltés napolitains contre les vétérans français appuyés par des corps francs locaux, la victoire souriait aux défenseurs grâce en partie aux unités napolitaines (corps de chasseurs des Appenins et le « Real Sanniti »). De l’autre côté, des unités siciliennes comme l’escadron « Valdimazzara » voyant leur chef tué se débandaient. Le combat avait fait 300 tués de chaque côté, mais 400 siciliens étaient faits prisonniers. A l’issue de cette bataille, seules Reggio di Calabra et Crotone restaient aux mains des Bourbons.
Crotone tombait en juillet et Reggio tenait jusqu’au 12 février 1808, date à laquelle la garnison rembarquait et la citadelle capitulait deux jours après .
Après cet échec coûteux financièrement et qui mettait fin à l'espoir d'une reconquête militaire, Ferdinand, sous la pression et les mécontentements britanniques, réorganisait ses forces pour avoir 954 officiers et 13 821 sous-officiers et soldats. Il remplaçait les milices siciliennes par 9 régiments de garnison de villes, 23 régiments (dans les faits ne comportant qu’un bataillon) de chasseurs provinciaux et 4 régiments de dragons provinciaux. Tous étaient commandés par des officiers en retraite, un colonel et un directeur ayant le grade de lieutenant-colonel. L’ensemble étaient désigné « Volontari Siciliani » et commandés par le prince Léopold, deuxième fils du roi Ferdinand. L’armée sicilienne finalement s’organisait comme suit en décembre 1808
Inspecteur : Tenete Generale della Salandra
Reserve : Brigadiere Saint-Clair
Infanterie
Régiment « Granatieri Reali » 1127 hommes en trois bataillons (381, 381 et 369). Ces unités étaient en fait constituées des compagnies de grenadiers des régiments de lignes.
Infanterie de ligne
1ere division : Maresciallo (maréchal de camp) MINICHINI
1ere brigade : Brigadiere della Floresta : Régiments « Présidi » et « Reali Sanniti »(843,787), bataillon de « Cacciatori Albanesi » (407)(chasseurs albanais)
2e brigade : Brigadiere Beccadelli BOLOGNA : Régiments « Estero » et « Valimazzara » (631, 837).
2e division : Maresciallo ROSENHEIM
3e brigade : Brigadiere NUNZIANTE : régiments « Valdinoto « et « Valdenione » (796,857)
4e brigade : rgt. Guamigione: 929-586 aggregati Invalidi (invalides) 741
Bataillons de chasseurs « Culabro », « Carolina » (pour les deux 542) et « Calabresi » (668) ; « Massisti del colonnello Castrone »( il s’agit de révoltés napolitains ramenés): 668 ; compagnie di dotazione: 54 (gardes d’îles)
Cette 4e brigade n’a pour fonction que de former des garnisons et troupes de sécurités mais n’en comptait pas moins de 245 officiers et adjudants.
Les régiments se composaient de deux bataillons à cinq compagnies, dont une de grenadiers, sauf pour les chasseurs à quatre compagnies.
Cavalerie
1ère division : Maresciallo (maréchal de camp) ACTON (c’est l’ancien premier ministre et toujours conseiller principal du roi et de la reine).
1ere brigade : Brigadiere SERGARDI : Cacciotori Reali : 105 hommes et 996 chevaux. Régiment « Principe Reale » : 430 hommes et 125 chevaux.
2e brigade : Brigadiere LEPORANO : régiments « Valdemonte » (382 hommes et 344 chevaux) et « Valdinoto » (449 hommes et 392 chevaux).
La cavalerie se composait de régiments à 4 escadrons et d’un demi en réserve servant de formation (ceux à pied)
Artillerie
Direction : 39 hommes
Régiment à pied :751
Brigade montée : 146 hommes et 135 chevaux
Compagnie de pontonniers (75) et compagnie auxiliaire (137)
L’artillerie dispose de 6 pièces de 12£, 4 de 8£,15 de 4£, 5 obusiers de 6£ et 27 canons de 4£ de montagne.
Génie : 41 officiers et 141 pionniers
Train et bagages : 235 hommes avec 266 chevaux
Guide : 28 hommes et 29 chevaux.
En 1809, le dernier ordre anglo-bourbonien de conquête du Royaume de Naples était émis, mais, pour mémoire, seule la cour de Palerme visait un objectif aussi ambitieux ; en fait, pour les Anglais, il était extrêmement intéressant d'avoir l'opportunité de gêner les Français. Les débarquements sur le continent devaient coïncider avec la campagne en cours en Vénétie, pour empêcher l'afflux de renforts franco-italiens sur ce front. Cependant, l'expédition appareillait de Sicile après l'entrée de Napoléon en Autriche, mais n’était que limitée à Scala en Calabre. L'annonce de la victoire de Napoléon à Wagram provoquait le rembarquement, mais la rumeur d’un retour des forces bourboniennes embrasait la Calabre, la Lucanie et le Cilento. Les combats dans les montagnes des Appenins duraient jusqu’à la fin de l’année. La chute de Ponza et Ventotene marquait la fin de cette attaque contre le royaume de Naples. A part quelques troubles vit éteints dans les autres provinces, seule la Calabre paysanne et montagnarde persistait dans la révolte jusqu'en 1811. C’est le général Manhès qui réprima violemment les révoltés mais sût dès le calme rétabli mettre en placer une administration pérenne et montrer la puissance de l’état napolitain.
En 1810 : Joachim Murat, le successeur de Joseph Bonaparte depuis 1808, se rendait à l'extrême pointe de la Calabre avec un corps expéditionnaire afin de tenter de traverser le détroit et de débarquer en Sicile les 16 et 17 septembre 1810. Dans la région de Messine, la loi martiale était confiée aux Anglais. Par l’envoi de la quasi-totalité de leurs troupes stationnées dans l’île, la présence sicilienne se limitait à des milices locales et à huit compagnies d'artillerie côtière spécialement constituées en juillet pour empêcher tout débarquement. La tentative muratienne était aussitôt bloquée surtout par la réaction spontanée des habitants et accélérée par l’arrivée des troupes britanniques et par l'inaction du général français . À ce moment-là, apercevant les Britanniques ce dernier, le général français Cavaignac, ordonnait le rembarquement immédiat. Il était exécuté dans le désordre si bien que plusieurs centaines de prisonniers furent laissés aux mains des Britanniques.
La totalité des Français pris étaient échangés, les Napolitains étaient engagés dans le régiment « Estero »(le régiment étranger). Le général Cavaignac dut peut-être faire preuve d'une prudence excessive, mais il est plus que probable qu'il appliquait les instructions expresses et secrètes de Napoléon de ne pas procéder au débarquement en Sicile.
La menace Murat était écartée, la politique intérieure déterminait désormais l'existence de l'armée bourbonienne. Le royaume de Sicile, déjà constitutionnellement constitué, bénéficiait d'une administration spéciale et de privilèges particuliers depuis l’arrivée des Bourbons espagnols. Les Siciliens, toutes classes sociales confondues, voyaient en plus d'un mauvais œil la présence à la cour et dans les ministères des nombreux continentaux qui avaient suivi le roi Ferdinand à Palerme. Hormis de rares exceptions la première (et unique) action du roi de Sicile fut de congédier la plupart de ses conseillers napolitains et les remplaçait par des locaux. Cependant son pouvoir réel dépendait en fait du bon vouloir des Britanniques avec lesquelles les relations étaient très mauvaises.
Source : l'esercito bourbonico dal1789 al 1815 de G. BOERI et P. CROCIANI, éditions Stato Maggiore Dell'Esercito - Ufficio Storico, 1982 . C'est la source primaire concernant cette armée. Elle est complétée par différents ouvrages mais seulement à la marge.


