La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 02 Aoû 2021, 08:54

Voici la première "livraison" de la traduction annoncée juste plus haut.

La brigade Thierry à la bataille d'Abensberg les 19 et 20 avril 1809
Texte de Hans v. Zwiedineck-Südenhorst publié à Wien en 1903 dans les
Mittheilungen des Instituts für Oesterreichische Geschichtsforschung

Texte numérisé communiqué par Bernard Le Lan sur Planète Napoléon,

https://archive.org/details/Mitteilunge ... 2/mode/2up

Transcrit en Allemand « propre » par Diégo Mané,
Traduit à sa demande en "Français-DeepL" par Thierry Melchior,
Puis restitué (parfois en substance) ci-après par Diégo Mané…

« Il est communément admis que la campagne autrichienne contre la France en 1809 s'est décidée dès les premières batailles sur le Danube. Le parti de la guerre autrichien escomptait un succès certain de la puissance écrasante de son armée dès la première partie de la campagne. Les forces insuffisantes dont Napoléon disposait sur le théâtre de guerre allemand devaient être repoussées vers et à travers le Rhin avant que les renforts nécessaires ne soient arrivés d'Espagne. Dès que les colonnes de l'armée autrichienne auraient progressé jusqu'à la frontière occidentale de l'Allemagne, des soulèvements auraient lieu au cœur de ce pays, ce qui devrait avoir un effet d’entraînement sur le Cabinet prussien et l'inciter à déclarer la guerre à la France.

La défectuosité et l'insuffisance des armements autrichiens, auxquelles le parti de la guerre ne voulait pas croire malgré les déclarations répétées du généralissime, l’archiduc Charles, empêchèrent l'exécution de ce plan. Le changement soudain du plan de déploiement par le chef d’état-major, le général Mayer von Heldenfeld, et la lenteur de l'avancée en Bavière, qui n'était pas justifiée malgré l'arrivée du temps pluvieux, sont les raisons pour lesquelles l'armée principale autrichienne ne franchit la frontière que le 16 avril au lieu des premiers jours du mois, et ne put s’emparer de Ratisbonne avant l'arrivée de Davout, qui avait pourtant dû conduire 44.000 hommes d'Erfurt au Danube. En menant la guerre avec détermination et énergie, Davout aurait pu être attaqué avec des forces très supérieures et vaincu avant que Lefebvre, Masséna, Oudinot et Vandamme aient achevé leur réunion et aient pu avancer contre les Autrichiens.

Lorsque Napoléon arrive à Donauwörth le 17 avril, ses ailes sont encore séparées par 40 heures de marche, son centre n'est occupé que par un embryon d’armée qui vient d'être formé à partir des Bavarois et des Wurtembergeois, et la liaison de Davout avec elle est en grand danger. L'Empereur entreprend immédiatement le regroupement de ses forces, ordonne la marche de flanc de Davout depuis Ratisbonne le long du Danube le 18, et fait avancer Masséna et Oudinot depuis le Lech contre l'aile gauche des Autrichiens, formée par le VIe corps (Hiller). Il comptait sur le fait que l'Archiduc Charles serait empêché par le dispositif étendu de l'armée française de maintenir ses propres forces ensemble, et a conçu sur cette base le plan de percer les lignes de l’ennemi, retournant à son profit les erreurs de Berthier. Le 18, le généralissime a encore le choix entre tomber sur Davout avec trois corps d'armée, ou frapper le centre de l'ennemi, qui est encore isolé. Cependant, ignorant apparemment la position des forces adverses, il ne fit ni l'un ni l'autre, gardant ses troupes dispersées, tâtonnantes et en attente, ne perturbant en rien les opérations de Napoléon par une quelconque intervention. C'est ainsi que le 19 avril, seul le IIIe Corps autrichien (Hohenzollern) fait face à Davout, dont la marche ne peut être arrêtée, mais qui, après une bataille avec de lourdes pertes près de Hausen, laisse le terrain libre à ce dernier pour chercher le contact avec Vandamme et Lefebvre. Hohenzollern n'avait pas plus de 16 bataillons et 6 escadrons à sa disposition ; sur les 29 bataillons et 15 escadrons du IVe corps (Rosenberg) et les 16 bataillons et 44 escadrons du 1er corps de réserve qui se trouvaient dans son voisinage, seules des parties isolées entrèrent peu à peu en action et furent impliquées dans la défaite, dont la cause resta totalement obscure au quartier général du généralissime. Pendant que Davout obtenait sa jonction avec le centre français à Hausen, ce dernier avait également pris l'initiative de s'informer sur la force des troupes autrichiennes qui lui faisaient face.

Deux corps autrichiens, le Ve (archiduc Louis) et le VIe (Hiller) se trouvaient sur le haut Abens, leurs quartiers généraux étant à Mainburg et Lutmansdorf, à quatre miles du quartier général du généralissime à Grub, dans les environs duquel les troupes vaincues à Hausen se retiraient. Pour couvrir la position importante entre Abensberg et Rohr, sur la possession de laquelle reposait seule la liaison entre la droite la plus forte et l'aile gauche la plus faible de l'armée autrichienne, on désigna une seule brigade, qui, détachée du corps Hohenzollern, avait reçu une mission indépendante, dont la réussite conditionnait le sort de l'armée.

Le commandant de cette brigade était le général Ludwig von Thierry, un homme qui, bien qu'il ait donné quelques preuves de bravoure et d'habileté dans le commandement de plus petits corps de troupes, n'était en rien adapté au poste qu'il occupait en ces jours mémorables. Une coïncidence m'a fait connaître un écrit dans lequel il tente de rendre compte et d'expliquer les événements des 19 et 20 avril, dans la mesure où il en a eu connaissance, et aussi bien qu'il a pu. Cette version particulière m'a paru très remarquable et particulièrement adaptée pour caractériser l'état d'éducation des généraux autrichiens en 1809. En la publiant, je pense pouvoir non seulement apporter une contribution à l'histoire de la campagne du Danube, qui concerne l'une de ses parties les plus importantes, mais aussi offrir un pendant aux archives du général Ettinghausen, qui, en tant que commandant de brigade sous les ordres du FML comte Jellacic, a participé à la campagne de Salzbourg à Mur et à la malheureuse bataille de Saint-Michel près de Leoben.

Thierry était luxembourgeois de naissance (1753), il n'est donc pas étonnant que l'usage de l'allemand écrit lui ait posé quelques difficultés. Ainsi, bien que l'on puisse lui trouver des excuses pour la maladresse de sa présentation et l'ignorance évidente des règles les plus importantes de l'orthographe et du style, il ne sera guère possible de rendre compréhensible le degré de naïveté et la conception peu militaire de l'état des choses qui ressortent des deux versions de sa relation que nous possédons. À l'âge de 20 ans, il est lieutenant dans le 28e régiment d'infanterie, en 1790 capitaine. À ce titre, il participe au siège de Valenciennes et mène avec des volontaires un assaut sur l'ouvrage à cornes de cette forteresse, ce qui lui vaut d'être décoré de l'ordre de Marie-Thérèse par résolution capitulaire du 19 août 1793. En tant que baronnet et major, on le retrouve en 1799 à la bataille de la Trebbia, où il est blessé, et en 1809 comme général-major commandant une brigade dans le IIIe corps de l'armée principale autrichienne. Ses services sont énumérés par lui-même avec tant de détails qu'il ne semble guère nécessaire de les mentionner ici en particulier. Cependant, afin de comprendre ses rapports, qui constituent le sujet de cette étude de l'histoire de la guerre, un bref aperçu des événements des 19 et 20 avril peut être ajouté à ces mots d'introduction.

Le maréchal Lefebvre avait placé la 3e division bavaroise dans le coude par lequel l'Abens aborde le Danube : Wrede (2e division) se tenait à Biburg immédiatement au bord de la petite rivière elle-même, Deroi (3e division) en arrière à droite à Mühlhausen, le prince héritier (1ère division) en réserve à Neustadt ; Vandamme avec les Wurtembergeois à sa gauche à Mönchsmünster, la division de cuirassiers Nansouty à Vohburg, destinée à former un nouveau corps avec une partie des troupes amenées par Davout et les réserves françaises avançant derrière, qui devait être commandé par Lannes. Avec ces forces, l'avancée à travers l'Abens a commencé le 19 avril, et le 20, elle a été poursuivie jusqu'à la Grosse Laber.

L'état-major autrichien n'y était pas préparé ; il pensait avoir encore le temps de mener une opération contre Ratisbonne, et n'avait pas encore terminé ses préparatifs lorsque l'attaque de Davout eut lieu. Les corps de l'aile gauche, archiduc Louis et Hiller, avaient reçu l'ordre de se rapprocher de la force principale, le second devant occuper les positions abandonnées par le premier. Pour l'observation de la rive droite de l'Abens de Biburg à Abensberg et de la zone de terrain à l'est, Thierry restait seul et ne pouvait être soutenu au cours de la journée que par des détachements individuels du Ve corps. Ces derniers, cependant, étaient de peu de force, puisque le gros des troupes n'était pas autorisé à quitter la position près de Mainburg jusqu'à ce qu'elle puisse être occupée par Hiller.

Le 19 avril, à 3 heures de l'après-midi, le généralissime donne de Grub l'ordre à l'archiduc Louis d'amener le Ve corps à son soutien à la tombée de la nuit via Rohr et Langquaid, "s'il n'a rien à craindre de l'ennemi dans sa position près de Siegenburg". Il est tout à fait inexplicable que cette situation ait pu se produire, car on ne pouvait pas supposer que Napoléon, avec les 40.000 Bavarois et Wurtembergeois dont il disposait, resterait inactif derrière l’Abens, alors qu'il savait que Davout était engagé dans la bataille contre la force principale de l'archiduc Charles. Le mouvement en avant de Davout, dont le généralissime avait déjà été informé le 19 au matin, a dû lui apprendre que son adversaire se concentrait entre Neustadt et Kehlheim, et qu'il utiliserait ses forces entre l'Abens et la Grosse Laber. Par conséquent, au cours des 19 et 20, le généralissime adhère à l'idée d'un déplacement vers la droite de toute l'armée contre Ratisbonne, d'où pourrait toutefois résulter le danger de présenter son flanc à Napoléon, si toutefois il était en mesure de réagir en conséquence de ces mouvements
(ce qui arrivera !).
------------- fin page 177

Note DM : je ne suis pas sûr d’avoir bien compris le sens de cette dernière phrase, mais ce n’est pas grave pour la suite. Le fait qu’il manque les pages 178 et 179 de l’ouvrage numérisé est autrement contrariant car on passe directement de la présentation inachevée du narrateur… à la relation déjà commencée du général Thierry… (bravo au numériseur de service !).

P.S. : Cela s'est arrangé ensuite grâce à Bernard Le Lan et j'ai pu disposer des deux pages manquantes dont je vous livrerai la traduction lors de la prochaine "livraison".

Comme vous l'avez pu voir si vous avez lu ce qui précède, c'est "dense", et cela va encore se "densifier" dans les "épisodes" suivants, raison aussi pour laquelle j'ai choisi de répartir la publication en plusieurs envois afin d'en faciliter la "digestion".

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 11 Aoû 2021, 12:39

La brigade Thierry à la bataille d'Abensberg les 19 et 20 avril 1809
Texte de Hans v. Zwiedineck-Südenhorst publié à Wien en 1903 dans les
Mittheilungen des Instituts für Oesterreichische Geschichtsforschung

Texte numérisé communiqué par Bernard Le Lan sur Planète Napoléon,

https://archive.org/details/Mitteilunge ... 2/mode/2up

Transcrit en Allemand « propre » par Diégo Mané,
Traduit à sa demande en "Français-DeepL" par Thierry Melchior,
Puis restitué (parfois en substance) ci-après par Diégo Mané…

-------------

2ème "livraison".

Grâce à Bernard Le Lan j’ai pu disposer des deux pages manquantes et les traduire à leur tour avant de les insérer dans le reste du texte dont je vous livre une autre intéressante partie.

J'ai parfois "aéré" la lourdeur originale de ce texte, pour le rendre plus "fluide" à lire et comprendre, notamment le passage relatant les combats et qui formait un seul et unique "pavé assez "indigeste".

Suite du texte de Hans v. Zwiedineck-Südenhorst.

… mouvements. Cependant le temps manqua, et le moment favorable (d’accabler Davout et/ou Lefebvre) passa. Les contraintes imposées par leurs ordres aux Ve et VIe corps les mirent dans l’impossibilité de réagir rapidement aux circonstances, ce qui permit la percée de la ligne autrichienne voulue par Napoléon, et la séparation de l'aile gauche de la force principale.

Alors que 48.000 hommes sous Bellegarde se trouvaient de l'autre côté du Danube, dans un espace laissé complètement vide par l'ennemi, trois corps d'armée, forts
(ensemble) de 68.000 hommes étaient repoussés par Davout avec 25.000 hommes. Hiller a dû se battre avec à peine plus de 40.000 hommes et résister à l'attaque frontale de près de 100.000, devant encore s'attendre à être attaqué par Masséna et Oudinot qui opéraient contre sa ligne de retraite de Pfaffenhausen à Landshut.

Au point le plus dangereux, là où la percée des troupes de Napoléon devait s’opérer, se trouvait la Brigade Thierry, dont le sort devait être scellé en ces jours fatidiques des 19 et 20 avril 1809.

Tout d'abord (I) nous disposons des "Confessions" écrites par le général lors de sa captivité à Neuburg, dont l'original se trouve à la bibliothèque de l'Institut dans les documents de la succession du défunt FML Baron Müller, et qui a été mise à ma disposition par le fils de Thierry. En tant qu'auditeur lors d’un colloque sur l'histoire de l'année 1809, il m'a fait remarquer l'importance relative de ce document.

Il est suivi d'une série de documents provenant des k. u. k. Archives de la Guerre et traitant du même sujet, à savoir (II) les ordres de Hohenzollern puis (III) ceux de l'archiduc Charles au général Thierry, et (IV) une relation non datée, manifestement officielle, de ce dernier, qui a probablement été écrite après son retour de captivité, et enfin (V) un rapport de Thierry au généralissime le 19 avril au soir.

Pour la mise à ma disposition de ces pièces, qui constituent un complément indispensable aux "Confessions", je tiens à remercier le directeur des Archives impériales et royales de la guerre, Son Excellence le FML Leander v. Wetzer.


------------

I. Confessions (du GM Thierry)

Sur la bataille près de Biburg et Abensberg les 19 et 20 avril 1809.

Selon l'ordre du 3e corps d'armée, daté du 19 avril,

1. Je devais me rendre à Kirchdorf.

2. M’y mettre en relation avec les troupes de l’archiduc Louis à Siegenburg ;

3. Patrouiller vers Abensberg et Ober-Schambach, afin de me mettre en mesure de savoir ce qui se passe dans cette zone ;

4. Être prudent pendant la marche, comme en position.
J'étais à la disposition de l’archiduc Louis, à qui je devais rendre compte, ainsi qu'au prince Hohenzollern.

Mon corps était composé des excellents régiments Kaiser et Lindenau infanterie, et des dragons Levenehr, puis une demi-batterie de brigade, et une demi-batterie de cavalerie ; le capitaine baron Ebner de l’État-major Général m'a été adjoint.

Lors de la marche de Rohr à Kirchdorf, le colonel Richter du GQG est arrivé, porteur d’un message le chargeant de m’assister, sur quoi je n’ai pas hésité à lui communiquer l’ordre que j’avais reçu. Plus tard, un officier de l'artillerie est arrivé, m’informant qu’il amenait une demi-batterie de « canons de ligne »
(« de Soutien ») ; enfin, j'ai reçu l'ordre de sa seigneurie le généralissime, que j'ai également communiqué au colonel Richter ; cet ordre disait :

1. Explorer au soir la rive droite de l’Abens entre Abensberg et Biburg.

2. Avoir une forte réserve à Bruckhoffen, et dans la forêt sur la droite de Gnadenhoff
(Gaden) (pour l'observation de Abensberg et de la chaussée de Ratisbonne) un détachement adéquat, également en placer un autre en face de Biburg sur la hauteur de Kirchdorf.

3. en cas d'attaque, faire un rapport à l’archiduc Louis, et se retirer lentement le long de la route de Rohr à Rottenburg.

4. faire un rapport au généralissime de tous les événements dès que possible.

------------

Ma conduite a été la suivante : à mon arrivée sur la colline de Kirchdorf, je voulais y positionner les troupes, ce que le colonel Richter n'a pas approuvé (vraisemblablement pour la raison que nous devions border la rive gauche dans la soirée, où, cependant, juste derrière l'aile droite de l’archiduc Louis, l'ennemi ne pouvait voir en nous qu'un renfort et, de ce fait, pouvait tout au plus se renforcer contre une attaque depuis Siegenburg) mais proposait de se diriger vers Bruckhoffen, où, selon l'ordre du généralissime, la réserve la plus forte devait se tenir.

Par conséquent, sans informer l'archiduc Louis, car le général Radetzky s’avançait déjà contre Biburg, je me suis avancé de Kirchdorf contre Bruckhoffen ; laissant sur la colline devant Kirchdorf le 3ème bataillon du Kaiser et une aile
(peloton ou ¼ d’escadron) de cavalerie.

Entre Kirchdorf et Biburg se trouve une hauteur boisée qui domine la zone jusqu'à la rivière, au bord de laquelle il n’y a que de très faibles zones boisées, et où se voyaient de très faibles piquets. Au moyen de ces dispositions la liaison avec l'aile droite de l’archiduc Louis était aussi bonne que possible. Le terrain entre nos forces était ouvert et visible depuis la position dominante entre la colline supérieure et Bruckhoffen.

À cette ferme elle-même, qui se trouve dans une forêt, se disposèrent le régiment Lindenau, les demi-batteries de Brigade et « de Ligne », ainsi que deux divisions de cavalerie
(en fait 3 escadrons ¾ ).

Avec deux bataillons du régiment Kaiser, une division de cavalerie (2 escadrons) et la (demi) batterie de cavalerie, je m’avançais rapidement (car l'ennemi, depuis Biburg, nous avait repérés, et s’avançait sur nous par Abensberg).

La rencontre peut avoir eu lieu près de Gnadenhoff
(Gaden). Au débouché de la forêt, sur le chemin de Bruckhoffen à Ober-Schambach (j’ignore si une communication mène ou pas en arrière de Bruckhoffen à Gnadenhoff (Gaden), mais M. le colonel Richter à mes côtés avait presque toujours la carte en mains, interrogeait les paysans... ; et je me fiais d'autant plus à lui, qu'il avait sans doute assisté aux dispositions au quartier général.

Une vedette de cavalerie avait été postée à gauche sur la colline entre ce dernier village et Abensberg, dans l'opinion d'y trouver des piquets
(ennemis) aussi faibles qu'à Biburg, puis dans l'intention d'atteindre assez vite Gnadenhoff (Gaden), je continuais ma marche réuni, lorsque bientôt parut une cavalerie considérable et plus tard de l'artillerie ; Il était peut-être encore temps de refuser le combat, mais l'infanterie ennemie n'était pas encore visible ; en envoyant la mienne en avant dans les bois, j'ai pu soutenir la cavalerie, et elle était déjà engagée lorsque, vers 10 heures du matin, a commencé ce combat qui m’a semblé quelque peu inopportun ;

l'ennemi avait l'avantage du terrain, son artillerie était forte, la nôtre, par contre, n'a pu infliger que peu de dégâts à l'ennemi posté sur la colline ; malgré le fait que j'avais encore deux pièces de canon de ligne devant moi, malgré le courage des Dragons Levenehr, j'ai été obligé de battre en retraite dans les bois, car le deuxième bataillon du Kaiser, qui était encore là et malheureusement privé de son brave Major Baumgarten, était déjà attaqué par l'infanterie et l'artillerie ;

je voulais tirer des renforts du Bruckhoff, lorsqu'il fut attaqué par une force supérieure, favorisée par la forêt, et la communication étant actuellement entravée, le combat forestier devint général, ce qui fait que finalement le désordre se mit dans les troupes ; après plusieurs tentatives pour les former, et après une longue retraite en combattant, la brigade fut finalement rassemblée à 4 heures de l'après-midi (faute d'une bonne carte, je suis incapable de nommer l'endroit, c'est le deuxième, si l'on va de Rohr par le bois de Turn
( ?) sur la route de campagne vers Abensberg, en laissant la route à droite)(c’est donc Offenstetten).

À ce moment, la canonnade de l'aile droite de l’archiduc Louis étant encore forte, je voulais attaquer de nouveau, lorsqu'un orage très violent m'en empêcha ; après quoi les postes furent disposés. Les deux bataillons de Lindenau et le 3e bataillon de Kaiser se trouvaient encore dans les environs de Kirchdorf, et sans artillerie (car les six canons, qui se trouvaient sur l'aile droite, s'étaient repliés sur l'aile gauche), j'ai demandé à l’archiduc Louis d'occuper l'espace situé entre les deux, sur quoi le général Bianchi a reçu l'ordre de le faire.

Le 20, vers huit heures
(du matin) l'ennemi nous attaqua faiblement, et retardé lorsqu'il fut pris en flanc par une infanterie avancée, il n’insista pas, mais comme d’après les rapports des patrouilles, puis du piquet posté à droite contre la route d'Abensberg, il parut que l'ennemi battait en retraite, et qu'une masse considérable d'infanterie se dirigeait vers l'arrière, le brave colonel comte Hardegg (des Dragons Levenehr), qui s'était distingué pendant ces deux jours, se porta avec un escadron et une centaine de fantassins volontaires vers l'ennemi.

Mais ils ont dû faire demi-tour, car l'ennemi a attaqué à nouveau. Le général Pfanzelter m’a envoyé deux canons de 3 livres, qui ont fait un bon travail, mais comme l'ennemi a reçu son artillerie, qui avait eu de la difficulté à passer dans les mauvais bois, le général Pfanzelter m'a informé qu'il était menacé dans sa position (le premier endroit de Rohr vers Abensberg)
(Bachl ?), car l'ennemi s'approchait sur la route, et j'ai donc ordonné la retraite.

Avec ses deux canons de 3 restants postés sur la colline au-delà du village, le général Pfanzelter y a stoppé l'avancée de l'ennemi ; le lieutenant d'artillerie qui m'était attaché, également dans l'intention de garder libre le passage à travers le village, puis de se tenir prêt comme les deux autres canons cantonnés au-delà, a avancé rapidement de son propre chef, mais a été, comme les deux autres canons, surpris par la cavalerie ennemie avant qu'aucune aide ne puisse leur être apportée.

Mon infanterie a dû se jeter dans les bois sur la droite pour finalement rejoindre M. le FML Schustek sur la colline près du bois de Turn
( ?). Ces forces, complètement dépourvues d'artillerie, durent céder, Rohr ne put tenir longtemps, et enfin notre cavalerie, rejetée sur Rottenburg à la hauteur de Rohr, prit le large ; l'infanterie ne put être amenée à former des masses, et moi, descendu de mon cheval dans cette intention, je fus blessé et capturé.

... À suivre...
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 11 Aoû 2021, 13:42

Gnadenhoff (Arnhofen ?)
Moi j'aurais bien vu : GADEN au nord-ouest de Bruck.
:grin: :grin: :grin:
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 11 Aoû 2021, 16:00

Bonjour Bernard,

D'accord pour Gaden, qui ressemble plus à Gnadenhoff que Arnhofen...

J'ai donc corrigé les occurrences concernées... Mais force est de constater que cela ne colle pas non plus complètement avec le texte (encore en partie à venir ici) de ce brave Thierry...

Que certes Zwiedineck-Südenhorst nous a décrit comme pratiquant fort mal l'allemand...
Et que nous savons par ailleurs démuni de carte et méconnaissant les noms des villages avoisinants...

Pour compliquer le tout, certains de ces villages, comme Bruckoff (qui semble n'avoir été qu'une ferme), ne paraissent plus sur les cartes actuelles... J'ai toutefois trouvé Ober-Schambach, qui se trouve au nord-est d'Arnhofen, et indique mieux la direction prise par Thierry que les références absconses à Gaden (qu'il aurait appelé Gnadenhoff) où, à priori, sa troupe n'a point paru.

Il semble que son itinéraire du 19 avril soit Kirchdorf - Hörlbach - Bruckhoff - Le See Holz, en direction d'Arnhofen qu'il n'atteignit pas plus que Gaden...

À suivre...

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 12 Aoû 2021, 08:07

Les ordres de Thierry venant de l'Archiduc Charles (reçus vers 8h) indiquent qu'il doit laisser un détachement dans les bois à la droite de Gaden. Petre
Surement un piquet de cavalerie pour observer la route Abensberg-Ratisbonne. Je ne vois pas de raison pour qu'il n'ait pas appliqué les ordres.

Pour le bois de Turn, je verrai bien Thurmhausel.
La route Bachel-Rohr passe par là juste avant le point haut 471,7.
À la place de Thierry, j'aurais effectivement essayé de tenir ce point haut lors de sa retraite.

Image
:grin: :grin: :grin:
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 12 Aoû 2021, 11:10

Le FML Schustek devait se trouver sur cette colline.
Ce qui me semble une très bonne position!
Image
:grin: :grin: :grin:
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 12 Aoû 2021, 13:39

Bernard,

Vous disposez de cartes plus "parlantes" que les miennes, et donc j'abonde sur ce qu'elles vous ont suggéré. J'ai corrigé en rapport les détails erronés de mon message précédent.

Au demeurant, ces "détails", bien utiles pour comprendre les ordres que Thierry tenta d'exécuter, comme aussi les circonstances dans lesquelles il se trouva en le faisant, sont sans conséquence sur les combats proprement dits une fois le rideau levé.

Je suis en train d'établir une relation de ces combats. Une de plus me direz-vous. Oui, mais probablement la plus logique au vu des éléments comme qui dirait "nouveaux" (malgré leur grand âge) que nous (surtout vous) avons trouvés.

Comme elle ressort essentiellement de l'interprétation des (passionnantes et instructives) "confessions" de Thierry, elle ne sera mel ici qu'après leur publication intégrale que je poursuivrai sous peu.

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 12 Aoû 2021, 16:06

Question : Gnaden ne serait pas Graden par hasard qui apparait sur la carte ? Une erreur de "frappe" est si vite arrivée
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A plusieurs, le jeu c'est mieux ;)
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 12 Aoû 2021, 18:06

REMY Nicolas-Denis a écrit:Question : Gnaden ne serait pas Graden par hasard qui apparait sur la carte ? Une erreur de "frappe" est si vite arrivée

C'est où Graden?
Je ne trouve pas... :oops:

MANÉ Diégo a écrit:Vous disposez de cartes plus "parlantes" que les miennes, et donc j'abonde sur ce qu'elles vous ont suggéré. J'ai corrigé en rapport les détails erronés de mon message précédent.
Diégo Mané

https://maps.arcanum.com/en/map/europe- ... =158%2C164
https://geoportal.bayern.de/bayernatlas ... gNodes=122
:grin: :grin: :grin:
LE LAN Bernard
 
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Aoû 2021, 17:07

Pour Nicolas,

Je crois aussi avoir vu un Graden quelque part lors de mes premières recherches (je ne sais plus où), mais je suis certain que le Gaden indiqué par Bernard est le bon Gnadenhoffen, qui a bien une forêt à sa droite (le Seeholz !).

--------

Pour Bernard,

Merci pour les liens avec ces superbes cartes, surtout celle du Bayern Atlas.

Voici ce que j'ai commencé à en tirer.

16/08/2021

ARNHOFEN 1809 : Exploitation de la carte du Bayern Atlas communiquée par B2L

Itinéraire de la Brigade Thierry le 19 avril 1809, renseigné des altitudes

426 ROHR

412 KIRCHDORF

384 HORLBACH

Ruisseau le Sallingbach

374 BRUCK

372 Entrée dans le Seeholz

374 Soldatengrab (supposément dernière résistance de l’IR 1 dans le Seeholz).

378 See (position atteinte hors bois par les Bavarois dans le dos de l’IR 1).

Il semble y avoir plusieurs dépressions dans le Seeholz, dont certaines sous eau.
Existaient-elles à l’époque ?

367 Wassersuppe (soupe d’eau ! Ce doit être très "humide").

377 Stadbschen (la corne du bois occupée par le I/IR 1).

À sa droite la « trouée » de Hollert qui vit l’engagement de cavalerie,
Et où le II/IR 1 semble s’être un temps déployé, avant d'en être chassé par l’artillerie.

Le terrain descend d’abord => 370, avant de remonter vers …

385-390 la chaussée de Ratisbonne qui monte depuis Abensberg en direction d’Arnhofen.

399 Hauteur du Zunderbuckel où l’artillerie bavaroise de Regnier s’est mise en batterie.

-----

Des éléments ci-dessus il semble ressortir que :

Le terrain descend en permanence de Rohr au Seeholz.

Ledit Seeholz ne présente pas de dénivelée significative, mais plusieurs dépressions…

Après lui et vers le nord le terrain descend d’abord avant de remonter vers la chaussée.


De fait, et pour une modélisation ludique il ne semble pas indispensable de représenter ces différences de niveau. Il suffit de considérer, pour les paramètres de jeu, que le terrain monte ou descend dans les limites évoquées et qui sont facilement fixables sur le décor.

Il semble que Thierry, lorsqu’il a parlé de hauteur, se soit laissé abuser par le couvert boisé qui, effectivement, lui masqua les troupes bavaroises situées (un peu) plus bas, ne voyant, depuis la trouée de Hollert, que celles progressant sur la route de Ratisbonne, ces dernières étant (un peu) plus haut. Le seul point vraiment dominant (à représenter celui-là) est le Zunderbuckel qui offrit à l’artillerie bavaroise la supériorité d’un tir à commandement.

Tout cela "colle" avec ce que j'ai désormais compris du déroulement de cet intéressant combat.

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 16 Aoû 2021, 19:31

Je lis Rohr à 426m.
:grin: :grin: :grin:
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Aoû 2021, 20:50

Bernard,

J'avais vu 466 sous Kloster juste à côté de Rohr !

Mais 426 reste plus haut que Kirchdorf et ne change pas la démonstration; cela descend jusqu'au Seeholz !

Quoi qu'il en soit c'est corrigé, merci !

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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 19 Aoû 2021, 07:21

La brigade Thierry à la bataille d'Abensberg les 19 et 20 avril 1809
Texte de Hans v. Zwiedineck-Südenhorst publié à Wien en 1903 dans les
Mittheilungen des Instituts für Oesterreichische Geschichtsforschung

Texte numérisé communiqué par Bernard Le Lan sur Planète Napoléon,

https://archive.org/details/Mitteilunge ... 2/mode/2up

Transcrit en Allemand « propre » par Diégo Mané,
Traduit à sa demande en "Français-DeepL" par Thierry Melchior,
Puis restitué (parfois en substance) ci-après par Diégo Mané…

-------------

3ème "livraison".

Thierry poursuit ses "Confessions"

Examinant strictement les circonstances voici ce que je me reproche :

1. C’est de n’avoir pas, de Kirchdorf, envoyé la copie des ordres reçus à l’archiduc Louis, avec la demande qu'il me soit envoyé des instructions supplémentaires.

2. Que je n'ai pas, avant le départ de Kirchdorf, étudié les deux ordres, en présence des officiers d'état-major et des commandants des régiments, les ai comparés exactement avec la carte du colonel Richter, et me suis mis d'accord pour déterminer la suite de l'opération.

3. Que je n'ai pas, avant de pénétrer dans le Ober-Schambach*, patrouillé les bois sur la gauche jusqu'à la rivière le soir, et que je n'ai pas observé la prudence recommandée pour le positionnement et la progression.


* Thierry n’a jamais pénétré dans « le Ober-Schambach » puisque cette localité se trouve à plusieurs km au-delà du Seeholz qu’il ne parvint pas à dépasser, et qu’effectivement il n’a pas « patrouillé » avant d’y entrer.

4. Que j’ai engagé le combat sans but réel, alors que l'avantage du terrain était du côté de l'ennemi.

5. Après avoir séparé la moitié de ma brigade de l'autre moitié et n'ayant pas de canons avec moi, j'aurais dû au moins enquêter sur les ordres qui avaient été reçus dans la soirée du 19 en présence du capitaine Siebenschein, qui avait été envoyé par l’archiduc Louis, où des précautions pouvaient alors être facilement prises ; alors la colline de Rohr aurait été garnie d'artillerie, de sorte que l'ennemi aurait été arrêté, il n'aurait pu avancer que lentement, ce qui aurait donné le temps d'apporter du secours.

6. Si j'avais envoyé un bataillon sur la route d'Abensberg le 20 au petit matin, ou s'il m'avait été impossible de me retirer à temps, les quatre 3 £ du général Pflanzelter auraient été préservés, et la retraite aurait pu aussi s'effectuer avec plus de sérénité, et enfin...

7. Que je n'ai pas rendu compte à SA l’archiduc Charles de manière assez circonstancielle et diligente, à l’archiduc Louis peu, et au prince de Hohenzollern pas du tout.



Les conséquences de cette percée ennemie sont incontestablement les suivantes :

1. La perte d'artillerie, de pontons et de bagages.

2. La séparation en deux de l’armée.

3. L’offensive de l’archiduc Charles contre Ratisbonne prise entre deux feux.

4. La perte de toute l'Autriche orientale, l'invasion de Vienne, etc…

5. L'abandon de nos avantages en Italie et en Pologne.

6. L'augmentation des forces de l'ennemi, puis leur diminution de notre côté.

7. Nos énormes pertes en morts, blessés, prisonniers et déserteurs.

8. Que les bons Tyroliens doivent maintenant faire la guerre dans leur propre pays.

9. Que la révolution en Hesse, en Westphalie, etc… ne s'est pas produite comme nous l'avions souhaité.


Que puis-je avancer pour me justifier, seulement de faibles excuses :

1. Que j'ai passé la nuit du 18 au 19 sur la route, près de Rohr, sans être appelé à la réunion d’état-major, où j'aurais reçu une bonne carte pour l'exécution de ma mission, aurais pris connaissance à l'avance de la formation convenable, et aurais pu poser beaucoup de questions.

2. Que, malheureusement, les généraux (faute d'avoir la possibilité de s'en procurer) ne disposent pas de cartes de bonne qualité, ce dont le commandement de l'armée pourrait se charger à peu de frais, puisque je suis également tout à fait disposé à donner aux généraux les plus anciens, aux états-majors et même aux officiers supérieurs des centaines de dollars à l'occasion afin d'obtenir une carte fiable.

3. Que j'ai placé la confiance due à sa charge dans un colonel du GQG et qu'il n'est pas retourné au conseil à cause des ordres lus par lui, mais qu'il a communiqué tout ce que j'ai reçu, tout ce que je voulais faire, au colonel juge, qui n'a fait aucune objection lorsque j'ai ordonné de placer les troupes sur la colline de Kirchdorf : les colonels étaient près de moi, très occupés par la carte, interrogeaient diligemment les compatriotes, ce qui augmentait ma confiance.

4. J’avais été repéré depuis Biburg, et j'aurais été d'avis qu'il aurait été bon de se retirer rapidement de Bruckhoffen à Gnadenhoff
(Gaden ?*), afin de ne pas donner prise à l’ennemi.

*Si Gnadenhoff est bien Gaden, et cela colle pour les autres occurrences, pour celle-ci nous restons perplexes puisque Gaden étant plus près de l’ennemi que Bruckhoffen, comment s'y "retirer" ?

5. Je dois avouer, la grande et facilement évitable perte du 19. Puis la dispersion des troupes, mes efforts pour rendre les hommes responsables, ainsi que pour m'épargner les multiples dangers de tomber en captivité ; puis la responsabilité imminente, sur ce qui s'était passé, m'ont rendu si indigné que j'étais incapable d'arriver à une conclusion propre ; j'avais besoin de l'aide du colonel Richter, qui seul était au courant des dispositions et des ordres supérieurs, mais il n'a pas voulu agir comme je le souhaitais ; d'où est venue cette réticence de ce colonel, je l'ignore.

6. Si, comme je l'ai dit, j'avais pris connaissance de la carte et donc du lieu, je serais sorti de ma léthargie et j'aurais pu retrouver mes moyens.

7. J'ai écrit au général Bianchi s'il pouvait, en plus du troisième bataillon de Kaiser, envoyer à Rohr la moitié de ma brigade qui avoisinait ledit bataillon (soit le régiment de Lindenau) ; le bataillon (de Kaiser) m’arrivera, mais le reste de ma brigade, si nécessaire, n'est pas venu.


DM : phrase peu claire. Ajout du 16/07/2021.

Je pense comprendre que Thierry demanda à Bianchi de lui envoyer, en plus du III/IR Kaiser, toute la « demi-brigade », soit la moitié des troupes composant son commandement initial, en l’occurrence l’IR 29 Lindenau … Avant d’ajouter que si le III/IR 1 Kaiser est bien venu (et s’est fait détruire), l’IR 29 Lindenau n’est pas venu (ce qui accessoirement l’a sauvé).

Cela semble dire que l’IR 29 Lindenau a été peu engagé dans le See Holz le 19, vite repoussé dans le bois voisin d’où il a été aussi expulsé en même temps que coupé de l’IR 1 Kaiser, et que ces unités n’ont pu se rejoindre par la suite contrairement à ce que semble dire Thierry. Le général ajoute que son « aile gauche » avait avec elle 6 canons, en ayant donc perdu 2 sur les 8 initiaux… Et que lui-même n’a plus d’artillerie, ayant donc perdu ses quatre pièces de cavalerie, car Pfanzelter devra lui envoyer deux de ses quatre pièces de 3 qui se feront toutes prendre (en « deux groupes de deux ») par la cavalerie française.

Le seul renfort qu’il recevra, et le 20 (pas le 19), c’est le III/IR 1 qui viendra se « suicider ».
L’IR 29 fera de fait l’arrière-garde de Bianchi et sera vertement poussé par les Bavarois, mais pas détruit par les Français, ce dernier sort étant le lot de la « demi-brigade » restée avec Thierry, le détachement Pfanzelter étant également très « abîmé » ainsi que le détachement de hussards amené par le FML Schusteck.

8. Le fait que les rapports ne soient pas arrivés conformément au règlement est dû au fait que le 19, depuis 10 heures du matin jusqu'à 4 heures de l'après-midi, j'ai été dans une bataille constante d’escarmouches en forêt, puis le soir, comme je l'ai déjà dit dans le 5e article, j'étais fortement indigné de ce qui s'était passé.

DM : « Fortement indigné » = perdit complètement ses moyens, ne sachant plus quoi faire !

9. Je peux affirmer (un serment, dans ma triste situation, est vraiment digne de confiance) que si le colonel Richter ne m'avait pas été imposé, alors, en observant la prudence prescrite, l'affaire se serait déroulée tout autrement.

Les avantages, qui pour le service, puis pour ma famille, auraient résulté d'une conduite appropriée, sont les suivants : les trois régiments Kaiser, Lindenau et Levenehr, reconnus bons, formés avec soin et avec des réserves convenables, dont le dernier, au dire de l'ennemi lui-même, porte avec une parfaite justification un nom dérivé du lion ; avec les douze pièces d'artillerie qu'ils avaient avec eux, même la plus grande force n'aurait pu (d'après la situation qui m'a été connue par la retraite) avancer que pas à pas, car seul le combat de forêt pouvait presser les ailes et seulement très lentement. L'ennemi aurait perdu une quantité extraordinaire de gens pendant son avance vers Rottenburg, qui n'a eu lieu que le 21.

Pour cette raison, l'occasion d'effectuer une percée aussi importante pour lui ne se serait plus jamais présentée ; leurs forces réunies, les troupes auraient fait des miracles dans les zones déjà connues et plus ouvertes, l'ennemi serait venu entre deux feux et aurait été repoussé ; ce qui aurait été d'un avantage incalculable pour les opérations suivantes.

Si j'avais été digne de la confiance qui m'a été accordée, j'aurais eu droit à plus de récompense que le retour du revers de ma femme, qui autrement aurait dû mendier après ma mort, à l'hébergement de mon fils unique dans l'Académie orientale, qui a toujours été chère à mon cœur, que j'aurais obtenu d'autant plus honorablement que les directeurs souhaitent l'admettre, j'aurais gagné la confiance de ma brigade, qui se serait certainement fait honneur à cette occasion, et j'aurais ensuite fait tout mon possible moi-même, j'aurais été en règle avec l'armée .


Les inconvénients, que mon accident m'a causés:

Ma chère épouse, digne du meilleur sort, est morte, morte par ma faute, car elle n'a certainement pas survécu à ma disgrâce, cette bonne épouse, excellente mère, que j'espérais autrefois voir heureuse selon mon souhait quotidien ; pour moi, il était désirable de penser qu'avec le temps je passerais des jours paisibles en sa compagnie. Cette bonne épouse est morte en se désespérant et en se mortifiant à travers moi.

Mon garçon, grâce aux soins de son incomparable mère, jeune et plein d'espoir, est maintenant abandonné, pauvre et mendiant, accablé par la honte de son père.

L'aveu ci-dessus prouve que je vois ce que j'ai à attendre, car bien que, dans l'espoir que ma tête pourrait encore être de quelque utilité à l'armée, j'ai demandé à VA le Généralissime, ainsi qu'à vous le prince de Hohenzollern, par lettre ouverte, au moyen du "P" français.

J'ai fait appel à l'empereur Napoléon et au prince Berthier, par des lettres envoyées de manière fiable, pour être libéré sur parole. Pour attendre la décision, j'ai obtenu un mois de séjour à Neuburg, mais comme il n'y a pas eu de réponse, je dois maintenant aller à Strasbourg, où je demanderai à nouveau mon échange, et si je ne suis pas entendu, je devrai aller je ne sais pas où, mais ce que je peux dire avec certitude, c'est que chaque blessé ou prisonnier que je vois, chaque message que j'entends, est un coup de poignard dans le dos pour moi.

Vénérable FZM Otto ! tu dois regretter de m’avoir écrit un jour à l'occasion de ma promotion au grade de colonel, en remerciant le juste monarque, son frère brillant et l'armée pour mon avancement. Maintenant que tu dois me détester, comme tous ceux qui soupirent sous la pression des circonstances (et combien de millions (de soupirs) sont les leurs), et moi je suis toujours vivant !

Neuburg, 23 mai 1809. Thierry.


À suivre...
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar LE LAN Bernard sur 19 Aoû 2021, 18:36

Très intéressant!
Maintenant je comprends mieux la destruction complète du 1eIR.
Thierry a rappelé le III/1eIR a lui surement le 20 au matin. Celui-ci est parti de Kirchdorf vers Rohr où il a du rencontré le reste (et les restes) du régiment.
Étant encore frais j'imagine que le l'Oberst Gredler en a pris le commandement et s'est fait tuer à sa tête pour couvrir la retraite des autres.
Ce qui correspond à peu près à l'historique du 1eIR. Gredler serait donc mort le 20 et non le 19 avril!

Par contre, je m'interroge toujours sur les 8 Cies du 29eIR qui stationnent avec Thierry à Offenstetten dans la nuit du 19 au 20?
Elles ont dû rejoindre leur régiment avant la retraite de Thierry sur Bachel puis Rohr.
Les pertes du 29eIR s'élèvent à 524 soldats pour ces 2 jours, aucun bataillon n'a été détruit. Puisqu'on retrouve les 3 bataillons du 29eIR par la suite.
Je ne sais pas si le 29eIR a fait l'arrière garde de Bianchi ou si c'est plutôt un autre régiment. J'étudierai tout ça (la journée du 20) un peu plus tard.

Le général Pflanzelter disposait donc d'un 1/2 batterie grenz de 3 £.
:grin: :grin: :grin:
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Re: La brigade GM Thierry le 19 avril 1809

Messagepar MANÉ Diégo sur 24 Aoû 2021, 08:22

La brigade Thierry à la bataille d'Abensberg les 19 et 20 avril 1809

Texte de Hans v. Zwiedineck-Südenhorst publié à Wien en 1903 dans les
Mittheilungen des Instituts für Oesterreichische Geschichtsforschung

Texte numérisé communiqué par Bernard Le Lan sur Planète Napoléon,

https://archive.org/details/Mitteilunge ... 2/mode/2up

Transcrit en Allemand « propre » par Diégo Mané,
Traduit à sa demande en "Français-DeepL" par Thierry Melchior,
Puis restitué (parfois en substance) ci-après par Diégo Mané…

-------------

4ème "livraison".


Pièces justificatives
Sur les événements de Röhr des 19 et 20 avril 1809.


II. Hohenzollern à Thierry

Au Herr General-Feldwachtmeister von Thierry, Rohr le 19 avril 1809.

Le général, avec sa brigade et le régiment de Levenehr Dragons, avec une demi-batterie de 6 £ et une demi-batterie de cavalerie, partent immédiatement d'ici vers Biburg. Le général se positionnera sur les hauteurs de Kirchdorf, et de cette position, il observera les troupes bavaroises positionnées près de Biburg : À gauche, ils doivent chercher la liaison avec les troupes de Son Altesse Impériale Louis vers Siegenburg ; à droite, par contre, ils doivent apprendre ce qui se passe vers Abensberg et Ober-Schambach. Pendant la marche, je recommande toute la prudence possible dans la zone à traverser, ainsi que toute la prudence militaire dans la position.

Le régiment des Dragons de Levenehr a déjà reçu l'ordre de partir. Le capitaine Br. Ebner de l'état-major du G. Q. M. a l'ordre de se présenter au Herr General pour le service. Le général lui-même, par ordre de Son Altesse Impériale le Généralissime, est pour le moment sous les ordres de l’archiduc Louis, et m'envoie également ses rapports par Bachl.

Hohenzollern.

Reçu le 19 à 6 heures, puis remis au juge en chef de l'état-major du G. Q. M., qui est en route pour Kirchdorf, pour inspection.

Thierry GM.

----------------

III. L’archiduc Charles à Thierry

À l'attention de l'Hon. Général Thierry.

Rohr le 19 avril 1809.

Le général, avec sa brigade, et les dragons Levenehr, ont reçu l'ordre de couvrir le secteur de la rive droite au soir entre le passage de Biburg et celui d'Abensberg, pendant la marche de l'armée contre Ratisbonne.

À cette fin, il est nécessaire d'établir une forte réserve à Bruckhof, et de placer un détachement approprié dans les bois à droite de Gnadenhoff
(Gaden ?) pour surveiller Abensberg et la route de Ratisbonne, ainsi qu'un autre en face de Biburg, sur les hauteurs de Kirchdorf. De l'avant-garde du 3e corps d'armée, la partie qui est placée sur la route indiquée y restera et informera le général.

S'ils sont attaqués par une force supérieure ennemie pendant mon opération contre Ratisbonne, ils doivent alors s'efforcer d'informer aussi rapidement que possible Son Altesse Impériale Louis, qui se trouve à Lutmannsdorf ou Umbelsdorf, et à qui ils demanderont des instructions, et se retirer lentement jusqu'à la route de Röhr à Rottenburg ; de là, ils avanceront à nouveau avec les renforts du 5e corps d'armée ou, selon les circonstances, devront accomplir une autre mission.

Vous devez également me rapporter tous les événements le plus rapidement possible via Röhr, Lanqwat et Dinzling à Weichenlor, où l'on saura où je me trouve.

Archiduc Charles.

Reçu le 19 tôt après 8 heures, et remis au juge en chef de l'état-major du G. Q. M. pour inspection.

Thierry GM.

-------------

IV. Relation (et prospective) du GM Thierry

La carte ci-jointe de la zone à occuper, bien que rédigée de mémoire, suffira à fournir des informations sur les événements survenus à Röhr les 19 et 20 avril 1809.

(Voir le dessin donné page 175 du document des Mittheilungen)
https://archive.org/details/Mitteilunge ... 4/mode/2up

Conformément à l'ordre n° 1, mon détachement se composait d'une brigade d'infanterie, d'un régiment de cavalerie, de huit canons et d'un capitaine de l'état-major général, auxquels s'ajoutaient quatre autres canons, puis le colonel Richter et le premier lieutenant comte Cothek de l'état-major du G. Q. M. qui se rendaient de Rohr à Kirchdorf.

L'ordre n° 1 prouve que je devais seulement marcher vers Kirchdorf et me positionner sur les hauteurs là-bas. La route était mauvaise, les canons se sont enlisés, j'ai dû me procurer des provisions et j'ai été retardé.

J'ai reçu l'ordre n° 2 seulement sur le chemin près de Kirchdorf. Mon arrivée sur la crête en face de cet endroit n'a pas été remarquée par ceux qui se trouvaient au...
(bord de l'Abens ?).

L'ennemi a montré des troupes bavaroises placées sur la rive gauche le soir. Un nombre considérable de troupes sur ce point, l'occupation de la colline au-dessus de Kirchdorf en face de Biburg, ainsi que l'avance vers Bruckhof ont amené l'ennemi à soupçonner qu'une colonne plus forte avançait sur la route de Rohr à Bachl afin de gagner la colline de Schambach.

D'où le départ de plusieurs troupes sur la rive gauche au soir vers Abensberg, que nous avons remarqué ; et c'est pourquoi je me suis senti obligé de m'avancer vers Gnadenhoff
(Gaden... qui ne colle plus, ou décidément Arnhofen ?) le plus rapidement possible et par le chemin le plus court ; de peur que l'ennemi ne me devance, ne pénètre par la route de Bachl et ne coupe mes lignes. En sortant des bois sur la route de Bruckhof à Schambach, je fus attaqué vers 10 heures ; l'engagement dura jusqu'à 4 heures de l'après-midi, heure à laquelle mon artillerie aura été démontée, et je dus battre en retraite jusqu'à Offenstetten. Un temps orageux a mis fin à l'escarmouche.

L'armée bavaroise, renforcée par des troupes françaises, m'a attaqué le 20 avec des forces très supérieures, me repoussant jusqu'à et au-dessus de Röhr, où une défaite complète a eu lieu.
C'est ainsi que le corps d'armée de l’archiduc Louis a été séparé de l'armée de l’archiduc Charles, que la route vers Landshut a été ouverte, et que nous avons perdu de l'artillerie, des munitions, des pontons et des bagages.

Si j'avais été appelé à la disposition qui a été faite dans la nuit du 18 au 19 à Rohr (j'ai passé la nuit sur la route près de la ville), j'aurais reçu une bonne carte au quartier général pour inspection et j'aurais pu faire quelques recherches, puis j'aurais eu le temps de discuter des lieux à traverser avec les chasseurs, les bouchers et les marchands avant de partir.

Si je n'avais pas du tout reçu l'ordre n° 1, ou s'il était arrivé en même temps que l'ordre n° 2, je n'aurais certainement pas marché via Kirchdorf, mais j'y aurais simplement détaché un bataillon avec une division de cavalerie et quatre canons ; j'aurais avancé avec la force principale sur la bonne chaussée via Bachl, Offenstetten à Bruckhof, mais de Bachl j'aurais détaché un bataillon avec une division de cavalerie et quatre canons à Gnadenhoff
(Arnhofen semble là aussi mieux coller que Gaden !). En deux heures, j'aurais atteint et occupé ces deux derniers postes (qui seraient donc Bruckhof et Arnhofen ?) sans être détecté par l'ennemi. J'aurais eu le temps de leur donner de la consistance et du liant, et, si nécessaire, de renforcer les deux flancs. J'aurais pu rendre les dispositions de retraite en cas de forte attaque ennemie d'autant plus appropriées que la zone nous aurait été connue lors de l'avance sur nos postes.

J'aurais parlé au général Pfanzelter, qui (sans que je le sache) se tenait à Offenstetten au début du 19, mais ensuite à Bachl avec des Croates
(Grenz), des Hussards et 4 canons, et je me serais entendu avec lui : tous les débouchés auraient été correctement occupés, et chaque route aurait été couverte par au moins 4 canons. Alors quand la supériorité des forces de l’ennemi m'aurait amené à battre en retraite, certainement seulement par l'avance laborieuse de ses tirailleurs dans les bois, je lui aurais infligé de lourdes pertes tout en épargnant les troupes sous mon commandement, car j'aurais disposé de plusieurs positions défensives favorables.

Réunis à Rohr l'ennemi n'aurait guère pu me forcer même avec tous ses efforts. Le 20, mon corps se serait composé des excellents régiments Lindenau et Kaiser Infanterie, Levenehr Dragons (appelés Loewenheer par les Bavarois) puis un bataillon Croate, une division
(deux escadrons) de Hussards et 16 canons : Sans compter les renforts que l’archiduc Louis avait désignés (Schusteck), et qui étaient en partie déjà arrivés à Rohr. Je n'aurais certainement pas été pressé jusqu'à Rottenburg avant le 21 ; alors Son Altesse Impériale le généralissime aurait eu le temps de tomber sur le flanc de l'ennemi se retirant de Ratisbonne.
-------

Comme la prise de Valenciennes, qui m'a valu la croix, fait contraste avec l'expédition contre Biburg et Abensberg, et doit aussi donner à penser que ma présence à la réunion d’état-major aurait été utile à la cause commune, je joins sa description.

Je le répète : ma présence à la disposition de Rohr, la possession d'une bonne carte ou même la réception plus tôt de l'ordre n° 2 auraient eu le même avantage pour moi et la cause commune qu'à présent l'aperçu de l’affaire de Valenciennes. On ne saurait me reprocher de saisir cette occasion pour donner quelques preuves de mon zèle pour le service.

1. Une précaution prise de ma propre initiative pour couper une éventuelle retombée de Landrecies contre Merville (à laquelle je me suis présenté avec ma compagnie) car cette ville serait bloquée par le général Kerpen, 1794. La reddition anticipée imprévue de cette forteresse a contrarié cette expédition, qui avait déjà été ordonnée et approuvée en haut lieu.

2. Ma conduite comme commandant d'avant-poste à Douai près de Maubeuge en 1794 sous le commandement du général Baillet de la Tour, où, sans attendre le soutien envoyé, j'ai repoussé une sortie, ce qui m'a valu les éloges du prince commandant Cobourg.

3. Pendant le siège de Mannheim en 1795, j’étais le capitaine à la division de grenadiers de Wartensleben, j’ai été blessée avec le capitaine Volkmann de l'état-major du G. Q. M. lors de la prise des baraques ; il est mort.
Au Holzhof, qui était pris d'assaut au même moment par une autre troupe, l'attaque a été repoussée.

4. Lorsque l'ennemi a fait une sortie au siège de Kehl au petit matin en 1796, j'ai fait monter ma compagnie de grenadiers sur le parapet, ce qui a impressionné l'ennemi et l'a incité à battre en retraite. Le colonel Seretey, qui était présent, et qui a témoigné de sa satisfaction, s'en souviendra.

5. À la bataille de Vérone en 1799, alors que je me trouvais avec mon bataillon à l'avant-garde de la première colonne sous les généraux Mercantin et Mitrovsky, le premier exprima sa satisfaction sur ma conduite, ce qui me fut transmis par le second.

6. L'ascension du col de la Rouse, ardue et accomplie de manière satisfaisante (qui aurait été rejetée par les troupes russes comme impraticable) depuis que le général Lusignan a entrepris une expédition en 1799 contre Fenestrelle via Pignerol.

7. Je me tenais avec mon bataillon en soutien de leurs avant-postes, et sous le commandement du prince Johann Liechtenstein à la Malapaga sur la Trebbia en 1799 lorsque l'ennemi s'est avancé dans la plaine contre St Nicolai. J'ai fait une sortie de mon propre chef avec une division et un canon sur sa droite, lorsque notre cavalerie a coupé son flanc gauche : il a dû céder.

8. Ma conduite dans l'affaire de Pozzolo sur le Mincio, le 24 octobre 1800, sous le haut commandement du général Bellegarde, où l'ennemi, laissant ses canons, dut évacuer le village. Ensuite :

9. Mon projet de défense de l'infanterie contre l'attaque de la cavalerie, que j'avais déjà proposé en 1801, et que j'avais pratiqué avec éclat à Prague en 1806, et qui fut accepté par S. A. Ferdinand.

10. Mes instructions à l'infanterie concernant le soutien des batteries, que j'ai remises au colonel Smola lors de la marche de 1809 sur le terrain, et qui ont reçu les applaudissements de S.A. Maximilien.

11. Le projet de concilier la meilleure subsistance des troupes avec l'évitement éventuel de leurs excès : remis au lieutenant-colonel Hecht du Commando des adjudants du 3e corps d'armée à Landshut en 1809


À suivre... Le rapport de Thierry à l'archiduc Charles le 19 avril 1809 au soir.
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