L’armée prussienne après la paix de Tilsit

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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L’armée prussienne après la paix de Tilsit

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 13 Jan 2021, 14:00

Réédition de l'article :grin:

Introduction

Avant de passer directement à l’étude qui nous occupe, il me semble important de voir l’évolution de l’esprit de la population prussienne.
Rappelons la situation avant les hostilités : La guerre contre la France avait divisé fortement les hautes sphères politiques du pays, mais globalement seule l’armée voulait un conflit. Par contre, les milieux marchands, intellectuels et littéraires, et même populaires, avaient accueilli très favorablement la Révolution et ses conséquences sur l’organisation d’un état ainsi que la notion de Nation. La phrase de Goethe après Valmy, "De ce jour et de ce lieu date une ère nouvelle dans l’histoire du monde", ou le retard de Kant dans sa promenade journalière après qu’il eut connaissance de la prise de la Bastille en sont des exemples. De même, la situation financière n’était pas bonne et cela avait altéré le prestige de la Prusse.

En l806, l’armée prussienne se fait écraser en moins d’un mois. La population accueille favorablement les Français, porteurs d’espoirs de vie politique différente et mieux équilibrée. Cependant, leur comportement (pillage, viols,...) et les conditions très dures du traité de Tilsit, transforment très vite ces libérateurs en occupants très envahissants. Enfin, le roi de Prusse n’a été convié, lors des négociations, que pour apposer sa signature, à l’endroit où l’on lui dit de le faire, et seulement parce-que le Tsar le demanda (cette leçon de vengeance future sera oubliée lors des négociations du Traité de Versailles en 1919 !). Tous ces éléments font naître la volonté de revanche et d’une guerre de libération contre la France et les Français ainsi que tout ce qui symbolise la domination impériale. Mais revenons au résultat du Traité de Tilsit : la Prusse perd un tiers de son territoire, tous ses vassaux directs (Hesse-Kassel, Brunswick,....) , doit subir une occupation militaire permanente, doit payer une indemnité de guerre équivalente à la moitié de son budget annuel, payer les troupes d’occupation et subir une limitation de sa force militaire. Bref, c’est une catastrophe !

Pour l’étude qui va suivre, nous allons voir le changement des mentalités en Prusse, puis la métamorphose de l’armée et de l’état et jusqu’où elle va. Nous présenterons dans le même temps, comme dans la première partie, les différentes armes ainsi que leur règlement de manoeuvre. Enfin, nous montrerons le rôle et l’apparition de la Réserve, de la Landwehr et des Corps Francs dans le système militaire prussien.

1) La transformation de la Prusse et de son armée

11)Y-a-t-il eu une révolution comme le prétend la légende ?

La destruction de leur armée marqua, après coup, terriblement les Prussiens. Ce sont surtout les militaires qui le ressentent, mais pas comme on le croit ! En effet, ce sont les simples soldats et ceux que l’on peut considérer comme étant des Modernes (Scharnhorst, York, ...) qui se sont sentis trahis. Les hautes sphères frédériciennes, dont faisaient partis les ministres qui avaient voulu la guerre, se sont aperçues qu’elles étaient dépassées mais, pour des raisons politiques, ont fait retomber la responsabilité de la défaite sur les classes subalternes de l’armée. D’ailleurs, ils vont se contredire tout de suite en instituant un tribunal, le Ehrengericht, et une Immediatkommission dirigées par le Generalleutnant Von L’Estocq (le sauveur d’Eylau). Elles vont avoir pour but de juger les responsables des désastres et d’étudier les solutions au niveau moral. Le résultat en sera un limogeage massif de vieux officiers, mais aussi l’établissement de "bases morales". Ces dernières resteront valables jusqu’en 1918. C’est maintenant que le colonel Von Gneisenau, un Saxon d’origine, grâce à sa défense de Kolberg et de la de Poméranie, et un certain Clausewitz sortent de l’anonymat.

De nouvelles structures dirigent l’armée : L’ancien Oberkriegskollegium cesse d’exister. La Militär-Reorganisationkommission, sous la direction du Roi est mise en place. Elle ne comprend que trois membres en plus du président : Le Roi, le général Scharnhorst, qui en est le véritable chef, et les lieutenant-colonels Von Lottum et Von Gneisenau. Leurs objectifs, dès leur installation, sont trés clairs et montrent un changement de vision de l’armée de la part des dirigeants prussiens :

Mettre en place une armée populaire et nationale au service de l’état.

Ne pas fermer la porte aux meilleurs à cause de leur statut de roturier.

Libérer la Prusse et en refaire une puissance.

Voilà où se trouve la vraie révolution ! Maintenant, ce sont les meilleurs qui vont percer, du moins en théorie, mais il est indéniable que depuis ce jour les cas de "placements familliaux" vont être relativement rares. À côté de cela une réforme complète de l’armée est mise en place :
Suppression du système de la commission car toutes les troupes appartiennent à l’état. Attention, pas au Roi ! Ce dernier nomme à une place, mais ne la donne pas.
Apparition de la conscription comme base du système. Les professionnels ne sont là que pour encadrer les conscrits.
La Convention de Paris, qui règle les détails de l’occupation française, ne permet pas aux Prussiens la mise sur pied d’une forte armée. Les dirigeants prussiens vont la tourner par le système des Krumpern, révision totale de la doctrine militaire au moins dans son apparence.

NOTES : La conscription ne s’applique qu’aux hommes célibataires et tirés au sort. Mais il existe le système du remplacement. Cela consiste à payer quelqu’un pour être remplacé pendant la période initiale puis ensuite pendant les périodes annuelles.
La mise en place de ce système de façon généralisée tel que nous le connaissons actuellement ne sera faite qu’en 1813.
Un Krumper est un soldat qui a été entraîné durant un an et qui est mis en réserve afin de libérer sa place permettant ainsi d’entraîner une nouvelle recrue. Il doit faire un certain nombre de manoeuvres par an afin de garder ses qualités de soldat. Ils sont intégrés dans des bataillons de réserve des unités qui les ont entraînés. Certains régiments en ont jusqu’à cinq (Leib-regiment), mais la moyenne est de trois.

En conclusion, les réformes militaires que nous allons étudier vont transformer l’armée, mais la fameuse révolution n’est qu’une invention postérieure de l’époque romantique. En effet, les évolutions tactiques avaient été déjà entrevues avant l806 et les troupes instruites de l’armée, y compris les Krumpern, n’hésiteront pas à attaquer en ligne. Ce n’est pas non plus au niveau de l’uniforme qu’elle se présente. En l805, le changement d’uniforme était en cours, mais les éternels impératifs budgétaires en ont retardé la mise en place. On peut seulement dire qu’il y a une importante remise en question de la façon de vivre mais dire qu’il y a une Révolution, non !
Concernant la population, je le répète encore, au départ peu de gens voulaient la guerre et même beaucoup aspiraient à voir la défaite de "leur" armée . Les accueils dans les villes et notamment Berlin furent pour le moins trés agréable pour les Français !! Ce ne sont que les différents traités et surtout le comportement des troupes françaises vis à vis des populations qui transformèrent les sentiments.

12) La réforme de l’infanterie

La réforme se veut d’abord dans celle de l’esprit des troupes. Il faut que les hommes, surtout les officiers, dépassent la fameuse triade "un soldat prussien ne doit penser qu’ à trois choses : Au Roi, à Dieu, à Rien" inventée par le père de Frédéric II, Frédéric-Guillaume Ier appelé "le Roi-Soldat". Dans une certaine mesure, les dirigeants réussiront tout en évitant d’avoir à nouveau les ennuis d’avant Iéna, c’est à dire le jugement sur l’intelligence de l’ordre.
D’abord ils vont chercher à faire un fantassin qui s’adadapte à tous les terrains, comme les Français commencent à le faire depuis 1808, avec des exceptions pour les soldats d’élite que l’on regroupera. On a donc quatre catégories de troupes :

a) Les Mousquetaires, qui sont les soldats de base, destinés à servir en ordre serré. Ils composent la majorité des régiments de ligne. Cependant, même parmi eux, une différenciation se fait ; les troisièmes rangs peuvent servir en ordre lâche.

b) Les Fusiliers, ou fantassins légers. Ils composent environ un tiers de chaque régiment de ligne et ont pour destination de servir aussi bien en ordre serré comme les Mousquetaires qu'en ordre lâche dans les obstacles. Théoriquement, ils sont de meilleure qualité que les premiers mais dans la pratique ils sont équivalents.

c) Les Grenadiers, ou fantassins d’élite. Ils forment des bataillons mixtes à partir des deux compagnies de chaque régiment. Ce sont les meilleurs soldats et sont des engagés, non des conscrits (du moins après leur sélection).

d) Les Jägern et Schützen sont des fantassins d’élite légers. Ce sont surtout des hommes de trés hautes qualités (indépendance d’esprit, capacité d’initiative, patriotisme). Ce sont tous des engagés volontaires qui ont fait leurs preuves pendant la campagne de 1806, soit dans les troupes de ligne ou dans les Corps Francs. D’ailleurs ceux qui ont combattu en Silésie, et qui ont, semble-t-il gênés considérablement les communications françaises, ont été regroupés dans le bataillon de Schützen silésien en 1808.

NOTE : La Garde, contrairement à la période précédente, n’est pas, du moins au départ, assimilée à une troupe d’élite. Les seuls régiments à être vus comme d’élite sont les régiments Leib (qui forme un bataillon de grenadiers à lui seul) et Kolberg. La raison vient qu’ils sont constitués des troupes ayant combattu, du moins pour leur encadrement, en Poméranie en1806 et 1807 autour de la ville de Kolberg. D’ailleurs leur drapeau porte le nom de cette ville. Ils disposaient de ce qu’il y avait de mieux dans l’armée dans tous les domaines. En effet, la Garde n’est vue que pour garder le Roi et sa famille ainsi que ses résidences. Il existe un bataillon d’infanterie, appelé le "Normal Bataillon", qui bien qu’ayant la tenue, la paye, et le statut de la Garde, n’en fait pas partie officiellement jusqu’en août 1813. Il sert à tester toutes les Instructions réglementaires, du moins celles qui concernent la manoeuvre au niveau bataillon.

121) Le règlement de l’infanterie

Après la défaite, la Commission de réorganisation, qui a considéré comme responsable de la Katastrophe le manque de rapidité et de fluidité des troupes, va restructurer toute l’armée suivant les vues des hommes qui ont été mis à sa tête (Scharnhorst et Gneisenau). Rappelons que ce dernier n’était en 1806 qu’un illustre inconnu et ne doit son avenir qu’à sa défense victorieuse de Kolberg.

On étudiera son application tant sur l’organisation que sur la manoeuvre, mais à deux niveaux. D’abord, on verra les transformations qui touchent tous les éléments du bataillon quel que soit le type de fantassin dont il est composé, puis celles qui modifient leurs utilisations à des niveaux supérieurs, comme le régiment, mais surtout la brigade.

1211) La constitution d’un bataillon
Avec le retour d’une paix française, une réforme se met en place, mais elle devra être modifiée suite à la Convention de Paris signée le 15 décembre 1808. Ce texte, qui limite les forces prussiennes, fera que nous n’indiquerons que les forces des bataillons après cette date.

a) Les bataillons des troupes de ligne
La ligne se compose des troupes de la Garde, des Grenadiers, des Fusiliers et des Mousquetaires.
Les unités des Corps Francs et de Landwehr seront étudiées à part en fin de ce mémo.

La compagnie, qui reste la formation administrative de base pour ce qui concerne les soucis pécuniaires et d’hommes, se compose de deux pelotons. Elle dispose de 1 capitaine, 4 autres officiers subordonnés (lieutenants, sous lieutenants ou enseignes), 15 sous officiers, 3 tambours (4 chez les Grenadiers) et 135 soldats, soit un total de 158 hommes. Le front qu'elle présentera sera donc de 45 files, soit 86 pieds (ou 43 mètres environ) si elle est en ligne. En colonne par pelotons, il n’y aura plus que 23 files (le capitaine est devant) pour le premier et 22 files pour le second. Le front sera alors respectivement d’environ 11 et 10 mètres.

Le bataillon se compose de 4 compagnies. On dispose alors en plus d’1 commandant, de 1 enseigne et 3 tambours. De plus, un capitaine est chargé de commander tous les troisièmes rangs. Il est le seul capitaine à être monté. L’unité dispose alors de 22 officiers, 60 sous officiers, 13 tambours (17 chez les Grenadiers), et 540 hommes de troupe soit un total de 637 hommes (641 pour les Grenadiers et la Garde). En plus chaque bataillon dispose d’une compagnie de garnison composée de 3 officiers, 9 sous officiers et 60 soldats et de 60 personnes, dont 40 chargées de l’intendance et des réparations et 20 de la Santé. Les bataillons de Fusiliers remplacent les tambours par des clairons ou trompettes, et disposent en plus de 3 tambours de bataillon. Les bataillons non légers possèdent chacun 1 drapeau porté par l’enseigne du bataillon. Ces étendards sont différents suivant les unités de même catégorie, et peuvent être d’un nouveau ou ancien modèle. Les effectifs donnés ici sont ceux de temps de paix.

En temps de guerre, les compagnies de garnisons sont intégrées dans les troupes combattantes. Les bataillons de Réserve et de Remplacement tiendront alors le rôle de la compagnie de garnison :
Un bataillon de Réserve, ou Ersatzbataillon est constitué de troupes totalement instruites et encadrées par des officiers soit de Réserve soit d’Active. Ils ont pour instructeurs et entraîneurs les 20 hommes de dépôt que chaque compagnie a à sa disposition et qui ne sont pas comptés ci-dessus. Nous les étudierons plus tard car ce sont les fameux Krümpern.
Un bataillon de Remplacement, ou Erganzungbataillon est composé de recrues non encore formées aux combats et qui sont à l’instruction. Celle ci pourra se faire dans le cadre de sièges de forteresses ennemies.

b)Les bataillons de Jägern
Ils sont à 501 hommes car ils n’ont pas de troisième rang mais présentent la même organisation que les bataillons de Fusiliers. Cela fait qu’au lieu d’avoir 135 hommes, une ccompagnie ne compte que 90 ! Enfin, ils doivent se ranger comme les autres et en conséquence présentent le même front.

1212)Les formations
On s’inspira du mode de manoeuvre français (le règlement de 1791). De plus, on ne s’attachera plus de façon obsessionnelle au placement de la première compagnie. De même, pour tous les changements de formation et les déplacements, le pas accéléré, soit 108 pas minute, est retenu. Le pas normal, 75 pas minute, est réservé aux parades et aux situations particulières.
Un autre élément qui apparaît aussi et vient non pas du fait de la confrontation avec les Français, mais de l’analyse des manoeuvres stratégiques, est celui de l’entraînement généralisé, mais toujours avec la notion de dégager une élite, des troupes aux formations en ordre lâche, d’où Le troisième rang. Cela aura un autre résultat, qui existe aussi chez les Autrichiens, le fait que les troupes finiront par combattre sur deux rangs. Cependant, contrairement à ces derniers, qui pour des raisons surtout politiques évitaient de laisser leur troupes prendre des initiatives (ce qui est vital pour ce type de combat) les tirailleurs prussiens se trouvaient souvent en position alors que ceux de l’empereur François étaient formés en ordre serré sur les côtés de leurs compagnies. Quant à la méthode, elle restera la même qu’avant 1806, car elle a montré que ce n’est QUE par la faute des généraux que les troupes prussiennes ont perdu dans ce genre de combat. D’ailleurs, les Prussiens avaient aussi enregistré des succès dés qu’ils étaient débarrassés des carcans psychologiques (Altenzaun en 1806).

Les autres formations utilisées par un bataillon prussien sont aux nombre de quatre sauf pour la Landwehr :
La colonne de marche
La colonne par pelotons
la colonne par compagnies sur le centre
La ligne
La colonne fermée

a) La colonne de marche
C’est la formation de déplacement en dehors des zones de combats. Elle est identique à celle utilisée avant 1806 avec la différence que les voitures des officiers sont supprimées et remplacées par un cheval de remonte, en plus de l’éventuel cheval de monte pour les officiers qui vont au combat à cheval (chef des tirailleurs du bataillon, chef de bataillon et supérieurs). En ce qui concerne les valets, ils sont interdits pour les officiers ne combattant pas à cheval. Les autres possessions sont interdites !

b) La colonne par pelotons
Elle est formée lorsque les troupes arrivent en zone de bataille, c’est à dire à proximité d’un ennemi reconnu (environ deux kilomètres). Elle présente le front d’un peloton sur seize hommes de profondeur. Les espaces entre pelotons sont équivalent à la profondeur d’un seul.
Cette formation est très souple pour réaliser des changements de direction. En effet, n’étant pas destinée au combat l’alignement en déplacement n'est pas une priorité. De même, pour les changements de formation, les Prussiens ne sont plus à cheval sur le positionnement règlementaire, bien qu’ils ne le négligent pas. L’important étant devenu la rapidité et l’efficacité, les pelotons manoeuvreront de façon à optimiser l’efficacité.

Il existe deux exceptions à cette liberté de placement . :
Celle due aux troupes, qui sont de base sur deux rangs.
Celle causée par un ordre de déploiement du troisième rang en tirailleurs pour des raisons diverses (terrain,...).

c) La colonne par compagnies sur le centre
C’est la formation de base appelée aussi colonne d’attaque. Elle est équivalente à la colonne française d’avant 1808.
Elle se forme sur les quatrièmes et cinquièmes pelotons d’un bataillon, soit sur l’avant (c’est à dire par marche des pelotons 5 à 8) soit sur l’arrière (par marche des pelotons 1 à 4) si la formation de départ est la ligne, les pelotons 4 et 5 restent en place et les autres viennent se placer derrière. Le temps de mise en place est d’environ une minute.
Si la formation de départ est la colonne de pelotons, le seul 4e peloton reste sur place, les 5 à 8 viennent se mettre sur la gauche par un quart de tour, un déplacement sur leur gauche, puis un nouveau quart de tour, puis une marche en avant. Les trois premiers, eux, se déplacent par un quart de tour suivi d’une marche, soit comme les pelotons 5 à 8, soit en cercle faisant que les pelotons voient leur rangs inversés.

NOTE : Lorsqu’ une unité s’est trouvée rangée dans un ordre autre que celui théorique, les instructions indiquent que le bataillon ne cherchera à se replacer correctement que lorsqu’il se trouvera en troisième ligne de brigade ou quand la situation de l’ennemi permettra ce changement d’ordre. Cependant, les bataillons évolueront normalement mais les compagnies auront un numéro adapté à leur position.

d) La ligne
C’est la formation que les troupes de Landwehr ont ordre de ne pas utiliser, même elles le feront (GrossBeeren) mais toujours avec peine et uniquement pour minorer l'effet des coups de canon.
Elle se pratique, si l’on provient de la colonne par pelotons, comme dans les "temps anciens" , sauf que le placement est plus rapide et ne tient pas compte de l’ordre numérique des pelotons.
Quand on la forme à partir de la colonne d’attaque, le placement se fait soit en éventail complet, soit en demi-éventail (schéma16) dans le cas d’un placement sur un extrême.

e) La colonne fermée ou carré plein
Connue aussi sous le nom de "Bataillonmasse" ou "Divisionmasse" chez les Autrichiens, cette formation a pour but de se protéger de la cavalerie qui attaquerait aussi bien de face, que de côté ou de revers. Elle peut être formée trés rapidement, en général moins d’ une minute.
La raison de cette rapidité tient au fait que ce ne sont pas les troupes qui forment les deux premiers rangs qui évoluent. Les troisièmes rangs comblent les espaces entre pelotons, se formant ainsi sur deux rangs. Le schéma 17 montre ce placement. Il est cependant important de noter que contrairement aux autres nations qui pratiquent cette formation (Français, Autrichiens et Russes), l’unité n’est pas un paquet d’hommes serrés les uns contre les autres et donc plus ou moins désorganisé. En effet, comme le montrent les écrits de spécialistes et témoins oculaires (Général Thiebault, Maréchal Masséna,....), les Autrichiens étaient devenus incapable de manoeuvrer sans au préalable reformer leurs troupes. Les Prussiens, eux, attaquaient dans cette formation dès lors que leurs tirailleurs ou leurs Plankern ne se déployaient pas (Gross-Beeren).

Le gros problème de cette formation est que si la cavalerie insistait ou que le moral des membres du "carré plein" faiblissait, les colonnes fermées ne résistaient pas très longtemps. D’ailleurs, chez les Prussiens, la théorie initiale précisait que cette formation n’était destinée qu’à attendre la cavalerie amie qui viendrait la dégager. Dans la pratique, à cause de l’utilisation de corps de cavalerie chez les "Français", les pauvres secours montés prussiens se retrouvaient à un contre cent, au moins psychologiquement, et n’avaient aucune utilité. C’était d’autres unités d’infanterie qui venaient les dégager.

13) La réforme de la Cavalerie

L’arme à cheval a subi une catastrophe psychologique encore plus profonde que le reste de l’armée. Avant la guerre ; rappelons-le, elle était l’arme la plus prisée de l’armée prussienne. Or, la campagne de 1806 va lui montrer qu'elle n’était pas à la hauteur, sauf pour courir ... au massacre !
La réduction drastique des effectifs imposée par le Traité de Paris limitera le nombre total à 17 régiments plus 1 de Garde du Corps et 1 de Garde légère (en fait composé d’un escadron de Garde-Husaren, un de Garde-Uhlanen, un de Garde-Dragonen et du Normal-Eskadron), soit 77 escadrons alors que précédemment le nombre s’ élevait à 255 !
Ensuite, la liquidation de nombre d’officiers par les tribunaux ou des mises à la retraite, va être complétée par une diminution des ressources territoriales de recrutement (cession de nombreux territoires au profit de la Saxe, de la Westphalie, mais surtout du Grand-duché de Varsovie).
De plus, le système des Krümpern, va être aussi appliqué. Le nombre des troupes fonctionnant parfaitement est donc assez limité car la formation d’un cavalier prend deux à trois plus de temps que celle d'un fantassin, soit au minimum une année contre quatre à six mois.
Enfin, la méthode de combat de la cavalerie va être légèrement modifiée par le règlement du 20 avril 1810. C’est lui que nous allons étudier après avoir vu les transformations dans l’organisation.
Pour note, la reconstruction de la cavalerie prussienne n’est pas terminée quand recommence la guerre contre la France.

131) La nouvelle organisation des régiments
Comme pour l’infanterie, les régiments sont maintenant définis en fonction de leur province de recrutement. Cependant, comme les Prussiens aiment bien les exceptions, il existe trois puis quatre régiments qui sont dans le Brandebourg, mais qui ont un nom particulier. Il s’agit des "Gardes du Corps" (cuirassiers), dragons de la Reine, et puis des deux régiments des Hussards de la Mort appelés plus couramment "Leibhusaren".

Note : À l’origine, les Leibhusaren ne formaient qu’un seul régiment de quatre escadrons qui déjà dépassait les normes en termes d’effectifs. D’autres part, les demandes d’anciens membres de ce régiment et de volontaires ont fait que les chefs prussiens ont d’abord pratiqué le système des Krümpern puis ont carrément décidé de dédoubler cette unité, qui peut être considérée à la fois comme une unité d’élite et mythique de l’armée prussienne. Cela durera jusqu’à la fin de l’empire allemand en 1918.

En théorie, chaque peloton est constitué d’au moins 18 cavaliers rangés sur 9 files et 2 rangs. Chaque rang est séparé par un pas de l’autre. Les files sont au contact par les étriers.
Quatre pelotons forment un escadron. Les trois premiers disposent de 12 flankern (dont 2 carabiniers). Le quatrième se constitue de cavaliers sélectionnés (dont 6 carabiniers) et sert de repère. Le mot carabinier indique que le mousquet est remplacé par une carabine et implique obligatoirement d’être rangé au deuxième rang. Le mot "flankern" indique un rôle de reconnaissance. Le quatrième peloton est toujours rangé sur la gauche. Un éventuel "guidon"(c’est l’éventuel drapeau de cavalerie) sera placé sur la droite du troisième. Les clairons sont toujours sur la droite de leur peloton. Le placement de chaque peloton et d’un escadron est montré dans le schéma 18.
Un escadron devrait donc se composer de 72 hommes. Dans la réalité l’ éffectif tourne plutôt autour de 122 militaires. Au niveau de la répartition, on a 1 capitaine, 1 lieutenant, 4 sous-lieutenants, 15 sous-officiers (3 pour chacun des trois premiers pelotons et 5 pour le quatrième), 5 clairons ( dont 1 pour l’escadron) et 96 cavaliers. Jusqu’ en 1812, les escadrons de dragons et de cuirassiers disposent d’un guidon chacun. Au début 1813, seul le premier escadron garde le sien et devient le guidon régimentaire.
Si un escadron pour une raisons quelconque venait à subir des pertes, les pelotons ne pouvant avoir leurs 9 files sont dissous et leur effectif versé dans un autre peloton. Mais si l’escadron devait avoir moins de 36 files, 3 pelotons seulement sont formés.
Comme avant, deux escadrons forment une division, terme uniquement administratif, et deux divisions forment un régiment. En plus des effectifs ci-dessus, le régiment dispose d’un lieutenant-colonel et de son colonel. Le premier commande, quand le colonel est présent, la deuxième division.
En plus, il existe un escadron de dépôt (qui n’est jamais mobilisable) par régiment. Son effectif est indéterminé mais vraisemblablement constitué en théorie de personnel administratif, car les conditions du Traité de Paris font que les Prussiens ont choisi un autre système de formation. Après 1814, des nouveaux gradés viendront le créer dans sa réalité.
L’arrivée des Krümpern est réglementée par la note du 7 février 1811. Elle se visualise de la façon suivante :
Trois recrues supplémentaires par escadron tous les quatre mois sont levées mais non enregistrées sur les livres d’effectifs. Elles sont vues comme des volontaires qui sont des civils voulant apprendre à monter à cheval, à pratiquer l’escrime. Au bout de cette période, ces recrues viennent remplacer pour un an celles qui étaient déjà en place et que l’on met en disponibilité.
Ce système fait suite aux différentes tentatives d’augmenter la cavalerie et qui avaient été découvertes par les services français. Cela avait entraîné des mises en garde de Napoléon au roi Frédéric-Guillaume. Il va permettre d’avoir à la fois des recrues qui sont déjà "dégrossies" lorsqu’elles entrent officiellement dans l’armée et de posséder une réserve prête. Pendant les "guerres de Libération", ce système permettra de fabriquer les fameux régiments nationaux et de pouvoir combler les pertes continuellement sans problème, du moins pour ce qui est de la cavalerie de ligne (et dite "nationale"). D’autre part, il semble que des officiers d’active fassent faire des "révisions" à ces Krümpern lors de manoeuvres soit de façon indépendante soit au sein du régiment dont ils dépendent surtout dès 1812.

132) L’évolution de la méthode de combat

1321) Au niveau stratégique et opérationnel
L’objectif de la "nouvelle" cavalerie prussienne est toujours de défendre l’infanterie contre une menace ennemie soit par des actions de reconnaissances soit par des mouvements sur le champ de bataille. Dans ce dernier cas il peut y avoir des actions agressives. Dans le règlement initial, il n’y a donc pas d’évolution de ce point de vue là.
La campagne de 1812 va faire surgir les éternels problèmes de cette utilisation, c’est à dire une efficacité douteuse.
Avec la campagne du premier semestre 1813, les chefs prussiens vont d’eux-mêmes modifier cette utilisation. La première action sera de rassembler des unités de cavalerie dans des groupes à vocation agressive (avant-garde, brigade de corps) . Elle ne sera appliquée officiellement qu’après l’armistice et sera confirmée par un arrêté royal fin 1813 (avant Leipzig). Elle n’est pas encore strictement définie et donc la répartition reste un peu au gré des chefs de corps.
Avec la victoire de 1814, cette application devient la règle, sauf les demi-régiments affectés aux brigades d’infanteries. Ce sont surtout des unités de Landwehr qui sont divisées. Malgré cela, comme la cavalerie est toujours attachée à des corps toutes armes, ce qui dans la pratique ne change que peut de chose. Elle n’ atteindra donc jamais pendant cette période l’efficacité stratégique de la cavalerie française.

1322) Au niveau tactique
La réduction des régiments à 4 escadrons de champ ne va amener aucune évolution sur la manière de combattre d’un escadron ou dans ses évolutions. Par contre, au niveau régiment, le quatrième escadron est en réserve de régiment. Le terme de "réserve" ne doit pas être assimilé à derrière, mais plutôt au sens que lui donne l’état-major français, c’est à dire que l’utilisation doit s’adapter aux situations.

a) Les Flankern et la reconnaissance
Lorsqu’un escadron est déployé en reconnaissance, ce sont surtout les "Flankern" qui se mettent en ordre lâche. Les autres sont là pour les suivre, exploiter une situation et confirmer l’occupation du terrain. Ce déploiement se fait suivant le même principe que l’infanterie, c’est à dire sur 3 lignes de profondeur, avec si possible le troisième peloton en première ligne. Entre chaque groupe de deux cavaliers il y a 40 pas, soit environ 20 mètres.

Le second peloton est en soutien, au centre du dispositif, à une centaine de mètres derrière. Les deux restants se placent environ cent mètres plus loin. Les trois derniers sont toujours en colonne par pelotons et en ordre serré. Quand un régiment est déployé (ce fut extrêmement rare !) ce sont les escadrons centraux qui se déploient (numéro 2 et 3 ) de la même manière.
Pour le fourrage, ou le pillage, si on veut être plus clair, ce sont les flankern qui doivent s’en charger seuls, du moins en théorie, car ils sont chargés aussi de cela.
Sur un champ de bataille, les Flankern peuvent être utilisés seuls soit pour reconnaître le terrain proche, servant ainsi de "Plankern" à l’unité, soit de tirailleurs pour aller "asticoter" l’adversaire. Dans les faits, cette utilisation est très réduite en raison du rôle de la cavalerie prussienne.
Par contre , au fil des années, la cavalerie prussienne se verra réduite à ce rôle en campagne, c’est à dire une arme de reconnaissance. Par contre, pour les unités de Landwehr-Kavallerie cette rigueur n’est pas encore imposée car déjà cette arme à d’autres préoccupations plus importantes. Par exemple savoir manoeuvrer. Pour les Freikorps, ce système s’imposera de lui même car l’encadrement est déjà formé et même souvent les autres soldats montés.

b) Le combat en ordre serré
C’est la chose qui est à l’époque la méthode de combat principale, du moins pour la cavalerie de bataille de cette arme. Cependant, en raison de l’esprit régnant dans le commandement prussien, et malgré les volontés d’hommes comme le Feldmarschall Blücher, la cavalerie restera une arme de soutien ou de réserve.
Les manoeuvres de déplacement ou de changement de formation restent les même qu’avant 1807 avec seulement un élargissement des distances entre les genoux des cavaliers et la reprise du pas accéléré comme pas de manoeuvre. Cependant, le règlement institue de nouvelles colonnes inspirées de celles de l’infanterie qui vont souvent rester sans suite car elles n’apportèrent rien, voire compliquèrent, la manoeuvre (exemple : colonne sur le centre qui est une colonne de divisions par pelotons).
Par contre la charge qui garde les mêmes principes qu’auparavant avec une zone d’attaque plus grande, sauf que l’attaque en ligne est supprimée :
a) la phase d’attaque se faisant au pas accéléré passe à 600-800 pas (soit environ 300 à 400 mètres, et 200 pas de plus qu’auparavant).
b) la phase de "fanfaro", soit la préparation, commence à 220 pas (110 mètres), c’est à dire le trot
c) la phase de choc commence toujours à 80 pas, c’est la phase de galop.
Il est important de savoir que les régiments se rangent toujours en fonction de leur numéro dans l’ordre et que le quatrième escadron d’un régiment est toujours en réserve avec pour but soit d’exploiter une victoire soit de protéger la retraite de ses collègues battus.

14) L’évolution de l’artillerie
Le 8 août 1808, elle subit une réorganisation totale. En effet, à l’issue de la campagne de 1806-1807, ce fût la seule arme à ne pas recevoir de blâme de la part de la Commission de Réorganisation. Ses officiers dont l’inspecteur-général, le Colonel Von Neander, restent en place et voient même leur pouvoirs renforcés concernant l’instruction, et les besoins pour la mise en place des dépôts. De plus, le Roi va s’assurer que cette arme reçoive la priorité pour la reconstruction. C’est de là que va partir un mouvement qui amènera l’artillerie prussienne à un niveau inégalé lors des deux guerres de la fin du XIXe siècle et de celles du XXe siècle.
D’autre part, il ne faut pas oublier que cette arme, à cause des différentes et nombreuses défaites, dont Aüerstadt, et les prises de forteresses, a perdu pratiquement tout son matériel.

141) La réorganisation physique
Elle se met en place dès le 8 août 1808. Elle concerne aussi l’artillerie de forteresse. Le 24 novembre 1808 elle reçoit son organisation définitive :

1) Constitution de trois brigades régionales, une de Prusse orientale, une du Brandebourg et une de Silésie. Il existe 6 compagnies de forteresse indépendantes —n’oublions pas que suite au Traité de Paris, la Prusse perd nombre de forteresses importante (exemple Breslau)—. En plus, il existe une demi-batterie basée à Colberg (le C ou le K pour cette ville sont utilisés. Cependant, le K finira par prendre toute la place d’écriture au cours du XIXe siècle parce que le C fait français !).

2) Chaque compagnie à pied dispose théoriquement de 5 officiers, 14 sous officiers, 20 bombardiers, 2 tambours et 96 (167 pour les batteries de 12) artilleurs, soit 137 hommes, 204 pour les batteries de 12. Chaque compagnie à cheval remplace les tambours par des trompettes et il y a 112 artilleurs au lieu des 96, soit 153 hommes. Les artilleurs n'ont souvent, contrairement aux bombardiers et aux gradés, que peu d’instructions d’artillerie quant ils arrivent. Il l’acquièrent au fil des campagnes. Enfin, chaque compagnie dispose en temps de paix de 132 chevaux.

3) Il n’y a plus de canons régimentaires. Ils n’ont montré que problèmes et lourdeurs dans les déplacements pour une efficacité douteuse sur le champs de bataille.

1411) Les brigades d’artillerie de campagne
Elles se composent à partir des anciens régiments d’artillerie et des unités provisoires créées suite à la défaite. L’artillerie de la Garde sera constituée en décembre 1808 à partir d’unités de la Brandenburgische Artilleriebrigade. La réorganisation n’est terminée qu’en juin 1809 pour les deux premières et à l'automne 1809 pour la troisième.
Pour leur composition, il y a sept batteries, dont une à pied de 12, trois à cheval et quatre de 6 £ (3 £ pour les deux premières), ayant chacune 6 canons et 2 obusiers de 7 £ ( 10 £ pour celle de 12), exceptée la batterie de 12 silésienne qui dispose de 6 canons et de 4 obusiers de 10 jusqu’à la fin de la campagne de 1814. Une compagnie d’instruction de 8 obusiers et 60 chevaux complète l’effectif.
De plus, chacune dispose de 4 colonnes de ravitaillement. Elles doivent cependant transporter les munitions de l’infanterie.
En août 1813, il y a 55 batteries plus 33 compagnies de forteresse et de blocus (l’effectif à été augmenté ! ). On arrivera en avril 1814, après l’intégration des batteries de Berg, de la Légion russo-allemande et autres, à 76 batteries (le nombre de colonnes de ravitaillement atteint une pour deux batteries) :

Garde : 1 de 6, 1 de 12 et 2 à cheval
Prusse : 10 de 6, 1 d’obusiers de 7, 7 de 12 et 5 à cheval
Brandebourg : 12 de 6, 1 d’obusiers de 7, 6 de 12 et 6 à cheval
Silésie : 8 de 6, 3 d’obusiers de 7, 6 de 12 et 7 à cheval

A cette dernière date, l’effectif de l’Arme se monte à 24809 soldats (Jany).

142) La réorganisation de l’entraînement
D’abord pour des raisons de coûts, puis par manque de chevaux, l’instruction se fera compagnie d’artillerie par compagnie d’artillerie. De même, les artilleurs (à différencier des bombardiers et des gradés instruits) sont sans instruction de canonniers.
Cependant les choses changent à partir du 17 mars 1813, sous l’impulsion de la commission pour l’amélioration de l’artillerie, créée début 1807 et dirigée officiellement par le Prince Auguste de Hohenzollern mais rééllement par le Colonel Von Pontamus (à noter : le grade ! Même pas général). En effet, un plan d’instruction de toutes les troupes d’artillerie fut mis en place afin d’en faire de véritables artilleurs. Ce plan fixait des nouvelles méthodes d’instruction. Les soldats suivaient des cours théoriques puis une application pratique dans des champs de manoeuvres. Tous devaient les suivre, à certes des niveaux différents, sans exception. En fait, les Prussiens se basèrent sur le système qu’avait créé Frédéric II pour l’artillerie à cheval.

En août 1810, l’artillerie dispose de 223 officiers, 559 sous-officiers, 779 bombardiers et 2817 canonniers. De plus, elle dispose de 122 Spielleute (littéralement "hommes de jeux") qui semble t-il sont des instructeurs, et 1737 permissionnaires ( Jany, ....). Contrairement aux autres armes, l’artillerie ne dispose pas du système des Krümpern pour des raisons évidentes de compétences. Cependant, les personnels ne pouvant être engagés pour causes de limites imposées sont " priés" d’accompagner les "manoeuvres d’été" avec les pièces de 3 obsolètes.
Cette hausse de qualité et la possibilité de disposer de plus de canons font que des batteries dites de réserve sont constituées. Elles ont cet attribut car elles disposent de simplement moins de chevaux. En février 1813, il y en a deux pour la brigade prussienne (dont une de 3), 4 pour la brandebourgeoise (dont une à cheval) et 8 pour la silésienne (dont une d’obusiers de 7 et une à cheval).
La plus grande amélioration est cependant celle des performances des matériels, permettant ainsi d’avoir une efficacité relative jusque 1600 pieds (1200 m), mais avec une efficacité normale autour de 1200 pieds (900 m). Le feu maximum devant prendre place autour de 500 pieds (375 m). Ces chiffres touchent la pièce de 6 livres qui est devenue le canon de base de l’armée prussienne. En effet, auparavant il faut enlever une cinquantaine de mètres au moins pour l’efficacité maximum. De plus, et surtout la capacité de destruction est augmentée (D. Von Malachowski).
Le 12 livres devient l’ arme d’appui à long distance.
Cette évolution de l’entraînement et du nombre de soldats réellement entraînés pour cette arme fera bondir l’efficacité, même s’il est vrai que certains n’avaient pas totalement fini leur instruction. Cependant la qualité est nettement supérieure par rapport à celle de 1806 dans tous les domaines.
Toutefois, en raison des limitations et des contrôles des Français jusqu’en 1812, l’instruction est souvent moins complète que pour ceux qui servent dans l’arme chérie de Napoléon, sauf pour l’artillerie à cheval. Ces faits, notés par Jany (Geschichte .... T. IV page 52), n’existent plus en 1815 (Jany quelques pages plus loin...). L'artillerie prussienne reste donc encore inférieure à celle des Français.

143) La réorganisation de la tactique
Avant 1812, l’artillerie se voit attribuer un rôle identique aux précédentes périodes, c’est à dire la protection de l’infanterie et de la cavalerie. Elle n’a pas pour but de former des grandes batteries à l’instar des français ou des russes. Ce n’est qu’ avec l’armistice de 1813 que les Prussiens commenceront à en constituer, mais de toutes façons jamais aussi systématiquement que les Français ! En plus, toutes les batteries prussiennes sont dispersées dans les corps, qui eux les distribuent provisoirement entre leurs brigades. Nous verrons cette utilisation lors de la tactique de brigade.

15) La brigade de bataille

151) La construction

Il est d’abord important de savoir que ce terme de brigade n’est pas impropre et qu’il suit une certaine continuité historique. En effet, elle se compose théoriquement de deux régiments d’une province avec le bataillon de grenadiers inhérent à celle-ci. Cependant, les transformations de la structure des sous-unités entraînent (l’arrivée des fusiliers) un grossissement de la masse de troupes. En plus de cela la peur presque panique d’une réédition des charges de cavalerie Auerstadt va provoquer cette division des régiments de cette arme dans les brigades de combat. Avec le soutien de l’artillerie et l’affectation de Jägern par demi-bataillon, on arrive à de grosses unités de bataille. Citons la construction théorique :

Deux régiments d’infanterie à trois bataillons chacun
Un bataillon de grenadiers
Eventuellement, un demi-bataillon de Jägern
Trois régiments de cavalerie
Une batterie à cheval
Une batterie à pied de six livres

On a donc un total de sept bataillons et demi accompagnés de deux batteries et de trois régiments de cavalerie, soit environ 7000 hommes sans les troupes de la logistique.

En 1812, c’est une structure trés lourde qui malgré les réformes du commandement d’après 1808 la rend difficilement gérable. La campagne de Russie montrera ces défauts. Ils vont être corrigés au fur et à mesure.

Dés le début de 1813, les notes de commentaires du général York envoyées au Haut-Commandement en 1812, c’est à dire surtout Scharnhorst et Von Gneisenau, ont produit leurs effets. On voit apparaître des sous unités :

1) La brigade d’infanterie

2) Une brigade de cavalerie (réserve de contre-attaque ou de soutien).

Avec les leçons tirées des batailles de la campagne du printemps 1813 (Lützen, Bautzen,...) on voit une réforme totale de la brigade de bataille. D’abord, la cavalerie de brigade se réduit à un seul régiment. Les autres troupes montées sont rassemblées en brigades de cavalerie indépendantes. Ensuite, l’artillerie se limite à une batterie théorique. Enfin, il y a l’apparition de la Landwehr et des régiments de réserve au niveau du champ de bataille dès juin 1813. Pour les assimiler, il y a un régiment de chaque type (ligne, réserve et Landwehr ) dans chaque unité mais en deux brigades :
Une brigade d’infanterie avec deux régiments d’infanterie, en général les meilleurs et la batterie d’artillerie. Elle dépend directement du chef de brigade de bataille.
Une brigade de réserve constituée du dernier régiment d’infanterie et de la cavalerie avec certes un commandement indépendant mais dont les éléments sont à disposition du chef de brigade de bataille.

En 1814, après les terribles effets des grandes batteries françaises les armes de soutien sont retirées et attachées à des brigades d’armes au niveau du corps d’armée. C’est lui qui distribue ces troupes mais, en principe, de façon réduite. En général, au maximum une batterie d’artillerie à pied de six et deux escadrons de cavalerie légère (schéma 21). C’est ce principe qui sera en vigueur dans les faits pendant la campagne de Belgique. L’ idée est d’avoir une réserve soit pour exploiter une faiblesse, soit pour combler une déficience.

152) Sa méthode de combat
Cette méthode de bataille recherche plusieurs objectifs :

1) Disposer de brigades pouvant agir indépendamment, donc s’adapter aux circonstances. Cela afin d’éviter une réédition des problèmes de 1806. En effet, à cette époque ; comme nous l’avons montré, l’armée est un bloc dont chaque élément dépend de l’autre. L’autre demande est de permettre de rendre l’ armée plus rapide. Même si avant 1808, l’armée dispose de subdivisions, la tactique de combat et (surtout !) l’esprit des officiers généraux ou non font que les forces prussiennes ne sont qu’ un bloc lent.

2) Permettre d’avoir un déploiement en profondeur de la brigade. Cela aussi bien pour se défendre que pour attaquer. Cependant, ici l’objectif est d’avoir des réactions rapides.

3) Rendre la brigade capable d’évoluer avec des effectifs variables.

1521) Le principe des trois lignes
Ce principe (le terme m’est personnel et n’est en rien officiel) n’est pratiquement qu’une reprise des tactiques appliquées par les Français, en particulier avant 1808, et des structures obligatoires sous Fréderic II. Il y a cependant une différence notable : un rôle différent pour la première ligne.

1) La première ligne se constitue des bataillons légers (fusiliers) des deux principaux régiments de la brigade. Ce seront surtout des Fusiliern ou des Reservefusiliern. Les Feldjagern, Schützen et autres Freiwiligen Jägern ont une place à part en raison de leur équipement (carabines ou équivalents). Le schéma 15 montre que ce ne sont que des tiers de bataillons qui sont réellement en position de tir. Par contre, si les Fusiliern ne sont pas déployés, ils forment deux bataillons en ordre serré à la place des compagnie formées. Son rôle est de préparer l’action de la deuxième ligne en éliminant les tirailleurs ennemis.

2) La deuxième ligne est celle qui est destinée à enfoncer au corps à corps la ligne ennemie et à occuper sa position. C’est ici que la tactique prussienne change le plus. En effet, auparavant l’objectif depuis les "guerres en dentelles" était de chasser l’ennemi de sa position par le feu afin de pouvoir occuper sa place mais en restant formé. Le temps n’était pas le principal problème. Avec la réforme, la rapidité devient l’obsession. Certes des attaques par le feu sont encore pratiquées mais elle sont rares et en général pour des brigades qui soutiennent l’action principale ( brigade de Basse Silésie soutenant l’attaque de la brigade du Brandebourg à Lützen.

3) La troisième ligne à pour but de soutenir la seconde , d’où le placement des bataillons. Son rôle n’est pas de combattre mais d’occuper le terrain pris et de servir de protection à la deuxième ligne qui se reformera derrière elle. En cas d’échec de l’attaque, son rôle est de servir de rempart de protection afin d’éviter des exploitations qui dérangeraient le commandement prussien.
Cette troisième ligne se compose des unités deuxième bataillon de mousquetaires du deuxième régiment et du bataillon de grenadiers. Avec la mise en réserve des fantassins d’élite la place restant libre n’est pas occupée pour une raison simple. Les Prussiens se sont aperçus que les lignes en ordre serré des fusiliers se retrouvaient en raison des évolutions du combat sur le même alignement que cette troisième ligne. Ils vont donc déduire que ce sont eux qui vont servir de renfort. Cependant au cours de nombre de bataille que les Prussiens livreront, ils pourront voir que ce n’est pas toujours suffisant. Enfin pour les brigades évoluant avec trois régiments d’infanterie, celui se place de façon à renforcer le front de la brigade. Le schéma 21 n’ est qu’un exemple.
Pour conclure sur ce système, les Prussiens ont essayé de réaliser une formation qui puissent agir en toute circonstance et avec le maximum de sécurité pour chacun de ses éléments. Il faut aussi ajouter que les placements que j’indique sont surtout des références parce qu’ une liberté d’organisation est donnée et même fortement recommandée par le Haut-Commandement prussien. Le but n’est plus la beauté de la manoeuvre mais son efficacité. Par exemple des Landwehren remplaceront à Gross-Beeren les Fusiliers (aussi dans le déploiement en ordre lâche) occupés ailleurs ou gardés en réserve

2) La Landwehr, les Corps Francs et les troupes de volontaires

Je ne parlerais pas des Landsturmstruppen parce que leur rôle est plus symbolique qu’autre chose.

21) Les Corps Francs et troupes de volontaires
Les Corps Francs ne sont en aucun cas une invention de 1813 ! Il sont déjà utilisés pour la petite guerre mais c’est leur utilisation qui sera nouvelle. Avec les catastrophes du 14 octobre 1806, beaucoup de troupes de dépôt se retrouvent sans but et sous le commandement d’officiers obstinés ( Major Von Schill, Major Von Manteuffel,...). Elles vont continuer la lutte mais en partisans. Avec " la guerre de libération" ces unités dont la plus célèbre est celle du Major Von Lützow, vont jouer les trouble fêtes dans les zones contrôlées par les Français. Selon l’Instruction aux partisans prussiens d’août 1813, ces troupes ont ordre de ne pas combattre de façon rangé des formations qui lui sont supérieures en nombre, de prendre et de détruire tous les dépôts ennemis, de développer l’insécurité dans les régions qu’ils traversent et qui sont ennemies. Concernant les lieux de repos, ils doivent être les plus discrets possible. Enfin, ils ont le droit pour certains (il faut une autorisation royale) de recruter.
Les troupes de volontaires (Freiwilligen Jägern) sont des personnels volontaires mais desirant se distinguer de la masse. Le Roi va encourager ce mouvement en leur promettant l'accès aux grades d’ officiers et le choix du régiment. En contrepartie ils devront financer leur équipement et surtout l’ armement. En général, il s’agit d’armes personnelles et de bien meilleure qualité que celles des troupes de lignes. Ces soldats sont regroupés en unités indépendantes sous le commandement de sous-officiers et d’officiers issus des troupes légères. Leur rôle sera de combattre en tirailleurs en avant-garde et de se former sur le tas. Il y en aura dans toutes les unités de ligne et de Landwehr y compris la cavalerie.

22) La Landwehr
La Landwehr n’est pas non plus une nouvelle idée, mais c’est la première application dans les faits du principe de conscription généralisée (tous en même temps) du peuple prussien. Cependant, ce sera toujours pendant cette époque une troupe trés mal équipée. Par exemple, les armes à feu seront surtout celles de prises. L’arme de base étant la pique, quelquefois peinte en fusil.
Le nom vient du fait que c’est le Landtag (assemblée régionale) qui devait financer ces unités.
Elle est levée par le décret royal du 17 mars 1813, même si la Prusse-orientale soulevée par le général York l’a levée le 5 février précédent.

221) Le recrutement et l’organisation des bataillons

2211) Le recrutement
Il se fait suivant le principe de la Conscription telle qu’il l’est encore en Allemagne, ou en France jusqu’ au retour à une armée professionnelle voulue par le Président Chirac. C’est à dire que tous les hommes de 17 à 40 ans sont recrutés avec les exceptions habituelles (soutien de famille, remplacement, ...).

2212) L’organisation
Pour la Landwehr, la formation des unités se fait au niveau du Kreis ( canton).

Pour l’infanterie.
On constistue des compagnies sous l’ordre de cinq officiers de réserve (un capitaine et quatre lieutenants) et avec un tambour. Chacune se divise en 12 sections de 12 hommes, venant si possible du même village, au moins sous le commandement d’un caporal. L’ effectif tourne, en théorie, entre 150 et 200 hommes.
Quatre compagnies forment un bataillon auquel un tambour au moins et un officier sont rajoutés
L’effectif théorique d’un bataillon se compose de 23 officiers, 60 sous-officiers, 4 chirurgiens, 13 musiciens, 728 soldats. Il y a en plus 88 hommes non armés formant le dépôt. L’effectif de cette compagnie de réserve sera porté à 1 officier, 100 hommes et 1 musicien en juin 1813, auxquels on rajoutera 4 sous officiers en septembre de la même année. Cependant avant 1815, dans les rapports militaires, les bataillons sont référencés en fonction du nom du commandeur.

Pour la cavalerie
La cavalerie forme des pelotons de 8 cavaliers avec un caporal, regroupés en 9 ou 12 escadrons.
Pour l’escadron, à l’effectif théorique, on dispose de 5 officiers, 12 sous-officiers, 2 trompettes, 1 chirurgien, 73 cavaliers,1 maréchal ferrant. En dépôt, on a d’abord 14 hommes puis en juin un nouvel escadron puis 1 officier, 2 sous officiers, 1 trompette, et 50 hommes
En été 1813, les escadrons sont rassemblés en régiments par 4 (théoriquement, il existe des exceptions. Le 3 Kurmark Landwehr Kavallerieregiment n’en compte que 3) . L’infanterie forme des régiments de 4 bataillons. Plus tard, la structure théorique passera à trois bataillons avec un bataillon de réserve. La nomination des gradés est assez originale pour un pays qui est sous un régime autocratique. Les sous-officiers sont élus. Les officiers eux sont nommés. Les subalternes (jusqu’au rang de lieutenant) le sont par le Landtag et les autres par le Roi. Du moins, cela c’est pour la levée initiale. Dès l’été 1813 les chasseurs volontaires (les fameux Freiwilligen Jägern) prendront le relai des officiers mal considérés par leurs supérieurs.
Concernant les effectifs, il est INDISPENSABLE de savoir que l’usure de ces unités en campagne est beaucoup plus forte que dans les autres troupes. Les unités sont mal encadrées, mal équipées, mal entrainées et très vite les meilleurs éléments d’infanterie sont rassemblés en bataillons qui formeront bientôt d’excellentes troupes. Mais le mal principal de la Landwehr, surtout pour les unités de Prusse-occidentale (ayant de fortes proportions de Polonais peu enclins à servir la Prusse) et de Westphalie .(qui ne veulent plus se battre après l’avoir fait pour les Français) et les unités abandonnées en campagne, sera la désertion qui fera des ravages.
Je rajouterai à ce tableau peu flatteur que l’armement est trés hétéroclite parce-que l’état prussien n’a pas les moyens de sa politique. Les troupes seront d’abord équipées de piques d’environ 2,70 m, puis au fur et à mesure des récupérations, des livraisons de fusils divers et variés. Cependant, le matériel sera surtout dorigine française. En 1814, il n’y a plus de piques dans ces troupes.
A noter qu’il y eut aussi un bataillon de pionniers de Landwehr, le Mansfeldpionnier Battaillon formé de mineurs, forgerons, et autres employés des mines. Il est créé le 25 décembre 1813 dans la Ruhr.

222)le rôle de la Landwehr
Durant la période qui nous intéresse, la Landwehr a joué un rôle non négligeable d’abord par son appoint numérique, environ 30% de l’effectif en 1813 et 15% en 1815, mais aussi par le fait qu’elle a déchargé les Coalisés de charges lourdes telles que les sièges ou les protections de convois.
Mais, à cause de son manque de résistance (usure rapide des hommes), de sa tendance à partir soit à l’assaut précipitamment, soit à se débander rapidement au moindre coup important reçu, soit à déserter facilement, elle manquait de fiabilité militaire. Cela est particulièrement vrai pour la cavalerie de Landwehr pour laquelle l’Etat-Major prussien n’avait non seulement aucune estime mais avait une certaine appréhension à l’utiliser. Par exemple, des 13369 hommes de Landwehr présent dans le corps de York au moment de la rupture de l’armistice d’août 1813, seulement 2164 atteignirent le Rhin en décembre. Il est aussi important de signaler que les troupes les plus résistantes (à l’exception de la cavalerie) atteindront un niveau de qualité égal aux unités de ligne dans les combats, pas dans la capacité de manoeuvre.
Cependant, du point de vue politique et pangermanique, elle a un rôle mythologique fondamental car elle va symboliser un élan national surtout dirigé contre les Français. Aprés 1815, elle va devenir la réserve de l’armée et sera entrainée comme telle.

223) L’utilisation de la Landwehr
Elle fut utilisée pour remplir les tâches de surveillance des convois , de sièges et en soutien des troupes de première ligne dans les brigades. Elle se plaçait théoriquement en soutien et en prolongement de celles-ci. Elle fut, cependant souvent engagé dans les combats en raison de sa volonté de se battre avec les affreux Français même s’ils ressemblaient curieusement à des Bavarois, Saxons, ou Wurtembergeois.
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Re: L’armée prussienne après la paix de Tilsit

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 14 Juin 2021, 07:34

Pour continuer sur ce sujet : comment considérer la Landwehr au combat ?

Pour les chefs prussiens, même si leur considération de cette troupe est mauvaise, c'est une troupe importante. Cela vient de la part des forces qu'elle représente, au moins 33%, mais aussi du changement de paradigme de la guerre qu'elle représente : on passe d'une armée de métier à une armée nationale.

Comme indiquer plus haut, la Landwehr ne sera jamais en rase campagne, à une exception près, mise en ligne. La raison en est très simple : la difficulté à manoeuvrer de cette troupe. Il ne faut pas oublier que les officiers sont soit des vétérans de la ligne, soit des officiers nommés avec une surresponsabilité (un capitaine commande un bataillon, un lieutenant une compagnie), soit des chasseurs volontaires remarqués et formés ou enfin des hommes nommés pour des raisons politiques locales (du Landtag). A cela s'ajoute, une faiblesse numérique.
D'autre part, le corps des sous-officiers est très faible numériquement (le chiffre de 1/10 est souvent cité)

A part cela, les unités de Landwehr suivent les règles de la ligne tant pour la cavalerie que pour l'infanterie (le terme Landwehr pour l'artillerie n'a pas le même contexte) :
Pour l'infanterie :
- Le troisième rang équipé au plus vite d'armes à feu, pour tirailler. C'est lui qui aura le plus d'encadrants, car il bouge souvent.
-Les autres rangs restent formés et servent de supports.
- La surveillance des convois est souvent attribué aux derniers bataillons des régiments.

Pour la cavalerie :
- Sans chasseurs volontaires, les meilleurs éléments servent à fournir les éléments de reconnaissances.
- Les rangs restent formés et servent surtout d'appui de cavalerie à l'infanterie, moins à l'artillerie.
Leur but est en premier d'empêcher des tirailleurs ennemis d'arriver et ensuite d'assurer des reconnaissances.
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