1815. L'artillerie française à Waterloo

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 07 Sep 2020, 13:39

«Laissez-moi donc vous marteler ce qui pour moi est une évidence :
cette bataille
(Waterloo) PEUT et DOIT être gagnée par L’ARTILLERIE.»*

* Extrait de mon briefing (ludique) ante bellum à mes généraux de «Waterloo 2018 à Chamalières» :

viewtopic.php?f=4&t=1818

J’y développais l’impossibilité de vaincre de face des Anglais bien postés autrement qu’en les tuant de loin au canon... Mais c’était "pour de faux" (mais pas faux !).

Voici donc "pour de vrai" (et bien vrai), la triste réalité que je vous livre enfin dans l’essai historique promis de longue date sur «1815. L’artillerie française à Waterloo».

Il s’accompagne d’un lien avec les extraits pertinents de l’Ordre de Bataille détaillé de la collection «Les Trois Couleurs» qui y listent «l’Arme savante».

Cet Ordre de bataille de l'artillerie française à Waterloo se trouve être, toute fausse modestie rangée au placard, le seul, en tous cas à ma connaissance, à traiter correctement l’artillerie auxiliaire de la ligne attachée à la Garde, totalement erronée dans tous les OBs qu’il m’a été possible de consulter.

L’essai susdit, quant’à lui, oeuvre aussi de manière totalement novatrice dans tous les secteurs du champ de bataille et vous livre, entre autres, la composition probable des deux Grandes batteries successives.

Eh oui, il y en a eu deux, que la plupart des «grands» auteurs ont, volontairement ou non, «mêlées», placées quand, comment, et où elles ne furent pas, et en tous les cas composées faussement.

Bref, il y a tant d’informations nouvelles que les lister toutes reviendrait à reproduire le texte entier de cet essai, alors autant le lire directement, ici :

http://www.planete-napoleon.com/docs/18 ... loo-v5.pdf

Je reste bien entendu à l’écoute de notre lectorat attentif, et si l’une quelconque des «sentences» énoncées dans cet essai se trouvait fausse preuve à l’appui je suis comme d’habitude prêt à le prendre en compte et corriger ce qui le mériterait... Comme je l’ai déjà fait de moi-même à plusieurs reprises car il s'agit de la v5 de ce texte jusqu'à présent inédit !

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Messagepar MELCHIOR Thierry sur 07 Sep 2020, 16:40

Un grand moment de haute érudition napoléonienne ! :grin:
Merci Diégo de nous la faire partager ! :grin:
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Messagepar MASSON Bruno sur 07 Sep 2020, 17:17

Il est à préciser que "en face", l'artillerie anglo-alliée, placée en général sur la ligne de crête au contraire du reste des troupes va perdre... 3 pièces d'artillerie ! (Mais bien des compagnies et Troops vont voir leur feu diminuer à cause des pertes humaines).

- 1 canon avec une roue brisée par un boulet un peu avant 16 heures au dessus de Hougoumont.

- 1 canon de la RFA Rogers encloué un peu vite par un sergent lors de l'attaque du 1er corps français.

- 1 obusier dont le caisson d'attelage est mis à feu par un obus français, puis explose, détruisant l'affut de la pièce qui y était accrochée, mais après un délai suffisant pour que les servants dudit obusier ait le temps de sauver les chevaux et de s'éloigner. Il était un peu plus de 17 heures, la batterie était en processus de marche depuis les réserves vers le front, et se trouvait en contrepente derrière la Haie Sainte, totalement hors de vue des Français; vraiment pas de chance...
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 10 Sep 2020, 15:10

Plein, tout plein, de choses dans les tuyaux de ce post.

Mais déjà rappelons que d'autres comportent des éléments d'intérêt relatif, et notamment :


"Les régiments d'artillerie de la Garde impériale", dont la partie finale concerne Waterloo.

viewtopic.php?f=1&t=1344

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"Sur les traces du CdE Savarin, artillerie de la Garde, 1815", pareil, le post a retracé toute la carrière de ce brave, mais depuis plusieurs messages concerne l'artillerie à cheval de la Garde en 1815 et à Waterloo, dans laquelle il servait comme capitaine en second de la la 1ère batterie et fut blessé.

viewtopic.php?f=1&t=1998

J'ai beaucoup aimé ces "Tranches de vie...", alors pourquoi pas vous ?

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Diégo Mané

Il y a déjà de bien belles choses, mais cela ne fait que commencer car j'ai beaucoup d'autres à dire.
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Sep 2020, 12:57

J’ai voici peu, avant la mel de mon essai "1815. L'artillerie française à Waterloo v5", eu la chance d’être lu et contacté par un lecteur belge de mon article commentant, sur le site de Stephen Beckett, le «Journal du 1er corps» d’Erlon en 1815, et intéressé par ce que j’y disais sur l’artillerie.

https://www.mapleflowerhouse.com/commen ... rps-diary/

Suivirent d’intéressants échanges, toujours en cours, dont je vous fais et ferai profiter avec son accord.

Il s’agit de Mr Thierry Tailler, Lieutenant-Colonel d’infanterie en retraite, mais aussi et surtout «Guide 1815» sur le champ de bataille de Waterloo, qu’il connaît donc bien, et où accessoirement (quoique !), il habite.

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Voici notre premier échange : Questions TT et réponses DM.

TT: Depuis quelque temps, une polémique traîne ... concernant la composition et l'emplacement exacts de la grande batterie...

DM : Les polémiques sur Waterloo sont légions (pluriel voulu) et durent depuis 2,05 siècles. Je suis donc fier d'en avoir résolu quelques-unes.

Celle sur "la Grande batterie de 80 pièces" en faisait partie. J'ai ajouté une hypothèse aux nombreuses existantes, mais qui semble les réconcilier toutes.

Concernant vos questions, j'y réponds sous vos lignes.

TT : Dernièrement, je suis arrivé sur votre forum ou vous parlez des travaux de S.M. Beckett (Operations of the Armée du Nord: 1815) et particulièrement du journal du Ier Corps du général d'Erlon.  L'extrait que vous commentez rapporte deux emplacements pour la grande batterie (crête de la Belle Alliance et ensuite crête 130), avec entre les deux une destruction partielle des canons par la charge de la cavalerie lourde anglaise.

De plus, je lis avec intérêt votre OB du 6e RAP qui précise pour la 11e Bie du 6 RAP "1ère puis 2ème grande batterie" ...

DM : Je suis entrain de finaliser pour Planète Napoléon l'article promis de longue date sur "L'artillerie française à Waterloo"*, ainsi que l'OB de toute l'artillerie française à cette bataille, dont a été tiré, à l'occasion d'un échange sur le 6e RAP, le petit extrait que vous évoquez juste ci-dessus.

* Terminé et mel sa v5 sur Planète Napoléon postérieurement à cet échange.
Thierry Tailler avait entre-temps reçu sa v4 en communication.
 
.../... l'avancée relative est à mon avis si considérable qu'il serait dommage de la condamner à la même confidentialité que mes autres travaux, méconnus de la majorité des amateurs de la période dès lors qu'ils ne sont pas "gratuits sur internet".
Or "la connaissance ne vaut que si elle est partagée".
J'envisage donc de le joindre (ce fut fait) en annexe de l'article web qui sera bientôt mel, ...

Outre "nourrir" le site (une de mes obligations de webmestre), cela permet parfois à d'autres intervenants d'apporter des réponses que nous n'aurions pas trouvées sans cela.

.../... un post "1815. L'artillerie française à Waterloo" est programmé sur le forum pour accompagner l'article éponyme sur le site.

TT : - Pouvez vous préciser la composition de la 1ère grande batterie et confirmer son emplacement ?

DM : Oui. Elle se trouvait dans le principe sur la crête à hauteur de la Belle Alliance... Donc trop loin de la position anglo-alliée pour être pleinement efficace.

TT : - Pouvez vous préciser la composition de la 2ème grande batterie et confirmer son emplacement ?

DM : Oui pour la composition.
Pour l'emplacement c'est plus compliqué. Il existait alors un grand "trou" entre les deux Cies de Waudré et la Cie de 12 £ du Ier corps (dont je ne sais pas si elle fut repliée car alors seule où si malgré cela elle resta sur la crête 130). Il fut "rempli" par les deux Cies de Milhaud, les deux d'ARC Garde amenées par Duchand, puis trois Cies de 12 £ "de la Garde" (dont en fait les deux auxiliaires de la ligne).

Le gros de l'infanterie se trouvait ramené sur sa position de départ, la crête de la Belle Alliance. Il est à supposer qu'avec la leçon de tactique élémentaire juste reçue on ne risqua pas tout de suite de l'artillerie sans soutien avant qu'on ait pu en constituer un. Et donc j'imagine l'artillerie nouvelle déployée à ce niveau "un certain temps". 
 
Après la chute de la Haie-Sainte les pièces restantes (celles n'étant pas tombées à court de munitions) se rapprocheront à nouveau, certaines trop près... des Rifles cette fois, pour une Cie d'ARC Garde qui fut décimée et dut décrocher.

TT : - Quand le déplacement de la 1ère position vers la 2ème aurait-il été effectué ?

DM : En suivant le récit du général Dessales on voit que les trois Cies de 12 £ (des Ier, IIe et VIe corps) ont effectué leur déplacement sans son ordre à lui*, et donc après que l'infanterie des 1ère et 3e Divisions soient engagées contre la position ennemie, et avant que la cavalerie ennemie ne la repousse pêle-mêle sur l'artillerie de Réserve et disperse l'ensemble.

* Mais peut-être sur ordre supérieur d'un autre général d'artillerie -Ruty ?- qui en l'hypothèse ne s'en vanta pas ensuite... Et comme le Major Chaudon,  chef desdites Cies, fut tué, il ne put pas dire si ce fut le cas où bien une initiative personnelle).

Ensuite, et malgré les tournures de phrases du général Dessales et leur ordonnancement "décousu" (probablement embarrassé, on le serait à moins) il semble bien qu'il avait aussi donné l'ordre à ses Cies d'ARP 6 de gagner la 2e position pour s'aligner sur les 12 £ avant la charge de la cavalerie anglaise, qui donc les surprit en mouvement et sans soutien, puisque toute l'infanterie du Ier corps était en avant, et en difficulté compte tenu de sa formation inadéquate à tous points de vue (que ce soit contre infanterie, cavalerie ou artillerie ennemies). 

Il est heureux pour l'ARC qui formait la droite de la Grande batterie qu'elle n'ait pas encore exécuté ce mouvement ordonné, et qu'en outre elle se soit trouvée flanquée à droite par le 85e de ligne, sinon elle aurait été dispersée comme les autres. Rappelons que le CdE Waudré était venu prévenir Dessales "qu'à l'extrême gauche de l'ennemi des masses considérables de cavalerie se formaient". Peut-être prit-il sagement sur lui de désobéir... à bon escient, sauvant ainsi ses 12 pièces (comme quoi, deuxième exemple après le colonel Masson du 85e, l'initiative existait encore dans l'armée française, mais le plus souvent en-dessous du grade de général).

TT : - Quelles sont les Bies qui ont été mises hors de combat par la charge de  la cavalerie anglaise et à quel endroit ?

DM : Elles sont listées. Les Cies de 12 £ des IIe et VIe corps, furent perdues sur la "crête 130". Pour les autres l'emplacement de leur perte est davantage problématique à déterminer puisqu'il se situe, pour trois des quatre Cies d'ARP du Ier corps,  quelque part entre les deux positions, là où elles se sont fait cueillir attelées, ou dételées "à l'envers" (abandonnées par leurs attelages), par la cavalerie anglaise. La quatrième Cie d'ARP du Ier corps, celle de Durutte, a subi le même sort, mais séparément, par la cavalerie légère anglaise (les "masses considérables" mentionnées par Waudré) qui malmena les deux régiments de la brigade Pégot menés par Durutte.

TT : ... Si vous le permettez, je reviendrai vers vous ultérieurement concernant l'attaque du Ier Corps, et plus particulièrement l'emplacement des divisions.

DM : Avec plaisir à votre rythme (j'ai sur ce point fait de très gros progrès depuis l'échange ci-dessus).
--------------------

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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar AUGER Vincent sur 17 Sep 2020, 08:51

Une remarque/question : sur l'aile droite, tu détailles la composition de la grande batterie et indique les rares batteries isolées sur cette aile
Sur l'aile gauche, tu donnes le nombre de pièces totales avec la répartition en batterie à pied / à cheval / de garde mais sans indiquer s'il s'y trouvait une grande batterie ni le détail du déploiement des canons présents de ce côté là. Est ce par manque de données ?
Peux tu compléter le document en ajoutant ces informations ?
Ludiquement votre




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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 24 Sep 2020, 17:44

2e échange entre Thierry Tailler et Diégo Mané (septembre 2020)

TT : J'ai lu (et relu) avec intérêt votre article 1815-ArtFraWaterloo-v4. C'est remarquable et éclaire parfaitement plusieurs aspects que je trouvais incohérents dans les récits des "grands auteurs" ainsi que dans les Mémoires.

DM : Merci encore. Les compliments du lectorat sont la seule récompense de l'auteur bénévole, qui donc les apprécie.

TT : En effet, il était pour moi impossible à la cavalerie anglaise de charger jusqu'à la crête de la Belle alliance. C'est trop loin pour les chevaux à ce rythme (la charge), surtout tenant compte des combats contre les fantassins du Ier Corps et des deux vallons à traverser qui sont encore partiellement boueux et des champs de céréales de plus d'un mètre qui n'ont pas tous été aplanis par le mouvement offensif du Ier Corps.

DM : Oui... Mais au moins un "troupeau" (on ne peut plus parler d'escadron) de cavaliers britanniques semble avoir "insulté" (comme on disait à l'époque) le carré du 85e qui était tout en bout de la crête de la Belle Alliance.
Maintenant il s'agit peut-être de Dragons Légers de Vandeleur... C'est à vérifier (fait depuis et confirmé).

TT : C'est pourquoi j'abondais dans le sens décrit par *****, situant la grande batterie sur la crête 130.

DM : Le bonhomme (un auteur britannique "incontournable") n'est pas le seul à être tombé dans le "piège impérial", dont moi-même ne suis sorti qu'en 2019.

TT : D'un autre côté, je ne pouvais pas comprendre non plus que si cette grande batterie se trouvait bien sur la crête 130, comment elle eut pu être chargée : imaginez ces canons de 6 et de 12 tirer à mitraille sur les cavaliers anglais ! Une hécatombe, dont personne ne parle, et donc qui n'a pu se produire, sauf si ces canons n'étaient pas (encore) en batterie, ce qui apparaît dans le texte de Dessales (que je ne connaissais pas) et au travers de votre explication parfaitement logique.

DM : Tout-à-fait. Le tableau de Henri Dufrey, qui a du se documenter un minimum (une toile ce n'est pas une photo, c'est un gros boulot), m'avait interpellé d'emblée avec ses pièces à l'envers... Mais couplé avec les autres trouvailles récentes il s'est avéré décisif pour ma compréhension de l'événement.

Les Royals, qui formaient la droite de la cavalerie de Ponsonby, "dépassent" sur leur droite les Réserves de 12 £ sur la crête 130, qui se trouve à plusieurs centaines de mètres du chemin creux, avant d'être arrêtés plus loin encore (combien ?) par des troupes formées (lesquelles ?).

TT : Dans le vallon entre la crête Belle Aliance et la crête 130 par les Cuirassiers de Milhaud ?

DM : La brigade Farine est donnée (au moins dans un autre tableau) comme engageant de face les Scots Greys, pas les Royals... Qui semblent, du moins l'ai-je lu quelque part, arrêtés par des feux d'infanterie formée. De Bachelu, disent certains, mais peut-être aussi d'un bataillon de soutien de l'attaque de Quiot sur la Haie Sainte qui elle ne s'est pas menée dans la formation "mortifère" prise par les échelons de l'attaque du chemin d'Ohain.

Les Scots-Greys qui, pour résumer, formèrent plutôt la gauche de la charge (un peu le centre aussi !) et après avoir dispersé le 2e échelon (3e DI) se précipitèrent sur le 3e (2e DI), distant de plusieurs centaines de pas, avant, quelle santé, de s'attaquer aux canons de 6 arrivant attelés et sans escorte...
Ils le firent aux cris du Lt-Cel Hamilton : "The guns ! Charge the guns !!".

Il faut donc que cet officier, alors engagé dans le vallon, ait VU positivement les canons arriver, ce qui permet de les situer "à vue du vallon", non ? Je pense donc qu'étant vous-même sur le terrain vous êtes probablement le mieux à même d'en tirer des conclusions.

TT : Oui, effectivement, de la hauteur des yeux d'un cavalier (à mi-pente) on peut apercevoir la mise en place des canons de 6 sur la crête 130 qui est alors à distance de charge ... bien que, ensuite, les chevaux épuisés, les Lanciers de Jacquinot les déciment.

DM : C'est donc parfait. Je vais pouvoir illustrer cela comme il sied (le reportage "photographique" relatif est prêt depuis hier soir !).

La motivation constituée par le "Prize Money" ressort évidente dans les mémoires des officiers anglais. Ici le Lt-Cel Hamilton laisse choir l'infanterie de Donzelot qui ne lui rapporte rien sauf des plaies et des bosses, pour se jeter incontinent sur les canons sans défense qui arrivent et vont, pense-t-il, lui rapporter gros. Il a du savourer son triomphe en en comptant jusqu'à 24, additionnant déjà la fortune amassée (c'était, paraît-il, très bien payé)...

Mais rapidement les deux bras lui en sont tombés du fait des cuirassiers français. Il s'est, paraît-il toujours, "accroché" à son butin, tenant ses rênes entre ses dents, mais à fini par rouler mort à terre*.

* Lu depuis qu'outre ses problèmes de bras il fallut plusieurs blessures par balles et plusieurs coups de lances, dont un dans le coeur, pour le "finir". Assurément le bonhomme était solide et en voulait !

"Ses" canons, abandonnés par les Français entre les deux armées, seront au soir "trouvés" et marqués par des unités d'infanterie britannique, en précédant d'autres qui effaceront lesdites marques pour y substituer les leurs. Toutes prétendront avoir conquis ces trophées de haute lutte après une résistance désespérée de l'ennemi.
Sic Transit Gloria Mundi.

Revenant à la source de cette envolée lyrique (pardon), votre réponse à ma question vous l'apporte aussi à la vôtre qui l'avait motivée. Les pièces d'ARP6 arrivant attelées ont été cueillies dans les peu de minutes qui ont suivi leur franchissement de la crête 130 en avant (à mi-pente ?) de laquelle Dessales avait prévu de les mettre en batterie.

Se rappeler aussi qu'à ce moment là le général tentait vainement de sauver ses Réserves de 12 et n'était plus là pour fixer l'emplacement de la mise en batterie, laissant dans le flou le capitaine de la première batterie attelée qui venait de la franchir en ligne en aveugle avant de découvrir, probablement désemparé, ce qui allait lui arriver...

Et qui arriva successivement aux autres batteries, progressant probablement en échelons, formés de fait par la séquence des ordres reçus de l'aide de camp de Dessales qui dut les hurler au passage à chaque capitaine tout au long des centaines de mètres de front de la batterie entrain de tirer depuis la crête de la Belle Alliance...

Mais Waudré, qui commandait les deux batteries à cheval en bout de ligne, ne bougea pas, sauvant ses douze pièces. Il est vrai, s'il vous en souvient, qu'il avait VU et signalé des cavaliers ennemis, "détail" qui, malgré la méchante répartie qu'il essuya de Dessales, semble avoir échappé à l'excellente lunette du Maître, lequel en substance "savait tout et n'avait pas besoin d'être informé".
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 16 Oct 2020, 12:51

Je commence à répondre à la demande de complément d'information formulée par Vincent Auger relativement à l'artillerie de la gauche française à Waterloo.
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L’artillerie de la gauche à Waterloo

L’artillerie de la gauche semble être restée «divisionnaire», les réunions connues ou supposées se limitant au maximum à deux batteries agissant ensemble. Se rappeler que toutes les batteries du 2e corps ont été engagées à Quatre-Bras et ont dû y consommer la moitié de leurs munitions.

La forte (et inutile) consommation de munitions au début de la bataille (de Waterloo) fit qu’on en manqua à la fin dit en substance le général Foy.

Et même avant la "fin" pour certaines. C’est probablement la raison pour laquelle les deux batteries à cheval du 3e CC sont envoyées par Napoléon «renforcer» l’artillerie de Reille, pour ne pas dire la remplacer.

Il est en outre heureux que Wellington ait interdit la contre-batterie à son artillerie, sans quoi, mieux placée, et de calibre et portée plus élevés, elle aurait rapidement démonté celle de Reille à trois contre un, comme elle le fit localement plus tard contre l’ARC de la Garde.

Je pense donc que ce sont des sections tirées de l’ARC du 3e CC qui soutiendront -faiblement, est-il dit partout - l’attaque de la (Moyenne) Garde. En effet, il semble bien que les deux batteries à cheval de la Garde envoyées vers la Haie Sainte soient alors hors de combat ou à court de munitions elles aussi.

A ce propos lire ou relire ce que j'ai mel dans le post sur le CdE Savarin* de l'ARC de la Garde, ici :

viewtopic.php?f=1&t=1998&start=15

* Savarin commandait en second la 1ère compagnie de l'ARC de la Garde, engagée à droite de la Haie Sainte dans le cadre de la deuxième Grande batterie, formée après la dispersion de la première.

Le plus certainement relatif à l'artillerie de la gauche est ce qui concerne le CdE Mancel qui commandait en premier la 4e compagnie de l'ARC de la Garde, engagée, elle, à gauche de la Haie Sainte et en fin d'après-midi, après la prise de la ferme par les Français.
-------------------

Il reste encore difficile aujourd’hui de savoir qui fit quoi en matière d’artillerie de la gauche.

Lisons et commentons quelques témoignages.

Le général Foy (p. 52 Carnet n° 1)

«Sur notre ligne, l’artillerie n’a pas cessé de faire un feu très vif. Les canonniers de la Garde impériale sont les plus braves soldats de l’armée. La grande consommation de munitions, faite au commencement de l’action, a été cause qu’on en a manqué à la fin».

CQFD ! Notez que Foy mentionne l’artillerie de la Garde. Elle est donc bien présente dans son secteur. J’y confirme l’engagement de la deuxième division de deux compagnies de l’artillerie à cheval de la Garde (3e et 4e compagnies) et celle de la 6e compagnie d’artillerie à pied de la Garde (12 £).

.../...

Alors que la cavalerie française faisait cette longue et terrible charge (1), le feu de notre artillerie était déjà moins nourri (2)...

1) Cela situe entre 16 h 00 et 17 h 00 l’information qui va suivre...

2) Comme quoi le feu d’artillerie s’était ralenti en vue de la prévisible pénurie de munitions.

.../...

... c’était les Prussiens qui débouchaient sur notre droite et en arrière. Notre canon placé sur la grande route répondait à leurs attaques. (3)

3) L’information est importante. Je comprends que ce qui restait encore actif de la deuxième Grande batterie avait du quitter sa ligne face aux Britanniques, pivoter la droite en arrière pour venir sur la route, perpendiculairement à son orientation initiale, pour défendre le «trou» existant alors entre la «droite» du 1er corps (les survivants de Durutte) et la gauche en retraite du 6e corps.

Cela donne aussi une sorte de complément d’explication rationnel au fait qu’après l’échec de l’attaque du corps d’Erlon l’idée de percer par là où il échoua fut abandonnée par suite de l’approche des Prussiens... Et donc d’attaquer la droite anglaise, intacte, elle, avec le succès que l’on sait... Mais de fait, re-attaquer la gauche était devenu impossible. Je viens enfin de découvrir quelque chose de logique dans la démarche. Tristement joyeux je suis.

.../...

On a dételé les canons, coupé les traits des chevaux. (4)
Tout le matériel de l’armée, équipages et artillerie, a été perdu. (5)

4) Confirme que ces scènes de déroute, que j’avais cru limitées à la droite, ont également pris place à la gauche.

5) Qui a donc bien perdu tout son matériel, sur le champ de bataille, et non au défilé de Génappe, qui permettait de mettre sa perte sur le compte d’un «embarras de circulation». On l’avait déjà fait pour expliquer celle de centaines de matériels à Leipzig... la faute au pont qui avait sauté prématurément à cause d’"un incompétent"... Qui ne fut pas puni.

À suivre...

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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 18 Oct 2020, 14:43

Je viens de déposer un message sur le post dédié au CdE Savarin de l'artillerie de la Garde, ici :

viewtopic.php?f=1&t=1998&start=15

Pourquoi ce lien ? Parce-que ledit CdE Savarin était en 1815 commandant en second de la 1ère compagnie d'artillerie à cheval de la Garde, et que tout le relatif à sa dernière bataille, où il fut blessé, touche aussi au sujet du présent post. À telle enseigne que je me suis décidé à y déposer le relatif à l'artillerie à cheval de ladite Garde, quitte à croiser les liens.

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C'est justement en cherchant à répondre à une question posée in petto que j'ai trouvé une réponse à une autre qui a parfaitement sa place ici, en appui de la dernière sentence du post précédent.

Dans le Siborne, page 406, du Capitaine Reed, 71st Regiment
Au soir de Waterloo, la défaite française consommée, le 71st s'intalle pour la nuit :

"... Les première et deuxième compagnies furent stationnées dans le village (de Rossomme ?) où nous trouvâmes un parc de 72 pièces d'artillerie abandonnées par l'ennemi."

Ces 72 pièces, manifestement bien "rangées" ("un parc" !), n'ont pas été prises au combat, ni abandonnées "sur le champ de bataille" comme beaucoup d'autres (notamment les 48, voire plus, de la première Grande batterie), dont celles de la gauche, "informée" et donc partie plus tard, trop tard.

Il ne s'agit pas non plus de pièces de réserve car on avait engagé jusqu'au dernier canon, mais très probablement des pièces tombées à court de munitions pendant la bataille et s'étant désengagées pour cette raison, allant logiquement se rassembler en arrière des combats (Rossomme colle bien).

Ces braves gens que personne n'aura prévenu à temps se virent tout soudain submergés à la nuit tombante par la déroute de toute l'armée, et se joignirent, hommes et chevaux, au "sauve qui peut" général, abandonnant sur place tout leur matériel (Prize Money ! Prize Money !! Prize Money !!!).

Ce sont donc encore 72 pièces et des centaines de caissons de moins à mettre sur le compte du défilé de Genappe, malgré cela bien chargé quand même... Mais pas "responsable" de tout, nous le constatons une fois de plus.

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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MASSON Bruno sur 19 Oct 2020, 05:16

Pour clôturer le chapitre du "Prize Money" à Waterloo, il est à savoir qu'après s'être arraché l'équivalent de plusieurs perruques en cheveux, le "Prizee Board" nommé pour la bataille a fini par décider d'inclure toutes les unités de l'armée anglo-alliée présentes à parts égales (à l'exception du régiment de hussards hanovriens). Wellington refusera de prendre sa part, qui sera redistribuée. Elle était conséquente, mais d'un autre côté, il va être submergé d'honneurs et de récompenses, donc pas nécessaire.
Il était devenu impossible de démêler les différents rapports de prise, et l'interférence de l'armée prussienne, qui a envoyé des trains récupérer tous les canons abandonnés sur le champ de bataille à la nuit tombée, n'a pas aidé.
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar AUGER Vincent sur 19 Oct 2020, 11:05

MASSON Bruno a écrit:à l'exception du régiment de hussards hanovriens
Qu'est ce que ce régiment avait bien pu faire pour mériter une telle punition ?
Ludiquement votre




Vincent
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 19 Oct 2020, 14:03

Je laisse à Bruno le plaisir de répondre à Vincent sur la "prestation" des Duke of Cumberland Hussars.
Ce n'est pas tout-à-fait hors-sujet car l'artillerie française, au moins par le bruit causé, y joua probablement un rôle.
-----------

Curiosité aidant je flirte un instant avec un autre hors-sujet (bien que TOUJOURS présent dans l'esprit mercantile des Anglo-Saxons), le "prizemoney" (écrit en un seul mot là où je l'ai trouvé).
Pareillement ce n'est pas non plus totalement hors-sujet car l'artillerie française justifia le plus gros de ce prizemoney.

"The prizemoney granted for the battle of Waterloo and the capture of Paris in 1815" s'éleva à £1,030,850 15s 4d, and after expenses ("frais de gestion" ?) il resta £978,850 15s 4d a partager (environ £63 Millions de 2015).
On parle par exemple de 753 Captains et 42.540 Ranks and Files britanniques (toute l'armée en campagne, quoi, et pas "seulement" les présents à Waterloo !

Un peu comme les "footeux" qui passent la Coupe du Monde sur le banc des remplaçants et touchent le même pactole (autre chose que les £2 11s 4d ci-dessous) que ceux qui jouent. Moralité, il vaut mieux (dans tous les sens des termes -financiers aussi-) jouer (voire même pas) au foot que livrer bataille.

Wellington eut droit à £61,178 3s 5d (près de 5 Millions de £ d'aujourd'hui), chaque général £1,274 10s 3d, et un simple soldat £2 11s 4d (200 £ d'aujourd'hui) pas de quoi risquer sa vie pour ce dernier !).

"Unclaimed or rejected claims were paid to Chelsea Hospital (idem nos Invalides ?) by cheque on February 4 1818 in the sum of £26,531 30s 6d farthing."

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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MELCHIOR Thierry sur 19 Oct 2020, 14:11

Bonjour Vincent,

Je devance Bruno et cite Diégo :
La panique des hussards hanovriens de Cumberland (dragons-légers dans la terminologie britannique) est célèbre. Ils fuirent sans même avoir été engagés, et n'eurent donc nullement besoin d'être "écrasés" pour partir en déroute (en tout 61 pertes — au feu d'artillerie — sur 516 présents).
(extrait de ce sujet)
Tu pourras également lire CECI qui est plus explicite.

Les cosaques, aussi, étaient propriétaires de leurs chevaux. Chaque cosaque n'avait qu'un cheval, ce qui explique leur crainte de l'artillerie et de l'infanterie en ordre serré… de face !
———

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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MASSON Bruno sur 19 Oct 2020, 16:12

Vincent, voici ce que j'ai écrit dans le message sur l'armée des Pays-Bas à leur propos:

pour en revenir aux Hussards de Cumberland, un officier du génie alors dans l'état-major de Wellington donne une relation qui semble expliciter le comportement de cette unité:
le colonel reçoit par 2 fois l'ordre de charger de la part du GQG qui est à moins de 200 yards de sa position, un peu en arrière, mais ne bouge pas et ne répond pas. Wellington lui demande alors de s'en aller ("get off"), et le colonel lui répond qu'il lui est reconnaissant de reconnaitre ainsi la faible qualité de cette unité. il fait alors réaliser un demi-tour complet en ligne au régiment, et prend la direction de Bruxelles au pas "dans le plus grand ordre", manquant d'emporter le GQG avec lui...


Alors, non, ce n'est pas une fuite, mais un double refus d'obtempérer, et un total manque de contrôle dans les évolutions de son unité, qui a failli temporairement décapiter l'armée anglo-alliée vers 16h en dispersant le GQG. il est difficile de sévir vraiment directement contre le régiment du 5e fils de Georges III et futur Roi du Hanovre, mais le prize money est une récompense, et donc son attribution est de l'ordre des rares choses que le "Acting-General-in-Chief" anglais peut décider de lui même...
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Re: 1815. L'artillerie française à Waterloo

Messagepar MANÉ Diégo sur 31 Oct 2020, 14:16

L'artillerie de la gauche à Waterloo (suite)

CdE Lemonier-Delafosse, faisant fonction de CEM de la Division Foy
(page 54, Carnets de la Campagne, n° 1)

«Pendant ces charges, la 6e division avec la division Foy avaient gardé la ferme d’Hougoumont (1); leurs batteries s’étaient portées deux fois en avant... (2)»

1) Ces mémoires, écrits bien plus tard, non seulement «découvrent» la «ferme d’Hougoumont», mais en outre l’ont prise, alors que Foy lui-même reconnaît qu’on ne put prendre «les maisons» au-delà du bois.
Lemonnier avait, lui aussi et comme tout le monde alors, lu le Mémorial de Sainte-Hélène.

2) Mais ce dernier ne rentre pas dans des détails aussi accessoire que les mouvements de deux malheureuses (dans tous les sens du terme) batteries, et donc il doit être bien exact.
Cela nous informe que ces deux batteries divisionnaires ont agi de concert et séparément des autres, confirmant qu’il n’y a pas eu à la gauche de «grande batterie».

La batterie divisionnaire de la 6e DI Jérôme ne pouvant agir dans le bois d’Hougoumont (à tout le moins personne n’y a songé), se sera jointe à celle, voisine, de la 8e DI Foy, à droite du bois qui, occupé par l’infanterie, la flanquait à gauche, ce qui est logique.
Savoir que certains «auteurs» la placent de l’autre côté du bois de Hougoumont !

À cet autre côté il n’y avait donc que la batterie divisionnaire de Piré, qui put battre en retraite sans problème... Jusqu’au défilé de Genappe, où elle sera bloquée et perdue.

La batterie de la 5e DI Bachelu, la plus proche de la route, disposa d’une position logique, dans le prolongement de celle prise par la 2e Grande batterie (côte 130 au-dessus de la Haie-Sainte), dont il semble qu’au moins une compagnie de 12 £, la 6e de la Garde, se soit posée à gauche de la route.
Ce sont assurément les 12 £ dont Mercer parle dans ses souvenirs et que des «auteurs» qui n’étaient pas présents lui imputèrent à faux en affirmant péremptoirement qu’il n’y avait pas de 12 £ de ce côté là.

Page 55. «... il était huit heures, ... une demi-batterie était encore en position. L’officier me dit : il me reste quatre coups à mitraille; je les lancerai à l’ennemi, et puis je détellerai ma pièce pour partir... (3)»

Il doit s’agir de pièces relevant des deux batteries à cheval du 3e CC de Kellermann, les seules du secteur ayant encore des munitions, et qui étaient venues «renforcer», pour ne pas dire «remplacer» l’artillerie de Reille, tombée à court auparavant ou peu s’en faut.

La tournure de phrase est ambiguë qui ne laisse pas savoir si les quatre coups sont par pièce, où en tout. La deuxième hypothèse prend son sens si on la réduit à une seule pièce qui serait restée en arrière avant d’être abandonnée, ce qui suppose l’ennemi fort près !

À suivre...
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