[Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

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Messagepar MASSON Bruno sur 10 Mai 2020, 09:16

          18) Charge sans frein du 20e Light Dragoons - Junot dans une impasse

          Voyant alors les grenadiers sortir du village puis passer en deuxième ligne derrière un rideau de cavalerie qui souffre sous le feu plongeant des carabines anglaises, Wellesley décide d’engager son faible contingent monté. Le 20th LD sort alors de la réserve, franchi le col derrière le village abandonné par les Français et se déploie en ligne face aux dragons, avec les cavaliers de Trant sur son aile gauche.

          Les dragons légers anglais s’élancent, mais les miliciens portugais ralentissent d’abord, puis font demi-tour pour retourner vers Maceira sous les huées des fantassins d'Ackland. Sans y faire attention, les cavaliers anglais et les policiers lisboètes tombent sur le 4e provisoire, le traversent, et se jettent sur la colonne de grenadiers en retraite, qu’ils mettent en déroute ; mais après avoir réussi leur attaque, au lieu de se dégager pour se reformer comme le fait leur petit contingent étranger, les dragons légers continuent en désordre vers les brigades d’infanterie mal reformées de Charlot, Thomières et les grenadiers de Saint-Clair.

          Junot a beau jeu d’engager alors sa réserve de cavalerie (1er, 5e provisoire de cavalerie et escadron de volontaires) qui renversent les Anglais et les renvoient bien abîmés vers leurs lignes (Ils ont perdu leur colonel et vingt cavaliers morts, vingt-quatre blessés et onze prisonniers, sur un peu plus de 200 présents, soit plus du quart de l’effectif).

          Il n’est néanmoins que 11 heures, et le centre français n’a plus en troupes fraîches qu’une batterie d’artillerie, alors que les Anglais n’ont engagé sur ce point que la moitié de leur infanterie ; Junot déploie alors sa batterie et reforme sa cavalerie en première ligne pour masquer sa faiblesse, et commence à penser que si ses unités d’aile ne réussissent pas un miracle, sa retraite vers Lisbonne pourrait se révéler impossible…
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Messagepar MASSON Bruno sur 13 Mai 2020, 08:57

          19) Solignac surpris et mis en retraite

          C’est d’ailleurs à peu près à ce moment-là que la brigade Solignac, ayant pu franchir le talus qui a arrêté Brennier car n’étant pas encombré d’artillerie, se présente devant le village de Ventosa, qu’il trouve vide d’ennemis.

          Il continue sa marche sur le coteau opposé, en trois colonnes de bataillons éclairées par leurs voltigeurs, et s’approche de la crête, quand les bataillons de Ferguson (36th, 40th et 71st) ainsi que le 82nd de Nightingale se lèvent de derrière cet obstacle et, disposés autour des bataillons français en arc de cercle, délivrent à moins de cent mètres simultanément une volée concentrique complète d’environ 3300 mousquets.
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          Ce feu fait tomber le brigadier et désorganise à la fois les voltigeurs et les colonnes situées derrière, qui commencent sans ordre un tir désordonné au lieu de chercher à se déployer. La première ligne anglaise, soutenue par le deuxième bataillon de Nightingale et la brigade Bowes, recharge alors et avance en silence vers les Français, dont les bataillons commencent à reculer en perdant toute cohésion.

          La deuxième volée anglaise rompt alors les colonnes et la brigade fuit vers le sud-est, emportant son chef gravement touché et abandonnant un grand nombre de blessés.
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Messagepar MASSON Bruno sur 13 Mai 2020, 09:00

          20) Brennier échoue à secourir son collègue, déroute de la dernière brigade française

          La poursuite anglaise est rapidement stoppée par l’irruption de la brigade Brennier qui, entendant la mousqueterie, s’est déportée depuis Pregança au secours de ses compatriotes, et tombe sur les 71st et 82nd en train de se reformer autour de Ventosa alors que les 36th et 40th poursuivent Solignac.
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          Leur charge imprévue, arrivant en oblique depuis le croisement de la route Pregança-Mariquiteira, oblige le 71st à un wheeling arrière et le 82nd à se jeter dans Ventosa mais le 29th de Nightingale, masqué sur la crête au-dessus de Ventosa, ouvre alors un feu de flanc sur les attaquants qui ralentissent, commencent à tirer sans se reformer, puis refluent en désordre en voyant Bowes progresser dans leur dos en direction de la route.

          Le 3e Provisoire de cavalerie se place alors en masque pour protéger la fuite de l’infanterie, mais souffre beaucoup des feux du 29th et des 71st et 82nd reformés, et donc esquive vers l’arrière, permettant au 29th de capturer la batterie d’artillerie qui, là non plus, n’aura pas eu le temps de se déployer.
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Messagepar MASSON Bruno sur 14 Mai 2020, 11:36

          21) Le 21 août, c'est la saint-Junot (ou son anniversaire, ou les deux, au choix)

          (j'ai failli intituler ça "On achève bien les chevaux, mais pas les corps d'armée français on dirait", mais c'était pas assez)

          Il est alors midi (ou peut-être midi trente), et Ferguson demande à Wellesley l’autorisation de poursuivre les deux brigades en désordre qui sont perdues sans rémission s’il avance avec Bowes et Catlin Craufurd qui arrive juste, soutenus par les deux brigades qui viennent de s’engager ; en attendant, il fait bombarder les Français en retraite par son artillerie et les 4 pièces de 9 amenées par Craufurd.

          La seule voie de retraite restante à Brennier est la direction de Santarem, et il lui sera impossible de rejoindre Lisbonne si les Anglais ne font ne serait-ce qu’avancer. Solignac, lui, est toujours poursuivi par les 36th et 40th (sous le commandement direct de Ferguson) en direction sud-est vers la route de Torres Vedras, et va devoir passer le ressaut de Toledo qui a bloqué la marche de Brennier. S’ils sont poursuivis, ils seront bloqués et devront se rendre…

          Mais les deux bataillons anglais, qui se sont arrêtés pour se reformer au sommet de la crête surplombant Toledo, semblent ne pas être décidés à avancer plus. Même chose du côté de Brennier ; Bowes et Nightingale, après s’être reformés, s’arrêtent au niveau de Pregança, et la brigade française peut prendre la route de Carrasqueira sans être repoussée plus loin de sa ligne de retraite.

          Autour de Vimeiro, Junot a été renforcé vers 12h30 par le III/66e et les 4 compagnies de voltigeurs venant de Lisbonne, qu’il a déployés en ligne sur la route au niveau de Toledo, et Ackland, soutenu par Hill, Anstruther et Fane s’est déployé en face sur les premières pentes de la colline sans montrer plus de velléités offensives, les deux pièces de 9 à gauche et la batterie de 6 d’Anstruther à droite lançant de temps en temps un boulet sur les Français, en écho aux 7 pièces de 4 françaises qu’il reste à l’armée française qui font de même, plus pour faire du bruit que pour obtenir un résultat, semble-t-il.
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          Sous ce couvert plus moral que réel, alors qu’il n’est que 13 heures, le général en chef français, tout heureux de ne pas devoir rentrer à Lisbonne en string, rassemble son armée en désordre. Redoutant toujours une reprise offensive anglaise, il lui fait passer le pont de Vila Facaia vers 15 heures, où il perd de vue les dernières vedettes du 20th Light Dragoons et bivouaque le soir devant Torres Vedras.

          Pour des raisons qui étonnent tous les Français, et sont un cadeau inespéré pour l’état-major de leur armée, la poursuite anglaise ne viendra pas.
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Messagepar MASSON Bruno sur 16 Mai 2020, 04:30

          22) Raisons du bon de sortie accordé aux Français

          La raison de cette soudaine crise de narcolepsie anglaise est assez simple en fait. Le Lieutenant-General Sir Harry Burrard a débarqué de son Sloop vers 10 heures, et est arrivé sur le champ de bataille une heure plus tard. Il n’a alors pas voulu interférer avec les ordres donnés par Wellesley pendant son absence, et s’est placé sur la hauteur au niveau de la brigade Hill, d’où il a pu voir les échecs de Charlot et de Thomières, Saint-Clair se faire fesser par Anstruther puis Kellermann attaquer Vimeiro, être repoussé par l’attaque concentrique du centre anglais, et finir piétiné par les dragons légers anglais.

          A l’arrivée de la brigade de Lisbonne, voyant que le centre anglais se positionnait pour attaquer, il a interdit tout nouveau mouvement offensif avant l’arrivée des 10000 hommes de Moore, dont l’arrivée à l’embouchure du Maceira est prévue le 25. La même réponse sera donnée à la demande de Ferguson, et ses brigades s’arrêteront dès qu’elles recevront le nouvel ordre. La raison première invoquée, qui est intrinsèquement vraie, est que les Français n’ont montré pendant la bataille que 10000 hommes sur les 25000 qu’ils sont censés avoir.

          Ils ont donc quelque part de puissantes réserves qui pourraient mettre à mal une armée en poursuite, et lui faire perdre le résultat d’une demi-journée de combat glorieux. C’est néanmoins oublier complètement les forteresses qu’ils ont à garnir, et prêter au général français un plan de campagne aussi alambiqué qu’improbable : s’il a tant de réserve disponible, pourquoi n’a-t-elle pas été présente sur le champ de bataille où elle aurait été si nécessaire ?

          Mais c’est l’ordre, donc les Anglais vont retourner ramasser les blessés, enterrer les morts, faire le compte des trophées gagnés et regretter profondément de ne pas avoir eu l’occasion de « finir le travail ».
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Messagepar MASSON Bruno sur 16 Mai 2020, 05:24

          23) Bilan de la bataille

          Les pertes de cette « bataille de trois heures » sont assez modérées du côté anglais, Ferguson a perdu environ 200 hommes, dont 112 rien que dans le 71st, Nightingale 14 hommes dans le 29th et curieusement aucun dans le 82nd, preuve que Brennier ne l’a pas atteint. Chez Fane, le 50th reporte 89 pertes, le 2/95th 80 et le 5/60th 38, dont une bonne partie de prisonniers dans les piquets, avant la bataille, pour les deux bataillons de Rifles.

          Chez Anstruther, le 97th qui a été la cible de Charlot puis de Saint-Clair n’a aucune perte, le 52nd 40 morts et blessés, surtout dans les combats de tirailleurs. Le 43rd est l’unité la plus touchée côté anglais, avec 120 pertes, toutes subies dans Vimeiro contre le 2e grenadiers, en moins de 20 minutes, ce qui prouve l’acharnement du combat, et le 9th est intact.

          Finalement, Ackland reporte 18 morts et blessés répartis sur ses trois bataillons, qui ne peuvent qu’avoir été le résultat du bombardement final vu qu’ils n’ont pas été engagés ailleurs. Le 20th Light Dragoons a donc 56 « all ranks » en moins, résultat de sa charge folle, et pour finir l’artillerie reporte 4 blessés. Hill, Bowes, C. Craufurd et Trant n’ont ni tiré une cartouche ni perdu un homme.

          Du côté français, les pertes sont difficiles à connaître. Thiébault annonce 1800 tués, blessés ou pris mais 10 canons perdus seulement, alors que les Anglais en ont capturés et rendus au portugais 16. Il s’est montré par ailleurs particulièrement peu fiable sur les chiffres durant toute sa relation, mais malheureusement est la seule source française disponible. On peut raisonnablement penser qu’elles ont été réduites d’un tiers, ce qui donnerai entre 2500 et 3000 tués, blessés et prisonniers.

          La perte dont on peut être sûr et certain, c’est celle du moral français, du fantassin de base au général en chef, tous sont démoralisés et désespérés.
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 18 Mai 2020, 07:07

          24) Arrivée du général en chef anglais - Préjugés envers Wellesley

          Le 22 débarque Lord Dalrymple, qui va confirmer les ordres de son suppléant, et refuser toute idée de mouvement sans Moore. Wellesley a beau leur expliquer qu’en prenant la route de la côte en direction de Mafra, on peut contourner le défilé de Torres Vedras, et arriver en vue de Lisbonne au pire en même temps que les Français si le général ennemi ne prend pas le temps de restaurer l’ordre et la discipline dans ses troupes, ou même avant s’il le fait.

          Dans les deux cas il y aura un deuxième combat, décisif, dans lequel la cavalerie française ne servira à rien du fait du terrain accidenté, et où la supériorité morale anglaise juste acquise ne permet pas de douter du résultat. La réponse du général en chef est que ce mouvement est trop dangereux, offrant une possibilité d’attaque de flanc pendant la progression anglaise. Au vu du terrain et des résultats de la confrontation qui vient juste de se terminer, c’est un peu faible comme argument…

          Une autre proposition de Wellesley est de faire débarquer Moore non pas sur le Maceira le 25, mais dans l’Alentejo un jour après, du côté de Sines, pour compléter l’encerclement de Lisbonne et interdire aux Français la retraite par le sud. Ce mouvement aura aussi l’énorme avantage de permettre aux troupes de Moore de trouver à se ravitailler, car si l’approvisionnement en pain est devenu moins problématique depuis peu pour les 20000 hommes présents à Vimeiro, les contrats de fourniture de viandes n'ont été passés à Oporto que pour 10000 hommes !

          Le contractant a pu réussir en fouillant le nord du Portugal à doubler son volume, mais il est au maximum de ses possibilités, et les troupes de Moore rejoignant l’armée principale vont forcer celle-ci à agir rapidement ou à réembarquer pour ne pas mourir de faim.

          Ou alors, si on persiste à le faire débarquer sur le Maceira, le diriger vers Santarem pour intercepter la route vers Almeida et menacer celle vers Elvas. Là encore, réponse négative, avec la suspicion manifeste que l’ancien général en chef fait tout pour fragmenter le commandement du nouveau pour le faire échouer.

          Toujours est-il que le nouveau venu semble désormais s’empresser… de ne donner aucun ordre !

          Une raison, peut-être pas la plus importante, du manque d’empressement de Dalrymple à suivre les conseils avisés de son lieutenant, est à chercher dans les instructions qu’il a reçues de Castlereagh avec sa nomination ; on lui dit qu’il fera bien de chercher lesdits conseils de ce général, et que Wellesley a l’oreille du gouvernement.

          Il n’en faut pas plus pour qu’il soit catalogué par Dalrymple comme chargé d’espionner ses décisions, et autorisé à miner son autorité par à peu près n’importe quel moyen. Si on ajoute la morgue dudit lieutenant, on comprend que ce dernier se trouve ainsi déplacé, en l'espace d'un jour et demi, de la position de général en chef à celle de Lieutenant-général sans commandement ni occupation…
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 20 Mai 2020, 13:47

          25) Plans anglais pour la suite de la campagne - arrivée de Kellermann chez les Anglais

          Le nouveau général en chef décide donc de ne mettre en route l’armée que le lendemain 23, et en direction de Torres Vedras, pas de Mafra, en s’arrêtant dans cette position facile à défendre pour attendre Moore. Les troupes de la Baltique arriveront bien le 25, et commenceront à débarquer le jour-même, mais leurs derniers soldats ne toucheront terre que le 30 août…

          En attendant, pendant la journée du 22, une alarme est sonnée dans le camp anglais, annonçant un retour offensif de toute l’armée française. Les Anglais courent aux armes et se replacent en position défensive, mais ce n’est que l’œuvre d’un officier de milice portugais qui, voyant des cavaliers français se rapprocher depuis Torres Vedras, s’est emballé et a crié au loup. Les Anglais voient ainsi deux escadrons de dragons, commandés par le général Kellermann, porteurs d’un drapeau blanc, se rapprocher et demander l’ouverture de négociations, en vue de l’évacuation du Portugal par les Français.

          La campagne du Portugal est terminée.
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Messagepar MASSON Bruno sur 20 Mai 2020, 13:56

      b) La convention de Torres Vedras (Ou de Lisbonne. Ou de Mafra. Ou de Vimeiro. En tous cas pas de Cintra).

        1) Conseil de guerre du 22 août chez les Français

        Le 22 en effet, a vu le camp français dans un état d’esprit bien différent. Junot, totalement démoralisé, a réuni un conseil de guerre composé de ses officiers supérieurs en état de se déplacer. Avec une parfaite mauvaise foi, il leur dit qu’il n’a combattu la veille que pour sauver l’honneur de l’armée (ce qui n’est pas cohérent avec ses missives envoyées jusqu’au 21), et que l’échec subi les force à prendre des résolutions drastiques. Il reste trois possibilités à l’armée :

        -soit s’enfermer dans Lisbonne et s’y défendre jusqu’au dernier.

        -soit essayer de composer avec l’ennemi pour rapatrier l’armée en France par une convention.

        -soit abandonner la capitale et tenter de rejoindre les autres armées françaises en Espagne.

        Le premier choix est vite écarté, la ville est vaste, non fortifiée, la population est hostile et le sera encore plus lorsque les Anglais seront à ses portes, et les troupes françaises ne sont pas assez nombreuses. Les inévitables destructions de ce combat font aussi peser une menace non négligeable sur les troupes qui se feront capturer pendant ce combat.

        Le 3e choix demande de se décider sur une route ;

        La route nord, qui est la plus directe, est dangereuse au plus haut point car elle nécessite une marche de flanc le long du Tage, qui doit se faire sur la rive de Lisbonne si on veut éviter de se voir interdire la traversée par une partie de l’armée ennemie pendant que l’autre menace les arrières. On va donc marcher pendant plus de 150 km avec à gauche l’armée ennemie et à droite une rivière infranchissable. Mauvais trip assuré, cette option sera vite abandonnée.

        L’autre route est celle d’Elvas ; elle est bonne, bien pavée sur une grande partie, et les insurgés ont été de façon répétée calmés à grand coups de sabre. On peut donc supposer qu’ils seront assez circonspects dans leurs interférences. Le gros défaut est qu’elle donne dans l’Estramadure espagnole, bien loin de toute troupe française (encore plus que ne le croient les Français de Junot, qui n’ont pas été informés de l’abandon de Madrid par Joseph).

        Loison lui-même au début du mois a goûté aux joies des marches dans la chaleur de l’Alentejo en août, pas sûr qu’il veuille recommencer avec une armée ennemie aux fesses… il faudra ensuite passer Badajoz et trouver un point de passage sur le Tage pour remonter vers Madrid. Junot qui a encore des souvenirs douloureux de sa marche à la mort de 1807 dans les montagnes, n’est pas très chaud non plus !
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 22 Mai 2020, 05:07

        2) Les Français cherchent à négocier - reprise de contact

        Reste la solution de la négociation. Il faudra faire des sacrifices, des concessions sans doute cruelles, mais les précédents du Helder et de l’Egypte montrent que les Anglais sont fiables sur ce point, ce qui sera décidé sera exécuté.

        Kellermann est choisi pour engager le dialogue de par son grade, le fait qu’il ne soit pas blessé, et sa compréhension basique de la langue anglaise ; on se dit que ça peut peut-être se révéler utile, surtout s’il n’en fait pas étalage. Cette connaissance plutôt exotique pour l’armée française va transformer de fond en comble tout le processus de négociation.

        Le général en chef français lui donne comme escorte un régiment provisoire de cavalerie (3e, 4e ou 5e, je n’ai pas trouvé, et ça n’a pas grande importance), qui outre ce rôle, en a deux autres tout aussi essentiels :
        • Le premier est de reprendre contact avec l’armée ennemie. C’est idiot à dire, mais depuis la veille 15 heures, on ne sait pas où elle est, ni ce qu’elle fait. Si elle s’est engagée sur la route de la côte direction Mafra dès l’après-midi du 21, il est plus que temps de le découvrir, car elle a 12 à 24 heures d’avance !
        • Le second est de trouver et canaliser les traînards vers Torres vedras. Dans les cohues successives des déroutes, bien des soldats se sont trouvés esseulés, et cherchent à rejoindre leurs unités. De fait, il arrivera des égarés jusqu’au soir du 23.

        Le général français reprend la route de Vimeiro vers midi, passe le pont de Vila Facaia, envoie des patrouilles un peu partout et apprend la présence de cavaliers plus ou moins en uniforme en direction du champ de bataille de la veille (les Portugais qui vont alarmer le camp anglais). Il regroupe alors ses hommes et avance en ordre serré dans cette direction, le drapeau blanc bien en évidence au premier rang. Un peloton du 20th LD prend contact avec lui peu de temps après, et l’escorte vers le camp anglais, qu’il a la joie de trouver sur le champ de bataille du 21. A sa grande surprise, il n’est pas accueilli par Wellesley, mais par deux autres officiers généraux, l‘ancien général en chef restant au second plan.
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 25 Mai 2020, 04:47

        3) Bourde incroyable de Dalrymple - préparation du cessez-le-feu

        Une fois annoncé le but de sa présence, il a la surprise d’entendre le commandant en chef ennemi faire des réflexions à ses deux subordonnés (j’ose espérer qu’elles sont faites en anglais, et que c’est sa connaissance, insoupçonnée par son interlocuteur, de cette langue qui lui permet d’obtenir ces informations cruciales. Dans le cas contraire, Dalrymple est clairement trop bête pour être mis à la tête de quoi que ce soit). Ces réflexions hors de propos modifient totalement les bases de la négociation à venir, à savoir :

        -le général en chef ennemi n’a prévu aucun mouvement offensif pour la semaine prochaine au moins. Il est ravi de la proposition française.

        -il attend un gros renfort en troupes sous Moore, qui est prévu pour arriver sur la côte le 25 août.

        -tant que ce renfort n’est pas disponible, Dalrymple n’est pas serein à l’idée d’être attaqué par les Français, il n’est pas loin de penser à reculer dans ce cas.

        Ces informations cruciales en tête, Kellermann, qui était venu obtenir un accord de retrait pour l’armée française à n’importe quel prix, va se lancer dans une partie de poker qu’il est à peu près sûr de ne pas perdre.
        Dalrymple, lui, inconscient d’avoir ainsi donné toutes les cartes à son adversaire, va rapidement conférer avec ses lieutenants, et s’accorder que la libération du territoire portugais sans plus de déprédations et avec les forteresses intactes vaux bien de laisser filer l’ "Armée du Portugal".

        Le premier travail à réaliser sur place est de mettre en place une suspension d’armes, avec des limites à ne pas dépasser pour chaque armée, une durée et un délai minimal d’annonce avant la reprise des hostilités. Ce qui est décidé du côté anglais est une suspension de 48 heures, prorogée indéfiniment en cas de début des négociations de la convention, avec un délai de 12 heures minimum avant la reprise des combats. Dalrymple insiste dès ce moment pour ne pas pousser les Français à l’extrême de peur qu’ils se retirent des négociations. Kellermann va jouer sur cette corde sensible durant toutes les discussions.

        Le général en chef anglais va inviter le général français sous sa tente pour discuter les termes d’une suspension d’armes préalable à la négociation. Burrard est présent en tant que 2nd-in-command, mais n’aura pas voix au chapitre ; quant à Wellesley, il n’est pas convié et reste à l’extérieur.
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 27 Mai 2020, 16:09

        4) Texte original de la convention de cessez-le-feu (en français dans le texte)

        Au quartier général de l’Armée Anglaise, le 22 Août 1808

        Suspension d’Armes arrété entre Mons. Le Chevalier Arthur Wellesley, Lieutenant Général, et Chevalier de l’ordre du Bain, d’une part ; et Mons. Le Général de Division Kellermann, Grand Officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’ordre de la Couronne de Fer, Grande Croix de l’ordre du Lion de Bavière, de l’autre part ; tous deux chargés de pouvoirs des Généraux respectifs des Armées Françaises et Anglaises.

        Art 1. il y aura à dater de ce jour une suspension d’armes entre les armées de Sa Majesté Britannique et de Sa Majesté Impériale et Royale, Napoléon Ier., à l’effet de traiter d’une Convention pour l’évacuation du Portugal par l’armée Française.

        Art 2. Les Généraux en Chef des deux armées, et M. le Commandant en Chef de la flotte Britannique à l’entrée du Tage, prendront jour pour se réunir dans tel point de la côte qu’ils jugeront convenable pour traiter et conclure la dite Convention.

        Art 3. La rivière de Sizandre formera la ligne de démarcation établie entre les armées. Torres Vedras ne sera occupée ni par l’une ni par l’autre.

        Art 4. M. le Général en Chef de l’armée Anglaise s’obligera à comprendre les Portugais armées dans cette suspension d’armes, et pour eux la ligne de démarcation sera établie de Leiria à Thomar.

        Art 5. Il est convenu provisoirement que l’armée Française ne pourra dans aucun cas être considérée comme prisonnière de guerre ; que tous les individus qui la composent seront transportés en France avec armes et bagages, et leurs propriétés particulières quelconques dont il ne pourra leur être rien distrait.

        Art 6. Tout particulier, soit Portugais, soit d’une nation alliée à la France, soit Français, ne pourra être recherché pour sa conduite politique ; il sera protégé, ses propriétés respectées, et il aura la liberté de se retirer du Portugal dans un terme fixé avec ce qui lui appartient.

        Art 7. La neutralité du port de Lisbonne sera reconnue pour la flotte Russe, c’est-à-dire que lorsque l’armée ou la flotte Anglaise seront en possession de la ville et du port, la dite flotte Russe ne pourra ni être inquiétée pendant son séjour, ni arrêtée quand elle voudra sortir, ni poursuivie lorsqu’elle sera sortie, qu’après les délais fixés par les lois maritimes.

        Art 8. Toute l’artillerie du calibre Français, ainsi que les chevaux de la cavalerie, seront transportés en France.

        Art 9. Cette suspension d’armes ne pourra être rompue qu’on ne se soit prévenu quarante-huit heures d’avance.

        Fait et arrêté entre les Généraux désignés ci-dessus au jour et à l’année ci-dessus.
        ARTHUR WELLESLEY Le Gén. de div. KELLERMANN

        Article Additionnel. Les garnisons des places occupées par l’armée Française seront comprises dans la présente Convention, si elles n’ont point capitulé avant le 25 du courant.

        ARTHUR WELLESLEY Le Gén. de div. KELLERMANN
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 28 Mai 2020, 11:32

        5) Critique du texte du cessez-le-feu

        -La première incongruité de ce cessez-le-feu est dans l’en-tête. Il est signé entre Wellesley et Kellermann, soit-disant ; or le premier n’est pas d’accord sur les articles, mais on ne lui a pas demandé son avis. Il n’est mentionné au lieu de Dalrymple ou Burrard que parce que, Kellermann n’étant pas général en chef ou chef d’état major, l’étiquette militaire ne veut pas que ces deux officiers signent en regard du Français. Le seul autre Lieutenant-général présent est Wellesley, donc il signe, après avoir fait part de ses réserves. Il réitérera par écrit le soir même auprès de Dalrymple, ce qui lui permettra de n’être pas accusé de la deuxième erreur de ce texte lors du procès.

        -La deuxième erreur de ce premier document signé est dans l’article 1, où Kellermann est désigné comme l’envoyé du général en chef au Portugal « de l’armée de Sa Majesté Impériale et Royale Napoléon 1er ». Or l’Angleterre n’a pas reconnu, et ne reconnaîtra jamais, le couronnement de 1804. Toutes les missives échangées avec la France sont adressées soit au « Général Bonaparte », soit à « l’actuel chef de l’état français » ; c’est donc une faute grave au niveau diplomatique, qui n’ira pas plus loin car la convention ne parlera plus que de « l’Armée française », mais qui déclenchera une tempête politique en Angleterre jusqu’à ce que le gouvernement déclare haut et fort que non, ce ne sont pas les prémices d’une reconnaissance de l’Empereur, mais une erreur du général.

        -Une imprécision fatale s’est glissée dans l’article 5, à propos de l’intitulé « armes et bagages ». Les Français ont une vision très générale du terme, et n’entendent pas du tout la même chose que les Anglais dans ce terme.

        -l’article 6 est mal rédigé, et constitue les prémices du plus gros problème présent dans la future convention d’évacuation.

        -l’article 7 est une tentative de forcer la main à l’amiral Russe ; je vois bien Junot dire à Kellermann avant qu’il parte de Torres Vedras « essayez d’ emm… cet amiral qui ne veut rien faire » ou un truc comme ça. La réponse du Russe à la tentative de l’inclure dans la négociation sera du genre « faudra me passer sur le corps d’abord », quant à celle de l’amiral anglais, elle sera plus succincte mais tout aussi parlante : « No way».

        -l’article 8 est court, mais à lui seul concentre deux problèmes ; l’artillerie « de calibre Français » c’est du Gribeauval. Quelle nation proche du Portugal utilise aussi de l’artillerie du même système ? On trouve peut-être ici la source de la différence entre les pièce prises chez les Anglais et celles rapportées perdues par Thiébault. (16 contre 10 à Vimeiro, et 3 contre 1 à Roliça)

        Je vois ce tour de passe-passe d’une façon assez Star Wars, entre Murray et Kellermann, pendant les négociations. Dans le fond on distingue le général espagnol juste libéré des pontons de Lisbonne qui trépigne pour que les Français lui rendent les 8 pièces de 4 £ de sa batterie. Kellermann, se prenant pour un Jedi, fait un geste de la main en direction de Murray en lui affirmant «  ce ne sont pas ces pièces de 4 que recherche votre allié » et le DAAQMG anglais répétant docilement « ce ne sont pas ces pièces de 4 que recherche notre allié », suivi d’une crise de nerfs du général espagnol abandonné par les Anglais.

        Toujours est-il que les pièces « françaises » perdues à Roliça et à Vimeiro… ont été remplacées avant le rapatriement des Français sans être rendues par les Anglais, magique, non ?

        Deuxième problème de l’article 8, les chevaux de la cavalerie française sont morts en grande majorité en 1807. Les régiments provisoires vont néanmoins être rapatriés avec des montures (gros casse-tête pour le Board of Transport anglais qui n’a pas des tonnes de transports de chevaux sur le Tage). Les Anglais vont donc débarquer en France des chevaux de la cavalerie portugaise, qui y seront dédiés à la Légion Portugaise, pendant que les cavaliers français seront remontés avec des chevaux appropriés à leur arme...

        -article 9, les 12 heures de préavis ont grossi à 48, et le cessez-le-feu est devenu à durée indéterminée. Wellesley se plaindra qu’ainsi, les Français peuvent faire traîner les négociations tant que ça leur rapportera quelque chose. Ils ne risquent plus rien et ils immobilisent l’armée britannique. En fait, la situation à Lisbonne est assez explosive pour que ni Junot ni Kellermann ne tiennent à rester sur place plus que de raison.

        Bref, ce papier aurait besoin d’être entièrement réécrit ! Kellermann, jouant sur les peurs du général en chef anglais, a réussi à en faire un texte outrageusement favorable aux Français
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 30 Mai 2020, 16:37

        6) Remous et insuffisances de Dalrymple suite au cessez-le-feu

        Le 24 se présente au QG anglais un général Freire furieux et plein d'auto-suffisance, qui demande à Dalrymple :

        -pourquoi il n’a pas été consulté au sujet du cessez-le-feu, ce qui est un peu abusif au vu de son absence lors de la bataille du 21, et de la non-participation des ses troupes aux opérations actives contre les Français.

        -mais aussi pourquoi on ne lui a pas précisé les limites à ne pas dépasser, qui lui ont été prescrites dans ledit cessez-le-feu, ce qui est un grief parfaitement réel !

        Il est d'autant plus conforté dans son autosuffisance que 5000 nouvelles levées en provenance de Oporto viennent de le rejoindre, et qu'une brigade espagnole prêtée par la Junta de Galicia vient d'arriver à Guarda, et s'est placée, au moins théoriquement, sous ses ordres.

        Malgré les menaces qu’il va proférer lors de son entrevue, le général portugais respectera le cessez-le-feu signé. Dalrymple dans son ouvrage disculpatoire, indiquera qu’il n’avait aucune information sur la proximité dudit général (mais alors pourquoi en parler dans le cessez-le-feu), et prétendra qu’il n’a pas informé la Junte d’Oporto car pour lui le gouvernement anglais ne l’avait pas reconnue comme autorité souveraine du Portugal. Ces deux arguments sont un peu faibles, voire casuistes, et en tout cas il lui était simple de se renseigner auprès de Wellesley ou de n’importe quel officier général présent depuis le débarquement…

        En général, Dalrymple semble avoir totalement oublié qu’il était important de transmettre ce genre d’information à qui que ce soit, car le gouvernement anglais, lui, ne sera mis au courant de ce cessez-le-feu que par une missive datée du 30, soit avec plus d’une semaine de retard… Les envoyés de la Junta portugaise, eux, le sauront bien avant, et se répandront en imprécations contre le gouvernement dans les journaux d’opposition anglais. Ce gouvernement, n’ayant aucune idée de quoi on parle, aura bien du mal à contrer la campagne journalistique.

        Les discussions sur l’accord d’évacuation vont se tenir à Lisbonne, entre le DAAQMG Murray et le Général Kellermann, Murray élisant domicile dans la capitale pour l’occasion, ce qui lui permettra d’être témoin de l’atmosphère électrique de cette fin d’occupation. Elles vont durer sept jours pleins, du 23 au 30 août, et déboucher sur un texte en 22 articles, auxquels 3 supplémentaires seront ajoutés après coup.
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Re: [Portugal 1807-1808] Une campagne (anglaise) tronquée

Messagepar MASSON Bruno sur 02 Juin 2020, 11:35

        7) Les amiraux décident de se débrouiller seuls

        Ces discussions vont être âpres, mais dans l’ensemble on peut dire que Kellermann a « mangé » son homologue anglais, en cela que les articles sont encore une fois très favorables aux Français. Un article sera ajouté après coup à la cessation des hostilités du 23, indiquant que les Anglais ne doivent pas empêcher l’entrée des provisions dans Lisbonne tant que le cessez-le-feu est en vigueur (la population doit pouvoir se nourrir si elle doit rester contrôlable).

        Le 25, un message de Dalrymple est envoyé à Junot, l’informant que l’amiral anglais refuse catégoriquement d’entendre parler de l’article 7, ou de s’impliquer dans les négociations à terre. Junot en profite pour tenter un nouveau gambit, et dit que les Anglais peuvent reprendre leur accord partiel, qu’il va défendre Lisbonne rue par rue, et qu’il brûlera ce qu’il ne peut pas emporter.

        Malheureusement, la personne décisionnaire est l’amiral Cotton, pas Dalrymple, et il n’est pas du tout impressionné par les déclarations du général en chef français. Quand le général anglais annonce à son homologue qu’en conséquence de ce désaccord, les hostilités reprendront le 28 à midi, conformément à l’article 9, la réponse française est que l’amiral russe ayant fait savoir qu’il discutait de son côté avec son homologue anglais, l’article 7 n’avait plus lieu d’être. Les négociations continuent donc.
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