1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Messagepar MANÉ Diégo sur 27 Fév 2019, 10:56

Les opérations de l’Armée des Pyrénées de Juin 1813 à Avril 1814 - La bataille d’Orthez -

Le nouvel article fleuve de Thierry Louchet est centré sur la bataille d’Orthez, livrée le 27 février 1814 par les Français du maréchal Soult aux Anglo-Portugais du field-marshall Wellington. Il ne laisse cependant rien à désirer sur les tenants et aboutissants de ladite bataille, qui est un véritable crève-coeur pour tout amateur français de la période impériale.

Tant et si bien que je ne suis jamais parvenu à concrétiser mes propres velléités d’écrire sur le sujet, depuis 1982 que j’ai commencé à rassembler de la documentation relative.
Je viens de retrouver un courrier reçu alors d’un correspondant habitant Orthez, Mr Gipoulou, et qui m’avait gentiment communiqué divers documents dont un ne figurant pas dans la bibliographie donnée par Thierry Louchet. Il s’agit d’un petit article publié dans le journal local sous la plume de Pierre Cazaubon et André Costedoat, que je vous donnerai donc sur le forum, en complément du superbe article de Thierry Louchet sur le site, que voici ici :

http://www.planete-napoleon.com/docs/18 ... renees.pdf

Vous verrez, tout y est, même la tristesse, certes induite, mais bien présente. Comment en étions nous arrivés là ? Heureusement qu’il nous reste le kriegspiel pour (tenter de) sauver l’honneur des troupes impériales, constamment vaincues par le «Vilainton» depuis son arrivée dans la Péninsule : Vimeiro 1808, Talavera 1809, Buçaco 1810, Fuentes de Oñoro 1811, Salamanca 1812, Vitoria 1813... Mais cela allait changer sur le territoire national que les Anglais re-foulaient pour la première fois depuis un siècle. Du moins pouvait-on l’espérer.

Il n’en fut rien, et si le tardif succès défensif de Toulouse le 10 avril 1814 permit à Soult de «bien finir», il avait toutefois fort mal commencé dans les Pyrénées fin 1813, et pas très bien continué à Orthez le 27 février 1814, comme vous pourrez le constater. Il y avait pourtant de belles troupes bien disposées sur un beau terrain... Mais le coeur n’y était plus après tant de défaites alors que l’ennemi ne doutait plus de rien après tant de victoires. Je crois bien que l’explication fondamentale réside au moins en partie là car «à la guerre tout est moral» (Napoléon).

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Re: 1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Messagepar MELCHIOR Thierry sur 27 Fév 2019, 14:16

Merci Thierry Louchet pour ce magnifique document qui mériterait d'être édité ! :grin:

Et merci Diégo de l'exposer sur le forum de Planète Napoléon. 8)
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Re: 1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Messagepar MANÉ Diégo sur 18 Mar 2019, 14:15

J'ai déposé par erreur le 3 mars ce message dans le post "Échanges sur les guerres de Vendée", et ne m'en aperçois qu'aujourd'hui que j'y suis retourné. Le voici désormais à sa bonne place.

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Article de Pierre Cazaubon dans «l’Echo Béarnais», probablement fin des années 50
(compilé par Diégo Mané en 2019)

Caüses de nouste (choses de chez nous)

La Bataille d’Orthez du 27 février 1814


Quand on quitte Orthez au petit train de promenade par la route de Dax, on est malgré soi intrigué - oh si peu ! - par les deux monuments de pierre qui rappellent une bataille qui se déroula en ces lieux au siècle dernier : le 27 Février 1814.

Date lointaine pour les jeunes bien sûr mais plus rapprochée - c’est certain - donc plus expressive pour les anciens... car lorsqu’on abordait en classe la chute de Napoléon Ier, l’instituteur ne se faisait pas faute de nous conter la bataille d’Orthez !

On ne parle plus guère de cette bataille... Dame, il y en a eu tellement d’autres depuis 1814 ! Mais on en parlait bien encore au temps où nous étions gosses et je sais - par ouï-dire - qu’on en fêta le centenaire juste avant la déclaration de guerre de 1914. Pour ma part j’avais alors un an...

Certain jour je vous ai conté cet anniversaire d’après des documents, notamment le «Franc-Parler», ancêtre de «l’Echo Béarnais», qui vit le jour en... 1897. Mais je pourrais vous citer des anciens qui se souviennent fort bien de cet anniversaire, par exemple mon propre voisin Jean-Louis Puyoo qui avait à ce moment quinze printemps et qui venu à la «fête» avec les écoliers de Baigts... «pédibus», comme de bien entendu ! Et cette fête avait eu lieu autour du monument de pierre qui rappelle la bataille et sous lequel dorment - d’après Louis Batcave - plusieurs soldats tués en combattant à quelques pas de la propriété Gerton.

Une foule nombreuse avait envahi la route de bonne heure ce jour-là (les automobiles n’étant alors d’aucune gêne !) et pour tenir bon chacun avait porté son casse-croûte. Il y eut des discours, de la musique, des chants, et surtout, surtout, un splendide lâcher de pigeons !

Mais retournons à notre bataille de 1814...

Comme bien d’autres combats de ce moment, celui d’Orthez est un maillon de plus dans la débâcle de l’Empire. Débâcle inévitable depuis la désastreuse retraite de Russie et - tous près de nous - depuis l’évacuation de l’Espagne où notre armée connut une résistance farouche beaucoup plus forte qu’en Belgique, en Italie ou en Allemagne. Pampelune, Vitoria et tant d’autres villes et villages ne pouvaient en effet oublier les pénibles moments de l’occupation française... Pour l’Espagne, la revanche apparaissait. Ne nous étonnons pas alors si nous apprenons que les troupes espagnoles se montrèrent souvent agressives sur notre propre sol...

Tout cela paraît bien oublié de nos jours... C’est tant mieux. mais il est bon tout de même de le rappeler et de l’apprendre.

La bataille d’Orthez a tenté plusieurs historiens. Mais nul récit n’a été vraiment aussi fouillé, aussi complet, que celui que nous a laissé... Louis Batcave, l’historien le plus fécond de notre cité... et orthésien de très vieille souche (La maison Batcave - toujours debout - existait en 1385 !). Actuellement cette famille habite Paris mais ne nous oublie pas puisqu’elle revient au pays chaque année aux vacances et qu’elle reçoit régulièrement «l’Echo Béarnais» ; un abonnement qui date de loin !
Eh bien, lecteurs, c’est son propre ouvrage que je tiens à vous faire connaître à partir d’aujourd’hui. Fort peu de vous le possèdent je le sais. Aussi, si vous aimez l’Histoire et Orthez - pensez à conserver les «Echo Béarnais» à partir de ce jour !

Deux remarques avant de terminer ce papier :
1°) «La Bataille d’Orthez», par Louis Batcave parut en 1914, donc à l’occasion du Centenaire. Le livre fut imprimé à Pau 11, rue de la Préfecture, chez Lescher-Moutoué. Il comprend 78 pages.

2°) La carte ci-contre que je me permets d’ajouter sera, j’en suis sûr, utile à maints autres que vous pour mieux suivre le déroulement des opérations.

C.

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Commentaire DM

L’ouvrage de Louis Batcave figure dans la bibliographie de Thierry Louchet, et la carte donnée par Pierre Cazaubon n’apporte pas de novation à celles qui figurent en pied d’article.
Je ne les reproduis donc pas.

A suivre : Article de Pierre Cazaubon et André Costedoat

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Re: 1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Messagepar MANÉ Diégo sur 21 Mar 2019, 15:20

Article de Pierre Cazaubon et André Costedoat
dans «l’Echo Béarnais», publié en 1964
(compilé par Diégo Mané en 2019)

Caüses de nouste («choses de chez nous»)

La Bataille d’Orthez


Il y a quelques années je vous ai entretenus du combat bien meurtrier qui vit s’affronter au nord d’Orthez, sur un demi-cercle qui reposait sur Biron et sur Baigts, les armées de Napoléon et celles de l’Angleterre.

Combat meurtrier, oui, mais perdu, ce qui vous laisse à penser que l’étoile de Napoléon déclinait chaque jour. Je vous ai conté alors l’épisode épouvantable du «Ravin des Chasseurs», et la fuite vers le nord de nos armées désemparées et la mise en terre de centaines de tués en ce petit lieu peuplé de pins, à droite de Laclote... Un lieu où il m’arrive de passer parfois, dans les touyas. 150 années recouvrent leurs corps. Les braves gosses... Oubliés, bien oubliés...

Pour vous conter ce combat, je m’étais informé auprès de feu Batcave qui nous a laissé de précieux renseignements.

Un ami que vous connaissez reprend aujourd’hui même ce sujet mais en prenant assise non sur Batcave mais sur l’érudit Ferron*. Ecoutez-le. Et vous verrez que Batcave et Ferron se complètent heureusement.

P.C.

Ferron, Michel, «Les blessés français de la bataille d’Orthez».

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Petite histoire d’un grand fait d’armes.

Je conserve toujours le souvenir d’une des premières promenades du jeudi, organisées il y a près de 50 ans, à l’intention des internes du Collège Moncade d’Orthez. Le but en était le monument du Général Foy et de son sapin centenaire sur la route de Dax. Plus tard, j’ai eu l’occasion de voir, dans une cathédrale de Londres, le nom d’Orthez figurer parmi les nombreuses batailles livrées avec succès par nos «amis» anglais. Deux simples fait qui nous rappellent, si besoin était, le souvenir des combats meurtriers qui se déroulèrent le 27 février 1814 sur les hauteurs de Saint-Boès.

Une armée en déroute

En 1813, l’armée impériale se trouve en mauvaise posture en Espagne. Le 21 juin 1813, la défaite subie devant les armées alliées (Angleterre, Espagne, Portugal) à Vitoria, précipita le mouvement de retraite des hommes de Joseph Bonaparte vers la frontière française. Le général Foy, qui a donné son nom au monument de la route de Dax, tente, mais en vain, d’arrêter à Tolosa (Pays basque espagnol) l’ennemi sous les ordres de Wellington. Il est contraint de se replier et l’Anglais occupe rapidement le col de Roncevaux.

A l’autre extrémité du département, le corps d’armée de Clausel bat en retraite par la route de Jaca et du Somport. Le 7 octobre 1813, Wellington entre en France après avoir réduit à néant les défenses du Maréchal Soult, appelé au commandement de l’armée des Pyrénées avec titre de «lieutenant de l’Empereur». Dès le 15 janvier 1814, le principe général d’un retrait sur la Loire de l’ensemble des armées impériales est acquis avec, dans toute la mesure du possible, les combats retardateurs qui s’avéreront nécessaires. Wellington avance en Pays Basque et est en mesure d’atteindre rapidement le grand axe routier Bayonne-Perpignan par Orthez et Pau, de même que les routes qui, partant de Bayonne, Orthez et Pau, traversent les Landes pour mener à l’intérieur de la France.

L’investissement d’Orthez

Pourquoi la ville d’Orthez devient-elle subitement le point névralgique ? Wellington estime que la voie d’Orthez est la plus avantageuse car elle permet de lui donner la clé des communications entre Saint-Sever et Mont-de-Marsan. Il agit en conséquence, traverse le gave d’Oloron dans la région de Sauveterre pour surprendre Orthez et empêcher une réunion des troupes françaises gardant l’Adour inférieure et la rive droite des gaves. Le 24 février le général espagnol Morillo met le siège devant Navarrenx et l’anglais Picton fait son entrée à Sauveterre le 25. La position d’Orthez devient précaire. La hauteur de Magret à 800 mètres de Départ est encore tenue le 25 par le général Villate mais Wellington en personne le refoule dans le faubourg. La rue des Aiguilletiers est transformée en barricade sur la partie que parcourt aujourd’hui la voie ferrée. A midi, le vieux pont d’Orthez, témoin de tant de faits historiques, saute en partie à la suite de l’explosion d’une mine disposée sous la grande arche, la plus ancienne, par le génie français. Le Maréchal Soult a confié à la cavalerie le soin de la garde du gave, de Pau à l’Adour, mais dans la matinée du 26, l’Anglais Beresford traverse ce même gave dans les environs de Peyrehorade et, se dirigeant vers Orthez, vient s’installer sur un plateau à l’est de Baigts. D’autres éléments anglais, qui ont traversé le gave à Lahontan et Berenx, le rejoignent rapidement. Soult, dont le quartier général se trouve à l’hôtel «La Belle Hôtesse» d’Orthez, réalise que la bataille est proche et inévitable. D’ailleurs, Napoléon y est résolu et donne des ordres en conséquence. En ville apparaissent déjà les signes avant-coureurs d’un cataclysme ; la population, les employés du trésor, les percepteurs des finances commencent à fuir vers le nord. Le pillage des biens commence à s’organiser. C’est la grande panique.

Les hasards d’une bataille

Le choc se produit à l’aube du 27 février, par une belle journée d’hiver, dont le climat du Sud-Ouest est coutumier à cette époque. Soult pensait à tort que le gros des troupes ennemies se trouvait sur la rive gauche du gave devant Orthez, alors que les mouvements du corps de Beresford avaient eu lieu à l’ouest. Il est donc surpris puisque la bataille se déroulera au nord-ouest de la ville, l’agglomération urbaine constituant seulement la base des opérations. L’armée française, bien qu’inférieure en nombre, compte de bons généraux, parmi lesquels le général de division Harispe, un Basque de Saint-Etienne-de- Baïgorry et le général Foy. Le décor est austère et tourmenté ; les hauteur dominant Orthez, côté Saint-Boès et le village même de Saint-Boès, avec son église à mi-hauteur sur le versant est du plateau, enserrée dans un ravin difficile, marécageux à l‘occasion. Les troupes françaises occupent les collines qui, à l’est et au sud-est, entourent la forte dépression de terrain et l’église du village. Les positions du général Foy s’appuient d’un côté sur la route de Bayonne et d’un autre côté sur le gave, à 500 mètres de la route de Dax.

Sous les ordres du maréchal Beresford, l’attaque anglaise démarre subitement et se développe, côté Saint-Boès, vers l’extrême droite du dispositif français. Soult doit donc se tenir sur la défensive face à une attaque visant au débordement des ailes françaises en faisant porter l’effort sur Saint-Boès. Les 3e et 6e divisions anglaises s’emparent des hauteurs à proximité du village et arrivent en vue des premières maisons. mais l’attaque ennemie parvient, tant bien que mal, à être contenue dans ce secteur et aussi à l’autre aile. Reste alors la ressource de l’attaque au centre et le général Foy se trouve immédiatement en première ligne. Il est blessé par balle à l’omoplate gauche et doit céder le commandement de sa division, qui perd du terrain malgré le courage déployé. Le combat semble tourner à l’avantage des Anglais. Les mouvements offensifs de l’ennemi se multiplient tout le long de la ligne de front et nos troupes, voyant la route de Dax coupée, s’écrient : «Nous sommes coupés, l’ennemi est sur la route...». La retraite est difficile et s’opère vers Sallespisse et Sault-de-Navaille par la route de Bordeaux. La poursuite engagée par les alliés se termine sur le Luy de Béarn à Sault-de-Navaille. A la fin de cette journée mémorable du 27 février on pouvait considérer les combats comme terminés.

Dès le 28 Wellington entreprendra de continuer à poursuivre Soult avec trois colonnes : la droite par Lacadée, Saint-Médard et Samadet, le centre par la route de Bordeaux, la gauche vers Saint Cricq-Chalosse.

... / ...

A suivre, partie II. LE BILAN
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Re: 1814. L'Armée des Pyrénées et la bataille d'Orthez.

Messagepar MANÉ Diégo sur 31 Mar 2019, 10:04

Suite et fin de l'Article de Pierre Cazaubon et André Costedoat
publié en 1964 (le cent-cinquantenaire) dans «l’Echo Béarnais»
(compilé par Diégo Mané en 2019)

Caüses de nouste («choses de chez nous»)

La Bataille d’Orthez

II. LE BILAN

IMPORTANCE DES PERTES


Ainsi Wellington est-il le triomphateur incontestable de cette bataille aux alternatives diverses. Il fait dans Orthez une entrée solennelle avec une partie de ses troupes, montant un beau cheval, «Copenhague», pur-sang bai-brun qui a connu la victoire à Vitoria. Il ne paraît nullement se ressentir de la blessure reçue à la cuisse par une balle perdue probablement et il n’hésite pas à s’installer à la «Belle Hôtesse» dans la chambre même que Soult à occupée.

Les pertes sont élevées dans les deux camps. Les chiffres avancés, sujets à des variations assez importantes selon les sources, peuvent être résumées approximativement de la manière suivante : 1.500 morts et 2.500 blessés pour les Français ; 2.000 morts et 1.500 blessés pour les Alliés. L’Anglais Woodberry écrit «La route était jonchée de cadavres, il y en avait, je crois, plus qu’à Vitoria et pour le temps que dure la bataille, elle fut une des plus meurtrières».

L’importance des effectifs engagés était pour Soult de 30.000 hommes d’infanterie et 3.000 cavaliers, 40 pièces d’artillerie et 8.000 conscrits environ. Il s’agissait de jeunes conscrits béarnais et basques, recrutés et armés en toute hâte qui, malgré leur inexpérience se conduisirent courageusement. Les Anglais possédaient un nombre de soldats légèrement supérieur.

FONCTIONNEMENT DU SERVICE DE SANTÉ

La bataille d’Orthez fournit un exemple intéressant du fonctionnement du service de Santé. L’ambulance se trouvait au château de Sallespisse. Les équipages de l’armée, avec une réserve d’artillerie, étaient basés à Sault-de-Navaille, point de départ des évacuations vers l’arrière. Divers postes de premier secours existaient à l’avant au contact des régiments. Vers 14 heures le 17 février (sic), l’ambulance reçoit un ordre de repli vers Sault-de-Navaille, ce qui oblige le général Foy blessé vers 12 h 30 à rejoindre à cheval, cette dernière localité.

L’activité de l’ambulance a été grande pendant la période de 12 heures que dura son fonctionnement, soit de 8 h à 20 h. L’évacuation proprement dite de Sault-de-Navaille vers Saint-Sever pose de gros problèmes de transport. Certains doivent s’y rendre à pied, d’autres, les plus nombreux sont transportés assis ou couchés à l’aide des voitures des équipages de l’armée, vidées de leurs munitions et approvisionnements et de charettes de paysans (bros) requis dans le voisinage. Etrange spectacle que ces charrettes à deux roues, formant de longs convois sur la route et menées par des hommes vêtus de peaux de mouton ou de la «chamarre», coiffés du béret traditionnel et stimulant leurs boeufs avec la fameuse «agulhade» (long bâton avec pointe de fer). Les «bros» portant en moyenne 5 hommes, mettaient 8 heures pour accomplir le trajet Sault-de-Navaille - Carrefour de Péré (en bas de Saint-Sever). Les blessés graves sont transportés en calèche ou litières portées par des chevaux et des hommes, jusqu’à Barcelonne-du-Gers. Les blessés arrivés à Saint-Sever devront être évacués sur Dax, ville placée en dehors de l’axe de progression de l’ennemi en utilisant la voie fluviale de l’Adour. Une flotille de barques pouvant transporter chacune de 40 à 60 hommes est réquisitionnée pour assurer cette évacuation.

En définitive, on peut constater que malgré les moyens nécessairement lents et imparfaits dont il disposait, le service de Santé put mener à bien, dans les meilleures conditions possibles, la tâche essentielle mais périlleuse, de l’évacuation des blessés de la bataille d’Orthez.

FIN -

A. COSTEDOAT
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