L'Espagne en 1815, et après...

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 09 Nov 2015, 09:43

J'ai eu du mal avec le titre de ce post, qui veut parler de l'état létal de l'Espagne après "sa" guerre d'indépendance, finie en 1814, mais aussi de ses "perpectives" en 1815, et après...

Ravagé par sept ans de guerre totale, le pays allait poursuivre sa descente aux enfers des mains de son propre souverain, Fernando VII "el Déséado" (Ferdinand VII "le Désiré"), dont le long règne de 24 ans sera le pire que l'Espagne ait jamais eu à subir de toute son histoire... et portera en germe les guerres civiles Carlistes. Ajoutons les manoeuvres et la dette britanniques, l'intervention française (encore !), la perte des colonies, la corruption généralisée dont le roi donna l'exemple, et j'en passe, et vous aurez une faible idée de l'état de décadence irréversible du pays.

C'est notre ami Nicolas-Denis Remÿ qui, dans le cadre de son "Uchronie 1815" *, m'a amené à "gratter" ce sujet qui n'a guère intéressé de ce côté des Pyrénées et qui a franchement dégoûté de l'autre côté.

* viewtopic.php?f=4&t=1436

J'ai à sa demande traduit le "Traité de paix amitié et alliance" signé entre l'Espagne et l'Angleterre le 5 juillet 1814, dont certains articles, surtout "secrets" ou "séparés", gagnent vraiment à être connus car ils expliquent bien des choses.

J'en fais donc profiter tous ceux qui aiment à comprendre le pourquoi du comment desdites choses. C'est ici :

http://www.planete-napoleon.com/docs/TratadoEspIng.pdf

De fil (gros comme un cordage de la marine anglaise) en aiguille (grosse comme une ancre du même métal) tout devient plus clair en même temps que tout se complique (si, si, c'est possible), et si l'on a pu dire souvent "pauvre France", vous verrez plus tard dans ce post que dans le genre calamiteux la "pauvre, mais très très pauvre Espagne", sera première toutes catégories, très loin "devant".

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 19 Déc 2015, 16:59

Je viens de mel l'ordre de bataille du Corps Expéditionnaire espagnol envoyé aux Amériques sous les ordres du général Morillo en 1815. C'est ici :

http://www.planete-napoleon.com/docs/1815-Morillo.pdf

Je l'ai complété de nombreuses considérations relatives, tant liées à ces troupes qu'à la situation de l'Espagne en 1815, et après...

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MASSON Denis sur 22 Déc 2015, 18:08

Intéressante narration, Diégo.

Concernant le vaisseau amiral du corps expéditionnaire, que voilà un incendie qui tombait fort mal à propos, au vu de sa cargaison... Allez donc faire une campagne sans argent !

A se demander si son caractère fut vraiment accidentel, bien que le feu ait toujours été un grand risque sur ces navires ("le pire ennemi du marin", je crois). A moins que ce ne soit caractéristique d'un relâchement fatal de l'équipage ou de la discipline et entrainement de l'époque ?

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 27 Déc 2015, 14:22

Oui, l'argent étant le nef de la guerre, commencer une campagne sans en avoir est plus difficile en rapport. Le résultat premier est que Morillo a du débuter la sienne en taxant très durement les populations qu'il était censé "libérer" de l'emprise des rebelles... qui les taxaient aussi de leur côté.

Le côté accidentel de l'incendie du vaisseau amiral "San Pedro de Alcantara" ne fait pas de doute. Il est effectivement le fruit de négligences graves des officiers comme de l'équipage, induites par les années de délabrement physique (des navires) et moral (des équipages) ayant conduit à la ruine totale de la marine espagnole, qui ne compta plus dès lors qu'un unique vaisseau en état de naviguer, l'"Asia"... Qui se trouvait alors aux Philippines.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 27 Déc 2015, 15:53

Je viens de tomber sur un texte* relatant les heurs et (surtout) malheurs des troupes expéditionnaires espagnoles en "Nueva Espana", soit au Mexique, et de fait il en est arrivé encore quelques unités en 1815, et après...

* "Fuerzas militares en iberoamerica siglos XVIII y XIX" par Juan Ortiz Escamilla (coordinador),
Article pp 139+ intitulé "Soldados en la escena continental: los expedicionarios espanoles y la guerra de la Nueva Espana, 1810-1825" par Christon I. Archer, Universidad de Calgary, Canada.

Je vous liste les onze unités concernées (cinq autres, plus deux régiments de dragons, étaient déjà a demeure... ce qui au demeurant, c'est le cas de le dire, ne fait pas beaucoup pour le territoire immense à couvrir !).

1812 : 3857 hommes en 6 bataillons (America, Lobera, Voluntarios de Castilla, Asturias, Zamora, Fernando VII de Europa).

1813 : 1895 hommes en 2 bataillons (Extremadura, Saboya).

1815 : 1749 hommes en 3 bataillons (Ordenes Militares (2), Voluntarios de Navarra (1), partis de Cadiz le 14 avril 1815 sous les ordres du Brigadier Miyares (opportunément "blanchi" des charges pesant sur lui depuis le désastre de Castalla en 1812). Ces troupes étaient initialement destinées à Panama et au Pérou, mais l'absence de nouvelles de Nouvelle Espagne et la crainte qui en résulta les fit détourner (comme celles de Morillo, destinées à l'Argentine, finirent au Vénézuéla !).

La traversée de 66 jours s'effectua a bord de la frégate du roi "Sabina", avec cinq autres frégates et 4 navires de commerce. Arrivés à Vera Cruz le 18 juin, les bataillons en partirent pour Xalapa le jour suivant... sauvant la troupe du "vomito negro" (le vomi noir") qui décimait les unités venant d'Europe qui avaient la mauvaise idée de rester en ce lieu insalubre pour les non acclimatés.

Certes bien, les vétérans mirent en déroute les 1500 rebelles retranchés qui bloquaient le port, et ce succès ne leur coûta que 2 officiers et 16 soldats blessés... Mais c'était avant l'intervention des insectes "mortifères" pullulant dans le secteur de "la vraie croix" (la Vera Cruz) et qui s'avérèrent bien plus efficaces contre l'armée régulière que les milliers de rebelles.

1817 : 1547 hommes en 2 bataillons du régiment de "Zaragoza" arrivés en avril sous le Mariscal de Campo de Linan... Cet illustre régiment de vétérans de la guerra de la Independencia perdit en moins d'un an de séjour en Nouvelle Espagne 12 officiers et 200 soldats par maladie, sans préjudice -quoique- de ceux peuplant les hôpitaux. Comme dans les autres unités ses soldats se trouvaient alors en haillons et "presque nus", entamant le même processus qui avait graduellement mené à la désintégration complète des unités précédentes, qui "disparurent" sans laisser de trace.

De fait, c'est l'endroit de souligner que si Napoléon (qui était un génie) perdit l'Espagne pour avoir voulu mener la guerre de la Péninsule depuis Paris, Ferdinand VII (qui était un incapable malfaisant) perdit ses colonies d'Amérique pour avoir voulu mener leur "pacification" depuis Madrid.

Les rapports mensongers des généraux espagnols ne le cédaient en rien dans ce registre à ceux des maréchaux de l'Empire. Les communiqués de victoires décisives pleuvaient... et si l'on demandait des renforts (en réalité bien plus que nécessaires) ce n'était que pour parachever l'éclatante victoire de celui qui les avait demandés... d'où la désillusion de Miyares, arrivé "pour en finir" et trouvant tout à faire !

Il est vrai qu'en outre les Espagnols n'étaient pas (mais alors pas du tout) aidés... alors que les rebelles l'étaient (beaucoup), entre autres par les pirates de la Nouvelle Orléans. Par exemple, en octobre 1815 ces derniers débarquèrent pour les insurgés mille fusils, mille sabres, mille poignards, quatre pièces d'artillerie et une grande quantité de munitions.

Si tant est que ce soit vraiment utile, car c'est un gros travail, il est possible de lister les unités espagnoles présentes en ultramar (outremer), et donc pas seulement en Amérique, en 1815, 1816, etc... Mais pour l'instant je vais retourner à celles présentes dans la Péninsule car c'est plus près, et de la France et du sujet !

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 31 Déc 2015, 11:06

Trouvé dans les décrets du Roi du 10 mai 1815 de nouveaux éléments relatifs aux expéditions aux Amériques.

Après avoir expliqué pourquoi Morillo fut détourné de Montevideo sur le Venezuela, il dit que deux autres expéditions sont parties de Cadix avec 2500 hommes sous le Mariscal de Campo Alejandro de Hore et le Brigadier Miyares à destination du Pérou et de Panama.

Nous savons (voir le message précédent) que Miyares fut détourné sur la Nouvelle Espagne avec ses 1749 soldats. Cela en laisse environ 750 à de Hore qui atterrira effectivement à Panama.

L'intéressant est la décision royale qui suit et décrète la réunion d'un (autre) corps de 20000 fantassins, 1500 cavaliers (à envoyer sans chevaux, ce qui tombait bien puisqu'ils n'en avaient pas) et artillerie en proportion... Qui toutefois ne partiront jamais faute de navires (britanniques) pour les transporter.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 31 Déc 2015, 16:48

Au passage une constatation concernant l'armée espagnole de 1815.

Le décret d'organisation du 2 mars 1815 est confirmé plusieurs fois ensuite, et surtout le 30 août ou sont nommés tous les régiments destinés à entrer dans la nouvelle organisation.

Or y figurent comme destinés à ne pas quitter l'Espagne TOUS les régiments envoyés outre mer.

Comme il ne peut s'agir d'une (énorme) erreur il est évident que les "partis" ont été remplacés ou qu'il était prévu de le faire. J'ai vu en une autre occasion que des régiments partis outre mer gardaient le même nom précédé de l'information "2° de...", afin de ne pas confondre avec le régiment de même nom resté (ou re-créé) en métropole.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MASSON Bruno sur 31 Déc 2015, 20:13

Cela me fait penser aux Shadoks, qui célèbrent le départ de leur vaisseau explorateur parti voir ce qu'il y avait au delà de l'horizon, puis juste après célèbrent la mort en héros des explorateurs, car chacun sait qu'au delà de l'horizon la mer se termine dans une cataracte infinie, et que ceux qui passent ce niveau tombent sans fin.

Donc là on envoie des régiments outremer, et puis comme ils ne reviendront jamais on les recrée juste après leur départ...
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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 03 Oct 2016, 07:53

Complément d'information sur un détail donné plus haut et relatif au vaisseau l'Asia, le seul et unique de l'Armada qui soit en état de naviguer après le naufrage du San Pedro de Alcantara.

Encore aux Philippines le 1er janvier 1815, l'Asia rentre à Cadiz le 30 juin 1815, en provenance du Pérou où donc il avait fait escale.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 03 Oct 2016, 09:09

Le 9 mai 1815 le roi Ferdinand VII signe à Madrid un décret concernant ses possessions d'Outre-Mer.

Il y mentionne l'expédition de Morillo et les renforts de Hore et Miyares dont j'ai parlé plus haut.

Puis disserte sur le futur, dont j'extrais et traduis en substance ce qui suit :

"Nonobstant cela (les forces déjà envoyées), désirant porter également assistance aux autres provinces d'Ultramar dont la situation l'exigerait, et que les troupes destinées tant à l'Amérique du Sud qu'à la Nouvelle Espagne (le Mexique) soient prêtes au moment opportun, j'ai pris la détermination qu'il soit réuni (à Cadiz) un corps de vingt mille fantassins, mille-cinq-cents cavaliers, et artillerie en proportion, dans le but d'accourir en tous points convenables pour suffoquer les germes révolutionnaires et faire respecter les autorités légitimes... Cela devra être effectif d'ici à mi-septembre ou début octobre...".

Donc l'intention y était, et ce corps fut effectivement réuni. Il ne lui manquait que des navires pour le transporter. De début 1816 à août 1819 il fut commandé par le TG Enrique O'Donnel, conde de La Bisbal, l'un des meilleurs généraux disponibles, signe renforçant le sérieux de la démarche.

Bon an mal an, on finit par réunir les batiments nécessaires, dont l'escorte se composait de six frégates, dix bricks et 30 chaloupes canonnières... Quand la fièvre jaune vint frapper la région.
Dégouté, O'Donnel fut remplacé au commandement de l'armée par Calderon qui éloigna les troupes de la baie pour essayer de limiter la propagation de l'épidémie. Jusque-là on n'avait pas eu de chance, mais cela allait changer...

Quoique... Car au moment où s'envisageait sérieusement l'embarquement, éclata la révolte de Riego qui surprit complètement Calderon (normal, il se préparait à partir quand elle arriva !). Le 1er janvier 1820 les troupes se mutinèrent à l'idée de prendre la mer sur les navires pourris vendus à prix d'or par les Russes. Certains de ces batiments, pourtant récents et malgré de longues et coûteuses réparations, faisaient eau et menaçaient de couler (ce qu'ils firent d'ailleurs plus tard à leur première sortie).

Au résultat l'Ejercito d'Ultramar devint le noyau armé du soulèvement qui permit le retour au pouvoir pour trois ans des Constitutionnalistes, avant l'intervention de la France en 1823, qui rétablit le pouvoir royal absolu de Ferdinand VII. Il était alors trop tard pour sauver les colonies, quand bien même la "camarilla" (clique de courtisans) du roi l'entretint dans ce projet jusqu'à sa mort en 1833.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar AUGER Vincent sur 03 Oct 2016, 16:46

J'étais à Derby ce week-end
Il y avait une table de démonstration sur une bataille de Bolivar pour la libération du Vénézuela en 1821
Les effectifs donnés à Bolivar par la petite affiche qui présentait la bataille étaient de 6500 hommes !!!

A noter :
  • pour cette bataille, Bolivar choisit de séparer ses forces en deux pour tenter un débordement de flanc, forçant son adversaire à lui aussi se scinder pour bloquer ce mouvement.
  • Bien mis en valeur par les joueurs anglais, la présence d'un bataillon de 600 volontaires anglais (essentiellement des anciens des KGL)
  • la bataille fut équilibrée et assez indécise. La capture et la tenue d'une colline par le bataillon anglais était décrite comme un des clés de la victoire de Bolivar

Je pense que le chiffre de 6500 hommes de cette bataille est assez significatif dans la discussion en cours. Réussir à envoyer les 20000 hommes préparés aurait fait une énorme différence
Ludiquement votre




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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 08 Oct 2016, 09:50

Por cierto ! (C'est sûr !).

La perte du Canada par la France, après la victoire française de Québec (qui suivit la défaite de même nom) et au siège de la ville occupée par les Anglais, tint au fait qu'après un hiver de souffrances inouïes pour les deux forces opposées, un navire de guerre fit enfin son apparition dans le Saint-Laurent. Quand il arbora l'Union Jack les assiégeants Français perdirent tout espoir et se rendirent.

Contrairement à l'Espagne de Ferdinad VII la France de Louis XV disposait d'une flotte puissante, et n'avoir pas même daigné envoyer un seul vaisseau démontre le mépris royal pour ces "quelques arpents de neige" et les quelques milliers de fidèles sujets qui les défendaient "pour le Roy".

Pour revenir aux batailles livrées en Amérique du Sud lors de sa "libéracion", elles sont en effet pour la plupart de taille divisionnaire. J'ai en mémoire celle de Chacabuco en 1817, victoire de San Martin à la tête d'environ... 6500 hommes... Dont il faudra que je vous parle un jour si j'en trouve le temps.

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 08 Oct 2016, 10:03

En cherchant autre chose je suis tombé sur une anecdote significative de l'état de déliquescence de la marine espagnole post 1815.

Elle concerne le MdC espagnol Ambrosio de la Quadra y Lopez de la Huerta (1767-1837), qui fit avec honneur toute la Guerra de la Independencia contre les Français, et commanda une brigade sous Castanos à l'Ejercito de la Derecha en 1815, entrant à Perpignan.

Le 15 mars 1817 il est nommé Capitan General de Filipinas, mais à sa sortie du port de Cadiz il est capturé par un corsaire insurgent et conduit prisonnier à Buenos Aires... Dont il s'échappera en 1820, gagnant Rio de Janeiro avant de regagner l'Espagne via Lisbonne sur un navire portugais (chat échaudé...).

C'était juste pour souligner à quel point les côtes espagnoles n'étaient pas sûres, y compris à la sortie de son principal port de guerre ! Et aussi l'infernal culot des "insurgeants" argentins... Si toutefois il ne s'agissait pas en réalité d'un corsaire britannique déguisé comme aux beaux jours de Sir Francis Drake !

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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar REMY Nicolas-Denis sur 01 Fév 2017, 17:45

En faisant des recherches, je suis tombé sur le site suivant, en espagnol, qui donne le contenu de la réforme du 2 mars 1815 sur l'organisation de l'infanterie et surtout sur l'uniformologie (que c'est joli !) et des autres réformes de l'armée espagnoles de 1815 et surtout 1818.

bon, c'est en espagnol, mais c'est joli !
http://losejercitosdelrey.es/1815-la-infanteria-2-2/
http://losejercitosdelrey.es/1815-regla ... aballeria/

on trouve dans la partie sur Fernando VII tous les règlements militaires espagnols. Cela vaut le coup d’œil :!: :grin:
Image
A plusieurs, le jeu c'est mieux ;)
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Re: L'Espagne en 1815, et après...

Messagepar MANÉ Diégo sur 25 Fév 2017, 17:51

Je viens d'enfin mel plusieurs articles sur les armées espagnoles en 1815 qui étaient en chantier depuis plusieurs mois.

1. Les armées espagnoles en 1815
Il s'agit de mon article de juin 2016, mais revu et corrigé en même temps qu'augmenté.
Ceux qui auraient télé-chargé l'article initial sont engagés à le détruire et remplacer par celui-ci.

http://www.planete-napoleon.com/docs/Ej ... s_1815.pdf

2. L'Armée (espagnole) de la Droite en 1815
Réunion de tout ce que j'ai pu trouver (et il y a de la matière) sur cette armée qui occupa brièvement Perpignan en 1815 sous les ordres de l'ineffable Castaños.

http://www.planete-napoleon.com/docs/Ej ... a_1815.pdf

3. L'Armée (espagnole) du Centre en 1815
Réunion de tout ce que j'ai pu trouver (dont un bel OB) sur cette armée fort bien organisée par Palafox.

http://www.planete-napoleon.com/docs/Ej ... o_1815.pdf

4. Les armées (espagnoles) d'Opérations en 1815
Exploitation des autres documents pour établir les OBs de ces trois armées déployées sur les Pyrénées.

http://www.planete-napoleon.com/docs/Ej ... s_1815.pdf

Vous le constaterez, s'il y a beaucoup d'éléments assez nouveaux pour que je ne les aies jamais vus auparavant, il existe aussi de nombreuses lacunes, notamment sur l'Armée de la Gauche, pour laquelle j'ai eu recours à ma célèbre intime conviction plus qu'à l'accoutumée, et donc je suis preneur de tout élément que notre lectorat attentif serait à même de partager avec nous pour améliorer ces articles.

Bonne(s) lecture(s) (oui, il y a plusieurs articles !).

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