par MANÉ Diégo sur 27 Oct 2026, 21:33
L’internaute généreux m’a communiqué deux extraits de documents :
1. Tiré de la Sabretache et dissertant, entre autres, sur les opérations du maréchal Victor en 1809, qui parle de 27 drapeaux pris à Uclés et portés à Paris par son aide-de-camp (et gendre !) Huguet-Chataux, qui, à force d’être mis en avant de la sorte, finira général (et tué à Montereau en 1814).
Les Espagnols contestent ce chiffre et disent que la plupart de ces emblèmes furent en fait pris dans une église … Ce qui toutefois ne change pas un autre fait ; ils furent exposés aux Invalides, et probablement détruits avec les autres le 30 mars 1814.
Le passage concernant Medellin confirme 9 drapeaux pris selon Oman qui s’étonne de si peu alors que les 23 régiments présents* arboraient selon lui 46 emblèmes. Le texte mentionne aussi la circonstance du don de la famille Villatte en 1863, mais le porte à trois drapeaux, le troisième étant donné comme un « emblème indéterminé de volontaires ».
* J'en trouve 32. Par ailleurs considérer que chaque régiment à deux drapeaux est au moins aventuré.
2. Tiré de l’Historique du 14e de Dragons, l’information claire, nette et précise, de la prise par ce régiment de l’étendard des Husares de Maria Luisa.
L’internaute Généreux a également poussé ses investigations à la recherche des autres historiques régimentaires de cavalerie et voici sa conclusion :
Les historiques des 5e Chasseurs et 2e Dragons ne mentionnent pas de drapeaux pris.
Il ne dispose pas des Historiques des 26e Dragons et 2e Hussards.
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Pour ce dernier régiment je sais avoir quelque chose quelque part dans mon « fatras » et vais tenter de le retrouver. Notamment une sorte de cursus du Capitaine Drazdianski qui naquit, vécut, et mourut, au régiment. Cet officier commandait le 4e et dernier escadron du régiment, et, après plusieurs manoeuvres en retraite, en eut assez de reculer et chargea la malheureuse et mauvaise (à moins que cela ne soit l’inverse) unité de cavalerie espagnole qui le talonnait, la rejetant en désordre sur la suivante, qui, … nous connaissons la suite !
… … …
À force de chercher j’ai trouvé ce qui suit :
Extrait de l’Historique du 2e de Hussards en Espagne
« Toujours vaillants en selle, les Chamborant furent pour leurs ennemis de terribles adversaires.
Mal vêtus, car les magasins de l’Empereur commençaient à s’épuiser, montés sur des chevaux misérables, car la remonte lui faisait défaut, ils inspiraient néanmoins la terreur et l’admiration, même à leur adversaire.
« Quand je vois, disait Wellington, ce misérable à côté de sa rosse, j’ai pour lui le plus souverain mépris. Quand je vois ce misérable monté sur sa rosse, je suis inquiet et regarde avec la plus grande attention ce qu’il va faire. Mais quand je vois ce misérable charger sur sa rosse, j’ai pour lui la plus grande admiration ».
Parmi les nombreux faits d’armes de cette guerre, il convient de citer le suivant, où l’on voit combien le sang-froid et l’énergie d’un simple capitaine eurent une large part au gain de la Bataille de Medellin, le 27 mars 1809 (en fait le 28, mais bon, la gloire resta).
D’après de Rocca, Lieutenant au 4e escadron du 2e Hussards et participant à l’action.
« Le 4ème escadron, alors commandé par le Capitaine Drazdianski, était à l’arrière- garde de la division Lasalle et se retirait par échelons. Six escadrons de lanciers espagnols prennent le trot pour charger. Sans s’émouvoir le Capitaine Drazdianski fait faire demi-tour au pas à ses quatre pelotons, fort ensemble de 120 hommes, puis il commande et rectifie l’alignement, aussi tranquillement que sur le terrain des manœuvres.
Frappés d’étonnement devant une telle fermeté, les cavaliers espagnols ralentissent involontairement l’allure. Drazdianski saisit le moment, fait sonner la charge ; le 2ème Hussards s’élance comme un fou, les lanciers espagnols, pris de panique, se renversent sur les escadrons qui les suivent. Leur masse, tout à l’heure arrogante, ne forme plus qu’une cohue de fuyards qui se laissent sabrer sans se défendre. Le Général Lasalle, qui commande en chef, en profite pour lancer toute sa division sur les traces de Drazdianski ; la déroute de la cavalerie paralyse l’infanterie espagnole qui s’enfuit à son tour, en jetant bas les armes. Le combat est rétabli, la victoire devait suivre.
Plus tard, on retrouve le régiment aux ordres du colonel Gilbert-Louis Vinot au défilé de Torrejos (26 juillet 1809) où il détruit complètement le Régiment de Dragons Villa-Viciosa ; on le cite encore à Campillos (14 mars 1810) et à la Gébora (19 février 1811) où le Colonel Vinot fut mis à l’ordre pour sa brillante conduite, et où le brave Drazdianski trouva la mort glorieuse qu’il méritait. »
Conclusion, le 2e de Hussards, s’il fut à la base de la victoire de Medellin sur l’aile gauche, ne prit pas de drapeau pour autant.
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Trouvé sur le net :
" 1809: Le 28 mars à Medellin le 26e dragons charge un carré de 6000 fantassins espagnols. "
6000 c’est vraiment beaucoup, mais beaucoup trop ! 600 est en revanche parfaitement possible. Il convient aussi de se rappeler que le règlement de l’armée espagnole ne prévoit pas la formation en carré et qu’il doit plutôt s’agir de pauvres bougres pelotonnés en masse, fixés par la cavalerie dans l’attente d’être exécutés par l’infanterie.
Mes recherches indiquent l’existence d’un historique du régiment, rédigé en 1894 par le Capitaine de Lassuchette, mais qui semble épuisé et donc relativement introuvable.
J’ai toutefois trouvé dans l’ouvrage de Natalia Griffon de Pleineville, CHARGEZ, page 200, la mention d’une lettre du colonel du 26e, Chamorin, qui dit :
« Nous avons eu une affaire très brillante. J’ai fait plusieurs charges ; le 26e régiment s’est couvert de gloire, l’infanterie en a été émerveillée ; tout le monde m’a félicité. J’espère que le régiment ne sera pas oublié. Nous leur avons tué plus de 10000 hommes, tous sabrés par la cavalerie ; je n’exagère pas, nous avions mal au poignet. »
J’en déduis que si le 26e avait pris un drapeau le colonel l’aurait à coup sûr indiqué.
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À suivre ...
Faisons le point.