Il faut (parfois) donner le temps au temps, et avec ces journées qui n'ont que 24 heures, sans parler de ce fichu décalage horaire, dont je mets à chaque fois six mois à me remettre, j'ai du mal à entretenir tous chauds les (trop) nombreux fers que j'ai au feu et qui, comme les iceberg, sont à 9/10e invisibles.
Maintenant, Bruno Roy-Henry à raison de me relancer car je fonctionne aussi en priorité selon l'intérêt qui est porté à tel ou tel sujet.
L'opinion de Grouard n'est pas un sujet pour moi, mais en revanche Oudinot oui, et un de taille, car en outre prochain nominé d'un autre post, celui concernant "Les pires maréchaux de l'Empire".
viewtopic.php?f=1&t=2594J'avais déjà commencé à regarder certains aspects significatifs du personnage, qui méritera probablement deux "épisodes" étant donné l'étendue des dégâts provoqués par ce néanmoins brave militaire (en l'occurrence du personnage et de son courage "néanplus" eut été plus approprié).
Je ne veux donc pas "déflorer" à l'avance certains aspects du post susdit, mais je peux déposer dans celui-ci un extrait de mon Livret L3C 14 "Trois batailles pour Berlin" qui donne
in extenso l'ordre de Napoléon à Oudinot du 12 août 1813, et qui peut nourrir les présente discussion. Dont acte !
Diégo Mané
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Ordres de l'Empereur à Oudinot pour l'offensive contre Berlin en août 1813 "Mon cousin,
Le major-général vous a fait connaître que les hostilités recommenceront le 17. Il vous a fait également connaître que mon intention est que, le 14, la division Guilleminot et votre cavalerie légère soient réunies à Baruth, et que le 15 le reste de votre corps d'armée y soit réuni et que vous y ayiez votre quartier général. Vous emploierez ce temps à réunir sur Baruth 100,000 rations de pain que vous ferez faire à Lückau.
Le major général vous a fait connaître que le 7e corps, commandé par le général Regnier, et composé de trois divisions, deux saxonnes et une française, fesant 18,000 hommes présents sous les armes, avec une brigade de 2,000 chevaux saxons, arrivera le 16 ou le 17 à Lückau ; que le 4e corps, commandé par le général Bertrand, et composé d'une division française, d'une division italienne et d'une division würtembergeoise, avec une brigade de cavalerie légère, arrivera également le 16 ou le 17 à Lückau ; enfin que le duc de Padoue, avec le 3e corps de cavalerie, fort de 3 divisions fesant 6,000 chevaux, se rend aussi le 16 ou le 17 à Dahme ; il passera l'Elbe à Torgau. Envoyez des ordres à ces trois généraux pour leurs directions.
Le 18, si l'ennemi n'est pas en force supérieure devant vous, vous pourrez entrer aussitôt sur le territoire ennemi, ce qui vous mettra à même d'avoir des renseignements sur tout ce qui s'est fait et se passe devant vous. Le 4e corps, que vous pourrez diriger sur Baruth par Lüben, si vous le jugez plus convenable ; le corps du général Regnier, et le 3e corps de cavalerie qui arrivera à Baruth par Dahme, vous mettront à même de commencer sérieusement vos opérations de sorte que le 21 ou le 22 vous puissiez être à Berlin. Vous aurez ainsi sous vos ordres 9 divisions d'infanterie, avec 3 brigades de cavalerie légère et trois divisions de cavalerie, celà formera :
XIIe corps, 16.000 hommes d'infanterie, 1.400 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IVe corps, 22.000 hommes d'infanterie, 1.000 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
VIIe corps, 18.000 hommes d'infanterie, 1.600 de cavalerie, 62 pièces d’artillerie.
IIIe corps de cavalerie, 6.000 hommes de cavalerie, 24 pièces d’artillerie.
Total, 56.000 hommes d’infanterie, 10.000 de cavalerie, 210 pièces d’artillerie.
Ce qui fait 70 à 75.000 hommes. Dans cette artillerie, il y a 4 batteries de réserve de pièces de 12. Vous ne devez pas perdre de monde devant des villages et des postes retranchés ; mais vous devez sur-le-champ faire avancer vos 32 pièces de 12, de vos quatre batteries de réserve, avec une quarantaine d'obusiers au moyen de quoi vous détruisez en deux heures toutes les fortifications de campagne.
Le général Girard se rend à Magdebourg ; il aura sous ses ordres le corps du général Dombrowsky, composé de 8 bataillons polonais, avec 2 régiments de cavalerie et une batterie d'artillerie à cheval, faisant à peu-près 5.000 hommes. Au moment de l'expiration de l'armistice, s'il était poussé par des forces supérieures, il se replierait sur Wittenberg ; mais il reprendra l'offensive aussitôt qu'il le pourra, et il marchera pour maintenir les communications entre vous et Wittenberg.
Outre le corps du général Dombrowsky, le général Girard aura sous ses ordres une division de 8 à 9,000 hommes, avec laquelle il manoeuvrera en avant de Magdebourg ; il tachera de se lier avec le général Dombrowsky, et réunira ainsi, entre Wittenberg, Magdebourg et Berlin, 12 à 15,000 hommes.
Le prince d'Eckmühl débouchera le 18 ; dès ce moment son quartier général est hors de Hambourg et son corps est réuni sur la rive droite de l'Elbe, renforcé par 15,000 Danois ; ce qui le porte à plus de 40,000 hommes. Il suivra l'ennemi, ou l'attaquera s'il est en nombre inférieur, et manoeuvrera de manière à le couper de la mer et à se placer entre Berlin et Stettin.
Il y aura donc contre Berlin votre corps fort de 70,000 hommes, le corps du général Girard fort de 12,000 hommes et celui du prince d'Eckmühl fort de 40,000 : c'est-à-dire en tout 120,000 hommes. Après avoir occupé Berlin, vous manoeuvrerez pour établir vos communications avec Wittenberg et Magdebourg ; et le général Girard sera merveilleusement bien pour celà. Vous débloquerez Cüstrin et vous ravitaillerez cette place en y jetant tous les vivres que vous pourrez trouver à 20 lieues autour. Vous débloquerez et ravitaillerez de même Stettin, d'où vous retirerez tous les généraux qui sont inutiles, en n'y en laissant qu'un seul pour commander la place.
Vous obligerez les Suédois à se rembarquer et vous rejeterez l'ennemi au delà de l'Oder. J'ai fait préparer un équipage de siège pour essayer de reprendre Spandau. Le maréchal Saint-Cyr, avec le 14e corps, a son quartier général à Pirna. Je fais venir à Dresde le général Vandamme avec son corps d'armée ; et quoique je m'attende à ce que l'Autriche me déclare la guerre dans peu de jours, je suis en mesure de faire face à tout. Le vice-roi, avec une armée de 80,000 hommes, se porte sur Gratz. Indépendemment des 120,000 hommes que je dirige contre Berlin, j'oppose deux armées aux armées russes et prussiennes et autrichiennes, égales à ce qu'elles peuvent me présenter.
Le général Lemarois, le prince d'Eckmühl, le général Lapoype, le général Durosnel, le gouverneur de Torgau ont un chiffre qui est le même que celui que vous avez : il faut en profiter pour leur écrire en chiffres tout ce qu'il est dangereux que l'ennemi connût. Le commissaire des guerres de Torgau ne vous a pas envoyé le complément de vos 6,000 quintaux de farine ; il vient de recevoir l'ordre de le faire. Envoyez à Torgau, pour le prendre, toutes vos charettes de réquisition ; mais vous devez garder vos équipages pour l'approvisionnement de Baruth et vous suivre. Faites en sorte que le général Bertrand et le général Regnier trouvent des vivres à Lückau pour leur consommation, et même pour en charger leurs voitures disponibles. Faites-moi connaître quel est le commandant que vous laisserez à Lückau.
Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.
Signé : NAPOLÉON
A Dresde, le 12 août 1813.
Au maréchal duc de Reggio."
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Il m'a semblé intéressant de reproduire
in-extenso cet ordre, donné en annexe de l'ouvrage du Grenadier Pils. J'ai respecté scrupuleusement les orthographes données. On y voit Napoléon entrer dans le moindre détail et pousser la prospective assez loin afin de ne pas laisser son lieutenant "sans idée". Les effectifs sont parfois optimistes -mais sans doute est-ce voulu- et l'on se reportera aux Ordres de Bataille donnés ailleurs dans ce livret. Les "8 bataillons polonais" et 5.000 hommes crédités à Dombrowski -qui n'en a que 4 et 3.800 hommes- sont un bon exemple.