Dans la série "Les mystères de l'informatique" j'informe Bernard Le Lan et Bruno Roy-Henry, qu'effectivement le lien ne fonctionne pas ce matin ... Mais aussi qu'il fonctionnait hier puisque j'ai pu le consulter ...
Planète Napoléon a rencontré des perturbations similaires en décembre et janvier passés et je compatis tout en espérant un prompt rétablissement au site de Bruno Roy-Henry.
J'ai pu donc constater, effectivement (bis), que le texte de Grouard y est déployé de manière ardue à lire.
Je l'ai recherché et trouvé de manière plus intelligible sur Google play au lien ci-dessous :
https://play.google.com/books/reader?id ... PP10&hl=frNonobstant ce texte est trop long pour le temps dont je dispose actuellement et je me rabats sur la question de Bruno Roy-Henry qui le suivait et qui, de mémoire donc, disait ceci :
"Quelqu'un sait-il pourquoi Napoléon ne retraita pas sur Torgau après Wachau le 16 juin 1813, au lieu de le faire sur le Rhin ?"
Eh bien j'ai disserté sur la question dans le cadre d'un article publié dans la "Revue de l'Académie Napoléon" n°6 en 2013 pour le bicentenaire de la campagne et vous livre le passage pertinent :
"
La journée du 17 octobre 1813, repos des troupes et hésitations du chefLe 16 octobre à 9 heures du soir, ordre est donné à la Jeune Garde sous Mortier d’aller relever à Lindenau le IVe corps qui part de nuit pour Lützen et Weissenfels, les passages de la Saale… preuve que la retraite vers le Rhin est alors au moins envisagée.
Le 17 au matin, visitant le champ de bataille, à Gossa, Napoléon dit à Murat : « Il ne faut pas s’abuser, il s’agit de songer à la retraite. »
... / ...
De retour sur le Thonberg, dans sa tente, il répète à Berthier, Ney, Daru, qu « il faut battre en retraite » … mais ne s’y décide pas, et la journée se passe, se perd…
Au soir, resté seul avec Caulaincourt, sursaut d’énergie, il veut reprendre la manœuvre de Düben, gagner Torgau, y franchir l’Elbe, prendre Berlin, débloquer les places assiégées… L’information filtre vite, et les mines de l’entourage et des « grosses épaulettes » de passage, qui ne rêvent que du retour en France, s’allongent …
Enfin, de guerre lasse (c’est le cas de le dire) à 1 heure du matin le 18, vaincu par les siens avant de l’être par l’ennemi, Napoléon renonce et se résigne. Ordre aux troupes de rapprocher leurs lignes de Leipzig… Il s’agit désormais de gagner pour la retraite les vingt-quatre heures perdues la veille, en espérant que l’ennemi n’attaque ni trop fort ni surtout trop vite, sinon il ne restera plus qu’à vaincre ou mourir… à un contre deux, presque trois par endroits !
Cette fois ça y est, doivent se dire les attachés militaires britanniques, Stewart, Wilson et autres, présents aux armées alliées. La victoire de l’Angleterre, et accessoirement de ses « mercenaires », les souverains de l’Europe qu’elle paye depuis vingt ans, est sur le point de s’accomplir. La défaite de la Révolution française, dont l’Empire n’est pour eux qu’un prolongement personnifié par « Boney » (Bonaparte), ce « Robespierre à cheval », est en vue.
Mais bon, il faut encore la concrétiser car le grand homme a lui-même dit, en substance :
« Rien n’est perdu tant qu’il me reste la chance d’une bataille »."
Nous connaissons la suite, mais voici encore un autre passage, suggéré par l'analogie de la situation rencontrée en 1814 lorsque Napoléon, pour la même raison, l'hostilité de son entourage, renonce à sa "manoeuvre sur les derrières" qui aurait tout sauvé. J'en cite la partie faisant référence à notre question sur 1813 (in Revue de l'Académie Napoléon n°

:
Aparté (quoique) : je constate une fois de plus que le chiffre huit se traduit souvent par un smiley que je ne parviens pas à ôter. Donc, quand vous voyez un smiley (que je ne sais pas poser) dans un de mes textes, sachez que j'ai voulu écrire le chiffre huit ! Encore un mystère de l'informatique !
"On ne peut trouver d'explication à ce revirement, si peu conforme à son haut sens tactique, que dans l'attitude négative de son entourage militaire, qui se montra en la circonstance encore plus bas d'âme qu'il ne s'était déjà montré à Leipzig lorsqu'il fit renoncer le Maître des batailles à la plus belle de toutes ses manoeuvres, qui en le menant victorieux sur l'Elbe au lieu de vaincu sur le Rhin aurait changé la face des affaires et du monde. Tous ces nantis du régime qui, en 1813, le firent trébucher dans leur hâte de rentrer en France, le firent en 1814 chuter pour le compte dans leur impatience de rentrer retrouver leurs biens à Paris, la ville fut-elle aux mains de l'ennemi.
Et le 27 mars 1814, à Doulevent, en cédant à ses proches, contre lesquels il est las de lutter en plus de l'ennemi, Napoléon perd la campagne de France, comme il perdit le 17 octobre 1813 celle d'Allemagne. Nous soulignons ces deux dates car personne ne l'a fait à notre connaissance, sans doute parce-qu'elles imputent la défaite de Napoléon à des Français avant de l'imputer à des ennemis."
Ajoutons pour (en) finir, que ce sont ces mêmes "grosses épaulettes" qui le pousseront, voire forceront, à abdiquer ... sans oublier toutefois que ces incompétents et en outre ingrats, c'est lui qui les avait nommés, ce qui restera la plus lourde de toutes ses fautes puisqu'elle lui coûtera son trône.
Diégo Mané