Haro sur le colonel Grouard...

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

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Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 01 Sep 2026, 16:46

Le colonel Grouard, stratège et auteur réputé en son temps, a émis une série de critiques sur l'action de Napoléon durant la 2ème campagne de Saxe. Qu'en pensez-vous ?

http://www.empereurperdu.com/forum/phpB ... =30&t=7842

Ps: Les liens ne sont pas toujours bien exploitables, sauf probablement pour ceux qui ont le navigateur dernier-cri. J'ai cherché à rendre tout le texte sur mon forum, mais le résultat n'est guère probant.
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar LE LAN Bernard sur 02 Sep 2026, 03:08

Le lien ne fonctionne pas... :(
:grin: :grin: :grin:
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 02 Sep 2026, 07:37

Curieux... Chez moi, il fonctionne ! Ne comptez pas sur moi pour y remédier : je suis nul en informatique ! :oops:
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar MANÉ Diégo sur 02 Sep 2026, 08:17

Dans la série "Les mystères de l'informatique" j'informe Bernard Le Lan et Bruno Roy-Henry, qu'effectivement le lien ne fonctionne pas ce matin ... Mais aussi qu'il fonctionnait hier puisque j'ai pu le consulter ...

Planète Napoléon a rencontré des perturbations similaires en décembre et janvier passés et je compatis tout en espérant un prompt rétablissement au site de Bruno Roy-Henry.

J'ai pu donc constater, effectivement (bis), que le texte de Grouard y est déployé de manière ardue à lire.

Je l'ai recherché et trouvé de manière plus intelligible sur Google play au lien ci-dessous :

https://play.google.com/books/reader?id ... PP10&hl=fr

Nonobstant ce texte est trop long pour le temps dont je dispose actuellement et je me rabats sur la question de Bruno Roy-Henry qui le suivait et qui, de mémoire donc, disait ceci :

"Quelqu'un sait-il pourquoi Napoléon ne retraita pas sur Torgau après Wachau le 16 juin 1813, au lieu de le faire sur le Rhin ?"

Eh bien j'ai disserté sur la question dans le cadre d'un article publié dans la "Revue de l'Académie Napoléon" n°6 en 2013 pour le bicentenaire de la campagne et vous livre le passage pertinent :

"La journée du 17 octobre 1813, repos des troupes et hésitations du chef

Le 16 octobre à 9 heures du soir, ordre est donné à la Jeune Garde sous Mortier d’aller relever à Lindenau le IVe corps qui part de nuit pour Lützen et Weissenfels, les passages de la Saale… preuve que la retraite vers le Rhin est alors au moins envisagée.

Le 17 au matin, visitant le champ de bataille, à Gossa, Napoléon dit à Murat : « Il ne faut pas s’abuser, il s’agit de songer à la retraite. »

... / ...

De retour sur le Thonberg, dans sa tente, il répète à Berthier, Ney, Daru, qu « il faut battre en retraite » … mais ne s’y décide pas, et la journée se passe, se perd…

Au soir, resté seul avec Caulaincourt, sursaut d’énergie, il veut reprendre la manœuvre de Düben, gagner Torgau, y franchir l’Elbe, prendre Berlin, débloquer les places assiégées… L’information filtre vite, et les mines de l’entourage et des « grosses épaulettes » de passage, qui ne rêvent que du retour en France, s’allongent …

Enfin, de guerre lasse (c’est le cas de le dire) à 1 heure du matin le 18, vaincu par les siens avant de l’être par l’ennemi, Napoléon renonce et se résigne. Ordre aux troupes de rapprocher leurs lignes de Leipzig… Il s’agit désormais de gagner pour la retraite les vingt-quatre heures perdues la veille, en espérant que l’ennemi n’attaque ni trop fort ni surtout trop vite, sinon il ne restera plus qu’à vaincre ou mourir… à un contre deux, presque trois par endroits !

Cette fois ça y est, doivent se dire les attachés militaires britanniques, Stewart, Wilson et autres, présents aux armées alliées. La victoire de l’Angleterre, et accessoirement de ses « mercenaires », les souverains de l’Europe qu’elle paye depuis vingt ans, est sur le point de s’accomplir. La défaite de la Révolution française, dont l’Empire n’est pour eux qu’un prolongement personnifié par « Boney » (Bonaparte), ce « Robespierre à cheval », est en vue.

Mais bon, il faut encore la concrétiser car le grand homme a lui-même dit, en substance :
« Rien n’est perdu tant qu’il me reste la chance d’une bataille »."

Nous connaissons la suite, mais voici encore un autre passage, suggéré par l'analogie de la situation rencontrée en 1814 lorsque Napoléon, pour la même raison, l'hostilité de son entourage, renonce à sa "manoeuvre sur les derrières" qui aurait tout sauvé. J'en cite la partie faisant référence à notre question sur 1813 (in Revue de l'Académie Napoléon n° 8) :

Aparté (quoique) : je constate une fois de plus que le chiffre huit se traduit souvent par un smiley que je ne parviens pas à ôter. Donc, quand vous voyez un smiley (que je ne sais pas poser) dans un de mes textes, sachez que j'ai voulu écrire le chiffre huit ! Encore un mystère de l'informatique !

"On ne peut trouver d'explication à ce revirement, si peu conforme à son haut sens tactique, que dans l'attitude négative de son entourage militaire, qui se montra en la circonstance encore plus bas d'âme qu'il ne s'était déjà montré à Leipzig lorsqu'il fit renoncer le Maître des batailles à la plus belle de toutes ses manoeuvres, qui en le menant victorieux sur l'Elbe au lieu de vaincu sur le Rhin aurait changé la face des affaires et du monde. Tous ces nantis du régime qui, en 1813, le firent trébucher dans leur hâte de rentrer en France, le firent en 1814 chuter pour le compte dans leur impatience de rentrer retrouver leurs biens à Paris, la ville fut-elle aux mains de l'ennemi.

Et le 27 mars 1814, à Doulevent, en cédant à ses proches, contre lesquels il est las de lutter en plus de l'ennemi, Napoléon perd la campagne de France, comme il perdit le 17 octobre 1813 celle d'Allemagne. Nous soulignons ces deux dates car personne ne l'a fait à notre connaissance, sans doute parce-qu'elles imputent la défaite de Napoléon à des Français avant de l'imputer à des ennemis."

Ajoutons pour (en) finir, que ce sont ces mêmes "grosses épaulettes" qui le pousseront, voire forceront, à abdiquer ... sans oublier toutefois que ces incompétents et en outre ingrats, c'est lui qui les avait nommés, ce qui restera la plus lourde de toutes ses fautes puisqu'elle lui coûtera son trône.

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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar BRULOIS Jacques sur 02 Sep 2026, 08:26

Salut à Toutes et à Tous.
Chez moi le lien fonctionne bien.
Comme l'ami Diégo, j'ai constaté qu'effectivement le texte de Grouard n'est agréable à lire.
Le lien posté par Diégo est plus "digeste". 8)
Bonne journée et à plus tard.
Jacques.
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 02 Sep 2026, 19:34

Merci pour le lien posé par Diego. J'ai apprécié la réflexion sur la manoeuvre par Torgau. Mais n'oublions pas la trahison bavaroise qui rebat les cartes... Je partage évidemment l'appréciation sur les "grosses épaulettes". Cependant, je ne suis pas certain du succès de la manoeuvre sur les arrières des coalisés en mars 1814. Paris pris, le coeur de l'empire était touché à mort.
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 03 Sep 2026, 11:06

Je donne cet extrait, des pages 58 à 59, qui me semble les plus marquées, dans les commentaires de Grouard, ceci pour inciter encore (s'il en était besoin) les lecteurs à s'y référer davantage :

Grouard a écrit:Nous pensons qu'il en est autrement de la défaite de Grossbeeren, et qu'elle était implicitement comprise dans les instructions qu'Oudinot avait reçues.

Ce n'est pas que l'idée d'une offensive sur Berlin fût absolument mauvaise en elle-même ; si Napoléon tenait vraiment à rentrer au plus vite dans la capitale de la Prusse, il pouvait y conduire lui-même une armée considérable ; mais alors il fallait être
prêt à céder le terrain sur les autres parties du théâtre des opérations . Il est permis de s'étonner que Napoléon n'ait pas été convaincu que, disposant en somme de forces notablement inférieures à ses adversaires, il ne devait pas prendre l'offensive partout à la fois. Il ne pouvait arriver à les vaincre qu'à la condition de se porter successivement contre leurs armées séparées.
58
On ne peut être fort partout en même temps. Or Napoléon tenant à avoir sous la main sa masse centrale pour la porter soit contre l'armée de Silésie,soit contre celle de Bohême, Oudinot ne devait avoir que des forces insuffisantes et, par suite, l'offensive devait lui être interdite. Nous pensons donc que Napoléon est vraiment responsable de la défaite de Grossbeeren, d'autant plus qu'en dehors des raisons que nous venons d'en donner, l'offensive une fois résolue aurait pu être combinée dans des conditions beau- coup plus avantageuses, à la condition d'être seulement retardée.

Comme on l'a vu ,Napoléon voulait en effet y faire participer la division Girard et le corps de Davout venant de Magdebourg et de Hambourg. Or,il n'est pas possible de porter son attention sur les dispositions arrêtées par Napoléon pour la marche con-
centrique sur Berlin, d'Oudinot, de Girard et de Davout, sans être confondu. Croirait-on que l'homme qui a prescrit ces mouvements est celui qui a écrit qu'une armée ne doit avoir qu'une ligne d'opérations; que c'est unprincipe qui n'admet pas d'exception,que toute jonction de corps d'armée doit s'exécuter loin de l'ennemi et non pas en sa présence; que c'est lui aussi qui a tant critiqué les généraux français de la guerre de Sept ans,les invasions de la Bohême de Frédéric, les opérations de Jourdan et de Moreau en Allemagne en 1796, et celles de Wurmser et d'Alvinzi à la même époque , enfin celles des généraux français en 1799 qui ont amené les défaites de la Trebbia de Novi et de Genola, pour avoir violé ces préceptes 1?
N'est-il pas manifeste que ce qu'il reprochait à ces divers généraux, il venait de le faire lui-même,et,malheureusement pour nous, ce devait être l'occasion d'une nouvelle confirmation des principes auxquels il semblait tant tenir.
Et, d'ailleurs, il faut reconnaître que rien ne l'obligeait à s'en écarter,et qu'au contraire il était très simple de s'y conformer. Pour cela il convenait de prescrire à Oudinot de rester d'abord dans l'expectative,de manoeuvrer en présence de l'ennemi pour l'occuper, mais en évitant la bataille et sans se compromettre, pendant que, d'une part, Napoléon lui-même opérait soit contre l'armée de Silésie,soit contre celle de Bohême,et que, d'autre part, Davout se rapprochait de l'Elbe moyen en remontant ce fleuve. A cet effet ce maréchal pouvait marcher avec toutes ses troupes par la rive droite jusqu'à Schwerin pour attirer l'attention de l'ennemi, puis passer brusquement le fleuve avec les deux tiers de ses troupes, en ne laissant en avant de Hambourg que les forces strictement nécessaires à la défense de cette place qui, à ce moment,ne pouvait être menacée par des forces considérables. Avec le gros de ses forces, il aurait remonté l'Elbe par la rive gauche jusqu'à Magdebourg, rallié la division Girard et ensuite marché au-devant d'Oudinot qui, pendant les jours précédents, aurait manœuvré de manière à attirer l'attention de l'ennemi du côté opposé. Une fois la jonction faite,l'armée française du Nord,forte de près de 100,000 hommes ,avec un chef comme Davout, pouvait rechercher la bataille, car elle avait de grandes chances de la gagner,même sans que Napoléon ait amené lui-même quelque renfort.

Nous trouvons donc que, siNapoléon n'est pour rien dans la défaite de la Katzbach, c'est sur lui que doit retomber la responsabilité de celle de Grossbeeren. Dans le fait, les prévisions pessimistes de Marmont s'étaient réalisées. Pendant que Napoléon avait gagné une grande bataille, ses lieutenants en avaient perdu deux. Mais nous pensons qu'on aurait bien tort d'en conclure que le système d'opérations par lignes intérieures est défectueux en lui-même ; seulement il exige certaines conditions auxquelles Napoléon n'a pas satisfait. Il a pris l'offensive sur plusieurs points, tandis qu'en opérant en lignes intérieures, on ne doit attaquer que sur un seul point à chaque moment. Il fautremarquer d'ailleurs qu'en ce qui concerne les opérations particulières d'Oudinot combinées avec celles de Girard et de Davout, ce n'étaient pas les Français qui avaient les lignes intérieures, mais leurs adversaires,et cela fut une des causes de succès de ces derniers,en permettant à Bernadotte, après avoir battu Oudinot, de se rejeter sur Girard avec des forces supérieures. Aussi, malgré les tristes résultats obtenus, nous prétendons que Napoléon avait toutes les chances pour lui, s'il avait mieux appliqué ses propres principes et que Macdonald n'eût pas commis de si grosses fautes.
59 -
Qu'on suppose en effet l'Empereur prescrivant à Oudinot l'expectative, et appelant Davout sur Magdebourg, pendant que lui-même opérait en Silésie, et ensuite Macdonald appréciant mieux son rôle et évitant de se diviser, pendant que Napoléon
revenait sur Dresde, il n'en fallait pas davantage pour éviter Grossbeeren et la Katzbach .

Dès lors, le système des lignes intérieures portait tous ses fruits, et s'il en a été autrement ce n'est pas parce que les principes étaient mauvais , mais parce que l'exécution a été défectueuse. Au surplus, on peut encore remarquer que les critiques que Marmont adressait aux dispositions générales de Napoléon reposaient non pas sur la valeur des principes, mais sur celle des hommes chargés de jouer un rôle capital dans leur application. Et, à ce point de vue, il faut convenir que le duc de Raguse avait raison, car Oudinot n'était pas plus capable que Macdonald de commander une grande armée. Jomini, discutant la même situation a soutenu de son côté qu'il avait manqué à Napoléon deux hommes capables d'opérer loin de lui. Mais cette observation ne nous semble pas exacte, car, ces deux hommes, Napoléon les avait ; c'étaient Davout et Saint-Cyr; seulement iln'a pas su les mettre à leur place.
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 04 Sep 2026, 08:18

Le seul argument qui a été opposé à Grouard, c'est que les lieutenants de Napoléon lui avaient désobéi, ce qui a entraîné les désastres que l'on sait (Gross-Beeren, La Katzbach, Kulm, Dennewitz). Sans vouloir examiner chacune de ces défaites, on peut souligner que c'est exact, en ce qui concerne Mac-Donald et la Katzbach. Il a outrepassé ses consignes, et cela demeure une énigme pour ce qui est de ses motivations. Par contre, je n'ai jamais lu en quoi Oudinot aurait désobéi. Il a suivi la feuille de route qui lui était imposée et il s'est seulement montré maladroit le 23 août à Gross-Beeren. Il n'était pas très judicieux de composer son centre du seul 7ème corps de Reynier, qui comprenait 2/3 de Saxons, et de se placer à sa droite à 2 lieues. Certains, à juste titre, ont relevé que Dombrowski n'a pas suivi les ordres de l'Empereur qui lui ordonnait de marcher derrière Oudinot. D'autres encore, ont souligné que Davout avait fait preuve de pusillanimité et s'était plutôt éloigné du théâtre principal en stationnant sans profit aucun à Schwerin, du 23 août au 2 septembre 1813. Mais, ces marches concentriques étaient bel et bien contraires aux maximes de guerre exprimées par Napoléon lui-même...
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar MANÉ Diégo sur 04 Sep 2026, 10:12

J'ai ouvert un nouveau post, intitulé "1814 - Napoléon et la manoeuvre sur les derrières" car le sujet le mérite, mais s'écarte résolument du débat sur les opinions du colonel Grouard.

viewtopic.php?f=1&t=2584&p=17996&sid=709cd60e720ed674a52389fbdd4f48e6#p17996

Je reviendrai ici pour démonter, au moins en partie, les susdites opinions concernant la responsabilité, selon le colonel, des uns et des autres, à qui il attribue bons et mauvais points comme le professeur (de stratégie) qu'il n'était pas. Mais, c'est bien connu, "après la bataille, tout le monde est stratège" !

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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar ROY-HENRY Bruno sur 09 Sep 2026, 08:47

Diego a mis en doute les qualités de stratège du colonel Grouard et a qualifié ses positions "d'opinions". Cela peut se discuter, sans aucun doute.

Voici un texte pour mieux le connaître, du colonel Meyer (qui fut un des maîtres à penser du capitaine de Gaulle) lui rendant hommage :

https://www.persee.fr/doc/rhmc_0996-272 ... _4_22_3558

Bonne lecture.
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Re: Haro sur le colonel Grouard...

Messagepar MANÉ Diégo sur 11 Sep 2026, 11:06

DM => BRH, le 11/09/2026

Suite au message présentant l’hommage du LCL Meyer au colonel Grouard.

Je n’ai actuellement pas le temps de lire le colonel Grouard, et encore moins celui de lire le long hommage que lui dédia le LCL Meyer.

Mais vu la date dudit hommage, 1929, qui coïncide avec celle du décès du Colonel, je suppose qu’il s’agit d’un hommage posthume, or il est de règle pratiquement courante de ne trouver que des qualités au disparu, surtout lorsque l'hommage émane d’un « disciple » qui se fait ainsi valoir.

Or donc, en attendant d’avoir le temps, que je trouverai, de répondre aux « opinions » du colonel Grouard sur 1813, je me permets, ayant en revanche pu apprécier celles qu’il a données, voire pontifiées, sur 1815, petit écart de deux ans, d’en citer une que j’ai pu « démonter », étant il est vrai à ma connaissance seul à l’avoir fait, dont acte :

Page 163 de « La critique de la campagne de 1815 » par A. Grouard, Paris, 1905 :

Dissertant sur la désastreuse formation prise par le corps d’Erlon à Waterloo :

« On ne peut s’expliquer qu’une pareille formation ait été prise par des gens qui faisaient la guerre depuis vingt ans ; Napoléon ne saurait en être responsable, il n’était pas dans son rôle d’entrer dans le détail des formations tactiques. »

C’est moi qui ai porté en gras l’affirmation essentielle du Colonel car elle est fausse et je l’ai prouvé. C’est bien l’Empereur qui a imposé ce « détail tactique » rédhibitoire et mortifère qui a provoqué l’échec de l’attaque et la perte de la bataille car dès lors, malgré sa continuation, elle était déjà perdue !

Donc nous avons bien là une opinion du colonel Grouard, certes partagée par tout le sérail des grands auteurs universitaires et incontournables qui se sont trompés et ont trompé leurs lecteurs pendant plus de deux siècles.

Mais le fait reste intangible, leurs certitudes étaient basées sur des opinions, rien de plus, or donc en matière d’Histoire il ne faut pas raconter d’histoires, il faut se baser sur des faits, ce qu’en l’occurrence particulière n’ont fait ni Grouard ni les susdits grands auteurs.

Diégo Mané
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