DM =>BRH, le 03/09/2026, en réponse à son message de la veille sur Planète Napoléon (Haro sur le colonel Grouard).
J'ouvre ce post car il s'écarte du sujet original sur 1813 alors que là nous dissertons sur 1814 et plus du tout sur les opinions du colonel Grouard.
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BRH dixit : Cependant, je ne suis pas certain du succès de la manoeuvre sur les arrières des coalisés en mars 1814. Paris pris, le coeur de l'empire était touché à mort.
Réponse DM : D’abord d’autres extraits de mes articles relatifs dans la Revue de l’Académie Napoléon n° 8.
J’ai souligné ici ce que j’estime pertinent pour la réponse aux doutes de BRH.
« LA MANOEUVRE D’ARCIS-SUR-AUBE (page 19)
Esprit d’exception acculé à des mesures d’exception l’Empereur vient de confirmer les pires craintes de Schwarzenberg en décidant les deux à la fois. D’abord il se portera contre le flanc de l’Autrichien pour l’éloigner, une fois encore, de Paris, puis il se portera en Lorraine pour y couper les communications de l’Armée de Bohême tout en ralliant les garnisons des places fortes. Ainsi porté à 100 000 hommes il compte profiter des opportunités que lui présenteront les colonnes alliées qu’il envisage reculant en désordre sur le Rhin. Ce plan ne pêche que par un point capital, c’est le cas de le dire, puisqu’il découvre la capitale, Paris, laissée en l’hypothèse sans défense.
Ou presque, puisque c’est Marmont qui est chargé de la défendre, sous les ordres de Joseph !
Ce dernier reçoit la consigne, au cas où la capitale serait menacée, d’en évacuer sur la Loire l’Impératrice et le roi de Rome, qu’il préférait « savoir dans la Seine plutôt qu’aux mains des ennemis de la France », ainsi que tous les dignitaires du régime et bien sûr le trésor. Ce qui précède prouve que l’hypothèse de la chute de Paris était bel et bien envisagée, et rend surprenant en rapport le choix d’y revenir à marche forcée à la fin du mois au lieu de mener à terme la manoeuvre sur les derrières en passe de réussir et dont il fut évident après coup qu’elle aurait amené la victoire. »
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« LA MANOEUVRE SUR LES DERRIÈRES (page 23)
Tenu en échec par l’Armée de Silésie à Laon, puis par l’Armée de Bohême à Arcis-sur-Aube, Napoléon n’a plus les moyens de les battre, même prises séparément.
Il lui faut désespérément des renforts, qu’il ne peut tirer que des garnisons des places fortes. Il met donc en oeuvre son plan de manoeuvre sur les derrières qui, tout en coupant les communications des armées alliées et les inquiétant en rapport, lui permettra de monter ses effectifs aux cent mille hommes qu’il estime nécessaires pour se reporter contre l’une ou l’autre des armées alliées, alors supposées en retraite vers le Rhin. »
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« Retour de Napoléon sur Paris (page 24)
Les Alliés vont donc prendre Paris, car ni Marmont, fautes d’effectifs suffisants, et encore moins Joseph, faute de caractère, ne seront capables de les en empêcher, c’est certain.
Mais cela était envisagé, nous l’avons vu plus haut. En quoi cet aléa prévisible et prévu était-il donc de nature à changer la résolution de l’Empereur quant’ à son projet de marche sur les derrières ennemis en passe de réussir ?
Eh bien la réponse est évidente. En rien !
Jusqu’alors la possession de Paris ne lui avait pas donné la victoire faute d’effectifs suffisants. Mener à terme la manoeuvre prévue lui aurait donné lesdits effectifs tout en coupant la source de ceux de l’ennemi qui aurait trouvé dans Paris sa Capoue, comme Napoléon trouva la sienne dans Moscou. Et il le savait, assurément, sinon il n’aurait pas manoeuvré comme il le fit.
On ne peut trouver d’explication à ce revirement si peu conforme à son haut sens militaire que dans l’attitude de son entourage du même métal (militaire), qui se montra en la circonstance, encore plus bas d’âme qu’il s’était déjà montré à Leipzig lorsqu’il fit renoncer le Maître des batailles à la plus belle de toutes ses manoeuvres, qui en le menant victorieux sur l’Elbe au lieu de vaincu sur le Rhin aurait changé la face des affaires et du monde. Tous ces nantis du régime qui en 1813 le firent trébucher dans leur hâte de rentrer en France, le firent en 1814 chuter pour le compte dans leur impatience de rentrer retrouver leurs biens à Paris, la ville fut-elle aux mains de l’ennemi. »
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Le succès de la manœuvre sur les derrières était tout ce qu’il y a de plus assuré puisque RIEN ne pouvait s’y opposer, du moins chez l’ennemi, car ce fut l’entourage militaire français de l’Empereur qui le fit renoncer. Ôtons cet impondérable inattendu et honteux, et j’insiste, le succès de la manœuvre était militairement assuré et garant du succès de la campagne.
Les communications des Alliés étant coupées, plus de renforts à attendre pour eux. Les levées en masse des départements libérés étaient déjà en train de rendre à elles seules la vie dure aux colonnes de renforts alliées. 3000 Russes avaient disparu corps et biens dans les bois façon Teutoburg, et ce n’était qu’un début auquel on mit fin en cessant les hostilités au moment où elles allaient devenir favorables. Ce fut la plus grande victoire de Talleyrand !
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Ci-après ce n’est plus de l’Histoire, mais des histoires qu’il me plaît de partager car cela sert aussi à cela, un forum !
Or il n’y avait plus aucune urgence puisque dès lors le temps travaillait pour Napoléon tandis que l’angoisse de se demander ce qu’il allait en faire allait inquiéter les Alliés savourant leur triomphe à Paris.
Tiens, une idée comme une autre ; puisque Augereau qui en avait eu les moyens ne sut pas tendre la main à l’Empereur, pourquoi ne pas imaginer ce dernier descendre vers sa bonne ville de Lyon, future capitale de l’Empire dans ses projets, éliminant au passage l’armée autrichienne du Sud et contraignant le Kaiser à fuir en Allemagne. 60 000 Autrichiens de moins et 30 000 Français d’élite de plus (l’Armée de Lyon), c’était Napoléon vainqueur se portant sur Paris avec non plus 100 000 hommes, mais 130 000, bien assez pour vaincre les quelques 150 000 Alliés dont le moral aurait chuté en rapport des mauvaises nouvelles.
Il est à espérer, puisque nous sommes en pleine prospective, que l’on aura, dans la foulée de la victoire, saisi, sinon Marmont trop bon cavalier, du moins et surtout le plus grand de tous les traîtres (et moins bon cavalier), Talleyrand, rapidement mais justement jugé pour ses crimes, et fusillé dans les fossés de Vincennes, à l’endroit même où fut exécuté sur ordre de Bonaparte mais sur le conseil (écrit paraît-il) de Talleyrand, le malheureux duc d’Enghien.
Rien que l’idée me rend heureux pour la journée !
Diégo Mané


