Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

Modérateur: MANÉ John-Alexandre

Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 22 Mai 2026, 12:48

      2) Le contingent Russe

      L’armée Russe à cette époque est perçue comme l’une des meilleures au monde, que ce soit pour la discipline, l’entrainement ou l’encadrement. Au regard de l’armée anglaise de cette campagne, les Russes ne comprennent que très peu de conscrits, l’immense majorité des troupes ayant une ou deux campagnes (majoritairement contre les Turcs) d’ancienneté.
      Le soldat russe est décrit comme n’étant pas très grand, mais très large d’épaules, et de constitution robuste. Les grenadiers sont choisis non pour leur grande taille, mais pour leur force et leur aspect martial. Les mousquetaires et jäger portent le bicorne, la compagnie d’élite (jäger) des grenadiers une mitre basse et les grenadiers la mitre que les Pavlovsky garderont jusqu’à la 1e guerre mondiale.

      La seule cavalerie russe présente sera constinuée de deux tout petits escadrons de hussards de la garde, 1 sotnia de cosaques de la garde (du Don) et 1 sotnia de cosaques réguliers de l’Oural. Les régiments sont à 2 bataillons, les bataillons à 6 compagnies dont une d’élite. Depuis 1796, les compagnies d’élite des unités régulières sont réunies en bataillons hors de leurs unités d’origine. Six bataillons feront la campagne, sans rapport forcé avec la présence de leur unité d’origine.

      Le Tsar Paul 1er a aussi remis en place la nomenclature des dé régiments par nom du commandant, leur nom de province étant devenu secondaire.

      L’artillerie russe de campagne est de 12£ (normalement 4 12£ moyens, 4 12£ légers et 4 licornes de 24£, mais pour la campagne, c’est 4x12£+4x6£+4 licornes de 24£ par compagnie). Il n’y a pas d’artillerie à cheval présente.

      L’artillerie de bataillon est dotée de 40 pièces, soit deux par bataillons. L’artillerie régimentaire est dite armée de pièces de 3 et 6£, plus des licornes de 8 et 12 £, les 3£ et licornes de 8£ sont pour les jäger et les grenadiers réunis.

      Présent pour la campagne

      Régiments de ligne
      Mousquetaires de Sedmoratzki
      Mousquetaires d’Arbenev
      Mousquetaires de Fersen

      Régiments de grenadiers
      Colonel Zherebtsov (Fanagoria)
      Colonel Benkendorf (Taurica)
      Colonel Emmé (Pavlovski)

      Bataillons de grenadiers réunis
      Lt-Col Ericsson (mousquetaires d’Arkharov et Yelets)
      Lt-Col Mitiouchin (grenadiers Pavlovski et Mousquetaires de Bélozersk)
      Lt-Col Ogarev (mousquetaires de Kozlov et Schüsselburg)
      Lt-Col Ossipov (mousquetaires de Sofia et Tchernikov)
      Lt-Col Strick (grenadiers de Taurica et St Petersburg)
      Lt-Col Timofeyev (mousquetaires du Dniepr et de Tobolsk)

      Jäger :
      1er Régiment de Jäger de Suthoff

      Cavalerie :

      Hussards de la garde: Escadrons des Lt-Col Sladkov et Gladkov (120 hommes en tout)
      Sotnia de cosaques de la garde (du Don) (70 hommes)
      Sotnia de cosaques de l’Oural (60 hommes)

      Artillerie
      - 2 compagnies d’artillerie de campagne (bataillon Durnov) (24 pièces)
      - 1 compagnie d’artillerie de campagne (bataillon Kaptsevitch) (12 pièces)


MASSON Bruno
 

Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 08 Juin 2026, 10:03

      3) Détermination des buts et des acteurs de la campagne

        A) État diplomatique de l'Europe

        L’année 1799 semble pour les cours européennes l’année du retour aux succès. Bonaparte est coincé en Egypte avec 35 000 hommes d’élite, l’Archiduc Charles a récupéré la majorité des territoires conquis par la république française en Allemagne, et la situation en Italie s’est bien améliorée, grâce à la présence d’un fort contingent russe et des qualités militaires de Souvarov.

        Du côté néerlandais, des troubles populaires ont éclatés dans un certain nombre de provinces, sans que les Directeurs n’y fassent grand-chose, le général Daendels ayant prévenu le gouvernement qu’envoyer la troupe risquait fort de la voir se joindre au mouvement. Il est à noter qu’aucune figure, locale comme étrangère, ne s’est présentée pour diriger ces troubles, et ces derniers sont donc restés des jacqueries de peu d’importance ou étendue. Les envoyés du parti orangiste auprès du gouvernement anglais vont néanmoins se servir de ces troubles pour présenter la population comme prête à soutenir une restauration appuyée par l’extérieur ; rien n’est moins faux. La population est encore très remontée contre le Stadthouder, et ces troubles sont plus dus au chômage et à la pauvreté subséquents au blocus anglais qu’à une remise en cause politique quelconque. Le « fort soutien populaire orangiste » est limité aux provinces orientales, et ne se limiterait qu’à un accueil amical d’une armée étrangère se comportant bien.

        La capacité insurrectionnelle réelle de ces provinces est tellement faible que, l’invasion prussienne ne se présentant pas, les troubles organisés par les orangistes se limiteront à des pillages de villages non défendus, des abattages d’« arbres de la liberté » et des démonstrations bruyantes. Une demi-douzaine de compagnies de territoriaux (mal armés et pas entrainés) suffira à calmer l’ardeur des provinces, et les instigateurs fuiront le pays.

        Mais nous n’en sommes pas là. Dans les cours européennes, on fait le compte des pays volontaires pour se battre. L’Angleterre et la Russie sont présentes, l’Autriche et Naples aussi ; mais la dernière se limite à une présence au sud de l’Italie, et l’Autriche, « grâce » aux manigances de son gouvernement, est un peu un cadeau empoisonné.

        Ce gouvernement fait en effet des difficultés à rembourser les emprunts anglais de la dernière campagne, tout en demandant des subsides supplémentaires pour celle à venir. Il ne voit pas non plus d’un très bon œil la présence de troupes russes en Italie, et finalement, la Prusse est très soupçonneuse de ses ambitions allemandes. Les manigances autrichiennes feront échouer la campagne d’Italie, mais les Anglais arracheront une déclaration stipulant que l'Empereur ne demandera rien en Allemagne, ce qui devrait rassurer la Prusse.

        Tous se tournent alors vers la cour de Berlin, où le nouveau roi (couronné en 1797) se débat avec les dettes laissées par son père. La troisième partition de la Pologne a apporté des régions riches, mais dont l’administration pose des problèmes, entres autres religieux. On retrouvera les mêmes causes et les mêmes effets en 1815 dans les territoires Rhénans acquis au congrès de Vienne, très majoritairement catholiques, et administrés de façon peu respectueuse par des autorités ouvertement luthériennes.
Dernière édition par MASSON Bruno le 08 Juin 2026, 10:16, édité 2 fois au total.
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 08 Juin 2026, 10:08

        B) Actions diplomatiques, formation de la coalition

        Des tractations sont entreprises en mars 1799 par l’Angleterre et la Russie pour faire adhérer la Prusse à la Coalition, le tsar Paul 1er s’engageant à soutenir les prussiens avec 45 000 hommes et les Anglais à fournir 225 000£ pour défrayer l’armée mise en campagne, plus des territoires supplémentaires non définis à prendre aux Français. La réponse du ministre Haugwitz sera positive pour une alliance défensive qui ne sert pas pour la Coalition, mais négative à toute idée de guerre offensive ; le Royaume n’a tout simplement pas les finances pour cela.

        En mai, une nouvelle tentative est faite, adossée à un subside anglais d’un million de livres, qui convainc le ministre prussien, mais le Roi, s’appuyant sur les risques présentés par son secrétaire particulier annonce officiellement le 12 mai qu’il ne faudra pas compter sur son pays.

        Un nouveau plan d’action ambitieux est quand même mis en place lorsque le roi de Suède annonce vouloir participer avec 8 000 hommes, et que tous les dirigeants allemands vont certainement participer. 100 000 Prusso-allemands doivent envahir la République Batave depuis l’Est, en majorité traversant le Rhin vers Wesel et occupant le pays jusqu’à la Meuse, une autre colonne de 20 000 hommes avancerait dans le nord-est de la même république, occupant Zwolle, Zutphen et Deventer.

        Un troisième corps allemand embarquera alors à Emden, entrera dans le Zuiderzee, débarquant à Muiden près d’Amsterdam, et un 4e corps de troupes sera maintenu en réserve entre Kassel, Wetzlar et Frankfurt pour bloquer le plus possible de troupes françaises autour de Mayence. Le corps anglo-russe embarquerait lui aussi et débarquerait sur les iles de Goeree, Voorne et dans le Zeeland. Cette menace omniprésente devrait forcer l’armée franco-batave à évacuer la République et à se replier au sud.

        Finalement rien de tout cela ne se fera, le roi de Suède ayant des demandes inacceptables pour les Russes, et les états allemands ne montrant aucun empressement à s’engager si la Prusse dit non. Les autorités prussiennes iront jusqu’à interdire sous peine de prison aux orangistes de recruter et de se rassembler en bandes armées sur les territoires qu’ils administrent et qui font frontière avec la République Batave.

        En regard de cet échec diplomatique, un accord sera signé entre l’Angleterre et la Russie, le 22 juin, dans lequel la Russie promet de fournir 17 bataillons d’infanterie, 2 compagnies d’artillerie, une compagnie de pionniers et un escadron de hussards, soit environ 17 500 hommes, et que l’Angleterre paiera 88 000 £, la moitié à l’embarquement et l’autre trois mois plus tard, plus un subside de 44 000 £ par mois à compter de la date où les troupes seront prêtes. L’Angleterre fournira les chevaux pour les officiers, l’artillerie et les bagages, pour limiter le besoin de transport de chevaux, et si les troupes russes sont incapables de rentrer en Russie pour l’hiver, l’Angleterre se charge de leur trouver de bons casernements sur son sol.

        Les 45 000 hommes prévus pour aider les Prussiens ont été réduits d’abord à 26 000 parce que le Tsar veut garder des troupes disponibles si jamais les Prussiens changent d’avis, puis moins de 18 000 au vu du problème de transport par mer, le contingent monté étant réduit à peu de choses, et l’artillerie limitée pour la même raison.
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 15 Juin 2026, 08:46

      IV) la campagne de 1799
        A) transport des troupes russes

        Cette armée est concentrée à Revel sur la côte balte et le 20 juillet commence à embarquer sur une flotte combinée anglo-russe composés de : (tous les navires de guerre cités sont armés en flûte, donc débarrassés de leurs pièces de batteries inférieures, pour faire de la place pour les troupes. Leur capacité à combattre peut être considérée nulle).

        Côté russe (départ fin juillet):
        2 vaisseaux de 74 canons, 5 de 66 canons, 2 frégates de 44, 2 frégates à rames de 34, une frégate de 38 et 2 navires de transport. Un 66 canons et la frégate de 38 seront forcés de rentrer à Revel peu après être sortis, ayant commencé à prendre l’eau. Les troupes seront transférées sur des navires anglais arrivés plus tard.

        Côté anglais (départ le 17 août):
        4 vaisseaux de 64 canons, 1 de 60 canons, 1 de 56 et 2 de 54, 3 frégates de 44, 1 de 38, 2 de 36 et 2 de 32, 2 ex-indianmens de 26 et 24 canons et 12 navires de transport.

        Comme toutes les expéditions navales sortant de la Baltique, son sort dépend essentiellement de l'inaction du Danemark. Si jamais ce royaume décide d'interdire les détroits, surtout pour une flotte marchant à la voile, l'arrivée dans le Kattegat devient chimérique, et tout le monde le sait ; le Danemark étant plutôt neutre, et peu influencé par la République française, une telle action 'inamicale" est très peu probable.

        Les ordres du Tsar néanmoins sont que si la flotte danoise bloque la sortie de la Baltique, l’amiral russe doit débarquer ses troupes et prendre Copenhague avec l’appui des navires d’escorte ! C’est vachement tendu à faire avec juste 17 000 hommes, pas d‘artillerie de siège, une escorte inférieure en nombre et qualité à la flotte danoise ; en plus cela ne va pas plaire aux Anglais, qui ont tout fait pour entrainer les Danois dans la 2e coalition….

        En face, les Danois ont la forteresse de Copenhague, peuvent disposer sous quelques jours d'un peu moins de 40 000 hommes (sans compter la milice), et la flotte danoise comprend plus de 30 navires de ligne en bon état avec de bons équipages entrainés.
        Heureusement, cette flotte danoise ne sort pas, et le convoi russe, parti le 29 juillet des ports russes arrive sur la côte anglaise le 20 août, partant pour Den Helder le 28.

        Les navires britanniques arrivent à Revel entre le 27 juillet et le 11 août, et en repartent le 17, arrivant en Angleterre le 13 septembre, ayant manqué les navires envoyés à leur rencontre pour les rediriger directement sur la côte batave. Toujours est-il que les seuls Russes présents au début de la campagne seront des marins provenant de l’escadron opérant avec la flotte anglaise de la Mer du Nord.

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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 23 Juin 2026, 08:46

        B) le transport de la première vague anglaise

        La flotte de transport anglaise commence à embarquer dès le début août, avec un temps qui se dégrade peu à peu, beaucoup de pluie et une houle marquée, et le 10 août tout est prêt pour un départ le lendemain. Sauf que le 10 est le début de deux jours de tempête qui vont disperser les navires, qui ne sont rassemblés à nouveau que le 13.

        Les navires et l’escorte font alors toute vers la côte batave, la diversion vers Walcheren et la division nord vers le Nord-Holland. À cause du mauvais temps, ce n’est que le 21 que les deux divisions sont à nouveau rassemblées en position de débarquement et pleinement visibles de la côte.

        L’amiral Lord Duncan, commandant l’escadre de protection, envoie alors un navire sous drapeau blanc à la flotte batave pour lui demander de se déclarer pour la maison d’Orange en changeant ses couleurs et en levant l’ancre pour rejoindre les navires anglo-russes. Ce que l’amiral batave refuse, même s’il sait qu’il ne pourra faire combattre ses unités, surclassées dans tous les domaines par la flotte des Coalisés, et presque ostensiblement favorables à la maison d’Orange. Un navire de ligne est même victime d’une tentative de mutinerie de son équipage qui veut sortir et rejoindre les rangs orangistes. Le calme y est rétabli au bout d’un certain temps, avec l’appui des Marines de deux autres unités, mais le jugement des mutins est remis à plus tard.

        Les positions de débarquement sont en cours de prise le 22 à 8 heures, et les premières troupes descendent dans leurs barques quand le vent, qui était d’Est, tourne au Sud-Ouest, soulevant une houle interdisant l’accès à la plage sans prise de risques insensés, et forcissant dans la matinée, tourne à la tempête vers midi. Heureusement, la majorité des navires sont à la voile à ce moment, et peuvent se dégager de la côte pour laisser passer le coup de vent, ce n’est que le 26 que la flotte peut reprendre ses positions du 21.

        Le débarquement est à nouveau prévu le 27 ; les positions ennemies entrevues semblent indiquer une forte présence au sud de la plage, donc la division sud est prévue pour débarquer en premier, dégager les dunes puis le terrain marécageux derrière et tourner face au sud. La division nord débarquera alors et attaquera les défenseurs de Den Helder.
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 06 Juil 2026, 08:08

        C) la bataille de Calantshoog
          a) le champ de bataille et le positionnement de Daendels

          Le champ de bataille est assez simple, de l’ouest à l’est, sur 10 km de large, il y a une courte plage entre Huisduinen au nord et Groote Keeten au sud, avec Kleine Keeten au premier tiers nord, la plage est bordée d’une série de dunes de sable meuble presque nord-sud, qui fait entre 10km (près de Den Helder) et 3km (au niveau de Groote Keeten) puis d’une digue appelée Zanddijk qui porte la seule route d’accès à Den Helder. Toujours en direction de l’est il y a une petite zone de terrain ferme (largeur 500 m au nord, moins de 200 au centre et s’évase ensuite), finalement une grosse zone marécageuse recouverte à marée haute, appelée Koegras qui donne dans le Amsteldiep. Kleine et Groote Keeten ne sont pas vraiment des hameaux mais plutôt des abris en bois pour entreposer les outils des ouvriers qui entretiennent la digue (et s'y abriter en cas de tempête imprévue).

          Daendels ne peut pas abandonner Den Helder, or la ville n’a aucune fortification (Napoléon y pourvoira à partir de 1810), et les batteries côtières, si elles portent plus de 70 pièces lourdes du côté de la mer, ne sont pas fermées ou très mal défendues du côté terre. Seule la batterie « Revolutie » a été palissadée et a reçu 16 pièces d’artillerie de campagne avant fin août. (8£ et 4£) Problème, il n’y a aucun espace pour caserner une garnison à l’intérieur, et les munitions pour l’artillerie de campagne ne sont pas arrivée à la date du débarquement anglais.

          Par peur du feu de soutien de la Navy, Daendels décide de ne défendre le centre de la position qu’avec les deux bataillons de jäger, soutenus par le 2/5e Halve Brigade. Le reste de l’unité et 2 pièces à cheval (avec au moins un obusier, semble-t-il) défendent Groote Keeten. Une réserve constituée des 2 escadrons du 2e Zware cavalerie, des 4 du régiment de dragons, du reste de la 2de compagnie Rijtende Artillerie avec 4 canons, et de 4 bataillons arrivés en marche forcée pendant la nuit (1/4te HB, 3/6te HB, 3/1te HB et 1/3te HB) sont positionnés 2km en arrière devant Calantsthoog.

          Les troupes défendant Den Helder au nord sont constitués de la 7te Halve-Brigade (dont 5 compagnies du 3e bataillon défendent directement la ville et ses batteries), 4 pièces de 4£ d’artillerie à pied et les 2 escadrons du 1ste Zware Cavalerie, le tout sous les ordres du Generaal-Major van Guericke. Ce dernier a interdiction d’abandonner la position sans en avoir reçu l’ordre, et de garder le contact avec la position au sud. Cela ne laisse toutefois que 3 bataillons au centre, en gros 1500 à 2000 hommes pour tenir 10km de front, soit 1 homme tous les 5 m au maximum…

          Le but avoué est d’éviter le feu naval, avant et pendant le débarquement, puis d’attaquer de flanc le dispositif ennemi alors qu’il est encore sur la plage et masque le feu de ses bâtiments. C’est compliqué à entreprendre, et demande un excellent sens tactique pour attaquer ni trop tôt, ni trop tard, ce que n’a pas Daendels.
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Messagepar MASSON Bruno sur 14 Juil 2026, 06:54

          b) le débarquement et la première poussée anglaise

          Pour cette bataille, le bataillon réuni du Major Ramsay a été rattaché à la réserve, l’ensemble des troupes a reçu 60 cartouches, des vivres pour deux jours, et leur gourde a été remplie d’alcool et d’eau. Le moral est excellent et la discipline bonne.

          Vers 3h du matin, les navires d’escorte commencent à bombarder la plage et les dunes, forçant les avant-postes de jägers au repli ; les soldats descendent alors dans les barques et les barges à fond plat qui vont être tractées par les navires à plus faible tirant d’eau jusqu’à la plage. Il est prévu que l’ensemble de ces moyens de débarquement se rassemble à la proue des frégates couvrant l’opération pour agir ensemble et diminuer le désordre du débarquement. 550 soldats de marine russes et 200 marins armés sont présents dans des barques pour aider au mouvement.

          C’est alors que tout commence à aller de travers pour les Anglais ; les premières barques et barges arrivées, au lieu d’attendre le rassemblement, continuent en direction du rivage, sans concertation ni direction d’ensemble. Le temps est beau, mais le ressac assez violent, et les barques se choquent entre elles, certaines se retournent ou s’emplissent d’eau. Plus de 20 soldats se noieront avant de toucher la plage, principalement dans le 92nd Highlanders.

          La première unité débarquée est le 27th RoF, qui se forme sur la plage et franchit le premier rang de dunes avant de s’arrêter pour attendre du soutien et des ordres. Moore dans son journal note la grande irrégularité du débarquement, qu’il s’est retrouvé sur la plage avec moins de 300 hommes de sa brigade, tirés d’à peu près toutes les unités constituantes, et que le terrain rend le feu des navires à peu près inefficace. Le bataillon d’élites réunies de la réserve est lui aussi un des premiers à toucher terre, sécurisant le bord sud de la plage, qui ne lui est pas contesté de toutes façons.

          Les barques ayant transporté la première vague devaient revenir vers leurs navires originels pour embarquer la deuxième, mais, par manque de direction, rien de la sorte ne se fait, et cette deuxième vague doit être transbordée dans les cotres et autres navires de faible tirant d’eau pour s’approcher du rivage et être jetés à la plage par leurs propres canots, sans liant et dans un désordre épouvantable.

          Après un certain temps, la brigade de Coote et la réserve réussissent à former six bataillons ad’hoc, et poussent dans les dunes. Les deux bataillons de jägers se maintiennent en dépit du fait qu’ils sont en ordre lâche, bien aidés par la mollesse du sable, jusqu’à ce que le MG Coote ordonne au Lt-Colonel Moore de prendre deux compagnies légères et ce qu’il peut trouver du 27th pour dépasser et flanquer les défenseurs. Le Lt-Colonel Luck, commandant le 1e Bataljon de Jägers, qui avait déjà reçu deux blessures, est tué et les deux bataillons déroutent.

          Le Lt-Colonel Herbig, commandant le 2/5 Halve Brigade, charge alors pour dégager les jägers, mais est confronté à trop forte partie, et meurt dans l’assaut ; son bataillon déroute lui aussi, mais en direction du nord, et non vers le reste de son unité au sud. Les jägers se rallient en ordre lâche au sud-est dans le Koegras et reprennent un feu meurtrier sur les troupes anglaises. Le centre batave a cessé d’exister.
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Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 22 Juil 2026, 14:13

          c) incertitude au nord, changement de front anglais et attaque batave

          Les troupes anglaises continuent pendant ce temps de débarquer sans opposition, le bataillon d’élite réuni prenant une dune centrale surmontée d’un télégraphe, qu’ils utilisent pour diriger le feu des chaloupes canonnières. Après 3h, plus de 7000 Anglais sont disponibles, et Daendels a raté sa chance, l’initiative reste aux Anglais. Abercrombie a débarqué avec une partie de la Northern Division, et voyant que la menace principale est au sud, interverti les cibles de ses unités. La Southern Division attaquera en direction de Den Helder, et la Northern agressera les troupes de Daendels, le bataillon d’élite masquant les jäger dans le Koegras. Ce changement de front, effectué dans un sable meuble, va entraîner un désordre monumental au centre anglais, et rien ne sera disponible à temps pour attaquer au nord.

          Le Generaal-Major van Guericke a vu la déroute des jägers et le renforcement anglais. Ses 2100 hommes seront bientôt confrontés à plus de 5000 ennemis (brigades Coote et MacDonald), mais sans ordres, il ne peut rien faire. En vain il envoie toutes les 30 minutes un officier à Daendels demander la permission d’attaquer, sans aucune réponse. Finalement, après plusieurs heures, il prend le 2/7 HB et ses deux escadrons pour se lier avec les jägers dans le Keogras et les soutenir, mais dans un terrain aussi humide, il n’est pas capable de faire grand-chose. Sont restés sur la route de Den Helder les deux autres bataillons de la 7te HB et ses 4 pièces, sous le Colonel Gilquin.

          Les Guards ayant renforcé les troupes de Pulteney sur la première ligne au sud, la ligne anglaise avance en direction des Bataves. Ils sont confrontés aux deux bataillons restants de la 5e HB en ligne sous le Colonel Crass, supportés à gauche par une section d’artillerie à cheval sous le capitaine d’Anguerand soutenus eux-mêmes par le IV/Dragonders qui vient d’arriver ; les trois autres escadrons de ce régiment font la droite, et les deux bataillons de jägers sont reformés et repositionnés en arrière droite de la ligne à Zand. Daendels a enfin décidé d’attaquer. Notez que ni le colonel Gilquin au nord ni le GM van Geuricke n’ont été avisés de cette attaque, et donc ne bougeront pas.

          L’attaque batave, malgré le désavantage du nombre, parvient à repousser les Anglais, sans doute aussi parce que Pulteney a choisi ce moment pour obéir à l’ordre de se diriger au nord. Ce Lieutenant-General prend alors une balle dans le bras qui l’oblige à quitter la ligne, il est remplacé par le MG Coote. Le(s) obusier(s) batave(s) font un grand carnage sur les troupes massées dans les dunes, d’après les rapports anglais. Le colonel Hay des Engineers, qui observait le combat à la lunette depuis une dune a la cuisse fracassée par un boulet, et mourra pendant l’amputation.
          La disparité des effectifs est néanmoins importante, et l’avance batave s’arrête, aussi parce que les navires anglais ciblent les unités qui se démasquent en passant d’une dune à l’autre, et que le bataillon d’élite qui garde le bord de la plage entretient un feu de flanc sur les unités du Colonel Crass.

          La 5e HB repousse néanmoins deux charges à la baïonnette, et le Lt-Colonel Graham, commandant le 27th, reçoit une balle de rifle dans la tempe gauche qui lui fait perdre définitivement l’usage de son œil. La cavalerie batave tente de s’engager, mais enfonce jusqu’au poitrail dans le sable et donc doit renoncer. L’artillerie de la même nation, elle aussi essaie de se rapprocher, mais manque de perdre ses pièces dans le sable.

MASSON Bruno
 
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