Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Tous les sujets relatifs aux guerres de la Révolution et de l'Empire (1792-1815) ont leur place ici. Le but est qu'il en soit débattu de manière sérieuse, voire studieuse. Les questions amenant des développements importants ou nouveaux pourront voir ces derniers se transformer en articles "permanents" sur le site.

Modérateur: MANÉ John-Alexandre

Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 22 Mai 2026, 12:48

      2) Le contingent Russe

      L’armée Russe à cette époque est perçue comme l’une des meilleures au monde, que ce soit pour la discipline, l’entrainement ou l’encadrement. Au regard de l’armée anglaise de cette campagne, les Russes ne comprennent que très peu de conscrits, l’immense majorité des troupes ayant une ou deux campagnes (majoritairement contre les Turcs) d’ancienneté.
      Le soldat russe est décrit comme n’étant pas très grand, mais très large d’épaules, et de constitution robuste. Les grenadiers sont choisis non pour leur grande taille, mais pour leur force et leur aspect martial. Les mousquetaires et jäger portent le bicorne, la compagnie d’élite (jäger) des grenadiers une mitre basse et les grenadiers la mitre que les Pavlovsky garderont jusqu’à la 1e guerre mondiale.

      La seule cavalerie russe présente sera constinuée de deux tout petits escadrons de hussards de la garde, 1 sotnia de cosaques de la garde (du Don) et 1 sotnia de cosaques réguliers de l’Oural. Les régiments sont à 2 bataillons, les bataillons à 6 compagnies dont une d’élite. Depuis 1796, les compagnies d’élite des unités régulières sont réunies en bataillons hors de leurs unités d’origine. Six bataillons feront la campagne, sans rapport forcé avec la présence de leur unité d’origine.

      Le Tsar Paul 1er a aussi remis en place la nomenclature des dé régiments par nom du commandant, leur nom de province étant devenu secondaire.

      L’artillerie russe de campagne est de 12£ (normalement 4 12£ moyens, 4 12£ légers et 4 licornes de 24£, mais pour la campagne, c’est 4x12£+4x6£+4 licornes de 24£ par compagnie). Il n’y a pas d’artillerie à cheval présente.

      L’artillerie de bataillon est dotée de 40 pièces, soit deux par bataillons. L’artillerie régimentaire est dite armée de pièces de 3 et 6£, plus des licornes de 8 et 12 £, les 3£ et licornes de 8£ sont pour les jäger et les grenadiers réunis.

      Présent pour la campagne

      Régiments de ligne
      Mousquetaires de Sedmoratzki
      Mousquetaires d’Arbenev
      Mousquetaires de Fersen

      Régiments de grenadiers
      Colonel Zherebtsov (Fanagoria)
      Colonel Benkendorf (Taurica)
      Colonel Emmé (Pavlovski)

      Bataillons de grenadiers réunis
      Lt-Col Ericsson (mousquetaires d’Arkharov et Yelets)
      Lt-Col Mitiouchin (grenadiers Pavlovski et Mousquetaires de Bélozersk)
      Lt-Col Ogarev (mousquetaires de Kozlov et Schüsselburg)
      Lt-Col Ossipov (mousquetaires de Sofia et Tchernikov)
      Lt-Col Strick (grenadiers de Taurica et St Petersburg)
      Lt-Col Timofeyev (mousquetaires du Dniepr et de Tobolsk)

      Jäger :
      1er Régiment de Jäger de Suthoff

      Cavalerie :

      Hussards de la garde: Escadrons des Lt-Col Sladkov et Gladkov (120 hommes en tout)
      Sotnia de cosaques de la garde (du Don) (70 hommes)
      Sotnia de cosaques de l’Oural (60 hommes)

      Artillerie
      - 2 compagnies d’artillerie de campagne (bataillon Durnov) (24 pièces)
      - 1 compagnie d’artillerie de campagne (bataillon Kaptsevitch) (12 pièces)


MASSON Bruno
 

Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 08 Juin 2026, 10:03

      3) Détermination des buts et des acteurs de la campagne

        A) État diplomatique de l'Europe

        L’année 1799 semble pour les cours européennes l’année du retour aux succès. Bonaparte est coincé en Egypte avec 35 000 hommes d’élite, l’Archiduc Charles a récupéré la majorité des territoires conquis par la république française en Allemagne, et la situation en Italie s’est bien améliorée, grâce à la présence d’un fort contingent russe et des qualités militaires de Souvarov.

        Du côté néerlandais, des troubles populaires ont éclatés dans un certain nombre de provinces, sans que les Directeurs n’y fassent grand-chose, le général Daendels ayant prévenu le gouvernement qu’envoyer la troupe risquait fort de la voir se joindre au mouvement. Il est à noter qu’aucune figure, locale comme étrangère, ne s’est présentée pour diriger ces troubles, et ces derniers sont donc restés des jacqueries de peu d’importance ou étendue. Les envoyés du parti orangiste auprès du gouvernement anglais vont néanmoins se servir de ces troubles pour présenter la population comme prête à soutenir une restauration appuyée par l’extérieur ; rien n’est moins faux. La population est encore très remontée contre le Stadthouder, et ces troubles sont plus dus au chômage et à la pauvreté subséquents au blocus anglais qu’à une remise en cause politique quelconque. Le « fort soutien populaire orangiste » est limité aux provinces orientales, et ne se limiterait qu’à un accueil amical d’une armée étrangère se comportant bien.

        La capacité insurrectionnelle réelle de ces provinces est tellement faible que, l’invasion prussienne ne se présentant pas, les troubles organisés par les orangistes se limiteront à des pillages de villages non défendus, des abattages d’« arbres de la liberté » et des démonstrations bruyantes. Une demi-douzaine de compagnies de territoriaux (mal armés et pas entrainés) suffira à calmer l’ardeur des provinces, et les instigateurs fuiront le pays.

        Mais nous n’en sommes pas là. Dans les cours européennes, on fait le compte des pays volontaires pour se battre. L’Angleterre et la Russie sont présentes, l’Autriche et Naples aussi ; mais la dernière se limite à une présence au sud de l’Italie, et l’Autriche, « grâce » aux manigances de son gouvernement, est un peu un cadeau empoisonné.

        Ce gouvernement fait en effet des difficultés à rembourser les emprunts anglais de la dernière campagne, tout en demandant des subsides supplémentaires pour celle à venir. Il ne voit pas non plus d’un très bon œil la présence de troupes russes en Italie, et finalement, la Prusse est très soupçonneuse de ses ambitions allemandes. Les manigances autrichiennes feront échouer la campagne d’Italie, mais les Anglais arracheront une déclaration stipulant que l'Empereur ne demandera rien en Allemagne, ce qui devrait rassurer la Prusse.

        Tous se tournent alors vers la cour de Berlin, où le nouveau roi (couronné en 1797) se débat avec les dettes laissées par son père. La troisième partition de la Pologne a apporté des régions riches, mais dont l’administration pose des problèmes, entres autres religieux. On retrouvera les mêmes causes et les mêmes effets en 1815 dans les territoires Rhénans acquis au congrès de Vienne, très majoritairement catholiques, et administrés de façon peu respectueuse par des autorités ouvertement luthériennes.
Dernière édition par MASSON Bruno le 08 Juin 2026, 10:16, édité 2 fois au total.
MASSON Bruno
 
Messages: 2
Inscrit le: 07 Juin 2026, 16:01

Re: Den Helder 1799, l'heure de gloire de la République Batave

Messagepar MASSON Bruno sur 08 Juin 2026, 10:08

        B) Actions diplomatiques, formation de la coalition

        Des tractations sont entreprises en mars 1799 par l’Angleterre et la Russie pour faire adhérer la Prusse à la coalition, le tsar Paul 1er s’engageant à soutenir les prussiens avec 45 000 hommes et les anglais à fournir 225 000£ pour défrayer l’armée mise en campagne, plus des territoires supplémentaires non définis à prendre aux français. La réponse du ministre Haugwitz sera positive pour une alliance défensive qui ne sert pas pour la coalition, mais négative à toute idée de guerre offensive ; le royaume n’a tout simplement pas les finances pour ça.

        En mai, une nouvelle tentative est faite, adossée à un subside anglais d’un million de livres, qui convainc le ministre prussien, mais le Roi, s’appuyant sur les risques présentés par son secrétaire particulier annonce officiellement le 12 mai qu’il ne faudra pas compter sur son pays.

        Un nouveau plan d’action ambitieux est quand même mis en place lorsque le Roi de Suède annonce vouloir participer avec 8000 hommes, et que tous les dirigeants allemands vont certainement participer. 100 000 Prusso-allemands doivent envahir la République Batave depuis l’Est, en majorité traversant le Rhin vers Wesel et occupant le pays jusqu’à la Meuse, une autre colonne de 20 000 avanceraient dans le nord-est de la même république, occupant Zwolle, Zutphen et Deventer.

        Un troisième corps allemand embarquera alors à Emden, entrera dans le Zuiderzee, débarquant à Muiden près d’Amsterdaam, et un 4e corps de troupes sera maintenu en réserve entre Kassel, Wetzlar et Frankfurt pour bloquer le plus possible de troupes françaises autour de Mayence. Le corps anglo-russe embarquerait lui aussi et débarquera sur les iles de Goeree, Voorne et dans le Zeeland. Cette menace omniprésente devrait forcer l’armée franco-batave à évacuer la république et à se replier au sud.

        Finalement rien de tout cela ne se fera, le roi de Suède ayant des demandes inacceptables pour les Russes, et les états allemands ne montrant aucun empressement à s’engager si la Prusse dit non. Les autorités prussiennes iront jusqu’à interdire aux orangistes de recruter et de se rassembler en bandes armées sur les territoires qu’ils administrent et qui font frontière avec la République Batave sous peine de prison.

        En regard de cet échec diplomatique, un accord sera signé entre l’Angleterre et la Russie, le 22 juin, dans lequel la Russie promet de fournir 17 bataillons d’infanterie, 2 compagnies d’artillerie, une compagnie de pionniers et un escadron de hussards, soit environ 17 500 hommes, et que l’Angleterre paiera 88 000 £, la moitié à l’embarquement et l’autre 3 mois plus tard, plus un subside de 44 000£ par mois, à compter de la date où les troupes seront prêtes. L’Angleterre fournira les chevaux pour les officiers, l’artillerie et les bagages pour limiter le besoin de transport de chevaux, et si les troupes russes sont incapables de rentrer en Russie pour l’hiver, l’Angleterre se charge de leur trouver de bons casernements sur son sol.

        Les 45 000 hommes prévus pour aider les prussiens ont été réduits d’abord à 26 000 parce que le Tsar veut garder des troupes disponibles si jamais les prussiens changent d’avis, puis moins de 18 000 au vu du problème de transport par mer, le contingent monté étant réduit à peu de choses, et l’artillerie limitée pour la même raison.
MASSON Bruno
 
Messages: 2
Inscrit le: 07 Juin 2026, 16:01

Précédent

Retourner vers Histoire Militaire

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1150 invités

cron