par MANÉ Diégo sur 04 Jan 2026, 12:21
par MANÉ Diégo sur 14 Sep 2020 01:56 pm
«Prise de terrain» théorique des Anglo-Alliés
Les brigades d’infanterie Kempt et Pack, de la Division Picton, encadraient la brigade hollando-belge Bijlandt qui, à l’exception du 7e Belge (638 h), n’attendit pas les Français.
Le 7e Belge, ayant au moins 1/6e de son monde en tirailleurs, présentait environ 480 hommes en ordre serré sur deux rangs, occupant donc environ 120 mètre/180 pas de front, soit presque le double que la 2e colonne française (la 3e DI) qui lui donna dessus...
Kempt : 1990 h en 4 bataillons, dont un de 418 Rifles ayant joué un rôle séparé, laissant 1572 h dont au moins 1/10e en tirailleurs, reste 1415 h en ordre serré dont environ 180 h aux 3e rangs, serre-files, tambours, etc... (trois fois plus «fournis» que ceux d’un bataillon français) en laissant 1235 sur deux rangs, soit 412 par bataillon, occupant environ 100 mètres/150 pas chacun, environ 300 mètres/450 pas pour la brigade, sans les Rifles détachés devant le 32nd, et qui passeront derrière après avoir reflué devant l’attaque.
Pack : 1765 h en 4 bataillons, ayant au moins 1/10e des leurs en tirailleurs, laissant environ 1.590 h en ordre serré sur deux rangs, dont environ 240 h aux 3es rangs, en laissant 1350 sur deux rangs, soit 340 h par bataillon, occupant environ 85 m/130 pas chacun, environ 340 m/500 pas pour la brigade.
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Limites atteintes par les quatre échelons français
Le 1er échelon français (la brigade Bourgeois de la 1ère DI Quiot) franchit le chemin creux, dépasse la batterie de RFA Rogers, et se trouve confrontée aux 79th et 28th britanniques... Qui disent l’avoir battue et repoussée... Alors que leurs cavaliers ont une autre version... Voir plus loin.
Le 2e échelon français (la 3e DI Marcognet) semble être parvenu juste devant la haie sans avoir pu la franchir, ayant été contenu par les Belges du 7e jusqu’à être dispersé par les Scots-Greys.
Le 3e échelon français (la 2e DI Donzelot) s’est, lui, arrêté à 300 pas* de la haie, ce qui explique la meilleure contenance qu’il déploiera. N’ayant pas souffert du feu défensif de l’artillerie comme de l’infanterie, et de sa moins longue progression dans la boue, il n’est pas désorganisé.
Son feu, même faible, occasionne donc des pertes aux Britanniques, dont celle de Ponsonby, tué d’une balle devant le chemin creux (et non «homicidé» en plaine par les sept lanciers de la légende). Les Greys iront attaquer plus facile plus loin, l’artillerie attelée !
Le 4e échelon français (la brigade Pégot de la 4e DI Durutte), lui-même bientôt attaqué de face par la cavalerie hollandaise de Ghigny, à quelques 5 ou 600 pas* de la patte d'oie, et dans son flanc gauche par le 12th LD britannique de Vandeleur (donc passé entier entre les 3e et 4e échelons), n’aura pas non plus l’occasion de fouler la position et reculera avec pertes jusqu’au carré du 85e.
* Ces estimations de ma part reposent sur une progression à la vitesse identique de 50 pas/minute tenue par les quatre échelons jusqu'à rencontrer les obstacles (sablière au 1er échelon), haie du chemin creux (2e échelon), où s'arrêter (3e échelon)...
Puis, une estimation forcément plus délicate du temps d'engagement du 2e échelon avant sa rupture qui coïncide avec le débouché des Scots Greys (j'ai estimé 5 mn, mais cela peut fort bien n'être que 3 mn, différence de 2 mn ou 100 pas).
C'est en effet cette circonstance qui fera s'arrêter le 3e échelon français... Qu'un témoignage écossais que je vous donnerai plus tard dit avoir rencontré à 3 ou 400 yards des haies... Ce qui le situerait plus loin (environ 450 pas)... Si toutefois il parle bien du 3e échelon et pas du 4e ? Mais de toutes façons sans changer ni la donne ni le résultat.
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Participation de la cavalerie britannique
Dans le secteur de l’attaque menée par le 1er corps il s’agit de la brigade Ponsonby, savoir le 1st Royal Dragoons, le 6th Inniskillings Dragoons, et le 2nd Royal North British Dragoons ou «Scots Greys», qui sont dans le principe en deuxième ligne. Mais ils y subissent des pertes par les boulets français, et leur chef décide de les porter en avant, prolongeant la ligne des deux autres régiments, quelques 200 m en arrière de l’infanterie.
D’après les OBs «officiels» la brigade aurait compté 1369 cavaliers* en 9 escadrons en ligne sur deux rangs, et occupant donc environ 685 mètres (un par cavalier de front dixit Thiébault), un peu supérieur au front hors-tout des trois échelons français de tête qu’ils engageront (le quatrième l’étant par les cavaleries de Ghigny et Vandeleur.
Le Major Evans dit que les 1123 sabres dont parle le Colonel Gurwood «ne se trouvaient pas sur le champ de bataille», manière de dire qu'il y en avait bien moins.
Le capitaine Kennedy (qui prit l’Aigle du 105e) parle même de «charge réussie effectuée par neuf cents sabres...», ce qui réduirait de plus d’un tiers le front tenu par la brigade, l’amenant, même entièrement déployée, à ne «couvrir» que deux échelons français !
Le même ajoute : «En ce qui concerne l’effectif de la brigade sur le champ de bataille le 18 juin, je n’ai jamais compté plus de 950 sabres, mille tout au plus. Le nombre mentionné dans le bulletin du duc inclut bien sûr, outre les officiers et les hommes, aussi les officiers généraux en service, les chirurgiens et les ambulanciers, les cuisiniers, les maréchaux-ferrants, les trompettes, etc... On peut certainement en dénombrer 120 ou 130 pour les trois corps et probablement davantage encore...», ... ramenant au chiffre de Gurwood !
D’après certains mémorialistes britanniques la brigade s’est portée au combat en ligne, mais ses trois régiments ont «choqué» les trois échelons français successivement, ce qui montre bien que les colonnes françaises n’étaient pas au même niveau lors du choc , mais encore en échelon refusé à droite bien qu’avec une distance moindre que l’initiale entre les échelons, les premiers étant arrêtés tandis que les suivants continuaient à avancer.
D’autres mémorialistes donnent les Scots Greys (au moins en partie) en deuxième ligne derrière les Inniskillings... Et c’est là que certains faits troublants, réétudiés à l’aune du Journal du 1er corps, permettent d’établir un autre scénario que ceux décrits depuis 1815.
Ajoutons, côté cavalerie britannique, comme s'il n'y en avait pas encore assez, que les deux escadrons du 2nd Life Guards débouleront par la route de Bruxelles et viendront participer à la curée qui prendra place du côté gauche (pour eux) de la Haie Sainte.
Ces derniers appartenaient à la 1ère brigade de cavalerie lourde, dite Guards Brigade, de Lord Somerset, qui chargera en même temps que la brigade Ponsonby, mais donc majoritairement de l'autre côté de la Haie Sainte, avec les 1st Life Guards, 1st Dragoon Guards et Royal Horse Guards.
À suivre ... Considérations sur le feu d'artillerie défensif britannique... et hollandais ...
Diégo Mané
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